Exercice 2- Dissertation - Sujet B · Bac Français (1ère) Métropole Secours 2025
Thème : Dissertation – Balzac, La Peau de chagrin / parcours : les romans de l'énergie : création et destruction · Tiré du sujet Métropole Secours (2025)
Énoncé
2- Dissertation (20 points)
Objet d'étude: Le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle
Le candidat traite au choix, compte tenu de l'œuvre et du parcours étudiés durant l'année, l'un des trois sujets suivants:
Sujet B
Œuvre: Honoré de Balzac, La Peau de chagrin
Parcours: les romans de l'énergie: création et destruction
D'après votre lecture, l'excès est-il toujours destructeur dans La Peau de chagrin ?
Vous répondrez à cette question dans un développement organisé en prenant appui sur La Peau de chagrin, sur les textes que vous avez étudiés dans le cadre du parcours associé, et sur votre culture personnelle.

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
D'après votre lecture, l'excès est-il toujours destructeur dans La Peau de chagrin ?
Réponse : Proposition de plan détaillé pour la dissertation : Introduction : - Accroche : Publié en 1831, *La Peau de chagrin* est à la fois un conte fantastique, une étude philosophique et un roman réaliste sur la société de la monarchie de Juillet, fascinée par l'or, le plaisir et l'ambition. - Définition des termes et analyse du sujet : L'« excès » est le dépassement de la mesure : débauche (orgie chez Taillefer), passion absolue (Foedora), soif d'or et de pouvoir, mais aussi travail intellectuel acharné. L'adverbe « toujours » invite à nuancer : l'excès consume le corps et rétrécit le talisman, mais n'a-t-il pas aussi une valeur féconde, révélatrice ou créatrice ? - Problématique : Dans quelle mesure l'excès, qui apparaît chez Balzac comme un principe d'autodestruction, est-il aussi la source de l'énergie créatrice et de l'intensité de l'existence ? - Annonce du plan : I. L'excès, principe d'autoconsommation et de destruction physique et morale. II. L'excès, moteur de la création et de l'intensité de vivre. III. Entre l'inertie stérile et la dépense mortelle : l'excès transfiguré par l'amour et par l'art. I. L'excès, une force destructrice : - *A. Le pacte et la formule de l'antiquaire :* le vieillard oppose le « Savoir » au « Vouloir » et au « Pouvoir », qui « usent » et « tuent ». Chaque désir de Raphaël rétrécit la peau et abrège sa vie : vivre trop, c'est mourir plus vite. - *B. L'excès des sens et de la fête :* l'orgie chez Taillefer montre une dépense d'énergie effrénée (paroles désordonnées, ivresse, épuisement des courtisanes Aquilina et Euphrasie). Le jeu et la ruine conduisent Raphaël au bord du suicide. - *C. La passion monomaniaque :* l'amour pour Foedora, « la femme sans cœur », vide Raphaël de ses forces, de son argent et de ses illusions. L'excès détruit aussi moralement : Raphaël devient égoïste, prisonnier de son talisman. Ouverture parcours : Rastignac, Vautrin, Goriot qui meurt d'un amour paternel excessif. II. Mais l'excès est aussi un vecteur de création et d'intensité : - *A. Le labeur intellectuel acharné :* dans sa mansarde, Raphaël consacre une énergie démesurée à sa *Théorie de la volonté* ; cet excès de travail, loin des plaisirs, est la condition de l'œuvre et de l'élévation de l'esprit (comme Balzac lui-même, travailleur forcené). - *B. L'intensité de la vie contre la médiocrité :* vivre intensément vaut mieux qu'une existence végétative ; l'antiquaire centenaire, qui avait choisi la mesure, finit lui-même par céder au désir (Euphrasie), preuve que la vie appelle la dépense. - *C. La fécondité imaginative et romanesque :* la boutique de l'antiquaire, accumulation vertigineuse des civilisations, et l'orgie, profusion de discours, produisent une effervescence esthétique : l'excès nourrit l'écriture balzacienne elle-même. III. Dépasser la destruction : l'excès transfiguré par l'amour et par l'art : - *A. L'échec du refus de l'excès :* dans « L'Agonie », Raphaël tente de vivre sans désirer, dans une léthargie organisée par Jonathas ; cette neutralité est une mort vivante, aussi destructrice que la dépense. - *B. Pauline ou l'excès d'amour pur :* l'amour de Pauline, absolu et désintéressé, est un excès qui donne au lieu de prendre ; il redonne goût à la vie à Raphaël, même si son désir pour elle précipite sa fin (scène finale) : l'excès est alors tragique mais sublime. - *C. L'art comme sublimation de l'énergie :* le roman transforme la dépense destructrice en œuvre ; l'énergie consumée par le personnage devient création pour l'écrivain et le lecteur. Ouvertures : Zola (*La Curée*, *L'Œuvre*), Stendhal (Julien Sorel), Baudelaire ou Rimbaud et le « dérèglement de tous les sens ». Conclusion : Dans *La Peau de chagrin*, l'excès est presque toujours fatal pour l'individu : il consume la vie, que figure le talisman. Mais il n'est pas seulement destructeur : il est la condition de l'intensité, de la passion et de la création, et son refus mène à une mort plus stérile encore. Balzac fait de l'énergie une force ambivalente, à la fois création et destruction, au cœur de *La Comédie humaine*.
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