Exercice 1 - Commentaire de texte · Bac STMG Français Asie session normale 2026
Thème : Commentaire de texte : le théâtre du XVIIe siècle au XXIe siècle · Tiré du sujet Session normale (2026)
Énoncé
1- Commentaire de texte (20 points)
Objet d'étude: Le théâtre du XVIIe au XXIe siècle
Texte: Pierre Du Ryer, Alcionée, acte II, scène 3, 1640
Sous la pression d'un soulèvement militaire, mené par le général Alcionée, le roi a promis à ce dernier la main de sa propre fille, Lydie. Une fois l'ordre revenu, Alcionée lui rappelle sa promesse.
LE ROI
Me demander ma fille ! Ah, c'est trop entreprendre,
Et trop peu l'estimer que d'oser y prétendre.
ALCIONÉE
Je sais bien que mon sort 1 n'eut jamais de clarté
Qui ne fût un rayon de votre Majesté;
5 Je sais bien que des Cieux la puissance fatale 2
Rend à votre grandeur ma fortune inégale;
Je sais bien que Lydie est assise en un rang,
Où n'arriva jamais personne de mon sang 3;
Mais depuis cet instant qu'une sainte promesse,
10 Permit à mon amour d'espérer la princesse,
Je crois sans m'éblouir regarder ce soleil,
Et par votre promesse être fait son pareil.
LE ROI
Songez-vous sans horreur à des jours si funèbres,
Que vos seuls attentats 4 couvrirent de ténèbres ?
15 Et pouvez-vous penser que je vous ai promis,
Sans penser aux forfaits que vous avez commis ?
Sans craindre en même temps l'effroyable justice,
Qui doit aux attentats 4 l'exemple du supplice ?
Ne vous souvient-il plus des désordres passés ?
20 Ne vous souvient-il plus de les avoir causés ?
Osez-vous demander le loyer d'un outrage 5 ?
Et pensez-vous qu'on doive où la contrainte engage ?
Par vos lâches desseins 6 accablé d'ennemis,
Et craignant pour mon peuple, il est vrai, j'ai promis,
25 Mais de cette promesse autrefois nécessaire,
N'attendez point d'effet qui ne vous soit contraire;
Pour le bien de l'État ayant su l'avancer,
Pour le bien de l'État je puis m'en dispenser.
Changez donc en respect des flammes insensées,
30 Que cette ambition sorte de vos pensées;
Enfin n'espérez plus, les trônes sont des cieux
Où ne doivent monter que des rois ou des dieux.
1 Sort: destin, vie.
2 La puissance fatale des cieux: le destin qui décide de la « fortune », du sort des uns ou des autres.
3 Mon sang: Alcionée n'est pas de sang royal.
4 Attentats: dans la langue classique, actes de violence contre l'autorité, ici jugés seule cause du désordre.
5 Le loyer d'un outrage: la récompense d'un crime.
6 Desseins: objectifs, projets.
Vous ferez le commentaire littéraire de ce texte de Pierre du Ryer.
Vous pourrez prêter plus particulièrement attention aux pistes suivantes:
- une scène d'affrontement passionné;
- un débat argumenté sur les devoirs du roi.

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
Vous ferez le commentaire littéraire de ce texte de Pierre du Ryer.
Réponse : Proposition de commentaire organisé : Introduction - Accroche : au moment où se fixent les règles de la tragédie classique, le théâtre du XVIIe siècle met souvent en scène le conflit entre la passion individuelle et l'ordre politique. - Présentation : Pierre Du Ryer, contemporain de Corneille, publie *Alcionée* en 1640. Le général Alcionée, qui n'est pas de sang royal, a arraché au roi, par un soulèvement militaire, la promesse d'épouser sa fille Lydie. - Situation : à l'acte II, scène 3, une fois l'ordre revenu, Alcionée rappelle au roi sa promesse et celui-ci la lui refuse. - Problématique : comment cet affrontement passionné devient-il un véritable débat sur la valeur de la parole royale et sur les devoirs du roi ? - Plan : I. Une scène d'affrontement passionné ; II. Deux conceptions du mérite et du rang ; III. Un débat argumenté sur les devoirs du roi. I. Une scène d'affrontement passionné 1. Une ouverture brutale : - L'exclamation indignée « Me demander ma fille ! », puis l'interjection « Ah », traduisent la colère du roi. - L'intensif « trop » est répété (« trop entreprendre », « trop peu l'estimer ») : le refus est immédiat. 2. La tirade d'Alcionée, éloquente et passionnée : - L'anaphore « Je sais bien » (v. 3, 5, 7) construit une concession habile : il reconnaît son infériorité (« fortune inégale », « personne de mon sang »). - Le « Mais » du v. 9 opère le retournement. - Le champ lexical de la lumière (« clarté », « rayon », « soleil », « m'éblouir ») divinise à la fois le roi et la princesse aimée. 3. La riposte du roi, un réquisitoire : - Une série de questions rhétoriques (v. 13-22) multiplie les accusations : « attentats », « forfaits », « désordres », « outrage ». - Anaphores et parallélismes martèlent la culpabilité d'Alcionée : « Sans penser... / Sans craindre... », « Ne vous souvient-il plus... ». - Le registre est tragique : « horreur », « funèbres », « ténèbres », « supplice ». Les ténèbres s'opposent à la lumière invoquée par Alcionée. - Le déséquilibre des répliques (10 vers contre 20) et l'impératif final traduisent la domination du roi. II. Deux conceptions du mérite et du rang 1. Alcionée : la promesse comme élévation : - La « sainte promesse » est sacralisée ; elle le rendrait l'égal de la princesse (« être fait son pareil »). - Il défend un idéal héroïque, fondé sur la valeur et sur l'amour, qui dépasserait la naissance. 2. Le roi : un ordre hiérarchique immuable : - Il disqualifie l'amour d'Alcionée en démesure : « flammes insensées », « ambition ». - La sentence finale sacralise la hiérarchie : « les trônes sont des cieux / Où ne doivent monter que des rois ou des dieux ». - Elle reprend en le retournant l'imaginaire céleste d'Alcionée : le ciel est inaccessible au roturier. III. Un débat argumenté sur les devoirs du roi 1. Une promesse extorquée : - Le roi avoue avoir promis (« il est vrai, j'ai promis »), mais sous la contrainte : « accablé d'ennemis », « craignant pour mon peuple ». - Il en tire une maxime juridique et morale : « pensez-vous qu'on doive où la contrainte engage ? ». - Une promesse arrachée par la force n'oblige pas. 2. La raison d'État au-dessus de la parole donnée : - Le parallélisme des v. 27-28, « Pour le bien de l'État... / Pour le bien de l'État... », justifie aussi bien la promesse que son reniement. - Le devoir du roi est de protéger l'État et le peuple, non de tenir sa parole à tout prix. 3. Une légitimité ambiguë : - Le roi se pose en justicier : « l'effroyable justice », « l'exemple du supplice ». - Mais il manque à sa parole : le spectateur peut s'interroger sur la loyauté du souverain, et la tension tragique se noue. Conclusion - Cette scène unit la violence passionnelle de l'affrontement et la rigueur d'un débat politique. - À l'idéal héroïque d'Alcionée, le roi oppose la hiérarchie sacrée et la raison d'État. - Ouverture : on pourra rapprocher cette scène du *Cid* de Corneille ou de *Cinna*, où la clémence d'Auguste propose une autre réponse à la révolte.
L’explication pas à pas, faite avec l’IA, est réservée aux membres Premium. Premium
Résous-le ici : correction automatique, indices et corrigé détaillé.