Dissertation 2 · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Centres étrangers (Afrique) 2024 (jour 2)

Thème : Océan et espace : spécificités, statuts et acteurs (introduction au thème 1) · Tiré du sujet Jour 2 (2024)

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Dissertation 2

Mers et océans: entre affirmation des puissances et coopérations internationales.

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Mers et océans : entre affirmation des puissances et coopérations internationales.

Réponse : Proposition d'organisation détaillée : Introduction - Accroche : Couvrant plus de 70 % de la planète, les mers et océans sont au cœur de la mondialisation (maritimisation des flux, environ 90 % du commerce mondial en volume) et des rivalités géopolitiques contemporaines. - Définition : Les mers et océans sont des espaces de circulation, des réservoirs de ressources (halieutiques, énergétiques, minières) et des théâtres de projection de puissance. L'affirmation des puissances désigne la volonté des États d'y imposer leur souveraineté ou leur influence (stratégie navale, appropriation). La coopération internationale désigne les mécanismes multilatéraux et le droit international qui visent à les réguler. - Problématique : Dans quelle mesure les mers et océans, théâtres majeurs de rivalités et d'affirmation de la puissance des États, constituent-ils aussi un bien commun qui exige une gouvernance multilatérale et des coopérations renforcées ? - Annonce du plan : I. Des espaces stratégiques au service de l'affirmation des puissances. II. Une territorialisation génératrice de rivalités et de tensions. III. La nécessité d'une gouvernance mondiale et de coopérations internationales. I. Des espaces stratégiques au cœur de l'affirmation des puissances - A. La maîtrise des mers, attribut fondamental de la puissance : - thèse de Mahan (*Sea Power*) ; - marines de haute mer (*blue water navies*) ; - porte-avions et SNLE au service de la dissuasion (États-Unis, France, Royaume-Uni, Chine, Russie). - B. La sécurisation des routes maritimes et des détroits : - points de passage stratégiques : Malacca, Bab-el-Mandeb, Ormuz, Suez, Panama ; - câbles sous-marins, qui assurent l'essentiel des flux numériques intercontinentaux. - C. La course aux ressources : pêche industrielle, hydrocarbures offshore, minerais des grands fonds, énergies marines renouvelables. II. Une territorialisation génératrice de rivalités géopolitiques - A. La territorialisation des espaces maritimes : - généralisation des Zones Économiques Exclusives (200 milles nautiques) ; - demandes d'extension du plateau continental auprès de la Commission des limites du plateau continental (ONU) ; - la France possède la 2e ZEE du monde. - B. Conflits de souveraineté et appropriations unilatérales : - mer de Chine méridionale : « ligne en neuf traits », poldérisation et militarisation d'îlots ; - sentence arbitrale de 2016, rejetée par Pékin. - C. De nouveaux espaces de tension : - l'Arctique, où la fonte de la banquise ouvre des routes (passage du Nord-Est et du Nord-Ouest) et attise les revendications des riverains (Russie, Canada, États-Unis, Danemark, Norvège) ; - la piraterie (golfe d'Aden, golfe de Guinée). III. La construction d'une gouvernance multilatérale face aux défis communs - A. L'encadrement juridique international : - la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (Montego Bay, 1982) définit eaux territoriales, ZEE et haute mer ; - elle s'appuie sur le Tribunal international du droit de la mer et l'Autorité internationale des fonds marins ; - le « patrimoine commun de l'humanité » s'applique aux grands fonds. - B. Des coopérations sécuritaires : - opération européenne Atalante contre la piraterie au large de la Somalie ; - coopération régionale en Asie du Sud-Est (ReCAAP) ; - Conseil de l'Arctique. - C. La protection d'un bien commun environnemental : - lutte contre la surpêche (organisations régionales de pêche, accord de l'OMC de 2022 sur les subventions) ; - aires marines protégées ; - traité BBNJ sur la biodiversité en haute mer (2023) et Conférences des Nations unies sur l'océan. - Limites : non-ratifications (les États-Unis et l'UNCLOS), souverainisme, faible contrainte. Conclusion - Bilan : Les mers et océans restent des espaces privilégiés de l'affirmation des puissances et de rivalités croissantes, liées à la territorialisation et à la course aux ressources. Ils font cependant l'objet d'une gouvernance internationale progressive, fondée sur le droit de la mer et sur des coopérations sécuritaires et environnementales. - Réponse à la problématique : Cette gouvernance demeure fragile, car les logiques de puissance l'emportent souvent sur la coopération. - Ouverture : L'exploitation minière des grands fonds ou la montée des tensions dans l'Indo-Pacifique mettront à l'épreuve la capacité de la communauté internationale à faire de l'océan un véritable bien commun.

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