Abitur Hessen Französisch 2024 · LK · Deck: Propriété privée
Aufgabe Französisch aus dem IQB-Pool 2024, LK · Deck: Propriété privée: 3 Teilaufgaben mit Lösungen. Mit automatischer Korrektur.
Themen der Prüfung: Textverständnis: Inhalte wiedergeben (Présentez / Résumez) · Analyse literarischer Texte (Analysez / Caractérisez) · Stellungnahme und Erörterung (Commentez / Discutez / Prenez position) · Adressatenbezogenes Schreiben: Blog, Rede, Brief, Bewerbung
Aufgabe 1
Julia Deck: Propriété privée (2021)
Un couple parisien d'une cinquantaine d'années a remis en question son style de vie. La narratrice retrace les étapes de ce changement en s'adressant, en pensées, à son mari.
D'abord je ne m'étais pas inquiétée que tu ne prennes plus la voiture. Elle dormait au sous-sol de notre ancien immeuble. On n'en avait pas besoin pour se déplacer dans Paris. Puis j'ai compris que ce n'était pas seulement affaire de commodité. C'était que tu n'avais plus l'intention, ni maintenant ni jamais, de te rasseoir derrière le volant.
Quant aux transports en commun, il ne fallait pas y songer. Tu avais commencé par éviter les longs trajets en métro, prétextant que c'était objectivement pénible de changer à Châtelet ou Montparnasse. Après quoi tu avais fait une croix sur 1 le souterrain dans son ensemble. Tu avais lu un article démontrant que l'air y était plus pollué que sur le périphérique. Tu n'allais pas t'asphyxier volontairement. Quand j'objectais que ça n'allait pas nous simplifier la vie, tu courais chercher l'article dans ton bureau, et tu me le collais sous les yeux alors que j'épluchais les légumes ou que je remplissais le lave-vaisselle. Ensuite, c'étaient les bus qui avaient posé problème. [...] Il te fallait des heures de préparation psychologique, puis les bus étaient toujours lents, bondés de gens remarquablement inventifs dans le registre des incivilités 2. Bref, c'était tout vu 3, tu te limiterais à notre pâté de maisons 4, et tu prendrais un taxi en cas d'extrême nécessité. Notre appartement était spacieux et confortable, traversant est-ouest et bien chauffé. Nous possédions une belle bibliothèque. On pouvait très bien y passer sa vie sans s'ennuyer. Il y avait même une salle de sport en bas de l'immeuble. Tu t'y rendais chaque matin pour entretenir ton cœur et ton allure, afin que je ne devienne pas une épouse acariâtre ou une veuve prématurée. Le compromis semblait acceptable. Je n'ai plus discuté.
Mais après quelques années de ce régime, nous avons quand même résolu de déménager. Mes plantations poussaient à l'étroit sur le balcon. Les jasmins débordaient de leurs pots. Les rosiers réclamaient vigoureusement la pleine terre qui leur permettrait de donner la mesure de leur branchage. De toute façon, il était grand temps de devenir propriétaires. Je travaillais sur le réaménagement urbain 5. Je croyais à l'expansion de la ville hors de ses frontières, au mieux-être de tous dans des zones verdoyantes de moindre densité. On s'éloignerait du bruit, de la pollution. Dans notre jardin, nous ne craindrions plus d'inspirer l'air à pleins poumons.
Soucieux de notre empreinte environnementale, nous voulions une construction peu énergivore, bâtie en beaux matériaux durables. Nous avons vite trouvé notre bonheur. Aux confins de la ville se tramaient 6 des écoquartiers. Après quelques trajets en taxi, notre choix s'est arrêté sur une petite commune en plein essor. Elle était desservie par le RER, et les promoteurs nous faisaient miroiter l'extension à brève échéance du métro parisien. Nous étions sûrs de réaliser un bon investissement.
