Sujet de dissertation 2 · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Centres étrangers (Afrique) 2023 (jour 2)
Thème : Conquêtes, affirmations de puissance et rivalités dans l'espace et les océans · Tiré du sujet Jour 2 (2023)
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Sujet de dissertation 2
Les États et le contrôle de la connaissance depuis la deuxième partie du XXe siècle
Rédigez votre dissertation en mobilisant des connaissances historiques et géopolitiques précises (R&D, secret défense, renseignement, transferts de technologie, ère numérique, lanceurs d'alerte, rivalités de puissance). Structurez votre propos avec une introduction problématisée, un développement équilibré et une conclusion.

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Les États et le contrôle de la connaissance depuis la deuxième partie du XXe siècle
Réponse : Proposition de plan détaillé et d'éléments de correction : Introduction : - Accroche : Selon la formule de Francis Bacon, « Savoir, c'est pouvoir ». Depuis 1945, la connaissance est un facteur déterminant de la puissance géopolitique, économique et militaire. Les États cherchent donc à organiser sa production tout en en verrouillant l'accès. - Définitions : - La « connaissance » regroupe les savoirs scientifiques, technologiques, stratégiques et informationnels. - Le « contrôle » désigne à la fois la protection (secret défense, brevets, propriété intellectuelle), la surveillance et la censure, et la captation (renseignement, cyberespionnage). - Les États sont à la fois financeurs, régulateurs et protecteurs de la souveraineté. - Problématique : Comment et dans quelle mesure les États s'efforcent-ils de produire, protéger et capter la connaissance pour affirmer leur puissance, face à l'ouverture, à la mondialisation des savoirs et à l'essor d'acteurs transnationaux ? - Annonce du plan : - I. La connaissance, instrument régalien de puissance. - II. Protéger, capter et réguler : la guerre économique et informationnelle. - III. Les limites et remises en cause du contrôle étatique à l'ère numérique. I. La connaissance, fondement de la puissance étatique depuis 1945 : - *Mobilisation scientifique pendant la Guerre froide :* - Héritage du projet Manhattan, course aux armements nucléaires. - Course à l'espace : Spoutnik (1957), Apollo (1969). - Complexe militaro-industriel et scientifique (Eisenhower, 1961). - *Secret défense et renseignement :* - Classification des documents et protection des programmes nucléaires. - Rôle des agences (CIA, KGB, DGSE, Mossad) pour empêcher les fuites et acquérir les savoirs adverses. - Espionnage atomique (affaire Rosenberg, Klaus Fuchs). - *L'État stratège et financeur de la R&D :* - CNRS, CEA (1945), NASA (1958), DARPA (1958), à l'origine d'Arpanet. - Investissement dans les universités et les grands programmes (en France : nucléaire, Concorde, Ariane). II. Protection, captation et régulation : l'État dans la guerre économique et technologique : - *Contrôle des transferts de technologie :* - CoCom (1949-1994), puis arrangement de Wassenaar (1996). - Traité de non-prolifération (TNP, 1968) et réseau A. Q. Khan. - Restrictions américaines récentes sur les semi-conducteurs et l'IA face à la Chine (Huawei, 2019-2022). - Contrôle des investissements étrangers. - *Espionnage technologique et cyberespionnage :* - Réseau Echelon, programme PRISM de la NSA. - Virus Stuxnet contre le programme nucléaire iranien (2010). - Vols de données industrielles attribués à des acteurs étatiques. - *Contrôle de l'information et censure :* - Bloc soviétique (samizdat, dissidents), « Grande Muraille numérique » chinoise. - Internet « souverain » russe (loi de 2019). - Propagande et guerre informationnelle (désinformation, ingérences électorales). III. Un contrôle étatique contesté et limité : - *Les lanceurs d'alerte face au secret d'État :* - Pentagon Papers (Daniel Ellsberg, 1971). - WikiLeaks (Julian Assange, Chelsea Manning, 2010). - Révélations d'Edward Snowden (2013). - Ces affaires posent le dilemme entre sécurité nationale et droit à l'information. Des protections légales apparaissent (loi Sapin II, 2016 ; directive européenne de 2019). - *Concurrence des acteurs privés et transnationaux :* - Les GAFAM et BATX maîtrisent les données et l'IA. - L'État devient dépendant de ces acteurs (cloud, satellites Starlink en Ukraine). - Mouvement du logiciel libre et de la science ouverte. - *Réponses des États : vers une souveraineté numérique et des rivalités de puissance :* - Régulation européenne (RGPD 2018, DSA/DMA, AI Act). - Politiques de souveraineté technologique (Chips Act américain et européen, « Made in China 2025 »). - Course à l'IA et au quantique, avec une rivalité sino-américaine structurante. - Coopérations scientifiques internationales (CERN, ISS, GIEC), qui montrent que la connaissance reste aussi un bien commun. Conclusion : - Bilan : Depuis 1945, les États ont fait de la connaissance un pilier de leur puissance. Ils la financent, la protègent par le secret, la captent par le renseignement et la filtrent par la censure. - Limites : La mondialisation, le numérique, les lanceurs d'alerte et les géants privés rendent ce contrôle plus difficile et plus contesté. Les États sont contraints de redéfinir leur souveraineté. - Ouverture : L'intelligence artificielle générative et la gouvernance mondiale des données (ou de l'espace extra-atmosphérique) seront-elles les nouveaux terrains de cette lutte pour le contrôle du savoir ?
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