Sujet de dissertation 2 · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Amérique du Sud 2024 (jour 2)
Thème : La dimension politique de la guerre : de Clausewitz aux guerres irrégulières · Tiré du sujet Jour 2 (2024)
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Sujet de dissertation 2
Pourquoi peut-on dire que les « guerres irrégulières » remettent en cause les modèles classiques de la guerre et de la paix ?
Rédigez une dissertation complète comportant une introduction (accroche, définition des termes, problématique, annonce du plan), un développement structuré en plusieurs axes argumentés et illustrés d'exemples précis, ainsi qu'une conclusion.

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Pourquoi peut-on dire que les « guerres irrégulières » remettent en cause les modèles classiques de la guerre et de la paix ?
Réponse : Proposition de plan détaillé et éléments attendus : Introduction : - Accroche : Conflits contemporains au Sahel (opération Barkhane), en Afghanistan face aux Talibans (retrait occidental de 2021), ou attentats terroristes transnationaux (Al-Qaïda le 11 septembre 2001, Daech en 2015). - Définitions : - *Modèle classique* : La guerre interétatique pensée par Clausewitz (« la continuation de la politique par d'autres moyens »). Elle oppose des armées régulières soumises à l'autorité souveraine de l'État, est encadrée par le droit de la guerre et se conclut par des traités de paix diplomatiques. - *Guerres irrégulières* : Conflits asymétriques et non conventionnels menés par des acteurs non étatiques (guérillas, milices, groupes terroristes). Ces acteurs recourent à l'évitement, au harcèlement et à la terreur, sans frontières ni champs de bataille nettement délimités. - Problématique : En quoi les guerres irrégulières bouleversent-elles les cadres conceptuels, stratégiques et juridiques traditionnels de la guerre, tout en rendant très difficile l'établissement d'une paix durable ? - Annonce du plan : Nous verrons d'abord les principes du modèle classique de la guerre et de la paix. Nous montrerons ensuite comment les guerres irrégulières rompent avec ces modes d'affrontement. Nous analyserons enfin l'impasse des modèles classiques de résolution des conflits et de construction de la paix. Axe 1 : Le modèle clausewitzien traditionnel et ses principes régulateurs - La guerre comme duel entre États souverains (ordre westphalien issu des traités de 1648). - La distinction nette entre combattants en uniforme et civils (conventions de Genève et de La Haye), avec un front ou un champ de bataille clairement délimité. - Une finalité politique claire : contraindre l'adversaire à négocier un traité de paix officiel qui rétablit l'ordre diplomatique (ex. traités de Westphalie, congrès de Vienne de 1815). Axe 2 : Les guerres irrégulières : rupture des modes d'affrontement et hybridation des menaces - L'asymétrie des acteurs et des moyens, le « faible contre le fort » : guérilla espagnole contre Napoléon (déjà évoquée par Clausewitz à propos de la « guerre populaire »), guerre du Vietnam, insurgés afghans ou irakiens. - La dilution du champ de bataille et l'exposition des civils : - le terrorisme fait des populations civiles une cible prioritaire pour provoquer un choc psychologique ; - les combats s'imbriquent dans les zones urbaines ; - la frontière entre combattants et non-combattants devient floue. - Les guerres hybrides contemporaines : usage combiné de cyberattaques, de désinformation, de pressions économiques et de mercenaires (ex. groupe Wagner). Axe 3 : L'impasse des modèles classiques de résolution des conflits et de construction de la paix - L'inadaptation des armées conventionnelles : la supériorité technologique reste relativement impuissante face à des insurrections enracinées dans la population (Vietnam, Afghanistan, Sahel). - L'impossibilité d'un traité de paix classique : avec qui négocier quand l'ennemi est un réseau transnational décentralisé, sans représentant étatique, porté par des objectifs absolus (religieux ou idéologiques) ? Les accords de Doha de 2020 avec les Talibans montrent à la fois la nécessité et les limites de telles négociations. - Les difficultés du maintien de la paix par l'ONU : les missions classiques d'interposition de casques bleus, conçues pour séparer des armées régulières, échouent souvent (Srebrenica en 1995, MINUSMA au Mali). D'où la nécessité d'approches globales associant sécurité, gouvernance et développement (*peacebuilding*). Conclusion : - Bilan : Les guerres irrégulières remettent en cause le modèle classique sur trois plans : - leurs acteurs ne sont pas des États ; - leurs méthodes reposent sur l'asymétrie, la terreur et l'hybridité ; - leurs issues sont incertaines, faute de victoire décisive et de traité de paix. - Réponse à la problématique : Elles n'abolissent pas pour autant la grille de Clausewitz : la guerre reste un instrument politique. Mais elles obligent à repenser la paix comme un processus long de reconstruction de l'État et de la société plutôt que comme un acte diplomatique ponctuel. - Ouverture : Le retour de conflits interétatiques de haute intensité (guerre en Ukraine depuis 2022), qui mêlent affrontement conventionnel et méthodes hybrides, montre que modèles classiques et irréguliers coexistent désormais.
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