Le projet sur lequel nous nous sommes fixés était le plus beau et le plus cher de tous. Il consistait à transformer d'anciens entrepôts en allée résidentielle pour ménages aisés. Grâce à un système de récupération de chaleur couplé à des panneaux solaires, la parcelle serait entièrement autonome en énergie. Le recyclage des ordures se ferait par des bornes 7 en surface qui les dirigeraient automatiquement, via un réseau enterré, vers la déchetterie. Les produits organiques iraient dans un bac de compostage situé au bout de l'impasse. Ainsi pourrait-on cultiver un potager dans chaque jardin.
L'allée a mis deux ans à sortir de terre. Au cours de cette période, nous avons rêvé sur les plans des architectes. Quatre maisons mitoyennes 8, identiques de la toiture aux fondations, bordaient chaque côté de la voie. Au rez-de-chaussée, on pénétrait dans une grande cuisine ouverte sur le salon. De l'autre côté se trouvait un jardin enclos par des buis 9, sur lequel donnait également une pièce plus petite, où tu installerais ton bureau. J'aurais le mien à l'étage, entre la salle de bains et la chambre, dotée d'un balcon sur l'avant.
Plusieurs mois avant de déménager, nous avons mesuré nos meubles et découpé des bouts de papier pour les représenter à l'échelle. Après le dîner, nous déroulions les plans sur la table, et nous jouions à déplacer la bibliothèque, le canapé, à la recherche des emplacements les plus astucieux. Dans les grands magasins, j'admirais l'infinité de rangements disponibles pour les intérieurs amoureusement aménagés. Nous nous couchions le sourire aux lèvres, imaginant le plaisir que nous aurions à prendre possession des lieux, la jubilation qui couronnerait nos choix avisés.
Ils sont arrivés une semaine après nous. Le camion a ronronné sous la fenêtre de notre chambre. [...] Toute la matinée, ils ont transbordé des montagnes de cartons. La maison mitoyenne s'emplissait d'une infinité de choses à côté de quoi la nôtre semblait renfermer une vie bien minuscule. C'était l'impression que j'avais eue en déballant nos affaires. Trente ans de vie commune résumés en quelques milliers de livres, les meubles indispensables et très peu d'objets. Nous n'étions pas attachés aux objets. Nous pensions qu'ils obstruaient l'air, limitaient la circulation de la pensée. Mais ce jour-là, alors que je finissais de ranger la vaisselle dans les placards de la cuisine, leur absence m'a soudain vrillé 10 le cœur. Entre les chutes de plastique à bulles et les morceaux de scotch, je me suis mise à pleurer. C'était plus fort que moi, je n'y pouvais rien. Je me suis efforcée de faire le moins de bruit possible, reniflant en silence. Mais tu m'as entendue malgré toutes ces précautions, et tu as déboulé dans la cuisine pour me mettre les points sur les i 11. Voilà deux ans que nous avions fait un choix mûrement pesé, parfaitement rationnel. Mon attitude était inconséquente. Nous méprisons le sentimentalisme et les émotions exacerbées 12. Je finissais de sécher mes larmes quand on a toqué à la porte.
Deck, J. (2021). Propriété privée. Paris: Les Éditions de minuit, p. 10-15 (956 mots)
Notes de vocabulaire
1 faire une croix sur qc – renoncer à qc
2 dans le registre des incivilités – dt. in Bezug auf unhöfliches Verhalten
3 c'est tout vu ( fam.) – dt. das ist ein für alle Mal erledigt
4 notre pâté de maisons – ici: notre quartier
5 le réaménagement urbain – dt. die städtische Neugestaltung
6 se tramer – ici: se développer
7 une borne – dt. hier: ein Recyclingcontainer
8 une maison mitoyenne – dt. ein Reihenhaus
9 le buis – dt. der Buchsbaum
10 vriller le cœur – dt. einen Stich ins Herz geben
11 mettre les points sur les i – dt. sehr deutlich werden, zurechtweisen
12 exacerbé,e – exagéré,e
1. Présentez le nouveau cadre de vie choisi par le couple. (25 %)
Aufgabe 2
Julia Deck: Propriété privée (2021)
Un couple parisien d'une cinquantaine d'années a remis en question son style de vie. La narratrice retrace les étapes de ce changement en s'adressant, en pensées, à son mari.
