Épreuve composée - Troisième partie · Bac Sciences Économiques et Sociales Centres étrangers (Afrique) 2025 (jour 2)
Thème : L'action publique pour l'environnement · Tiré du sujet Jour 2 (2025)
Énoncé
Sujet: À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que les instruments dont disposent les pouvoirs publics pour faire face aux externalités négatives sur l'environnement présentent des avantages.
Cette partie comporte trois documents.
DOCUMENT 1
Champ: France. p: données provisoires. Source: Ministère de la transition écologique et du développement des territoires, 2023. 1: prélèvements sur les émissions polluantes et sur les ressources naturelles.
DOCUMENT 2
DOCUMENT 3
La réglementation RE2020, qui s'applique aux logements neufs depuis 2022 et est vouée à s'étendre progressivement à toutes les constructions, impose d'abaisser les émissions de gaz à effet de serre de 740 kg par mètre carré en 2022 à 490 en 2031. [...]
Parce qu'elle prend en compte le poids carbone au mètre carré de construction, intègre la notion de performance thermique des matériaux et s'inscrit sur le long terme, la RE2020 donne une plus grande flexibilité et visibilité aux entreprises du bâtiment pour atteindre leurs objectifs environnementaux. Cette nouvelle norme contribue aussi à établir un standard sur lequel la plupart des bâtiments existants seront évalués.
Conséquence ? Les performances énergétiques et environnementales seront à l'avenir mieux prises en compte dans les transactions, affirme une étude de 2022 publiée par l'Observatoire de l'immobilier durable (OID). Les immeubles performants bénéficieront d'une surcote; ceux qui ne le sont pas subiront une décote et trouveront donc moins facilement à se louer ou à se vendre. Le nouveau DPE (diagnostic de performance énergétique) conforte cette tendance, puisqu'il sert de base à l'interdiction progressive de la location des passoires thermiques énergivores prévue par la loi Climat et Résilience de 2021.
Source: Frédéric BRILLET, « Immobilier: une réglementation environnementale plus exigeante », www.lesechos.fr, 21 septembre 2023.
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Corrigé
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Montrez que les instruments dont disposent les pouvoirs publics pour faire face aux externalités négatives sur l'environnement présentent des avantages.
Réponse : Introduction : Les activités de production et de consommation génèrent des externalités négatives environnementales (pollution, émissions de gaz à effet de serre) qui ne sont pas prises en compte par le marché : le coût social dépasse le coût privé. Les pouvoirs publics disposent de plusieurs instruments pour internaliser ces externalités : la taxation, le marché de quotas d'émission et la réglementation. Nous montrerons que chacun de ces instruments présente des avantages. I. La taxation environnementale incite les agents à réduire leurs comportements polluants tout en procurant des recettes à l'État La fiscalité environnementale (écotaxes sur l'énergie, le transport, la pollution-ressources) renchérit le coût privé des activités polluantes et incite ainsi les agents économiques à modifier leurs comportements (Pigou). Le document 1 montre que les recettes fiscales environnementales françaises ont fortement augmenté, passant d'environ 24 milliards d'euros en 1995 à près de 45 milliards en 2021, ce qui traduit un recours croissant à cet instrument, notamment sur la composante énergie. Avantage : la taxe est flexible (chaque agent choisit librement de payer la taxe ou de réduire sa pollution selon son coût de dépollution), elle est source de recettes qui peuvent financer la transition écologique, et elle respecte la liberté d'action des agents tout en les incitant à innover pour réduire leurs émissions. II. Le marché de quotas d'émission échangeables (marché du carbone) permet d'atteindre un objectif environnemental au moindre coût collectif Le document 2 montre l'évolution du prix du quota d'émission sur le marché européen du carbone (SCEQE), qui est passé de moins de 10€/tonne de CO2 avant 2018 à environ 80-100€/tonne depuis 2021-2023. Ce dispositif fixe un plafond global d'émissions (cap) qui diminue dans le temps, et les entreprises s'échangent des droits à polluer : celles dont le coût de dépollution est faible réduisent davantage leurs émissions et revendent leurs quotas excédentaires, tandis que celles dont le coût de dépollution est élevé achètent des quotas. Avantage : le marché garantit que l'objectif global de réduction des émissions (le plafond) est atteint avec certitude (contrairement à la taxe), tout en assurant une allocation efficace de l'effort de dépollution entre les entreprises, ce qui minimise le coût total de la réduction de la pollution pour la collectivité. La forte hausse du prix du quota entre 2018 et 2023 a par ailleurs renforcé l'incitation des entreprises à réduire leurs émissions. III. La réglementation environnementale (normes) impose un cadre contraignant qui garantit un résultat environnemental précis et oriente les comportements sur le long terme Le document 3 présente la réglementation RE2020, qui impose aux logements neufs d'abaisser leurs émissions de gaz à effet de serre de 740 kg/m² en 2022 à 490 kg/m² en 2031. Contrairement à la taxe ou au marché de quotas, la norme fixe directement un seuil maximal à ne pas dépasser : son efficacité environnementale est donc certaine et immédiate pour les acteurs concernés. Le document montre aussi que cette norme, en s'inscrivant dans la durée et en intégrant la performance thermique des matériaux, donne de la visibilité aux entreprises du bâtiment pour investir et s'adapter progressivement, et qu'elle modifie les comportements des acteurs du marché immobilier (surcote des logements performants, décote des « passoires thermiques », via le DPE et la loi Climat et Résilience), ce qui amplifie son efficacité au-delà de la seule contrainte réglementaire. Conclusion : Taxation, marché de quotas et réglementation constituent trois instruments complémentaires permettant aux pouvoirs publics de faire face aux externalités négatives environnementales. Chacun présente des avantages spécifiques (flexibilité et recettes pour la taxe, efficacité économique et certitude de l'objectif global pour le marché de quotas, certitude du résultat et effets d'entraînement sur le marché pour la norme), ce qui explique que les pouvoirs publics combinent souvent ces instruments.
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