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Sujet du Bac STI2D Français 2022 · Antilles-Guyane Session normale
Sujet du Bac STI2D de Français 2022, Antilles-Guyane Session normale : 1 exercice corrigé. Thèmes : Contraction de texte. Avec correction automatique.
Thèmes du sujet : Contraction de texte (littérature d'idées moderne et contemporaine) · Essai sur la littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle · Commentaire de texte : le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle
Exercice 1 - Commentaire de texte
Vous traiterez au choix, l'un des deux sujets suivants:
1- Commentaire de texte (20 points)
Objet d'étude: le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle
Jean Rouaud, Les Champs d'honneur, PARTIE I, chapitre 7, 1990.
Chaque été, les grands-parents paternels du narrateur partent se reposer dans le midi chez leur fille Lucie et leur beau-fils John. Le grand-père, Alphonse Burgaud, est un être solitaire, peu bavard et distant qui passe la plus grande partie du séjour dans un fauteuil de rotin, à l'ombre d'un acacia, après sa promenade matinale. Un matin, le fauteuil reste vide.
Tous les ouvriers du domaine, d'anciens harkis pour la plupart, étaient mobilisés, chacun mettant d'autant plus de cœur à l'ouvrage que monsieur Burgaud avait eu un mot aimable pour lui. Grand-mère recommandait de fouiller les buissons, sonder les citernes, emprunter les chemins abandonnés, de bien ouvrir l'œil, et, si l'on découvrait Alphonse victime d'un serpent, surtout ne pas le forcer à marcher, ce qui par une accélération de la circulation sanguine lui serait fatal. Il fallait appeler, on arriverait avec le sérum, que chacun emporte un sifflet, une trompe, un tambour, qu'il lance le chant du muezzin ou le cri des bûcherons, ainsi gagnerait-on de précieuses secondes. Elle avait découpé le terrain en quatre zones, réparti les hommes en quatre groupes. Elle dirigeait les opérations, demandant de temps en temps son avis à John qui se contentait d'approuver. Ils progresseraient déployés selon la technique de la battue. Les quelques chasseurs de sangliers, d'authentiques Hurons des Maures qui se vantaient de connaître le moindre pouce de terrain, fanfaronnaient devant grand-mère: « Ne vous inquiétez pas, madame Burgaud, on vous le ramènera, votre mari. »
Ils ne ramenèrent rien du tout. A trois heures, le dernier groupe rentrait bredouille. C'était délicat en cette période d'incendie, des feux à répétition, mais, comme depuis plusieurs jours la situation était calme, le mistral tombé, on fit alors appel aux pompiers.
Les jeeps rouges et le camion des premiers secours étaient alignés en file indienne dans l'allée quand un petit homme chapeauté, vêtu de clair, passa en revue, intrigué, cet imposant déploiement. L'autocar, par une faveur spéciale au vu de son âge avancé, l'a déposé devant l'entrée marquée par les cyprès. Sa cigarette n'est consumée qu'à moitié qui pend à ses lèvres, mais, considérant la situation, il lui vient à l'idée sans plus attendre de l'écraser. A tout hasard, il enfouit le mégot dans sa poche. De sa canne de bambou, il soulève un coin de bâche qui camoufle une civière heureusement inoccupée. Il lui semble qu'on s'agite beaucoup devant la maison, où l'on a dressé la longue table des vendangeurs. Les verres vides y impriment des cachets rosés qui scintillent au soleil déclinant. A peu de distance, un groupe de volontaires entoure le capitaine des pompiers. Tous lèvent les yeux très loin vers les collines, suivant en cela le doigt de l'homme sanglé dans son épais cuir noir. De ce fait, personne ne remarque le nouvel arrivant qui se joint à eux, écoute et, profitant d'un silence, risque cette question: « Il y a le feu ? »
Il était près de sept heures. Une dizaine de bénévoles assistés du chef d'un corps d'élite venait de retrouver grand-père.
Vous commenterez cet extrait des Champs d'honneur de Jean Rouaud. Vous pourrez prêter plus particulièrement attention à:
une disparition inquiétante
la mise en scène du retour
un tableau comique
Exercice 2 - Sujet A - Contraction de texte
2 - Sujet A - Contraction de texte (10 points)
Objet d'étude: la littérature d'idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle. Œuvre: Rabelais, Gargantua, chapitres XI à XXIV - Parcours: La bonne éducation.
Michèle Petit, Pourquoi les enfants ont besoin d'histoires, 2014.
Pourquoi lire des histoires aux enfants ? Ce sont habituellement des arguments « sérieux » et « utiles » qui sont mis en avant: médias, enseignants, chercheurs ou parents expliquent que cette pratique est propice à de meilleures performances dans l'acquisition de la langue, qu'elle contribue à l'élargissement du répertoire lexical, à l'enrichissement de la syntaxe, à la capacité de s'exprimer, à l'accroissement du capital culturel, bref, à une adaptation des enfants et des adolescents aux exigences du monde scolaire, puis professionnel. Les uns ou les autres insistent aussi sur son rôle dans l'exercice futur de la citoyenneté par la formation de l'esprit critique, le partage d'un patrimoine commun ou la connaissance d'autres époques, d'autres cultures, à même de protéger de l'intolérance. Ces dernières décennies, avec le développement des neurosciences, on a aussi beaucoup expliqué que les facultés cognitives seraient stimulées.
