Sujet 4 - Option n°1 · Bac STMG Philosophie Antilles-Guyane session normale 2021
Thème : La liberté · Tiré du sujet Session normale (2021)
Énoncé
Sujet 4
Expliquer le texte suivant:
Partout où il y a vie commune, il est inévitable que des règles, imposées par l'utilité commune, limitent le choix.
Mais la liberté n'est pas plus ou moins grande selon que les limites sont plus étroites ou plus larges. Elle a sa plénitude à des conditions moins facilement mesurables.
Il faut que les règles soient assez raisonnables et assez simples pour que quiconque le désire et dispose d'une faculté moyenne d'attention puisse comprendre, d'une part l'utilité à laquelle elles correspondent, d'autre part les nécessités de fait qui les ont imposées. Il faut qu'elles émanent d'une autorité qui ne soit pas regardée comme étrangère ou ennemie, qui soit aimée comme appartenant à ceux qu'elle dirige. Il faut qu'elles soient assez stables, assez peu nombreuses, assez générales, pour que la pensée puisse se les assimiler une fois pour toutes, et non pas se heurter contre elles toutes les fois qu'il y a une décision à prendre.
À ces conditions, la liberté des hommes de bonne volonté, quoique limitée dans les faits, est totale dans la conscience. Car les règles s'étant incorporées à leur être même, les possibilités interdites ne se présentent pas à leur pensée et n'ont pas à être repoussées. De même l'habitude, imprimée par l'éducation, de ne pas manger les choses repoussantes ou dangereuses n'est pas ressentie par un homme normal comme une limite à la liberté dans le domaine de l'alimentation. Seul l'enfant sent la limite.
Simone WEIL, L'Enracinement (1943)
Rédaction de la copie
Le candidat a le choix entre deux manières de rédiger l'explication de texte.
Il peut:
soit répondre dans l'ordre, de manière précise et développée, aux questions posées (option n°1);
soit suivre le développement de son choix (option n°2).
Il indique son option de rédaction (option n°1 ou option n°2) au début de sa copie.
Questions de l'option n°1
A. Éléments d'analyse
1.
Donnez des exemples de « règles imposées par l'utilité commune » ? Pourquoi sont-elles indispensables ?
2.
S. Weil énumère les conditions que doivent remplir des règles pour être acceptées: énoncez ces conditions et expliquez-les en vous appuyant sur des exemples.
3.
Pourquoi l'enfant est-il, selon le texte, le seul à ressentir comme une « limite à sa liberté » la règle de « ne pas manger les choses repoussantes ou dangereuses » ?
B. Éléments de synthèse
1.
À quelle question ce texte s'efforce-t-il de répondre ?
2.
Quelle conception de la liberté le texte défend-t-il ? À quelle autre conception de la liberté pourrait-on l'opposer ?
3.
Dégagez l'idée principale du texte, ainsi que les différents moments de l'argumentation.
C. Commentaire
1.
Qu'est-ce qui permet d'être libre, alors que les règles de la vie collective ont été « incorporées » ?
2.
Quel sens ce texte permet-il de donner à l'idée de vie en société ?

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
1. Donnez des exemples de « règles imposées par l'utilité commune » ? Pourquoi sont-elles indispensables ?
Réponse : Exemples : le code de la route (conduire à droite, respecter les feux rouges), les règles d'hygiène publique ou l'interdiction du vol et des violences. Elles sont indispensables car, dès lors qu'il y a coexistence et vie commune, l'absence de règles mènerait au chaos, à la loi du plus fort et à l'impossibilité même d'agir en sécurité.
2. S. Weil énumère les conditions que doivent remplir des règles pour être acceptées : énoncez ces conditions et expliquez-les en vous appuyant sur des exemples.
Réponse : Les conditions énoncées sont : 1. Être raisonnables et simples (compréhensibles par une attention moyenne, comme un panneau de signalisation clair). 2. Être justifiées par une nécessité ou une utilité compréhensible (savoir pourquoi on doit s'arrêter au feu rouge). 3. Émaner d'une autorité légitime et reconnue comme sienne (non perçue comme étrangère ou ennemie, comme des lois votées démocratiquement). 4. Être stables, peu nombreuses et générales (pour pouvoir être intégrées sans devoir réapprendre constamment de nouvelles consignes).
3. Pourquoi l'enfant est-il, selon le texte, le seul à ressentir comme une « limite à sa liberté » la règle de « ne pas manger les choses repoussantes ou dangereuses » ?
Réponse : L'enfant est le seul à ressentir cette limite parce qu'il n'a pas encore intériorisé ni assimilé la règle par l'éducation. Pour l'adulte (« l'homme normal »), l'interdit est devenu une seconde nature (incorporé) : l'idée même d'avaler du poison ou des détritus ne lui vient pas à l'esprit, alors que pour l'enfant, l'interdit vient de l'extérieur sous la forme d'un ordre parental contrariant ses pulsions immédiates.
1. À quelle question ce texte s'efforce-t-il de répondre ?
Réponse : Le texte s'efforce de répondre à la question : à quelles conditions les règles nécessaires à la vie collective peuvent-elles s'accorder avec la liberté individuelle, sans que celle-ci soit détruite ou perçue comme contrainte ?
Les réponses des 4 questions restantes et l’explication pas à pas sont réservées aux membres Premium. Premium
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