Exercice 2 - Dissertation - Sujet A · Bac Français (1ère) Antilles-Guyane session normale 2026
Thème : Dissertation – Rimbaud, Cahier de Douai / parcours : émancipations créatrices · Tiré du sujet Session normale (2026)
Énoncé
2- Dissertation (20 points)
Objet d'étude: la poésie du XIXe au XXIe siècle
Le candidat traite au choix, compte tenu de l'œuvre et du parcours étudiés durant l'année, l'un des trois sujets suivants:
Sujet A
Œuvre: Arthur Rimbaud, Cahier de Douai.
Parcours: Émancipations créatrices.
Selon vous, dans le Cahier de Douai, l'émancipation du poète ne vient-elle que de ses refus ?
Vous répondrez à cette question dans un développement organisé en prenant appui sur le Cahier de Douai, sur les textes que vous avez étudiés dans le cadre du parcours associé, et sur votre culture personnelle.

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
Selon vous, dans le Cahier de Douai, l'émancipation du poète ne vient-elle que de ses refus ?
Réponse : Une proposition de plan dialectique détaillé : Introduction - Accroche : En 1870, à seize ans, Arthur Rimbaud confie à Paul Demeny, à Douai, vingt-deux poèmes. C'est l'œuvre d'un adolescent en rupture avec sa mère, sa ville provinciale et l'ordre établi. - Définition des termes : Le « refus » désigne la contestation et la révolte, c'est-à-dire le rejet des normes sociales, religieuses, politiques ou esthétiques. La tournure restrictive « ne… que » invite à se demander si cette négation suffit à définir l'émancipation. Celle-ci est entendue comme libération et autonomie créatrice ; elle peut supposer aussi une adhésion sensible au monde et une réinvention positive de la poésie. - Problématique : Dans quelle mesure l'émancipation rimbaldienne se nourrit-elle de la contestation radicale de l'ordre établi, tout en s'accomplissant dans une célébration du vivant et une refondation poétique ? - Annonce du plan : 1. L'émancipation s'enracine d'abord dans une posture de rupture et de contestation. 2. Elle s'épanouit néanmoins dans l'accueil sensuel du monde et l'expérience de la liberté. 3. Elle culmine enfin dans une création esthétique neuve, qui détourne et régénère les formes héritées. I. L'émancipation par le refus : une poésie de la révolte et de la désacralisation 1. Refus politique : Rimbaud récuse le bellicisme du Second Empire (« Le Dormeur du val », « Le Mal », « Morts de Quatre-vingt-douze… »). Il ridiculise Napoléon III (« Rages de Césars », « L'Éclatante Victoire de Sarrebrück »). 2. Refus social et moral : Il dénonce la médiocrité bourgeoise de Charleville dans « À la musique », où paradent « tous les bourgeois poussifs qu'étranglent les chaleurs ». 3. Refus religieux : On trouve une satire anticléricale (« Le Châtiment de Tartufe ») et l'image d'un Dieu indifférent, qui « rit » dans « Le Mal ». *Transition :* ce refus est fondateur, mais il ne suffit pas à créer : il libère un espace que le poète remplit. II. Dépasser le refus : l'émancipation par la célébration du vivant et la quête de liberté 1. La fugue et l'errance joyeuse : La liberté s'éprouve dans le corps et la route (« Sensation » : « Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers » ; « Ma Bohème » : « Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course / Des rimes »). 2. L'éveil des sens et de l'amour : Le recueil célèbre une sensualité adolescente et ludique (« Première soirée », « Roman » : « On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans », « Les Reparties de Nina »). 3. Une communion avec la nature : La nature devient un refuge maternel (« Nature, berce-le chaudement : il a froid ») et un espace d'union quasi amoureuse (« heureux comme avec une femme »). *Transition :* cette adhésion au monde appelle un langage nouveau capable de la dire. III. L'émancipation créatrice : renouvellement du langage et appropriation de la tradition 1. Le dialogue avec les maîtres : Rimbaud ne rejette pas la tradition en bloc. Il imite et assimile Hugo, Banville, Baudelaire et les Parnassiens (« Credo in unam », devenu « Soleil et Chair », « Ophélie ») pour mieux s'en affranchir. 2. Le détournement du sonnet et des codes classiques : - Les enjambements et les rejets disloquent l'alexandrin. - Le lexique familier ou trivial fait irruption (« Ma Bohème », « Au Cabaret-Vert »). - Le sonnet sert à la satire ou à la chose vue. 3. L'invention d'une voix singulière : L'humour, l'ironie et l'image neuve (« Mon auberge était à la Grande-Ourse ») annoncent la quête d'une « langue » nouvelle formulée dans la Lettre du Voyant (1871). L'émancipation est donc affirmation autant que négation. Conclusion - Bilan : Le refus est le point de départ de l'émancipation rimbaldienne : refus de la guerre, de la bourgeoisie, de l'Église et du conformisme. Elle ne s'y réduit pas : elle s'accomplit dans la célébration jubilatoire du monde et dans une création poétique qui s'approprie la tradition pour la renouveler. - Ouverture : On peut évoquer d'autres « émancipations créatrices » du parcours : Baudelaire (« Tu m'as donné ta boue et j'en ai fait de l'or »), Apollinaire dans *Alcools*, ou la poésie surréaliste. La rupture n'y devient féconde que lorsqu'elle invente.
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