Pourtant, celles et ceux qui évoquent des souvenirs de textes écoutés ou lus dans l'enfance ne disent jamais: « Grâce à la lecture, j'ai eu de meilleurs résultats scolaires, j'ai été plus habile dans le maniement de la langue, ça m'a permis d'accroître mon vocabulaire. » Pas plus qu'ils racontent avoir partagé une culture commune ou être devenus des citoyens plus empathiques. […] Par le biais des textes qu'on leur lisait et des illustrations qu'on leur montrait, ils avaient découvert un univers parallèle, invisible, plus vaste, plus intense, et qui pourtant les ancrait plus dans le monde réel quand ils y faisaient retour.
Car écouter une langue littéraire, poétique, un peu chantante, donne aux enfants et aux adolescents la possibilité d'éprouver un bien-être très particulier, une sensation d'appartenance, d'être à sa place, de trouver lieu – sensation momentanée, mais qui s'inscrit dans le corps et l'esprit, et laisse des traces. C'est comme s'ils s'accordaient, au sens musical du terme, avec ce qui les entoure: non seulement la famille, les amis, les humains, mais encore le ciel, la mer, la montagne, la ville, les animaux, auxquels ils se sentent alors reliés. Partie prenante d'un ensemble, d'un tout. Grâce à un texte, ils comprennent, non pas par le raisonnement, mais par une sorte de décryptage inconscient, que ce qui les préoccupe est le lot de tous.
En fait, quand nous faisons la lecture aux enfants, quand nous leur racontons des histoires, le sens de nos gestes est peut-être avant tout celui-ci: je te présente le monde que d'autres m'ont passé et que je me suis approprié, celui que j'ai découvert, construit, aimé. […]
Écouter lire, puis lire, mais aussi regarder des illustrations ou des films, chanter, raconter, dessiner, écrire sont autant d'activités qui permettent d'interposer entre le réel et soi tout un tissu de mots, de connaissances, de récits, de fantaisies, sans lequel le monde resterait indifférent ou hostile. De composer cet univers invisible tout aussi réel que le monde que l'on peut toucher et qui le complète. De transformer l'inquiétant en familier, mais aussi de rendre le familier étonnant. De donner à ce qui nous entoure une coloration symbolique, imaginaire, légendaire, une profondeur à partir de laquelle rêver, associer, penser. […]
Faut-il le rappeler, nous ne sommes pas seulement des variables économiques. Nous ne nous limitons pas non plus à nos rôles sociaux, pour fondamentaux qu'ils soient. Nous sommes aussi, et peut-être avant tout, des animaux poétiques, narratifs: bien avant d'inventer la monnaie ou l'agriculture, les humains ont créé des œuvres d'art et raconté des histoires, plus ou moins complexes et fréquentes selon les contextes culturels. Certains peuples sont plus danseurs, plus conteurs, plus peintres, mais il y a toujours une poétique, l'utilitaire ne nous suffit jamais.
À force de mettre en avant une approche utilitariste et angoissée de la lecture, on a fait une corvée de ce qui pouvait être une fête. On ne juge pas du bien-fondé de chanter des jeunes enfants par le fait que, devenus grands, ils deviendraient des musiciens. Pourquoi mettre sans cesse en avant leur devenir cognitif, scolaire, citoyen, quand il s'agit de la lecture ? Quand ils écoutent une histoire, quand ils ouvrent des livres, ils le font parce qu'ils ont besoin d'une autre dimension, parce qu'il leur faut interposer des mots, des histoires, des métaphores, des images, entre eux-mêmes et ce monde étrange qui est là autour d'eux. Parce qu'ils sont curieux, inquiets, en quête de secrets, joueurs et poétiques. Parce que les livres donnent forme à des désirs ou des craintes qu'ils pensaient être seuls à connaître et qu'ils leur permettent de substituer au chaos un peu d'ordre, de continuité, de beauté.
(744 mots)
Vous résumerez ce texte en 186 mots. Une tolérance de +/- 10 % est admise: votre travail comptera au moins 167 mots et au plus 204 mots. Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez à la fin de la contraction le nombre de mots qu'elle comporte.
Exercice 2 - Sujet A - Essai
2 - Sujet A - Essai (10 points)
Objet d'étude: la littérature d'idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle. Œuvre: Rabelais, Gargantua, chapitres XI à XXIV - Parcours: La bonne éducation.
Michèle Petit, Pourquoi les enfants ont besoin d'histoires, 2014.
