Exercice Première partie · Bac Humanités, Littérature et Philosophie Centres étrangers (Afrique) 2026 (jour 2)
Thème : Les expressions de la sensibilité · Tiré du sujet Jour 2 (2026)
Énoncé
Née en 1966 au Canada, la poétesse Rita Mestokosho appartient au peuple amérindien des Innus, dont le nom signifie « être humain ». Représentante de sa communauté, elle milite pour la valorisation de sa culture et la préservation de sa langue, l'innu. C'est pourquoi ses poèmes sont écrits en innu et en français – ou, comme ici, en français ponctué d'un mot innu –, ce qui exprime une volonté de dialogue avec tous les lecteurs.
Parfum de la terre
Viens marcher avec le printemps
Sens le vent sur tes joues
Sois libre de tes mouvements
Prends le temps de vivre
5 Car demain ne t'appartient pas.
N'oublie pas ta promesse
D'aller retrouver la paix
Dans une forêt
Dans une maison en bois
10 Retrouve le battement de ton cœur.
Nous partirons les yeux fermés
Le cœur enveloppé
Du parfum de la terre
L'automne Uashtessiu 1
15 Qui nous dira
Viens viens mon ami mon frère
Oui je t'attends
Depuis cet instant
Où ton souffle a touché mon âme
20 Oui je t'attends mon frère
Alors nous partirons tous deux.
J'ai vu la montagne dans sa splendeur
J'ai entendu la rivière dans son désir
Quel plaisir et quel bonheur
25 D'être dans les bras de la Terre.
Et lui ce grand mystère
Que je découvre dans son absence
Chercher la vérité au creux de ses mains
Je respire l'air qu'il habite.
30 Voir son regard s'évanouir dans le mien
Pendant qu'il ferme les yeux sur mon corps
Pour mieux goûter à l'instant
J'entends son cœur battre.
J'aime son silence
35 J'aime sa voix
J'aime son reflet
J'aime l'invisible que je ne peux toucher
Mais que je sens avec force en moi.
Les arbres sont témoins de mon amour
40 Les rochers entendent encore aujourd'hui
L'écho de ma grande tendresse
Sur le ciel qui nous enveloppe.
Mon cœur est fait de branches de sapin
Entremêlées à toutes les saisons du monde.
45 Je dors pour mieux tapisser tes rêves
Et celui du chasseur en quête d'une terre
Où il pourra alimenter son envie d'être libre
De marcher en admirant les courbes des rivières
De nourrir sa faim et d'assouvir sa soif.
50 Je crois aussi en la force du destin
Je crois aussi en la confiance de demain
La patience d'attendre en admirant l'eau des chutes
En priant pour mon prochain.
Je deviens l'hiver pour me reposer
55 Je deviens le printemps pour rêver
Je deviens l'été pour briller.
Et je suis une femme d'automne
Née dans un univers qui est aussi le tien.
Rita Mestokosho, Née de la pluie et de la terre, 2014.
1 En innu (la langue de Rita Mestokosho), Uashtessiu signifie « les arbres changent de couleur ». Il s'agit donc d'une référence aux feuilles d'automne.
Première partie: Interprétation littéraire
Comment le poème témoigne-t-il d'un sentiment d'harmonie avec la nature ?

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
Comment le poème témoigne-t-il d'un sentiment d'harmonie avec la nature ?
Réponse : Une réponse bien structurée pourra développer trois axes principaux : 1. Une immersion sensorielle et bienveillante dans le vivant : Le poème s'ouvre sur une invitation à renouer avec les éléments par les sens (« Sens le vent sur tes joues », « parfum de la terre », regard, ouïe). La nature n'est pas un décor extérieur mais un refuge apaisant (« retrouver la paix / Dans une forêt », « Dans les bras de la Terre »), où le rythme humain s'accorde au battement naturel (« Retrouve le battement de ton cœur »). 2. Une relation intime, fraternelle et personnifiée : Les éléments naturels sont personnifiés et dotés d'une âme : l'automne est un interlocuteur (« Qui nous dira / Viens viens mon ami mon frère »), la rivière a un « désir », les arbres et les rochers sont des « témoins de mon amour » et entendent « l'écho de ma grande tendresse ». La relation dépasse la simple contemplation pour devenir un dialogue amoureux et spirituel (« respirer l'air qu'il habite »). 3. L'osmose et l'identification totale avec le cosmos : L'harmonie culmine dans une fusion corporelle et existentielle : « Mon cœur est fait de branches de sapin », puis l'adoption du cycle saisonnier (« Je deviens l'hiver », « Je deviens le printemps », « Je deviens l'été », « femme d'automne »). L'être humain et la terre ne font plus qu'un dans un destin partagé (« Née dans un univers qui est aussi le tien »).
L’explication pas à pas, faite avec l’IA, est réservée aux membres Premium. Premium
Résous-le ici : correction automatique, indices et corrigé détaillé.
‹ Exercice Deuxième partie : Essai philosophique · Centres étrangers (Afrique) 2026 (jour 1) · Sujet 1 · Centres étrangers (Afrique) 2022 (jour 2) ›