Exercice 2.A - Contraction de texte · Bac STMG Français Antilles-Guyane remplacement 2023

Thème : Contraction de texte (littérature d'idées moderne et contemporaine) · Tiré du sujet Remplacement (2023)

Énoncé

Objet d'étude: la littérature d'idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle.

Le candidat traite, compte tenu de l'œuvre et du parcours étudiés durant l'année, l'un des trois sujets suivants:

A - Œuvre: Rabelais, Gargantua, chapitres XI à XXIV – Parcours: La bonne éducation.

Paul Lengrand, L'Homme du devenir, 1975.

Le domaine des instruments éducatifs est dominé pour le moment par les relations tumultueuses entre les deux principaux véhicules de la pensée et du sentiment: le verbe et l'image. Le verbe 1 peut être soit oral dans un cours, dans une émission de radio, soit allié à d'autres moyens comme à la télévision. L'image, de son côté, se présente 5 également sous des formes très variées, depuis l'affiche jusqu'au documentaire cinématographique.

L'image a toujours eu sa fonction d'information ou de stimulant. Mais dans le domaine éducatif elle avait cédé le pas depuis le 16e siècle devant l'introduction puis la domination du message verbal, principalement sous sa forme écrite. « Doctus cum libro » 2, telle était 10 la formule du savoir. Les techniques fondamentales du fonctionnement de l'esprit, et notamment la rhétorique et la logique ( logos: parole, raison) étaient liées au maniement convenable des mots et des liaisons syntaxiques. Il semblait que la seule approche possible de la vérité était fournie par l'utilisation correcte du jugement et du raisonnement bâti à l'aide des termes reliés d'une manière cohérente et systématique. L'enseignement 15 de l'école et de l'université ne reposait-il pas quasi exclusivement sur la communication de ce type ? C'est cette suprématie qui est aujourd'hui battue en brèche. En fait, l'individu moderne s'approvisionne de connaissances dans une mesure majoritaire en dehors du texte écrit. Les informations, les données sur le monde physique et non physique lui parviennent par les chemins les plus divers – par la parole (enregistrée ou non) et, dans 20 une mesure croissante, par l'image. La représentation visuelle a envahi l'univers de chacun, partout où ont pénétré les formes de la vie moderne.

Est-ce un bien ? Est-ce un mal ? Le jugement à cet égard est dans une grande mesure subjectif. Il dépend de l'idée qu'on se fait des conditions d'accès à la connaissance, de la nature du savoir, du rôle positif ou négatif joué par les règles traditionnelles du jeu 25 logique.

Certains – ce sont les partisans de l'image – dénoncent les méfaits de la civilisation livresque tournée vers le passé, attachée à des valeurs traditionnelles et tendant à confondre le bien-dire avec la rigueur intellectuelle. Ils montrent la supériorité d'un moyen qui fait appel à l'intuition, dont le message a une signification directe et peut être déchiffré 30 sans les préparations que demande la maîtrise du message écrit.

Les autres ne croient qu'en l'écriture. Le message visuel suscite en eux une solide méfiance. N'est-il pas le symbole et dans une certaine mesure l'instrument de ce qu'ils dénoncent (et refusent) dans les manifestations de la vie moderne, et qui peut se résumer en un terme: dépérissement de la réflexion. L'image, c'est l'immédiat, l'invasion de la 35 sensation (sinon du sensationnel). Il leur semble que l'être humain soit soumis à la domination de l'affiche, de la télévision, du cinéma, de l'hebdomadaire à images, et que, confronté à ces moyens dont l'effet sur l'imagination est tout puissant, il perde les remparts et les défenses que des siècles de civilisation écrite avaient patiemment élaborés.

Dans l'une et l'autre thèse, il y a une part de vérité. Il y a, semble-t-il, autant de 40 dangers, pour l'esprit attelé à voir clair dans la complexité du monde et à y trouver son chemin, dans les approches verbalo-livresques que dans l'approche visuelle. L'une et l'autre engendrent des illusions à l'égard desquelles il est bon et indispensable de se prémunir 3. Mais là n'est pas vraiment la question. Au lieu d'opposer l'une et l'autre, il est plus juste et plus fécond de confronter ces deux grandes catégories de moyens, de faire 45 l'inventaire des ressources qu'elles offrent à la connaissance et à la formation et, à la lumière des critères méthodologiques dont on ne peut se passer, d'étudier les conditions (temps, modalité d'emploi, etc.) grâce auxquelles leur utilisation rend les services qu'on en peut attendre. […]

Dans la plupart des cas, la meilleure solution, quand elle est possible, est dans la 50 combinaison des différentes approches dont chacune soutient l'autre, en remplace les insuffisances et en corrige les défauts: par exemple un programme de télévision introduisant à la connaissance d'un pays et qui présente un dialogue entre l'image et le texte, où l'image signifie ce que le texte ne peut pas dire convenablement, et réciproquement. Les formes progressives de l'enseignement moderne donnent de 55 remarquables exemples de cette approche combinée.

(772 mots)

1 le verbe: le langage

2 « doctus cum libro »: « savant avec un livre »

3 dont il est bon de se préserver

Vous résumerez ce texte en 193 mots. Une tolérance de +/- 10 % est admise: votre travail comptera au moins 173 mots et au plus 213 mots. Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez à la fin de la contraction le nombre de mots qu'elle comporte.

Consulta la solución para comparar tu contraction con un modèle possible.

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Corrigé

Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)

Vous résumerez ce texte en 193 mots.

Réponse : Les instruments éducatifs sont aujourd'hui marqués par la rivalité entre le langage et l'image. Longtemps dominée par l'écrit, fondement du savoir rationnel (rhétorique, logique), l'image regagne du terrain : l'individu moderne s'instruit surtout hors des livres, par la parole et de plus en plus par le /50/ visuel, omniprésent dans la vie moderne. Faut-il s'en réjouir ? Le jugement, subjectif, dépend de notre conception du savoir et des règles logiques traditionnelles. Les partisans de l'image condamnent une culture livresque passéiste, confondant éloquence et rigueur, et vantent un message intuitif, directement compréhensible sans apprentissage. Les défenseurs /100/ de l'écrit, eux, se méfient du visuel, symbole d'un déclin de la réflexion : soumis à l'immédiateté des sensations, l'homme perdrait les défenses élaborées par des siècles de culture écrite. Chaque thèse contient une part de vérité, et chaque approche engendre ses illusions. Mais plutôt que de /150/ les opposer, mieux vaut les confronter, recenser leurs ressources et déterminer les conditions de leur emploi efficace. Le plus souvent, la meilleure solution réside dans leur combinaison, chacune compensant les faiblesses de l'autre, comme dans une émission télévisée mêlant image et texte. (193 mots)

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