Pourquoi lire des histoires aux enfants ? Ce sont habituellement des arguments « sérieux » et « utiles » qui sont mis en avant: médias, enseignants, chercheurs ou parents expliquent que cette pratique est propice à de meilleures performances dans l'acquisition de la langue, qu'elle contribue à l'élargissement du répertoire lexical, à l'enrichissement de la syntaxe, à la capacité de s'exprimer, à l'accroissement du capital culturel, bref, à une adaptation des enfants et des adolescents aux exigences du monde scolaire, puis professionnel. Les uns ou les autres insistent aussi sur son rôle dans l'exercice futur de la citoyenneté par la formation de l'esprit critique, le partage d'un patrimoine commun ou la connaissance d'autres époques, d'autres cultures, à même de protéger de l'intolérance. Ces dernières décennies, avec le développement des neurosciences, on a aussi beaucoup expliqué que les facultés cognitives seraient stimulées.
Pourtant, celles et ceux qui évoquent des souvenirs de textes écoutés ou lus dans l'enfance ne disent jamais: « Grâce à la lecture, j'ai eu de meilleurs résultats scolaires, j'ai été plus habile dans le maniement de la langue, ça m'a permis d'accroître mon vocabulaire. » Pas plus qu'ils racontent avoir partagé une culture commune ou être devenus des citoyens plus empathiques. […] Par le biais des textes qu'on leur lisait et des illustrations qu'on leur montrait, ils avaient découvert un univers parallèle, invisible, plus vaste, plus intense, et qui pourtant les ancrait plus dans le monde réel quand ils y faisaient retour.
Car écouter une langue littéraire, poétique, un peu chantante, donne aux enfants et aux adolescents la possibilité d'éprouver un bien-être très particulier, une sensation d'appartenance, d'être à sa place, de trouver lieu – sensation momentanée, mais qui s'inscrit dans le corps et l'esprit, et laisse des traces. C'est comme s'ils s'accordaient, au sens musical du terme, avec ce qui les entoure: non seulement la famille, les amis, les humains, mais encore le ciel, la mer, la montagne, la ville, les animaux, auxquels ils se sentent alors reliés. Partie prenante d'un ensemble, d'un tout. Grâce à un texte, ils comprennent, non pas par le raisonnement, mais par une sorte de décryptage inconscient, que ce qui les préoccupe est le lot de tous.
En fait, quand nous faisons la lecture aux enfants, quand nous leur racontons des histoires, le sens de nos gestes est peut-être avant tout celui-ci: je te présente le monde que d'autres m'ont passé et que je me suis approprié, celui que j'ai découvert, construit, aimé. […]
Écouter lire, puis lire, mais aussi regarder des illustrations ou des films, chanter, raconter, dessiner, écrire sont autant d'activités qui permettent d'interposer entre le réel et soi tout un tissu de mots, de connaissances, de récits, de fantaisies, sans lequel le monde resterait indifférent ou hostile. De composer cet univers invisible tout aussi réel que le monde que l'on peut toucher et qui le complète. De transformer l'inquiétant en familier, mais aussi de rendre le familier étonnant. De donner à ce qui nous entoure une coloration symbolique, imaginaire, légendaire, une profondeur à partir de laquelle rêver, associer, penser. […]
Faut-il le rappeler, nous ne sommes pas seulement des variables économiques. Nous ne nous limitons pas non plus à nos rôles sociaux, pour fondamentaux qu'ils soient. Nous sommes aussi, et peut-être avant tout, des animaux poétiques, narratifs: bien avant d'inventer la monnaie ou l'agriculture, les humains ont créé des œuvres d'art et raconté des histoires, plus ou moins complexes et fréquentes selon les contextes culturels. Certains peuples sont plus danseurs, plus conteurs, plus peintres, mais il y a toujours une poétique, l'utilitaire ne nous suffit jamais.
À force de mettre en avant une approche utilitariste et angoissée de la lecture, on a fait une corvée de ce qui pouvait être une fête. On ne juge pas du bien-fondé de chanter des jeunes enfants par le fait que, devenus grands, ils deviendraient des musiciens. Pourquoi mettre sans cesse en avant leur devenir cognitif, scolaire, citoyen, quand il s'agit de la lecture ? Quand ils écoutent une histoire, quand ils ouvrent des livres, ils le font parce qu'ils ont besoin d'une autre dimension, parce qu'il leur faut interposer des mots, des histoires, des métaphores, des images, entre eux-mêmes et ce monde étrange qui est là autour d'eux. Parce qu'ils sont curieux, inquiets, en quête de secrets, joueurs et poétiques. Parce que les livres donnent forme à des désirs ou des craintes qu'ils pensaient être seuls à connaître et qu'ils leur permettent de substituer au chaos un peu d'ordre, de continuité, de beauté.
(744 mots)
En quoi la lecture d'histoires aux enfants leur permet-elle d'agrandir leur univers ?
Vous développerez de manière organisée votre réponse à cette question, en prenant appui sur les chapitres XI à XXIV de Gargantua de Rabelais, sur le texte de l'exercice de la contraction et sur ceux que vous avez étudiés durant l'année dans le cadre de l'objet d'étude « La littérature d'idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle ». Vous pourrez aussi faire appel à vos lectures et à votre culture personnelle.
