Exercice 1 - Commentaire de texte · Bac STMG Français Asie session normale 2024
Thème : Commentaire de texte : la poésie du XIXe siècle au XXIe siècle · Tiré du sujet Session normale (2024)
Énoncé
1- Commentaire de texte (20 points)
Objet d'étude: La poésie du XIXe siècle au XXIe siècle.
Texte: Alicia Gallienne, « Le tour du réverbère », Le Livre noir, in L'autre moitié du songe m'appartient, 2020.
Alicia Gallienne (1970-1990) a 18 ans quand elle écrit ce poème.
Qui sera-t-il
Lui
Et pas un autre
Il sera celui qui arrive sans prévenir
5 Et la surprise éternelle de son regard
Déjà mille fois reproduit
Sur les écueils 1 changeants de mon ciel
Il sera celui qui n'en revient jamais
De l'illusion
10 Celui qui bat la campagne 2 solitaire
Comme on bat sa vie aux jeux de cartes
Comme on joue aux rêves des autres
Il tourne autour d'un réverbère 3
Mille fois le simple et même tour
15 Dans les ondes 4 qui sillonnent le destin
Le sien et pas celui des autres
Il sera celui d'une seule parole
Le mot pauvre qui suffit
Et que l'on a jamais entendu auparavant
20 Il sera celui-là l'unique tour
Autour de moi
On ne peut pas revenir sur les yeux exaucés
Enfin Après tous les moments de sommeil
Il sera celui à l'intonation profonde
25 Aux souvenirs rauques 5 et épaissis de lune
Qui tirent les rideaux sur son visage
Il sera à l'exactitude de ma vie
Les mains qu'il me faudra remplir
Et nous ferons le tour du réverbère
30 Chacun et tous deux dans le même sens
Au revers des rêves des autres
Adieu aux poussières des yeux piquants
La vieillesse et son pardessus 6 décousu
Ne peut rider les cercles de la lumière
35 Dans l'eau
J'ai tant décousu le revers 7 de mon ciel
Tant fouillé les poches de mes yeux
J'ai tant de fois défait et défait
Pour comprendre l'absence
40 Que parfois les ombres sont caressantes
Et c'est ainsi que va le monde
Et c'est ainsi que l'on marche
Sans jamais s'arrêter d'aimer
À l'improviste
45 Qui sera-t-il
Lui
Je n'en veux pas d'autre
Adieu ai-je dit
Aux poussières des yeux piquants
50 Il me faudra apprendre
À retomber en poussière à mon tour
Dans la terre de tes mains
Uniques à me recevoir en corolle 8
Je serai la poussière d'argent qui finit son sort
55 Autour du simple et même tour
D'une silhouette parcourant une ligne imaginaire
Une ligne en forme de ronde de l'eau
Et son centre est un réverbère
Et il marche sur le reflet de l'eau
60 Et son regard est scellé 9 de ciel
Celui
Celui couvert du manteau de mes rêves
1 Écueils: bancs de sable ou de roches dans l'eau, obstacles.
2 Bat la campagne: parcourt, fouille un territoire en tous sens.
3 Réverbère: lampadaire métallique destiné à l'éclairage des rues.
4 Ondes: vagues, mouvements à la surface de l'eau.
5 Rauques: voilés et rudes.
6 Pardessus: manteau protégeant des intempéries.
7 Revers: côté opposé à la face principale, qui se présente en premier.
8 Corolle: partie de la fleur composée de ses pétales.
9 Scellé: fermé, clos.
Vous ferez le commentaire du texte d'Alicia Gallienne extrait du Livre noir en vous aidant des pistes de lecture suivantes:
L'attente d'une rencontre idéale.
Le motif du tournoiement symbole du monde et de la vie.

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
Vous ferez le commentaire du texte d'Alicia Gallienne extrait du Livre noir en vous aidant des pistes de lecture suivantes : 1. L'attente d'une rencontre idéale. 2. Le motif du tournoiement symbole du monde et de la vie.