D'abord je ne m'étais pas inquiétée que tu ne prennes plus la voiture. Elle dormait au sous-sol de notre ancien immeuble. On n'en avait pas besoin pour se déplacer dans Paris. Puis j'ai compris que ce n'était pas seulement affaire de commodité. C'était que tu n'avais plus l'intention, ni maintenant ni jamais, de te rasseoir derrière le volant.
Quant aux transports en commun, il ne fallait pas y songer. Tu avais commencé par éviter les longs trajets en métro, prétextant que c'était objectivement pénible de changer à Châtelet ou Montparnasse. Après quoi tu avais fait une croix sur 1 le souterrain dans son ensemble. Tu avais lu un article démontrant que l'air y était plus pollué que sur le périphérique. Tu n'allais pas t'asphyxier volontairement. Quand j'objectais que ça n'allait pas nous simplifier la vie, tu courais chercher l'article dans ton bureau, et tu me le collais sous les yeux alors que j'épluchais les légumes ou que je remplissais le lave-vaisselle. Ensuite, c'étaient les bus qui avaient posé problème. [...] Il te fallait des heures de préparation psychologique, puis les bus étaient toujours lents, bondés de gens remarquablement inventifs dans le registre des incivilités 2. Bref, c'était tout vu 3, tu te limiterais à notre pâté de maisons 4, et tu prendrais un taxi en cas d'extrême nécessité. Notre appartement était spacieux et confortable, traversant est-ouest et bien chauffé. Nous possédions une belle bibliothèque. On pouvait très bien y passer sa vie sans s'ennuyer. Il y avait même une salle de sport en bas de l'immeuble. Tu t'y rendais chaque matin pour entretenir ton cœur et ton allure, afin que je ne devienne pas une épouse acariâtre ou une veuve prématurée. Le compromis semblait acceptable. Je n'ai plus discuté.
Mais après quelques années de ce régime, nous avons quand même résolu de déménager. Mes plantations poussaient à l'étroit sur le balcon. Les jasmins débordaient de leurs pots. Les rosiers réclamaient vigoureusement la pleine terre qui leur permettrait de donner la mesure de leur branchage. De toute façon, il était grand temps de devenir propriétaires. Je travaillais sur le réaménagement urbain 5. Je croyais à l'expansion de la ville hors de ses frontières, au mieux-être de tous dans des zones verdoyantes de moindre densité. On s'éloignerait du bruit, de la pollution. Dans notre jardin, nous ne craindrions plus d'inspirer l'air à pleins poumons.
Soucieux de notre empreinte environnementale, nous voulions une construction peu énergivore, bâtie en beaux matériaux durables. Nous avons vite trouvé notre bonheur. Aux confins de la ville se tramaient 6 des écoquartiers. Après quelques trajets en taxi, notre choix s'est arrêté sur une petite commune en plein essor. Elle était desservie par le RER, et les promoteurs nous faisaient miroiter l'extension à brève échéance du métro parisien. Nous étions sûrs de réaliser un bon investissement.
Le projet sur lequel nous nous sommes fixés était le plus beau et le plus cher de tous. Il consistait à transformer d'anciens entrepôts en allée résidentielle pour ménages aisés. Grâce à un système de récupération de chaleur couplé à des panneaux solaires, la parcelle serait entièrement autonome en énergie. Le recyclage des ordures se ferait par des bornes 7 en surface qui les dirigeraient automatiquement, via un réseau enterré, vers la déchetterie. Les produits organiques iraient dans un bac de compostage situé au bout de l'impasse. Ainsi pourrait-on cultiver un potager dans chaque jardin.