Exercice 2 - Sujet B - Contraction de texte
B - Œuvre: La Bruyère, Les Caractères, livre XI « De l'Homme » – Parcours: Peindre les Hommes, examiner la nature humaine.
Elena Pulcini, L'Envie. Essai sur une passion triste, traduit de l'italien par Thamy Ayouch, 2013.
5 Il existe aujourd'hui une quête généralisée de formes éphémères et futiles de distinction, un désir avide de gratifications personnelles immédiates, une intolérance envers tout ce qui exige l'engagement, l'attente et l'effort. On poursuit des objectifs immédiats en brûlant les étapes pour pouvoir, à n'importe quel prix, arriver, vaincre, émerger. Face à un futur considéré toujours plus opaque et incertain s'élève la prétention de réaliser « tout immédiatement » dans le présent, en saisissant toute occasion. « Life is now » 1, ponctue un célèbre slogan publicitaire adressé surtout aux jeunes générations, livrées à des pulsions d'acquisition exemptes de tout projet 2 et qui s'épuisent, progressivement, dans une éternelle actualité. 10 La quête de réussite transforme l'autre en obstacle à éliminer et surmonter, rapidement et par tous les moyens. La logique du défi précédemment évoquée et le mécanisme pervers d'« élimination » de tant de programmes télévisuels trash, à l'instar des reality-shows, en sont les expressions les plus évidentes. Ces aspects sont d'autant plus sournois et insidieux qu'ils revendiquent l'authenticité et se dissimulent sous le mièvre sentimentalisme des larmes et des psychodrames. 15 C'est ici un marché des sentiments, que ravivent avec virtuosité les mass médias, exploitant habilement cette misérable compétitivité et dressant à dessein les individus les uns contre les autres au nom de la tyrannie de l' audience et du spectacle. […] Dans ce monde artificiel et spectaculaire accablé par une perte d'avenir et de disparition des valeurs, l'envie domine en maître. 20 Contrairement à une franche compétition en vue d'un projet, celle-ci se contente de buts transitoires et se nourrit du besoin permanent de confirmation d'un Moi sans identité. Qui aspire à la réussite, soutenait Lasch il y a déjà quelques décennies, vise, par son affirmation, à susciter l'envie plus que l'approbation des autres. Être envié devient furieusement à la mode. Ce que les humains ont généralement toujours redouté, 25 au point de mettre au point des stratégies pour l'éviter, est aujourd'hui l'objectif principal à poursuivre pour se frayer une voie dans une société de masse qui unifie et nivelle.
La quête de succès n'est, au demeurant, pas la seule manière d'apaiser cette anxieuse recherche de la distinction. Une autre possibilité offerte aux individus contemporains est la démocratisation de la consommation. 30 Nous sommes tous de voraces consommateurs, éblouis par le clinquant des marchandises, dans une société qui ressemble de plus en plus à un énorme supermarché. Nous voici compulsivement tendus vers la possession des biens les plus variés, non plus pour satisfaire des besoins mais pour céder à la tyrannie de désirs sans objet, mouvants, interchangeables, incessamment renouvelés dans une spirale de superflu. 35 Plus que l'utilité de l'objet et probablement plus que le plaisir qu'il procure, c'est sa valeur symbolique qui nous intéresse, sa fantasmatique essence de status symbol 3, confirmation d'une identité incapable de trouver ailleurs ses fondements. Comme le souligne Naomi Klein dans son ouvrage No logo, le pouvoir identificatoire de la marque s'est imposé sur la valeur anonyme de la marchandise: je désire non pas un pantalon mais un Levis, 40 non pas des chaussures mais des Nike, non pas un sac mais un Guess, jusqu'à convoiter les marques les plus chères et les plus prisées, qui nous assurent une certaine distinction. […] Une permanente course à la consommation s'installe ainsi. À travers de tentaculaires mises en spectacle, elle envahit constamment de nouveaux territoires, tels le corps, la politique, le sport ou la culture. Elle impose alors la logique de la compétition et de la comparaison et transforme les individus en rivaux disposés à tout faire pour exceller dans l'espace réduit de l'« ici et maintenant ».
45 Et pourtant, ce désir d'excellence est, pour le moins en partie, illusoire. La course à la consommation conduit, paradoxalement, à un processus d'uniformisation et de conformisme qui rend alors vaine toute prétention à se distinguer de la masse. Le pouvoir des marques incite insidieusement à l'imitation: on ne désire ce produit et cette marque que 50 parce que les autres les désirent, et l'on cherche à posséder les choses surtout pour leurs qualités fétichisées d'objets du désir collectif, ou, en d'autres termes, parce qu'elles sont à la mode. La société de consommation alimente et démultiplie ce désir mimétique, au fondement de la compétition envieuse, comme nous l'avons vu: je veux à la fois dépasser 55 mon rival, et ressembler à mon modèle. On pourrait imaginer que l'imitation prônée par la société de consommation produit une forme moins « maligne » et plus domestiquée de l'envie, puisque la consommation de masse permet, plus qu'auparavant, l'accès à l'objet du désir.