Réponse : Proposition d'organisation du commentaire littéraire : Introduction : - *Accroche :* Alicia Gallienne, poétesse emportée par la maladie à vingt ans, a laissé une œuvre intense, redécouverte en 2020 avec *L'autre moitié du songe m'appartient*. - *Présentation du texte :* Écrit à 18 ans, « Le tour du réverbère » (extrait du *Livre noir*) est un poème en vers libres. Il met en scène l'attente amoureuse et une quête existentielle. - *Problématique :* Comment l'évocation d'un amour absolu et attendu se conjugue-t-elle au motif du tournoiement pour transcender la solitude et célébrer le mouvement même de la vie ? - *Annonce du plan :* 1. L'attente fervente d'un être absolu et salvateur. 2. Le tournoiement et la ronde : une dynamique poétique et existentielle. --- Axe 1 : L'attente fervente d'un être absolu et salvateur 1. Une figure masculine idéalisée et unique : - Le pronom tonique est mis en valeur par l'isolement du vers : « Lui », « Et pas un autre » (v. 2-3). Il est repris en écho à la fin : « Je n'en veux pas d'autre » (v. 46-47). L'être aimé est singulier, exclusif et irremplaçable. - La question initiale reprise (v. 1 et 45) encadre le poème comme une attente. - Le futur prophétique est récurrent : « Il sera celui », anaphore des v. 4, 8, 17, 20, 24, 27, puis « nous ferons », « Je serai ». Il instaure une certitude visionnaire plutôt qu'une simple supposition. 2. Une rencontre rédemptrice qui transforme l'existence : - L'arrivée est soudaine (« sans prévenir », v. 4 ; « À l'improviste », v. 44) mais fondatrice : « Il sera à l'exactitude de ma vie » (v. 27). L'amour apporte justesse et complétude (« Les mains qu'il me faudra remplir », v. 28). - Le pouvoir du verbe : « Il sera celui d'une seule parole / Le mot pauvre qui suffit » (v. 17-18). Ce langage amoureux simple et essentiel s'oppose à l'illusion et aux « rêves des autres ». - L'être attendu est déjà rêvé, « mille fois reproduit » (v. 6) sur le « ciel » intérieur de la poétesse : c'est une figure à la fois réelle et imaginaire. 3. La fusion des êtres et l'acceptation de la vulnérabilité : - Le passage du « il » au « nous » (« nous ferons le tour du réverbère / Chacun et tous deux dans le même sens », v. 29-30) puis au « tu » (« tes mains », v. 52) rapproche progressivement l'aimé. - L'image de la poussière accueillie (« retomber en poussière à mon tour / Dans la terre de tes mains / Uniques à me recevoir en corolle », v. 51-53) fait de la fragilité et même de la mort un don recueilli par l'autre. La métaphore florale transforme cette fin en éclosion. - La chute (« Celui couvert du manteau de mes rêves », v. 62) clôt le poème sur l'idéal : l'aimé reste une création du rêve. --- Axe 2 : Le tournoiement et la ronde : une dynamique poétique et existentielle 1. Le réverbère comme point fixe et foyer lumineux : - Le réverbère urbain devient le centre autour duquel s'organise l'espace poétique : « Il tourne autour d'un réverbère » (v. 13), « Et son centre est un réverbère » (v. 58). - Lumière dans la nuit, il est un repère immuable face au temps : « La vieillesse [...] / Ne peut rider les cercles de la lumière / Dans l'eau » (v. 33-35). 2. La répétition du mouvement circulaire : - Le poème accumule le lexique du cercle : « tour », « autour », « cercles », « ronde », « ondes qui sillonnent le destin » (v. 15). - Les reprises (« Mille fois le simple et même tour », v. 14, et « Autour du simple et même tour », v. 55) reproduisent ce mouvement. - Les anaphores (« Il sera celui », « Comme on », « Et c'est ainsi », « J'ai tant ») et le polysyndète en « Et » (v. 58-60) créent un rythme incantatoire et giratoire. - La structure du poème est elle-même circulaire : la question « Qui sera-t-il / Lui » revient (v. 45-46), comme « Adieu aux poussières des yeux piquants » (v. 32 et 48-49). Le texte tourne sur lui-même comme une ronde. 3. Un symbole du monde et de la vie : - Le tour devient une loi universelle : « Et c'est ainsi que va le monde / Et c'est ainsi que l'on marche / Sans jamais s'arrêter d'aimer » (v. 41-43). Le cycle est celui de l'existence et de l'amour. - Ce tournoiement a une ambivalence. D'abord errance solitaire et répétitive (« bat la campagne solitaire », jeu de cartes, v. 10-11), il devient ronde partagée et harmonieuse (« dans le même sens », v. 30). - Il inscrit aussi le cycle vie-mort : retour à la « poussière », « poussière d'argent qui finit son sort / Autour du simple et même tour » (v. 54-55). La mort n'est pas une rupture mais une intégration au cercle lumineux. - La quête passée (« J'ai tant décousu le revers de mon ciel », « tant de fois défait et défait / Pour comprendre l'absence », v. 36-39) aboutit à une forme de sérénité : « parfois les ombres sont caressantes » (v. 40). - Les images d'eau et de reflet (« il marche sur le reflet de l'eau », v. 59) donnent à la ronde une dimension presque surnaturelle. --- Conclusion : - *Bilan :* Par les vers libres, les reprises et un futur prophétique, Alicia Gallienne fait de l'attente amoureuse une certitude visionnaire. Le motif du tour du réverbère unit l'amour, le destin et le cycle de la vie et de la mort. - *Ouverture :* On peut rapprocher ce poème du « Rêve familier » de Verlaine, autre figure idéale rêvée, ou des poèmes d'Éluard, où l'amour fonde un monde.
L’explication pas à pas, faite avec l’IA, est réservée aux membres Premium. Premium
Résous-le ici : correction automatique, indices et corrigé détaillé.
Exercice 1 - Commentaire de texte · Asie 2021 (jour 2) ›