Sujet 2 · Bac STMG Philosophie Centres étrangers (Afrique) session normale 2025

Thème : La justice · Tiré du sujet Session normale (2025)

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Sujet 2

Pourquoi être juste ?

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Pourquoi être juste ?

Réponse : Proposition d'axes de réflexion et de plan rédigé : Introduction - Constat : La justice s'impose à nous sous la forme de lois juridiques et de règles morales. Pourtant, l'injustice semble souvent avantageuse pour l'individu (l'anneau de Gygès dans *La République* de Platon). - Tension : Pourquoi consentirions-nous à agir avec justice, alors même que cela contraint nos désirs et limite nos intérêts personnels ? - Problématique : N'est-on juste que par contrainte extérieure et calcul égoïste, ou la justice est-elle une valeur morale et rationnelle désirable pour elle-même ? I. On est juste d'abord par intérêt et par crainte de la sanction 1. La justice comme contrat d'intérêt mutuel : dans l'état de nature sans lois, chacun risque la violence permanente ; la justice est un compromis pour garantir la sécurité et la paix civile (Hobbes, Glaucon). 2. La peur du châtiment et du regard d'autrui : l'expérience de pensée de l'anneau de Gygès montre que sans risque d'être puni, beaucoup préféreraient l'injustice rentable. II. Mais la véritable justice ne se réduit pas à l'intérêt : elle est une exigence rationnelle et morale 1. La justice comme santé de l'âme : selon Platon (Socrate), commettre l'injustice corrompt l'harmonie intérieure et rend malheureux ; être juste est un bien en soi pour celui qui l'exerce. 2. Le devoir moral inconditionnel : pour Kant, agir justement par peur de la punition ou pour sa réputation n'a pas de valeur morale authentique ; être juste est un impératif catégorique fondé sur le respect d'autrui en tant que personne. III. Être juste est la condition de la reconnaissance mutuelle et de la liberté commune 1. Justice et reconnaissance d'égale dignité : être juste, c'est reconnaître en l'autre un semblable doté des mêmes droits (Aristote et l'égalité proportionnelle ; Rawls et l'équité). 2. La justice conditionne la véritable liberté : loin d'opprimer l'individu, l'obéissance à des lois justes garantit l'émancipation collective (Rousseau : « l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté »). Conclusion Si la peur de la sanction et l'intérêt personnel constituent le premier moteur empirique du comportement juste, ils ne suffisent pas à fonder la justice. On doit être juste parce que la justice est à la fois le fondement de la dignité morale individuelle et la condition de possibilité d'une communauté d'êtres libres et égaux.

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