(782 mots)
1 « Life is now »: « La vie, c'est maintenant ».
2 Exemptes de tout projet: qui ne poursuivent aucun but.
3 Status symbol: signe extérieur de son statut social.
Contraction
Vous résumerez ce texte en 196 mots. Une tolérance de +/- 10 % est admise: votre travail comptera au moins 176 et au plus 216 mots. Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez à la fin de la contraction le nombre de mots qu'elle comporte.
Essai
Vivre en société nous condamne-t-il à imiter les autres ?
Vous développerez de manière organisée votre réponse à cette question, en prenant appui sur le livre XI des Caractères de La Bruyère, sur le texte de l'exercice de la contraction et sur ceux que vous avez étudiés dans l'année dans le cadre de l'objet d'étude « La littérature d'idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle ». Vous pourrez aussi faire appel à vos lectures et à votre culture personnelle.
Contraction
Vous résumerez ce texte en 196 mots. Une tolérance de +/- 10 % est admise: votre travail comptera au moins 176 et au plus 216 mots. Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez à la fin de la contraction le nombre de mots qu'elle comporte.
Nombre de mots actuel:
Réponse enregistrée. Compare ta contraction avec la proposition de correction et vérifie ton nombre de mots.
Exercice 2 - Sujet B - Essai
B - Œuvre: La Bruyère, Les Caractères, livre XI « De l'Homme » – Parcours: Peindre les Hommes, examiner la nature humaine.
Elena Pulcini, L'Envie. Essai sur une passion triste, traduit de l'italien par Thamy Ayouch, 2013.
5 Il existe aujourd'hui une quête généralisée de formes éphémères et futiles de distinction, un désir avide de gratifications personnelles immédiates, une intolérance envers tout ce qui exige l'engagement, l'attente et l'effort. On poursuit des objectifs immédiats en brûlant les étapes pour pouvoir, à n'importe quel prix, arriver, vaincre, émerger. Face à un futur considéré toujours plus opaque et incertain s'élève la prétention de réaliser « tout immédiatement » dans le présent, en saisissant toute occasion. « Life is now » 1, ponctue un célèbre slogan publicitaire adressé surtout aux jeunes générations, livrées à des pulsions d'acquisition exemptes de tout projet 2 et qui s'épuisent, progressivement, dans une éternelle actualité. 10 La quête de réussite transforme l'autre en obstacle à éliminer et surmonter, rapidement et par tous les moyens. La logique du défi précédemment évoquée et le mécanisme pervers d'« élimination » de tant de programmes télévisuels trash, à l'instar des reality-shows, en sont les expressions les plus évidentes. Ces aspects sont d'autant plus sournois et insidieux qu'ils revendiquent l'authenticité et se dissimulent sous le mièvre sentimentalisme des larmes et des psychodrames. 15 C'est ici un marché des sentiments, que ravivent avec virtuosité les mass médias, exploitant habilement cette misérable compétitivité et dressant à dessein les individus les uns contre les autres au nom de la tyrannie de l' audience et du spectacle. […] Dans ce monde artificiel et spectaculaire accablé par une perte d'avenir et de disparition des valeurs, l'envie domine en maître. 20 Contrairement à une franche compétition en vue d'un projet, celle-ci se contente de buts transitoires et se nourrit du besoin permanent de confirmation d'un Moi sans identité. Qui aspire à la réussite, soutenait Lasch il y a déjà quelques décennies, vise, par son affirmation, à susciter l'envie plus que l'approbation des autres. Être envié devient furieusement à la mode. Ce que les humains ont généralement toujours redouté, 25 au point de mettre au point des stratégies pour l'éviter, est aujourd'hui l'objectif principal à poursuivre pour se frayer une voie dans une société de masse qui unifie et nivelle.
La quête de succès n'est, au demeurant, pas la seule manière d'apaiser cette anxieuse recherche de la distinction. Une autre possibilité offerte aux individus contemporains est la démocratisation de la consommation. 30 Nous sommes tous de voraces consommateurs, éblouis par le clinquant des marchandises, dans une société qui ressemble de plus en plus à un énorme supermarché. Nous voici compulsivement tendus vers la possession des biens les plus variés, non plus pour satisfaire des besoins mais pour céder à la tyrannie de désirs sans objet, mouvants, interchangeables, incessamment renouvelés dans une spirale de superflu. 35 Plus que l'utilité de l'objet et probablement plus que le plaisir qu'il procure, c'est sa valeur symbolique qui nous intéresse, sa fantasmatique essence de status symbol 3, confirmation d'une identité incapable de trouver ailleurs ses fondements. Comme le souligne Naomi Klein dans son ouvrage No logo, le pouvoir identificatoire de la marque s'est imposé sur la valeur anonyme de la marchandise: je désire non pas un pantalon mais un Levis, 40 non pas des chaussures mais des Nike, non pas un sac mais un Guess, jusqu'à convoiter les marques les plus chères et les plus prisées, qui nous assurent une certaine distinction. […] Une permanente course à la consommation s'installe ainsi. À travers de tentaculaires mises en spectacle, elle envahit constamment de nouveaux territoires, tels le corps, la politique, le sport ou la culture. Elle impose alors la logique de la compétition et de la comparaison et transforme les individus en rivaux disposés à tout faire pour exceller dans l'espace réduit de l'« ici et maintenant ».