L'allée a mis deux ans à sortir de terre. Au cours de cette période, nous avons rêvé sur les plans des architectes. Quatre maisons mitoyennes 8, identiques de la toiture aux fondations, bordaient chaque côté de la voie. Au rez-de-chaussée, on pénétrait dans une grande cuisine ouverte sur le salon. De l'autre côté se trouvait un jardin enclos par des buis 9, sur lequel donnait également une pièce plus petite, où tu installerais ton bureau. J'aurais le mien à l'étage, entre la salle de bains et la chambre, dotée d'un balcon sur l'avant.
Plusieurs mois avant de déménager, nous avons mesuré nos meubles et découpé des bouts de papier pour les représenter à l'échelle. Après le dîner, nous déroulions les plans sur la table, et nous jouions à déplacer la bibliothèque, le canapé, à la recherche des emplacements les plus astucieux. Dans les grands magasins, j'admirais l'infinité de rangements disponibles pour les intérieurs amoureusement aménagés. Nous nous couchions le sourire aux lèvres, imaginant le plaisir que nous aurions à prendre possession des lieux, la jubilation qui couronnerait nos choix avisés.
Ils sont arrivés une semaine après nous. Le camion a ronronné sous la fenêtre de notre chambre. [...] Toute la matinée, ils ont transbordé des montagnes de cartons. La maison mitoyenne s'emplissait d'une infinité de choses à côté de quoi la nôtre semblait renfermer une vie bien minuscule. C'était l'impression que j'avais eue en déballant nos affaires. Trente ans de vie commune résumés en quelques milliers de livres, les meubles indispensables et très peu d'objets. Nous n'étions pas attachés aux objets. Nous pensions qu'ils obstruaient l'air, limitaient la circulation de la pensée. Mais ce jour-là, alors que je finissais de ranger la vaisselle dans les placards de la cuisine, leur absence m'a soudain vrillé 10 le cœur. Entre les chutes de plastique à bulles et les morceaux de scotch, je me suis mise à pleurer. C'était plus fort que moi, je n'y pouvais rien. Je me suis efforcée de faire le moins de bruit possible, reniflant en silence. Mais tu m'as entendue malgré toutes ces précautions, et tu as déboulé dans la cuisine pour me mettre les points sur les i 11. Voilà deux ans que nous avions fait un choix mûrement pesé, parfaitement rationnel. Mon attitude était inconséquente. Nous méprisons le sentimentalisme et les émotions exacerbées 12. Je finissais de sécher mes larmes quand on a toqué à la porte.
Deck, J. (2021). Propriété privée. Paris: Les Éditions de minuit, p. 10-15 (956 mots)
Notes de vocabulaire
1 faire une croix sur qc – renoncer à qc
2 dans le registre des incivilités – dt. in Bezug auf unhöfliches Verhalten
3 c'est tout vu ( fam.) – dt. das ist ein für alle Mal erledigt
4 notre pâté de maisons – ici: notre quartier
5 le réaménagement urbain – dt. die städtische Neugestaltung
6 se tramer – ici: se développer
7 une borne – dt. hier: ein Recyclingcontainer
8 une maison mitoyenne – dt. ein Reihenhaus
9 le buis – dt. der Buchsbaum
10 vriller le cœur – dt. einen Stich ins Herz geben
11 mettre les points sur les i – dt. sehr deutlich werden, zurechtweisen
12 exacerbé,e – exagéré,e
2. Analysez la relation entre la narratrice et son mari en tenant compte des moyens stylistiques utilisés par l'auteure. (40 %)
Aufgabe 3.1
Au choix
3.1
« Le monde de demain a besoin de nouvelles formes d'habitation. »
Commentez.
Aufgabe 3.2
Au choix
3.2
Sur le blog du site Internet « consoGlobe - consommer mieux, vivre mieux », on discute les problèmes liés à l'achat d'objets apparemment inutiles comme par exemple les souvenirs. Les avis sont très partagés, certains appellent à renoncer à ces objets, d'autres y sont très attachés.
Rédigez un article de blog dans lequel vous exprimez votre avis. [35 %]
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