Exercice Étude critique de documents · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Centres étrangers (Afrique) 2024 (jour 1)
Thème : La Chine : à la conquête de l'espace, des mers et des océans · Tiré du sujet Jour 1 (2024)
Énoncé
Étude critique de documents: la Chine, puissance maritime, puissance spatiale
Consigne - En analysant les documents, en les confrontant et en vous appuyant sur vos connaissances, montrez que les ambitions maritimes et spatiales chinoises témoignent d'enjeux géopolitiques majeurs.
Document 1
« Les trois hommes, qui avaient décollé à la mi-juin, ont passé trois mois dans la station chinoise. Huit lancements supplémentaires sont encore nécessaires à sa construction¹.
La Chine engrange un succès dans le cadre de son ambitieux programme spatial. Ses trois astronautes sont revenus sur Terre, vendredi 17 septembre, après un séjour de trois mois dans la station spatiale chinoise, en cours de construction, dont ils étaient les tout premiers occupants. Leur capsule de retour "s'est posée avec succès" dans le désert de Gobi (dans le nord-ouest de la Chine) vers 7 h 35 (à Paris), a fait savoir l'agence spatiale [chinoise] chargée des vols habités (CMSA).
Les trois hommes avaient décollé à la mi-juin au départ du centre de lancement de Jiuquan, non loin du lieu où ils ont atterri. Leur mission, Shenzhou-12, était la plus longue jamais effectuée dans l'espace par des Chinois. La CMSA a ainsi salué le "succès total" de la mission, nouvelle étape de l'ambitieux programme spatial chinois, qui a déjà posé des sondes sur la Lune, sur Mars, et envisage d'envoyer un équipage sur l'astre lunaire d'ici à 2030.
"La mission Shenzhou-12 a atteint son objectif, qui était d'activer la nouvelle station et de la rendre opérationnelle", a déclaré Jonathan McDowell, astronome au Centre Harvard-Smithsonian pour l'astrophysique, aux États-Unis. "Cela ouvre la voie à de futures missions régulières dans la station. C'était très important et véritablement primordial de réussir ces débuts", a également noté Chen Lan, analyste du site GoTaikonauts, spécialisé dans le programme spatial chinois. [...]
Nommée en anglais CSS (pour "Chinese Space Station") et en chinois Tiangong ("Palais céleste"), la station, une fois totalement assemblée, aura une taille comparable à celle de l'ancienne station soviétique Mir (1986-2001). Sa durée de vie est annoncée d'au moins dix ans. L'ambition chinoise de bâtir une station a été nourrie par le refus américain d'accepter des Chinois dans le programme de la Station spatiale internationale (ISS), une collaboration entre les États-Unis, la Russie, le Canada, l'Europe et le Japon.
Shenzhou-12 était la première mission habitée chinoise depuis près de cinq ans et une question de prestige pour le Parti communiste chinois (PCC), qui célèbre cette année son centenaire.
¹ Fin de l'assemblage en novembre 2022.
Si "la Chine est devant l'Europe en termes de vols habités", il y a "encore des écarts" avec les États-Unis, et ceux-ci "mettront plus d'une décennie, voire davantage, à être comblés", a encore estimé Chen Lan.
Il a notamment souligné l'avantage des États-Unis en matière de technologies ou encore de réduction des coûts, avec l'utilisation désormais de lanceurs réutilisables pour atteindre l'ISS. "Mais la principale avance américaine réside dans l'expérience", a aussi noté Jonathan McDowell. "Les astronautes chinois ont par exemple effectué [lors de cette mission] deux sorties dans l'espace. C'est loin des centaines réalisées avec l'ISS. Cette quantité fait la différence". »
Source: d'après « Les premiers astronautes de la station spatiale chinoise sont revenus sur Terre », Le Monde avec AFP, 17 septembre 2021.
Document 2
Tensions en mer de Chine
Source: Franck Tétart, Grand Atlas 2021, Autrement, Paris, 2020, p. 15.

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
En analysant les documents, en les confrontant et en vous appuyant sur vos connaissances, montrez que les ambitions maritimes et spatiales chinoises témoignent d'enjeux géopolitiques majeurs.
Réponse : Proposition d'organisation et axes d'analyse : Introduction : - Présentation du sujet : les mers et l'espace comme nouvelles frontières et théâtres d'affirmation géopolitique pour la Chine sous Xi Jinping. - Présentation des documents : un article de presse du *Monde* avec l'AFP (septembre 2021) sur les avancées de la station spatiale chinoise Tiangong, et une carte issue du *Grand Atlas 2021* de Franck Tétart montrant les revendications et tensions maritimes chinoises en Asie orientale. - Problématique : Dans quelle mesure les ambitions maritimes et spatiales chinoises traduisent-elles une volonté d'hégémonie régionale et d'affirmation comme superpuissance globale face aux États-Unis ? - Annonce du plan. I. L'affirmation d'une puissance globale : maîtriser les nouveaux espaces pour asseoir le prestige et la souveraineté : - *Dans l'espace (Doc 1) :* La maîtrise technologique et symbolique (station Tiangong, missions Shenzhou, sondes lunaires et martiennes). Lien direct avec le centenaire du PCC (2021) et le « rêve chinois » de Xi Jinping. - *En mer (Doc 2) :* Volonté de sanctuariser son environnement proche (mer de Chine méridionale et orientale), sécurisation des voies d'approvisionnement vitales (détroit de Malacca, routes de la soie maritimes) et intégration de Taïwan. II. La rivalité hégémonique avec les États-Unis et la contestation de l'ordre international : - *Dans l'espace :* Réponse au refus américain d'intégrer la Chine à l'ISS (amendement Wolf de 2011). Compétition technologique et prestige face à la NASA et aux entreprises privées américaines. - *En mer :* Remise en cause de la convention de Montego Bay (ligne en neuf traits) et militarisation d'îlots artificiels (Paracels, Spratleys). Conflit avec le dispositif d'endiguement américain (bases militaires au Japon, en Corée du Sud, à Guam) et litiges avec les pays riverains (Vietnam, Philippines, Japon pour les îles Senkaku/Diaoyu). Conclusion : - Bilan : Les ambitions maritimes et spatiales se complètent pour hisser la Chine au rang de première puissance mondiale à l'horizon 2049. - Regard critique sur les documents : le document 1 souligne toutefois le retard persistant de la Chine en termes d'expérience spatiale face aux États-Unis, tandis que la carte met en évidence son isolement diplomatique face à une coalition d'alliés régionaux soutenus par Washington.
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