45 Et pourtant, ce désir d'excellence est, pour le moins en partie, illusoire. La course à la consommation conduit, paradoxalement, à un processus d'uniformisation et de conformisme qui rend alors vaine toute prétention à se distinguer de la masse. Le pouvoir des marques incite insidieusement à l'imitation: on ne désire ce produit et cette marque que 50 parce que les autres les désirent, et l'on cherche à posséder les choses surtout pour leurs qualités fétichisées d'objets du désir collectif, ou, en d'autres termes, parce qu'elles sont à la mode. La société de consommation alimente et démultiplie ce désir mimétique, au fondement de la compétition envieuse, comme nous l'avons vu: je veux à la fois dépasser 55 mon rival, et ressembler à mon modèle. On pourrait imaginer que l'imitation prônée par la société de consommation produit une forme moins « maligne » et plus domestiquée de l'envie, puisque la consommation de masse permet, plus qu'auparavant, l'accès à l'objet du désir.
(782 mots)
1 « Life is now »: « La vie, c'est maintenant ».
2 Exemptes de tout projet: qui ne poursuivent aucun but.
3 Status symbol: signe extérieur de son statut social.
Contraction
Vous résumerez ce texte en 196 mots. Une tolérance de +/- 10 % est admise: votre travail comptera au moins 176 et au plus 216 mots. Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez à la fin de la contraction le nombre de mots qu'elle comporte.
Essai
Vivre en société nous condamne-t-il à imiter les autres ?
Vous développerez de manière organisée votre réponse à cette question, en prenant appui sur le livre XI des Caractères de La Bruyère, sur le texte de l'exercice de la contraction et sur ceux que vous avez étudiés dans l'année dans le cadre de l'objet d'étude « La littérature d'idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle ». Vous pourrez aussi faire appel à vos lectures et à votre culture personnelle.
Essai
Vivre en société nous condamne-t-il à imiter les autres ?
Vous développerez de manière organisée votre réponse à cette question, en prenant appui sur le livre XI des Caractères de La Bruyère, sur le texte de l'exercice de la contraction et sur ceux que vous avez étudiés dans l'année dans le cadre de l'objet d'étude « La littérature d'idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle ». Vous pourrez aussi faire appel à vos lectures et à votre culture personnelle.
Nombre de mots actuel:
Réponse enregistrée. Compare ton essai avec la proposition de correction ci-dessous.
Exercice 2 - Sujet C - Contraction de texte
Sujet C — Contraction de texte
C - Œuvre: Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (du « préambule » au « postambule ») – Parcours: Écrire et combattre pour l'égalité.
Marie Charrel, « Vienne, pionnière des villes sensibles au genre », Le Monde, 03 novembre 2021.
Crèches, commerces, bureaux, espaces de coworking 1 au pied des immeubles: à Aspern Seestadt, tout a été conçu pour que les femmes, autant que les hommes, puissent profiter de l'espace public, mais aussi concilier au mieux vie professionnelle et vie personnelle. Ce quartier de 240 hectares à la périphérie de Vienne, au bout de la ligne 2 du métro, est l'un des projets de développement urbain les plus ambitieux d'Europe. Neuf mille personnes y vivent déjà. En 2030, elles seront 30 000. « L'ensemble est construit selon les derniers critères environnementaux et une démarche sensible au genre », détaille Wolfgang Gerlich, de PlanSinn, un cabinet d'urbanisme accompagnant le projet.
Démarche sensible au genre, ou gender mainstreaming, en anglais: Vienne est l'une des villes pionnières de cette approche préconisée par l'Organisation des Nations Unies depuis 1995. « Il s'agit d'une stratégie visant à incorporer les préoccupations et expériences des femmes autant que celles des hommes dans l'élaboration, la mise en œuvre et l'évaluation des politiques dans tous les domaines – politique, économique et social, explique l'institution, sur sa page Internet dévolue à ce sujet. Le but ultime est d'atteindre l'égalité entre les sexes. »
À première vue, cela peut sembler quelque peu éloigné de l'urbanisme et des problématiques quotidiennes gérées par les mairies. « Mais en vérité, nous sommes au cœur du sujet: Vienne, comme la plupart des villes européennes, a été conçue par et pour les hommes », explique l'architecte Sabina Riss, qui étudie les relations entre urbanisme et genre à l'université technique de Vienne. Comprendre: les mobilités, les rues, les quartiers ont été pensés essentiellement pour les trajets domicile-travail, négligeant les autres temps de la journée. À savoir ceux consacrés à amener les enfants à l'école, aux courses, aux soins à domicile, aux visites aux parents âgés… Autant de tâches encore principalement effectuées par les femmes, même si les lignes bougent.
