Exercice Étude critique de documents 1 · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Métropole 1 remplacement 2021
Thème : Le défi de la construction de la paix : traités de Westphalie et sécurité collective · Tiré du sujet Métropole France 1 remplacement (2021)
Énoncé
Étude critique de documents 1: La complexité de la construction de la paix
En analysant les documents, en les confrontant et en vous appuyant sur vos connaissances, mettez en évidence les acteurs, les moyens et les difficultés pour construire la paix.
Document 1
Jusqu'à la fin, les opérations militaires portèrent de l'ombre aux négociations de paix. « En hiver, nous négocions; en été nous combattons » affirmait l'un des négociateurs. Jusqu'au bout, Mazarin continua cet effort de guerre pour obtenir une paix avantageuse. Jusqu'au traité, il joua la carte de l'alliance suédoise.
Les négociateurs furent nombreux en Westphalie avec 194 souverainetés représentées. Âgés en moyenne de 45 à 49 ans, 40% d'entre eux avaient déjà une expérience diplomatique. Parmi les négociateurs, nombreux étaient des juristes de profession: d'où le goût du plaidoyer, de l'argutie 1 juridique, de la procédure écrite, de la prudence aussi.
Les discussions furent lentes en raison de l'éclatement [des discussions] en deux villes et des correspondances difficiles avec les souverains. À cela s'ajoutait le poids des fausses nouvelles, des lettres interceptées, des révélations de l'espionnage. Le congrès fut néanmoins l'occasion d'un immense travail de réflexion et de proposition.
Prenons l'exemple de la France. La décision politique était soumise à des contraintes qui n'étaient pas seulement formelles. Mazarin était le chef d'orchestre de la diplomatie française, mais il rendait compte de ses plans au conseil, à la régente – elle n'approuva pas sa politique, semble-t-il, à l'égard des propositions d'Espagne en 1647 – et aux princes de la famille royale. Le dialogue entre la diplomatie royale et ses négociateurs avait aussi ses vertus: de Paris, un courrier tous les dix jours faisait le point sur la position française, avec des commentaires du secrétaire d'État Brienne, revus par Mazarin; de Westphalie arrivaient les avis des négociateurs. [...]
Pour la défense de la sainte foi 2, la France était là dans une position ambiguë. [...] Les alliés de la France étaient protestants et le premier d'entre eux, la Suède, voulait faire de l'Allemagne une vaste zone réformée.
Source: Lucien Bély, Les relations internationales en Europe XVII e -XVIII e siècles, Presses Universitaires de France, 1992
1: argutie désigne ici un raisonnement pointilleux.
2: sainte foi désigne ici la religion catholique.
Document 2
Kofi Annan et Yasser Arafat au siège de l'ONU le 5 mars 1997 pour discuter de la mise en oeuvre du processus d'Oslo
Source: UPI (United Press International)

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
En analysant les documents, en les confrontant et en vous appuyant sur vos connaissances, mettez en évidence les acteurs, les moyens et les difficultés pour construire la paix.
Réponse : Une bonne réponse développe trois axes en confrontant les deux documents et les connaissances personnelles: Les acteurs de la paix : Dans le document 1, ce sont les diplomates et juristes réunis en congrès (194 souverainetés représentées en Westphalie), sous l'autorité de figures politiques comme Mazarin, lui-même soumis au conseil et à la régente. Dans le document 2, ce sont des acteurs individuels de premier plan (Kofi Annan, secrétaire général de l'ONU, et Yasser Arafat, chef de l'OLP) agissant sous l'égide d'une organisation internationale, l'ONU, symbole du multilatéralisme du XXe siècle. Les moyens mis en oeuvre : au XVIIe siècle, ce sont la négociation diplomatique classique, les congrès, la correspondance régulière entre les négociateurs et leur gouvernement, les alliances (alliance suédoise de la France). Au XXe siècle, ce sont les rencontres internationales sous l'égide d'organisations comme l'ONU, les accords de paix (processus d'Oslo), la médiation internationale et la diplomatie symbolique (la poignée de main). Les difficultés : dans le document 1, la guerre continue en parallèle des négociations, la lenteur due à l'éclatement des lieux de discussion, l'espionnage et les fausses nouvelles, les contraintes politiques internes (le conseil, la régente). Dans le document 2 et les connaissances sur le processus d'Oslo, les difficultés tiennent à la persistance du conflit israélo-palestinien, à la fragilité des accords, aux tensions religieuses et territoriales, et au fait qu'une poignée de main symbolique ne garantit pas une paix durable. La conclusion doit souligner que, malgré des contextes très différents (XVIIe siècle européen / XXe siècle proche-oriental), la construction de la paix reste toujours un processus long, fragile, porté par des acteurs multiples et entravé par des tensions persistantes.
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