Dissertation 1 · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Asie 2021 (jour 2)

Thème : La dimension politique de la guerre : de Clausewitz aux guerres irrégulières · Tiré du sujet Jour 2 (2021)

Énoncé

Sujet de dissertation 1

La dimension politique de la guerre, évolutions et ruptures du XVIII e à nos jours.

Rédigez une dissertation complète comportant une introduction problématisée, un développement structuré en deux ou trois parties équilibrées et une conclusion.

Énoncé: Dissertation 1 · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Asie 2021 (jour 2)

Corrigé

Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)

La dimension politique de la guerre, évolutions et ruptures du XVIIIe à nos jours.

Réponse : Proposition de plan détaillé et d'éléments de correction : Introduction - Accroche : Dans *De la guerre* (1832), le théoricien prussien Carl von Clausewitz formule sa célèbre maxime : « La guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens ». - Définition des termes : La guerre est un acte de violence armée collective et organisée. Sa « dimension politique » renvoie à ses finalités (défense d'intérêts étatiques, conquête de souveraineté, imposition d'un ordre) et au contrôle exercé par le pouvoir politique sur l'outil militaire. - Problématique : Dans quelle mesure la formule clausewitzienne de la subordination de la guerre au politique rend-elle compte des mutations et des ruptures des conflits armés, du XVIIIe siècle aux conflictualités contemporaines ? - Annonce du plan : 1. L'âge classique et clausewitzien : de la guerre réglée interétatique à la nation en armes (XVIIIe-XIXe siècle). 2. Les guerres totales du XXe siècle : la radicalisation idéologique et le risque d'anéantissement du politique. 3. L'ère contemporaine : la crise de la guerre interétatique et l'émergence de conflictualités asymétriques et hybrides. --- I. Du XVIIIe siècle à l'Empire : l'affirmation de la guerre comme instrument politique des États - A. Les guerres de cabinet du XVIIIe siècle : des conflits limités au service des princes. Les conflits sont interétatiques et s'inscrivent dans l'ordre westphalien (1648). Ils sont menés par des armées professionnelles, en partie recrutées à l'étranger, et visent des objectifs territoriaux limités (guerre de Succession d'Autriche, guerre de Sept Ans 1756-1763). La violence est relativement contenue et la guerre reste un outil diplomatique du souverain (*ultima ratio regum*). - B. La rupture révolutionnaire et napoléonienne : l'entrée en scène de la nation. La levée en masse (1793) fait de la guerre l'affaire du peuple-citoyen : on passe de la guerre des rois à la guerre des nations, portée par des passions patriotiques et idéologiques. Les campagnes napoléoniennes recherchent la bataille décisive (Austerlitz, Iéna) et pratiquent la montée aux extrêmes. Elles provoquent en retour des guerres de libération nationale (Espagne 1808, Prusse 1813). Le congrès de Vienne (1815) rétablit un équilibre et le « Concert européen ». - C. La conceptualisation clausewitzienne du primat du politique. Clausewitz distingue la « guerre absolue », concept de violence illimitée, de la « guerre réelle », bornée par les buts politiques. Il propose la « trinité » : le peuple (passion), l'armée et son chef (hasard, génie), le gouvernement (raison politique). Le XIXe siècle illustre ce primat avec les guerres limitées de l'unification italienne et allemande (Bismarck, 1864-1871). --- II. Le XXe siècle : guerres totales et affrontements idéologiques, le politique face à l'anéantissement - A. Les deux guerres mondiales : la totalisation des conflits. Les sociétés sont mobilisées dans leur intégralité : militaires, économie, science, culture, propagande. L'objectif n'est plus un gain négociable mais la capitulation sans condition. Le politique tend à être débordé par la logique militaire (Ludendorff, *Der totale Krieg*, 1935, qui inverse Clausewitz) et par la brutalisation (G. Mosse). - B. La guerre d'anéantissement idéologique. Avec la guerre d'extermination nazie à l'Est, la Shoah et les bombardements stratégiques de civils, la guerre vise la destruction de l'ennemi comme catégorie politique ou raciale. En réponse, le droit international se refonde : Charte de l'ONU (1945) qui proscrit le recours à la force, procès de Nuremberg, conventions de Genève (1949). - C. La guerre froide : le retour paradoxal du politique sous la menace nucléaire. La dissuasion nucléaire rend la guerre totale irrationnelle : on parle de « paix impossible, guerre improbable » (R. Aron). La guerre est contournée par les crises (Berlin, Cuba 1962) et par les guerres périphériques limitées (Corée : Truman limoge MacArthur en 1951, ce qui réaffirme le primat civil). Les guerres de décolonisation et révolutionnaires (Indochine, Algérie, Vietnam) montrent que la victoire est d'abord politique : conquérir la population (Mao, Giap). --- III. Depuis 1991 : brouillage des formes de la guerre et redéfinition de sa dimension politique - A. La crise de la guerre interétatique et les « nouvelles guerres ». Après 1991 se multiplient les conflits intra-étatiques et identitaires (ex-Yougoslavie, Rwanda 1994), avec des acteurs non étatiques et une économie de guerre prédatrice (M. Kaldor). Certains auteurs parlent de dépassement de Clausewitz (M. Van Creveld, J. Keegan). Les interventions humanitaires et la « responsabilité de protéger » posent la question de leur légitimité (Kosovo 1999, Libye 2011). - B. Guerres asymétriques et terrorisme. Les attentats du 11 septembre 2001 ouvrent la « guerre contre le terrorisme » en Afghanistan et en Irak. La supériorité militaire occidentale ne débouche pas sur une victoire politique : échec du *nation building*, retrait de Kaboul en 2021, opération Barkhane au Sahel. Le jihadisme mène une guerre éminemment politique, fondée sur la terreur et la recherche d'un effet psychologique et médiatique. - C. Le retour de la guerre de haute intensité et l'hybridité. La guerre en Ukraine (2014, puis invasion de 2022) marque le retour de la guerre interétatique de conquête en Europe, sous l'ombre nucléaire. Elle combine plusieurs dimensions : cyber, désinformation, guerre économique, mercenaires (Wagner) et zones grises. La guerre se déploie dans de nouveaux espaces (cyber, espace extra-atmosphérique, information) et la frontière entre guerre et paix se brouille, mais la logique politique, conquête et rapport de force, demeure centrale. --- Conclusion - Bilan : Du XVIIIe siècle à nos jours, la dimension politique de la guerre n'a jamais disparu, mais elle a connu des ruptures majeures : - la nationalisation de la guerre en 1793 ; - la totalisation et l'idéologisation du XXe siècle, qui ont menacé le contrôle politique ; - la dissuasion nucléaire ; - l'asymétrie et l'hybridité contemporaines, qui multiplient les acteurs et brouillent les frontières de la guerre. - Réponse à la problématique : La formule de Clausewitz reste un outil d'analyse pertinent, à condition d'élargir la notion de « politique » au-delà de l'État. - Ouverture : Les guerres d'aujourd'hui, comme l'Ukraine ou la compétition sino-américaine, et la montée de l'intelligence artificielle militaire peuvent conduire à s'interroger sur la capacité du politique à garder la maîtrise de la violence armée.

L’explication pas à pas, faite avec l’IA, est réservée aux membres Premium. Premium

Résous-le ici : correction automatique, indices et corrigé détaillé.

‹ Dissertation n°1 · Asie 2022 (jour 2)

Plus d’exercices de La dimension politique de la guerre : de Clausewitz aux guerres irrégulières