Exercice 2 : La féminisation des populations de c… · Bac Sciences de la Vie et de la Terre Métropole Candidat libre 2021 (sujet 2)
Thème : Complexification des génomes : transferts horizontaux et endosymbioses · Tiré du sujet Métropole Candidat libre 2 (2021)
Énoncé
EXERCICE 2: La féminisation des populations de cloportes (8 POINTS)
Dans de nombreuses populations de cloportes ( Armadillidium vulgare), on observe bien plus de femelles que de mâles.
QUESTION:
Déterminer les mécanismes qui expliquent la plus forte proportion de femelles que de mâles dans certaines populations de cloportes.
Vous organiserez votre réponse selon une démarche de votre choix intégrant des données des documents et les connaissances utiles.
Document 1: Formules chromosomiques d'un cloporte mâle et d'un cloporte femelle dans des populations où il y a autant de mâles que de femelles
Formule chromosomique d'un cloporte mâle
Formule chromosomique d'un cloporte femelle
dont 2 chromosomes sexuels ZZ
dont 2 chromosomes sexuels ZW
Document 2: Wolbachia, une bactérie endosymbiotique
La découverte de bactéries Wolbachia au sein des cellules de cloportes a amené les chercheurs à s'intéresser au rôle de ces bactéries. On les trouve dans les cellules de tous les organes, dont les gonades (ovaires et testicules).
Lors de la reproduction des cloportes, les bactéries Wolbachia qui se trouvent dans l'ovule fécondé se retrouvent dans la plupart des cas dans la cellule-œuf. Les Wolbachia présentes dans les spermatozoïdes ne sont pas transmises.
Devant la forte proportion de femelles au sein de certaines populations de cloportes, les chercheurs ont émis l'hypothèse que tout embryon de cloporte qui contient des bactéries Wolbachia au sein de ses cellules au début de son développement embryonnaire deviendra femelle.
Document 3: Croisements impliquant des cloportes porteurs (représentés en noir) ou non porteurs (représentés en blanc) de Wolbachia
Légende: ZZ ou ZW indiquent quels chromosomes sexuels sont présents chez les différents individus.
Le taux de transmission de Wolbachia est de : cela signifie qu'une femelle porteuse de Wolbachia transmettra Wolbachia à de sa descendance.
Document 4: Des cloportes femelles ZZ sans Wolbachia
Des cloportes femelles ZZ sans Wolbachia ont été découverts, ce qui a interpellé les chercheurs. Les populations dans lesquelles ont été retrouvées de telles femelles se trouvent à proximité de populations dans lesquelles on retrouve des Wolbachia. Les ancêtres de ces femelles étaient porteuses de la bactérie Wolbachia.
Ils ont alors séquencé le génome de ces cloportes femelles ZZ sans Wolbachia, de cloportes mâles ZZ et de la bactérie Wolbachia. Les résultats sont reportés dans le tableau.
Cloportes femelles ZZ sans Wolbachia
Cloportes mâles ZZ
Wolbachia
Présence d'une séquence codant pour une protéine particulière: le facteur f
Absence de la séquence codant pour le facteur f
Présence d'une séquence codant pour une protéine particulière: le facteur f
Document 5: Rôle du facteur f dans le développement du phénotype sexuel
Au début du développement embryonnaire, une glande indifférenciée se transforme en glande androgène qui produit une hormone mâle responsable de la différenciation des gonades en testicules. Si l'hormone mâle n'est pas produite, les gonades se différencient en ovaires.

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
Déterminer les mécanismes qui expliquent la plus forte proportion de femelles que de mâles dans certaines populations de cloportes.
Réponse : Introduction et problématique : Chez le cloporte *Armadillidium vulgare*, certaines populations comptent beaucoup plus de femelles que de mâles. Il s'agit de comprendre quels mécanismes génétiques, symbiotiques et moléculaires expliquent ce déséquilibre. 1. Le déterminisme génétique normal du sexe (Document 1) : * Dans les populations équilibrées, le sexe est déterminé par les chromosomes. * Les mâles sont dont ZZ (sexe homogamétique). * Les femelles sont dont ZW (sexe hétérogamétique). * La méiose et la fécondation donnent alors 50 % de descendants ZZ (mâles) et 50 % de descendants ZW (femelles). C'est ce que montre le croisement 1 du Doc 3. 2. Wolbachia, une bactérie féminisante à transmission maternelle (Documents 2 et 3) : * *Wolbachia* est une bactérie intracellulaire présente dans tous les organes, y compris les gonades. * Elle est présente dans les ovules et dans les spermatozoïdes, mais seules les bactéries de l'ovule sont transmises à la cellule-œuf. La transmission est donc maternelle, avec un taux de 90 %. * Croisement 2 (mâle ZZ × femelle ZW porteuse) : * 90 % des descendants sont porteurs et sont tous femelles : 45 % ZW et 45 % ZZ. * Les 10 % non porteurs suivent le déterminisme chromosomique : 5 % de femelles ZW et 5 % de mâles ZZ. * Au total, on obtient 95 % de femelles. * Croisement 3 (mâle ZZ × femelle ZZ porteuse) : * On obtient 90 % de femelles ZZ porteuses et seulement 10 % de mâles ZZ non porteurs. * Ces résultats valident l'hypothèse du Doc 2 : tout embryon porteur de *Wolbachia* devient femelle, même s'il est génétiquement ZZ. On parle de néo-femelles fonctionnelles. * Ces néo-femelles transmettent à leur tour la bactérie. La proportion de femelles augmente donc de génération en génération. 3. Des femelles ZZ sans Wolbachia : un transfert horizontal de gènes (Document 4) : * Les femelles ZZ sans *Wolbachia* possèdent dans leur génome la séquence codant le facteur f. * Cette séquence est présente chez *Wolbachia* mais absente chez les mâles ZZ. * Leurs ancêtres étaient porteurs de la bactérie. * On en déduit qu'une séquence bactérienne s'est intégrée dans le génome du cloporte : c'est un transfert horizontal de gènes. * Le caractère féminisant persiste ainsi même sans la bactérie. Il se transmet alors comme un gène de l'hôte. 4. Le mécanisme moléculaire : le facteur f bloque la voie mâle (Document 5) : * Chez un embryon ZZ, le chromosome Z est à l'origine de la production d'un facteur masculinisant. * Ce facteur stimule la différenciation de la glande indifférenciée en glande androgène. * La glande androgène produit l'hormone mâle, qui stimule la différenciation de la gonade embryonnaire en testicule. * Sans hormone mâle, les gonades se différencient en ovaires. * Le facteur f, produit par *Wolbachia* ou par la séquence intégrée au génome, empêche la production du facteur masculinisant. * En conséquence, il n'y a ni glande androgène, ni hormone mâle, ni testicules : l'embryon ZZ devient une femelle. Conclusion : La forte proportion de femelles s'explique par deux mécanismes. * D'une part, l'infection par *Wolbachia*, transmise par la mère à 90 % des descendants, féminise les embryons génétiquement mâles (ZZ). * D'autre part, le gène du facteur f a été transféré horizontalement dans le génome de certains cloportes, ce qui féminise les individus ZZ même sans la bactérie. * Dans les deux cas, le facteur f bloque la cascade de masculinisation : facteur masculinisant, puis glande androgène, puis hormone mâle, puis testicules.
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