Épreuve composée - Troisième partie · Bac Sciences Économiques et Sociales Centres étrangers (Afrique) 2025 (jour 1)
Thème : Commerce international et internationalisation de la production · Tiré du sujet Jour 1 (2025)
Énoncé
Troisième partie: Raisonnement s'appuyant sur un dossier documentaire
(10 points)
Cette partie comporte trois documents.
Sujet: À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que le commerce international a différents effets possibles.
DOCUMENT 1
Imaginons un instant comment une entreprise aurait évolué sans la mondialisation.
[...]
Si une entreprise n'a accès qu'au marché constitué par les habitants de son pays d'origine [...], elle doit mener une activité tout autre que si elle a accès au marché mondial. Qui plus est, la taille du marché revêt une importance particulière pour les entreprises qui conçoivent des produits et des services innovants et ont d'importantes dépenses de recherche-développement ou d'investissement. Si leur clientèle potentielle est peu nombreuse, chaque vente doit permettre de récupérer une part plus importante des investissements effectués par l'entreprise pour développer et fabriquer un produit. La multiplication des clients à l'étranger permet à ces entreprises de répartir les coûts de développement et de production entre un plus grand nombre de ventes.
[...]
Élément tout aussi important, sinon le plus important, les nouvelles opportunités commerciales engendrées par la mondialisation ont à terme fait baisser les prix à la consommation. Pour la plupart, la réduction effective du coût des biens de consommation et sa conséquence, la hausse radicale du niveau de vie, sont probablement les effets les plus visibles de la mondialisation. Les ménages des pays occidentaux bénéficient aujourd'hui d'une aisance matérielle qui n'a rien à voir avec celle du passé et qui est due en grande partie aux avantages découlant d'échanges commerciaux plus libres et plus nombreux dans le monde.
Source: Fredrik ERIXON, Les bienfaits économiques de la mondialisation pour les entreprises et les consommateurs, European Center for International Political Economy, janvier 2018.
DOCUMENT 2
Évolution de la part (en %) du revenu national avant impôt détenu par les 10 % les plus aisés dans plusieurs pays depuis 1980
Évolution de la part du revenu national détenue par les 10 % les plus aisés, par pays, de 1980 à 2022.
Source: d'après World inequality database, 2024.
DOCUMENT 3
PIB par habitant dans quelques pays entre 1990 et 2022
Indice base 100 = PIB par habitant mondial
· 1990 · 2000 · 2022
France · 507,2 · 407,0 · 321,2
Chine · 7,4 · 17,4 · 99,5
Brésil · 59,2 · 67,7 · 71,2
Vietnam · 2,2 · 7,2 · 32,8
Japon · 598,4 · 711,2 · 267,2
Monde · 100 · 100 · 100
Source: d'après Banque Mondiale, 2024.

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
Sujet : À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que le commerce international a différents effets possibles.
Réponse : Introduction Le commerce international désigne les échanges de biens et de services entre pays. Il s'est fortement développé depuis plusieurs décennies sous l'effet de la mondialisation. Il est porteur de nombreux avantages économiques, mais il produit aussi des effets contrastés selon les pays et les catégories sociales. On montrera d'abord que le commerce international génère des gains économiques importants. On soulignera ensuite qu'il peut aussi accentuer les inégalités et ne garantit pas la convergence des niveaux de vie. I. Le commerce international procure des gains économiques importants Le document 1 rappelle que l'accès au marché mondial permet aux entreprises de répartir leurs coûts fixes (recherche-développement, investissement) sur un plus grand nombre de ventes. Le coût unitaire des produits baisse : ce sont des économies d'échelle. Par ailleurs, la spécialisation selon les avantages comparatifs (Ricardo) conduit chaque pays à produire ce pour quoi il est relativement le plus efficace, ce qui accroît la production mondiale. Le document 1 souligne que ces gains se traduisent par une baisse des prix à la consommation et donc par une hausse du niveau de vie des ménages occidentaux. Le commerce international élargit aussi le choix des consommateurs (différenciation des produits) et favorise la diffusion des technologies et l'innovation. Le document 3 montre que certains pays émergents en ont fortement profité. Le PIB par habitant du Vietnam passe de l'indice 2,2 en 1990 à 32,8 en 2022 (environ ×15). Celui de la Chine passe de 7,4 à 99,5 (environ ×13) : la Chine atteint presque le PIB par habitant moyen mondial. Ces progrès s'expliquent en partie par leur insertion dans les chaînes de valeur mondiales, grâce à l'ouverture commerciale et à l'accueil d'investissements étrangers. Le commerce international peut donc favoriser le rattrapage et la convergence des niveaux de vie entre pays. II. Mais le commerce international produit aussi des effets ambivalents, voire négatifs Le document 2 montre que la part du revenu national avant impôt détenue par les 10 % les plus aisés a fortement augmenté depuis 1980 dans plusieurs grandes économies : - en Inde, d'environ 32 % à 57 % en 2022 ; - en Russie, d'environ 22 % à 51 % ; - aux États-Unis, d'environ 34 % à 48 % ; - en Chine, d'environ 28 % à 43 %. La France reste relativement stable, autour de 31 à 35 %. Plusieurs facteurs expliquent cette hausse des inégalités, notamment le progrès technique biaisé et les politiques fiscales, mais l'ouverture commerciale y contribue. Dans les pays développés, la concurrence des pays à bas salaires pèse sur l'emploi et les salaires des travailleurs peu qualifiés : désindustrialisation, délocalisations. Dans les pays émergents, les gains de l'ouverture profitent surtout aux détenteurs de capital et aux travailleurs qualifiés des secteurs exportateurs. Le commerce international crée donc des gagnants et des perdants au sein de chaque pays, et l'écart entre les deux peut se creuser. Le document 3 montre aussi que la convergence des niveaux de vie n'est pas automatique. Le PIB par habitant relatif du Brésil progresse peu (de 59,2 à 71,2), ce qui peut refléter une spécialisation dans les produits primaires, moins porteuse de gains de productivité. À l'inverse, la position relative de la France (de 507,2 à 321,2) et surtout celle du Japon (de 598,4 à 267,2) reculent nettement, alors que ces deux pays sont largement intégrés au commerce mondial. L'insertion dans les échanges ne garantit donc ni le rattrapage ni le maintien d'une position avantageuse. Enfin, le commerce international peut créer des dépendances vis-à-vis de l'extérieur (chaînes d'approvisionnement fragiles) et accroître les coûts environnementaux liés au transport et à la fragmentation de la production. Conclusion Le commerce international a bien des effets multiples. Il permet des gains de productivité, des économies d'échelle, une baisse des prix et une hausse du niveau de vie, et il a favorisé le rattrapage spectaculaire de pays comme la Chine ou le Vietnam (documents 1 et 3). Mais il peut aussi accroître les inégalités de revenus au sein des pays (document 2), et il n'assure pas à lui seul la convergence des niveaux de vie (document 3). Ses effets dépendent de la spécialisation des pays et des politiques qui les accompagnent : redistribution, formation, politiques industrielles.
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