Exercice Étude critique de documents · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Centres étrangers (Afrique) 2026 (jour 1)

Thème : La Chine : à la conquête de l'espace, des mers et des océans · Tiré du sujet Jour 1 (2026)

Énoncé

Étude critique de documents - La Chine à la conquête des mers et des océans

Consigne — En analysant les documents, en les confrontant et en vous appuyant sur vos connaissances, vous présenterez les enjeux, les manifestations et les limites de la puissance chinoise à partir des mers et des océans.

Document 1

« Dotée de onze porte-avions, l'US Navy 1 demeure la première flotte de la planète en tonnage, mais plus en nombre de bateaux: l'Armée populaire de libération (APL) 2 compte désormais 370 navires de combat contre 297 pour l'armée américaine. Certes, les dépenses militaires de la Chine s'élevaient, en 2023, à 296 milliards de dollars (285,7 milliards d'euros), soit 32 % des 916 milliards dépensés par les États-Unis, selon l'Institut de recherche sur la paix de Stockholm. […] Mais aucun autre pays ne s'est lancé dans un tel effort pour contester la supériorité militaire américaine. […] Le rythme de développement de l'armée chinoise représente le principal « défi » du Pentagone 3. Pour Pékin, cette débauche de moyens répond à son ambition de devenir une « puissance de premier plan » avant les cent ans de la République populaire, soit avant 2049. […]

Les analystes spéculent sur l'objectif, mentionné par la presse hongkongaise, de doter la marine chinoise de six porte-avions en 2035 – ce que Pékin n'a pas démenti. […]

À cet arsenal s'ajoutent des emprises géographiques permettant à la Chine de se projeter à travers le monde. Alors qu'en septembre 2015, dans la roseraie de la Maison Blanche, Xi Jinping promettait à Barack Obama que son pays ne militariserait pas les îlots de sable situés dans la très contestée mer de Chine méridionale, la Chine y dispose désormais de trois bases militaires avec piste d'atterrissage. L'APL a en outre inauguré, en 2017, sa première base à l'étranger, à Djibouti. Au Cambodge, elle a rénové une base navale, en y adjoignant une longue jetée et des baies de réparation, qui lui ouvre un accès au golfe de Thaïlande. S'y ajoutent des ports commerciaux, dont l'utilité est incertaine en cas de conflit, tels que celui construit dans le sud du Sri Lanka, avec une concession de quatre-vingt-dix-neuf ans. […]

Le gouvernement chinois considère toutefois que repousser la puissance américaine nécessite une force militaire au moins aussi grande. C'est particulièrement le cas dans le Pacifique, où sa projection de forces est restreinte par une première chaîne d'îles et de territoires alliés ou proches des États-Unis – Japon, Corée du Sud, Taïwan, Philippines –, puis par une deuxième, de Tokyo à l'Australie en passant par les îles Mariannes du Nord et les bases américaines de Guam. »

Nom de la marine de guerre des États-Unis.

Nom de l'armée chinoise.

Siège du commandement des armées des États-Unis.

Source: extrait d'Harold THIBAULT et Simon LEPLÂTRE, « Chine: comment Xi Jinping a mis l'armée en ordre de bataille », Le Monde, article publié le 9 février 2025.

Document 2

Source: d'après Éric GODEAU (dir.), Les grandes mutations du monde, Nathan, 2025. Réalisation: Jean-Benoît BOURON, Géoconfluences, 2025 pour l'académie conceptrice du sujet.

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Corrigé

Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)

En analysant les documents, en les confrontant et en vous appuyant sur vos connaissances, vous présenterez les enjeux, les manifestations et les limites de la puissance chinoise à partir des mers et des océans.

Réponse : Une réponse construite et argumentée comprenant une introduction, un développement structuré en trois axes et une conclusion critique : Introduction : - Présentation du sujet et des documents : un article du journal *Le Monde* (2025) soulignant la montée en puissance navale de l'APL, et une carte régionale (Nathan / Géoconfluences, 2025) figurant la maritimisation et l'encerclement stratégique de la Chine. - Problématique : Comment la Chine cherche-t-elle à s'affirmer comme puissance maritime mondiale, et à quelles limites géopolitiques se heurte-t-elle ? - Annonce du plan : 1. Les enjeux de la puissance maritime ; 2. Les manifestations concrètes de cette puissance ; 3. Les limites géopolitiques et stratégiques. I. Les enjeux de la puissance maritime chinoise : - Enjeux économiques et commerciaux : - Sécuriser les flux d'échanges, car la première route maritime mondiale traverse la mer de Chine méridionale et passe par le détroit de Malacca et Singapour. - Appuyer les grands ports mondiaux chinois : Shanghai, Tianjin, Hong Kong. - Contrôler les ressources halieutiques et les hydrocarbures sous-marins. - Enjeux géopolitiques et de statut mondial : Pékin veut devenir une « puissance de premier plan » d'ici le centenaire de la RPC en 2049, en rupture avec son passé de puissance continentale. II. Les manifestations concrètes de la puissance maritime : - Modernisation et expansion navale : - L'APL dépasse désormais l'US Navy en nombre de navires de combat (370 contre 297). - Pékin vise six porte-avions d'ici 2035. - Son budget militaire est le 2ᵉ du monde (296 milliards de dollars en 2023). - Stratégie du « collier de perles » et projection mondiale : construction et aménagement de bases navales et de facilités portuaires : - Djibouti, première base à l'étranger, depuis 2017 ; - Ream, au Cambodge, avec un accès au golfe de Thaïlande ; - Hambantota, au Sri Lanka, avec une concession de 99 ans. - Territorialisation de la mer de Chine méridionale : - Revendication de la « ligne en neuf traits » (espace délimité en pointillés sur la carte). - Création d'îles artificielles militarisées : trois bases avec piste d'atterrissage aux Spratleys (Fiery Cross, Subi, Mischief), auxquelles s'ajoute Woody Island aux Paracels, malgré la promesse faite à Obama en 2015. - Contestation des Senkaku/Diaoyu et du récif de Scarborough. III. Les limites et résistances rencontrées : - L'endiguement par les États-Unis et leurs alliés : - Présence de bases américaines (Guam, Okinawa, Mariannes du Nord). - Réseau d'alliances formant deux « chaînes d'îles » de confinement (Japon, Corée du Sud, Taïwan, Philippines, puis Australie, Palaos, Micronésie). - Asymétrie technologique et de tonnage : - La flotte chinoise est supérieure en nombre de coques, mais reste inférieure en tonnage et en expérience aéronavale face aux 11 porte-avions de l'US Navy. - Son budget ne représente que 32 % du budget américain. - Tensions régionales et contestation du droit international : - Conflits de souveraineté avec les pays riverains (Philippines, Vietnam, Japon). - Rejet de la sentence arbitrale de 2016 rendue au titre de la CNUDM. - Limites du collier de perles : l'utilité militaire des ports commerciaux reste incertaine en cas de conflit. Conclusion : - Bilan : l'essor naval chinois est d'une ampleur inédite et sert les « Nouvelles routes de la soie maritimes » ainsi que l'ambition de 2049. - Limite : la Chine reste prisonnière du « dilemme de Malacca » et de l'encerclement par les chaînes d'îles américaines, et ses revendications l'isolent de ses voisins. - Ouverture : la rivalité sino-américaine dans l'Indo-Pacifique, désormais centre de gravité géopolitique mondial.

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