« Les études réalisées par Vienne et d'autres institutions confirment que les femmes sont majoritairement des piétonnes et privilégient les transports en commun, tandis que les hommes se déplacent plus en voiture », observe Katja Schechtner, chercheuse en urbanisme au sein du Massachusetts Institute of Technology (MIT). Elle précise d'emblée: l'objectif n'est pas d'opposer les deux sexes dans la capitale autrichienne, mais de mieux prendre en compte les besoins des femmes, ainsi que ceux des personnes âgées, à mobilité réduite, malades… « En somme, tous ceux qui ne sont pas des hommes actifs de 25 ans, et cela fait beaucoup de monde. »
À Vienne, tout a commencé avec une urbaniste: Eva Kail. Elle a été la première à diriger, en 1992, le Frauenburo, le « bureau des femmes », créé au sein de la mairie après une exposition retentissante qu'elle avait organisée sur le sujet. « Nous avons beaucoup avancé depuis », résume-t-elle pudiquement. L'un des premiers projets dans lesquels elle s'est impliquée a été la construction […] d'un quartier de 357 appartements achevé en 1997.
Une crèche et un cabinet médical ont été installés au cœur du complexe, où une grande attention est accordée aux espaces communs. Les laveries partagées sont au dernier étage avec un accès aux terrasses plutôt qu'au sous-sol. Les balcons offrent une vue complète sur les cours où jouent les enfants, les transports en commun sont tout près…
Depuis, Vienne a mené soixante projets sensibles au genre, et en a des dizaines d'autres dans les cartons.
« Suivez-moi », invite Eva Kail. Lunettes bleues, café à la main, elle remonte la Reumannplatz, la place d'un quartier populaire de Vienne, rénovée il y a peu. « Avant, elle était séparée en deux par le tram, avec un passage peu éclairé près des bains-douches où les femmes avaient peur de passer, et des endroits sombres où les enfants n'osaient pas jouer », détaille-t-elle. Après consultation des habitants, l'endroit a été entièrement repensé, avec davantage d'espaces verts et des éclairages renforcés limitant les coins peu sécurisants. Mais aussi beaucoup de bancs, où, en ce matin d'octobre, des adolescents filles et garçons discutent. « La place est redevenue le lieu de tous », résume Eva Kail, fonçant déjà vers Sonnwendviertel. […]
Si l'approche sensible au genre est désormais ancrée dans les politiques viennoises, elle se heurte encore, malgré tout, à quelques réticences. Pour les désarmer, ses promoteurs préfèrent aujourd'hui parler de fair shared city, la « ville équitable pour tous ». Cependant, à prêter tant d'attention aux besoins spécifiques des femmes, le risque n'est-il pas, au contraire, de renforcer les stéréotypes ? « Mieux considérer les piétons et les espaces communs profite aussi aux pères au foyer et à tous les hommes qui ne sont pas des cadres actifs motorisés, argue Eva Kail. En outre, accorder plus de place aux espaces verts et limiter les déplacements contribuent aussi à limiter le réchauffement climatique. »
(805 mots)
1 Travail dans des espaces collectifs dédiés.
Vous résumerez ce texte en 201 mots. Une tolérance de +/- 10 % est admise: votre travail comptera au moins 181 et au plus 221 mots. Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez à la fin de la contraction le nombre de mots qu'elle comporte.
Nombre de mots:
Comparez votre contraction avec la proposition de correction ci-dessous. Vérifiez le respect du nombre de mots (181-221) et la présence des repères tous les 50 mots.
Exercice 2 - Sujet C - Essai
Sujet C — Essai
C - Œuvre: Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (du « préambule » au « postambule ») – Parcours: Écrire et combattre pour l'égalité.
Marie Charrel, « Vienne, pionnière des villes sensibles au genre », Le Monde, 03 novembre 2021.
Crèches, commerces, bureaux, espaces de coworking 1 au pied des immeubles: à Aspern Seestadt, tout a été conçu pour que les femmes, autant que les hommes, puissent profiter de l'espace public, mais aussi concilier au mieux vie professionnelle et vie personnelle. Ce quartier de 240 hectares à la périphérie de Vienne, au bout de la ligne 2 du métro, est l'un des projets de développement urbain les plus ambitieux d'Europe. Neuf mille personnes y vivent déjà. En 2030, elles seront 30 000. « L'ensemble est construit selon les derniers critères environnementaux et une démarche sensible au genre », détaille Wolfgang Gerlich, de PlanSinn, un cabinet d'urbanisme accompagnant le projet.
