Exercice 2 - Dissertation - Sujet C · Bac Français (1ère) Antilles-Guyane session normale 2025

Thème : Dissertation – Colette, Sido suivi de Les Vrilles de la vigne / parcours : la célébration du monde · Tiré du sujet Session normale (2025)

Énoncé

Dissertation (20 points)

Objet d'étude: Le roman et le récit du Moyen Âge au XXI e siècle

C. Œuvre: Colette, Sido suivi de Les Vrilles de la vigne

Parcours: La célébration du monde

Le dernier époux de Colette évoque ainsi l'auteure: « Sa prise de contact avec les choses se faisait par tous les sens. Elle ne se contentait pas de les regarder, il fallait qu'elle les flairât, qu'elle les goûtât ».

Dans quelle mesure ce rapport au monde de Colette se manifeste-t-il dans Sido et Les Vrilles de la vigne ?

Vous répondrez dans un développement organisé. Votre réflexion prendra appui sur l'œuvre de Colette au programme, sur le travail mené dans le cadre du parcours associé et sur votre culture personnelle.

Énoncé: Exercice 2 - Dissertation - Sujet C · Bac Français (1ère) Antilles-Guyane session normale 2025

Corrigé

Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)

Dans quelle mesure ce rapport au monde de Colette se manifeste-t-il dans Sido et Les Vrilles de la vigne ?

Réponse : Proposition de plan détaillé : Introduction - Accroche : Maurice Goudeket, dernier époux de Colette, soulignait la gourmandise sensorielle qui caractérisait la romancière face au réel. - Analyse du sujet : La citation met en valeur une appréhension totale et physique du monde (« par tous les sens », « flairât », « goûtât »). Loin d'une contemplation distante et purement visuelle, Colette entretient avec le monde un commerce charnel, intime et tactile. - Problématique : Comment cette sensualité panthéiste et ce regard incarné nourrissent-ils, dans *Sido* et *Les Vrilles de la vigne*, une écriture poétique qui célèbre la beauté du vivant et conquiert sa liberté ? - Annonce du plan : 1) Une immersion sensorielle omniprésente au cœur de la nature et du quotidien ; 2) Un regard hérité de l'enfance et magnifié par la figure tutélaire de Sido ; 3) Une transfiguration poétique qui fait de la sensation le ferment de la liberté et de l'art. I. Une écriture éminemment sensuelle : la saisie charnelle du monde - L'éveil de tous les sens : odorat (terre mouillée, géraniums écrasés, violettes de Saint-Sauveur), goût (fruits gorgés de sève, vin, châtaignes), ouïe et toucher (frémissement des ailes d'insectes, chaleur de la terre). - Une communion avec le règne animal et végétal : dans *Les Vrilles de la vigne*, dialogue avec Toby-Chien et Kiki-la-Doucette ; attention empathique à la faune et à la flore. - Une immersion dans l'instant présent : refus de l'abstraction intellectuelle au profit d'un contact immédiat, tactile et vivifiant avec la matière. II. L'héritage maternel : Sido ou l'apprentissage de la contemplation active - Sido, prêtresse du jardin de Saint-Sauveur : elle apprend à sa fille à voir au-delà des apparences, à ausculter le temps (« Regarde ! »), à savourer l'aube et ses fruits lors des promenades matinales. - La célébration d'un paradis perdu de l'enfance : le souvenir sensoriel ravive les figures familiales (Sido, le Capitaine et ses livres inachevés, les frères sauvages). - La curiosité inlassable : une leçon d'attention bienveillante et émerveillée portée aux métamorphoses de la nature et au cycle des saisons. III. De la sensation à la célébration poétique : l'affirmation de soi et de la liberté - Le chant d'émancipation : dans le texte éponyme « Les Vrilles de la vigne », le rossignol qui chante pour ne plus être pris dans les vrilles métaphorise la voix de Colette s'arrachant aux entraves conjugales (Willy). - Une poétique du lyrisme descriptif : métaphores savoureuses, synesthésies, rythme musical de la prose qui rendent le texte lui-même savoureux et sensoriel pour le lecteur. - Une célébration du monde qui intègre la mélancolie : accepter le vieillissement et la fuite du temps tout en continuant d'étreindre amoureusement la vie et ses plaisirs simples. Conclusion - Bilan : Le rapport au monde de Colette est indissociable de cette gourmandise des sens. En flairant et en goûtant le réel, elle ne se contente pas de le décrire : elle le fait revivre dans une prose charnelle. Cette sensualité, héritée de Sido, devient une manière d'être au monde, une forme de liberté et une véritable poétique de la célébration du vivant. - Ouverture : on peut rapprocher cette écriture des sens des *Nourritures terrestres* de Gide, ou du *Parti pris des choses* de Ponge, qui cherchent eux aussi à saisir la matérialité du monde par les mots.

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