Dissertation 1 · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Amérique du Sud 2022 (jour 1)

Thème : La dimension politique de la guerre : de Clausewitz aux guerres irrégulières · Tiré du sujet Jour 1 (2022)

Énoncé

Dissertation 1

Existe-t-il toujours un schéma « classique » de la guerre, tel que l'avait pensé Clausewitz ?

Il est attendu du candidat une composition argumentée comprenant une introduction (accroche, définition des termes, problématisation et annonce du plan), un développement structuré en plusieurs parties équilibrées, et une conclusion.

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Existe-t-il toujours un schéma « classique » de la guerre, tel que l'avait pensé Clausewitz ?

Réponse : Proposition de plan détaillé et éléments de contenu : Introduction - Accroche : Le retour de la guerre de haute intensité en Europe (guerre en Ukraine en 2022) ou les interventions asymétriques du XXIe siècle (Mali, Afghanistan). - Définition des termes : La « guerre classique » théorisée par Carl von Clausewitz dans *De la guerre* (1832) désigne un affrontement armé, réglé et symétrique entre États souverains. Il est mené par des armées régulières, et la violence militaire y est subordonnée à une finalité politique (« la continuation de la politique par d'autres moyens »). Le modèle repose sur la trinité gouvernement (raison politique) / armée et chef militaire (hasard, talent) / peuple (passion). - Problématique : Dans quelle mesure les mutations contemporaines de la conflictualité remettent-elles en cause le schéma clausewitzien de la guerre interétatique ? Assiste-t-on plutôt à une réactualisation de ses principes fondamentaux ? - Annonce du plan : I. Le modèle classique clausewitzien comme matrice des conflits interétatiques modernes ; II. L'essor des guerres irrégulières et asymétriques qui semblent dépasser ce modèle ; III. La persistance et la réaffirmation contemporaine de la grille de lecture clausewitzienne. I. Le modèle clausewitzien : un schéma fondé sur la guerre régulière et interétatique - A. La guerre westphalienne et l'affrontement symétrique : des armées nationales régulières s'affrontent sur un champ de bataille défini. Il s'agit de contraindre l'adversaire à exécuter la volonté politique de l'État. - B. La subordination du militaire au politique : la rationalité politique fixe les buts de la guerre. Elle limite la « montée aux extrêmes » vers la « guerre absolue » (concept théorique). - C. La trinité clausewitzienne structure les grands conflits des XIXe et XXe siècles (guerres napoléoniennes, guerre de 1870, guerres mondiales). II. La remise en cause du modèle face aux guerres « irrégulières » et non conventionnelles - A. La multiplication des conflits asymétriques et non étatiques : guerres civiles, insurrections, terrorisme transnational (Al-Qaïda, Daech). L'ennemi y est diffus, sans armée régulière ni territoire clairement délimité. - B. L'effacement de la distinction combattants / non-combattants et la « guerre sans fin » : violences faites aux populations et privatisation de la guerre (sociétés militaires privées comme Wagner). S'y ajoutent des motivations idéologiques ou religieuses radicales qui refusent toute négociation. - C. Les guerres hybrides, cybernétiques et informationnelles : ces actions restent sous le seuil de l'affrontement armé ouvert. Elles rendent difficile la caractérisation de l'état de guerre selon le droit international classique. III. Une pertinence renouvelée : adaptation et retour du modèle classique - A. La guerre reste un instrument politique : même dans les conflits asymétriques ou hybrides, l'action violente vise à imposer une volonté politique (construction d'un califat par Daech, déstabilisation d'un État rival). La définition clausewitzienne demeure donc opératoire. - B. Le retour de la guerre interétatique de haute intensité : la guerre en Ukraine (2022) remet au premier plan l'affrontement d'armées régulières, les batailles pour le territoire, l'artillerie et la mobilisation des sociétés. La trinité gouvernement / armée / peuple y joue pleinement (résistance nationale ukrainienne). - C. Les modes de résolution restent eux aussi politiques : négociations, cessez-le-feu, traités et rôle des organisations internationales (ONU). La paix reste pensée comme l'aboutissement d'un rapport de forces politique, ce qui confirme la pertinence de la grille clausewitzienne. Conclusion - Bilan : Le schéma « classique » de la guerre régulière, symétrique et interétatique n'est plus la forme unique ni même dominante de la conflictualité depuis 1945. Guerres asymétriques, terrorisme et conflits hybrides en ont brouillé les contours. Pour autant, le cœur de la pensée de Clausewitz, à savoir le lien indissociable entre guerre et politique, reste valable. Le retour de la guerre de haute intensité montre que le modèle classique n'a pas disparu. - Réponse : Le schéma clausewitzien existe donc toujours, non comme description unique des conflits, mais comme grille d'analyse adaptable. - Ouverture : Les nouveaux espaces de conflictualité (cyberespace, espace extra-atmosphérique) et l'intelligence artificielle pourraient-ils, demain, dissocier la guerre de la volonté politique humaine ?

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