Démarche sensible au genre, ou gender mainstreaming, en anglais: Vienne est l'une des villes pionnières de cette approche préconisée par l'Organisation des Nations Unies depuis 1995. « Il s'agit d'une stratégie visant à incorporer les préoccupations et expériences des femmes autant que celles des hommes dans l'élaboration, la mise en œuvre et l'évaluation des politiques dans tous les domaines – politique, économique et social, explique l'institution, sur sa page Internet dévolue à ce sujet. Le but ultime est d'atteindre l'égalité entre les sexes. »
À première vue, cela peut sembler quelque peu éloigné de l'urbanisme et des problématiques quotidiennes gérées par les mairies. « Mais en vérité, nous sommes au cœur du sujet: Vienne, comme la plupart des villes européennes, a été conçue par et pour les hommes », explique l'architecte Sabina Riss, qui étudie les relations entre urbanisme et genre à l'université technique de Vienne. Comprendre: les mobilités, les rues, les quartiers ont été pensés essentiellement pour les trajets domicile-travail, négligeant les autres temps de la journée. À savoir ceux consacrés à amener les enfants à l'école, aux courses, aux soins à domicile, aux visites aux parents âgés… Autant de tâches encore principalement effectuées par les femmes, même si les lignes bougent.
« Les études réalisées par Vienne et d'autres institutions confirment que les femmes sont majoritairement des piétonnes et privilégient les transports en commun, tandis que les hommes se déplacent plus en voiture », observe Katja Schechtner, chercheuse en urbanisme au sein du Massachusetts Institute of Technology (MIT). Elle précise d'emblée: l'objectif n'est pas d'opposer les deux sexes dans la capitale autrichienne, mais de mieux prendre en compte les besoins des femmes, ainsi que ceux des personnes âgées, à mobilité réduite, malades… « En somme, tous ceux qui ne sont pas des hommes actifs de 25 ans, et cela fait beaucoup de monde. »
À Vienne, tout a commencé avec une urbaniste: Eva Kail. Elle a été la première à diriger, en 1992, le Frauenburo, le « bureau des femmes », créé au sein de la mairie après une exposition retentissante qu'elle avait organisée sur le sujet. « Nous avons beaucoup avancé depuis », résume-t-elle pudiquement. L'un des premiers projets dans lesquels elle s'est impliquée a été la construction […] d'un quartier de 357 appartements achevé en 1997.
Une crèche et un cabinet médical ont été installés au cœur du complexe, où une grande attention est accordée aux espaces communs. Les laveries partagées sont au dernier étage avec un accès aux terrasses plutôt qu'au sous-sol. Les balcons offrent une vue complète sur les cours où jouent les enfants, les transports en commun sont tout près…
Depuis, Vienne a mené soixante projets sensibles au genre, et en a des dizaines d'autres dans les cartons.
« Suivez-moi », invite Eva Kail. Lunettes bleues, café à la main, elle remonte la Reumannplatz, la place d'un quartier populaire de Vienne, rénovée il y a peu. « Avant, elle était séparée en deux par le tram, avec un passage peu éclairé près des bains-douches où les femmes avaient peur de passer, et des endroits sombres où les enfants n'osaient pas jouer », détaille-t-elle. Après consultation des habitants, l'endroit a été entièrement repensé, avec davantage d'espaces verts et des éclairages renforcés limitant les coins peu sécurisants. Mais aussi beaucoup de bancs, où, en ce matin d'octobre, des adolescents filles et garçons discutent. « La place est redevenue le lieu de tous », résume Eva Kail, fonçant déjà vers Sonnwendviertel. […]
Si l'approche sensible au genre est désormais ancrée dans les politiques viennoises, elle se heurte encore, malgré tout, à quelques réticences. Pour les désarmer, ses promoteurs préfèrent aujourd'hui parler de fair shared city, la « ville équitable pour tous ». Cependant, à prêter tant d'attention aux besoins spécifiques des femmes, le risque n'est-il pas, au contraire, de renforcer les stéréotypes ? « Mieux considérer les piétons et les espaces communs profite aussi aux pères au foyer et à tous les hommes qui ne sont pas des cadres actifs motorisés, argue Eva Kail. En outre, accorder plus de place aux espaces verts et limiter les déplacements contribuent aussi à limiter le réchauffement climatique. »
(805 mots)
1 Travail dans des espaces collectifs dédiés.
La lutte contre les inégalités vous semble-t-elle plus efficace par des démarches collectives ou par des initiatives individuelles ?
Vous développerez de manière organisée votre réponse à cette question, en prenant appui sur la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (du « préambule » au « postambule ») d'Olympe de Gouges, sur le texte de l'exercice de la contraction et sur ceux que vous avez étudiés durant l'année dans le cadre de l'objet d'étude « La littérature d'idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle ». Vous pourrez aussi faire appel à vos lectures et à votre culture personnelle.
Nombre de mots:
Comparez votre essai avec la proposition de correction: vérifiez que vous avez une thèse claire, des arguments organisés et des exemples précis tirés de l'œuvre, du texte et de votre culture personnelle.
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Entraîne-toi sur un thème avec les exercices des sujets de toutes les années.
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