Sujet 2 · Bac STMG Philosophie Centres étrangers (Afrique) session normale 2023
Thème : La justice · Tiré du sujet Session normale (2023)
Énoncé
SUJET 2
Sommes-nous vraiment sensibles à l'injustice ?

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
Sommes-nous vraiment sensibles à l'injustice ?
Réponse : Proposition de plan et pistes d'analyse pour la dissertation : Introduction : - *Accroche et constat :* L'injustice suscite immédiatement en nous des réactions vives de colère, de scandale ou d'indignation. - *Définition des termes :* « Sensible » désigne la capacité d'éprouver une émotion, une résonance affective ou morale. « L'injustice » est le manquement à l'égalité, au respect du droit d'autrui ou à la proportionnalité légitime. L'adverbe « vraiment » met en doute l'authenticité et la pureté de cette sensibilité : s'agit-il d'un sentiment moral universel et authentique, ou d'une réaction partiale motivée par l'amour-propre ou l'intérêt personnel ? - *Problématique :* Notre sensibilité face à l'injustice est-elle l'expression d'un sens moral désintéressé tourné vers le bien commun, ou n'est-elle qu'une réaction affective biaisée qui ne s'éveille avec force que lorsque nos propres intérêts sont menacés ? I. L'injustice comme objet d'une sensibilité morale spontanée et universelle : 1. Le sentiment d'injustice précède souvent la formulation rationnelle du juste (Paul Ricœur) : nous reconnaissons le juste par le scandale que provoque l'injuste. 2. La pitié et la compassion naturelle (Jean-Jacques Rousseau) : l'être humain éprouve une répugnance innée à voir souffrir autrui, ce qui fonde une première sensibilité morale à l'iniquité. 3. L'indignation est le moteur de la revendication des droits et du progrès historique et politique. II. Les limites et illusions de cette sensibilité : une réaction souvent partiale et égoïste : 1. La sensibilité à l'injustice subie s'oppose à l'injustice commise ou tolérée : nous crions à l'injustice dès lors que nous sommes victimes, mais nous nous accommodons aisément des injustices dont nous tirons profit (Platon, mythe de Gygès dans *La République*). 2. L'injustice peut être réduite au ressentiment ou à l'envie : ce que nous appelons sentiment d'injustice dissimule fréquemment la jalousie envers les privilèges d'autrui ou la rancœur de l'impuissance (Nietzsche). 3. Notre sensibilité s'anesthésie ou devient sélective face aux injustices lointaines ou systémiques : habitude, indifférence et conformisme social. III. De la sensibilité immédiate à la conscience éthique et rationnelle de la justice : 1. Il faut dépasser l'émotion brute par la raison : la justice ne peut reposer sur l'humeur affective mais requiert l'impartialité et l'universalité (Kant). 2. Il faut éduquer la sensibilité : le jugement réflexif permet d'étendre la sympathie au-delà du cercle des proches pour parvenir à une réelle équité (John Rawls, le « voile d'ignorance »). 3. La véritable sensibilité à l'injustice est un engagement pratique et critique qui s'applique d'abord à soi-même et refuse la complaisance envers nos propres privilèges. Conclusion : Nous ne sommes que superficiellement ou égoïstement sensibles à l'injustice tant que cette sensibilité demeure un simple affect réactif. Elle ne devient « vraie » sensibilité morale que lorsqu'elle est éclairée par la raison et étendue à tous, y compris aux injustices dont nous profitons. Elle se traduit alors en exigence d'impartialité et en engagement concret pour la justice. La sensibilité à l'injustice n'est donc pas un donné acquis mais une tâche : une disposition naturelle à cultiver et à universaliser.
L’explication pas à pas, faite avec l’IA, est réservée aux membres Premium. Premium
Résous-le ici : correction automatique, indices et corrigé détaillé.
‹ Sujet 2 · Centres étrangers (Afrique) session normale 2025 · Sujet 3 · Centres étrangers (Afrique) session normale 2022 ›