Sujet 4 · Bac STMG Philosophie Sujets zéro et spécimens sujet 2021 (sujet 1)

Thème : La liberté · Tiré du sujet Sujet 1 (2021)

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Sujet 4 — Explication de texte philosophique

Expliquer le texte suivant.

L'objet de cet essai est de poser un principe très simple, fondé à régler absolument les rapports de la société et de l'individu dans tout ce qui est contrainte et contrôle, que les moyens utilisés soient la force physique par le biais de sanctions pénales ou la contrainte morale exercée par l'opinion publique. Ce principe veut que les hommes ne soient autorisés, individuellement ou collectivement, à entraver la liberté d'action de quiconque que pour assurer leur propre protection. La seule raison légitime que puisse avoir une communauté pour user de la force contre un de ses membres est de l'empêcher de nuire aux autres. Contraindre quelqu'un pour son propre bien, physique ou moral, ne constitue pas une justification suffisante. Un homme ne peut pas être légitimement contraint d'agir ou de s'abstenir sous prétexte que ce serait meilleur pour lui, que cela le rendrait plus heureux ou que, dans l'opinion des autres, agir ainsi serait sage ou même juste. Ce sont certes de bonnes raisons pour lui faire des reproches, le raisonner, le persuader ou le supplier, mais non pour le contraindre ou lui causer du tort s'il agit autrement. La contrainte ne se justifie que lorsque la conduite dont on désire détourner cet homme risque de nuire à quelqu'un d'autre. Le seul aspect de la conduite d'un individu qui dépende de la société est celui qui concerne les autres. Mais pour ce qui ne concerne que lui, son indépendance est, de droit, absolue. Sur lui-même, sur son corps et son esprit, l'individu est souverain (1).

J. S. MILL, De la liberté (1859).

(1) être souverain: être dans la position de celui qui décide et commande en premier.

Rédigez l'explication de ce texte. Vous pouvez soit répondre aux questions ci-dessous de manière précise et développée, soit rédiger un développement continu suivant votre propre plan.

Repères possibles (option n° 1)

A — Éléments d'analyse

1. Pourquoi la contrainte et le contrôle exercés par la force physique sont-ils associés aux « sanctions pénales » ? Comment comprendre l'idée de « contrainte morale » ? Quelle différence entre ces formes de contraintes ?

2. Expliquez: « contraindre quelqu'un pour son propre bien ».

3. Quelle différence entre « faire des reproches » à quelqu'un et lui « causer du tort » ?

4. Expliquez: « La contrainte ne se justifie que lorsque la conduite dont on désire détourner cet homme risque de nuire à quelqu'un d'autre ».

B — Éléments de synthèse

1. Quelle est la question à laquelle le texte tente de répondre ?

2. Comment cette réponse est-elle organisée ? Dégagez les moments de l'argumentation et leur articulation.

3. Dégagez l'idée principale du texte.

C — Commentaire

1. Quel rapport l'argument de Mill permet-il d'établir entre la contrainte exercée par la société et les droits reconnus aux individus ?

2. Quel sens ce texte permet-il de donner à l'idée de liberté individuelle ?

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Corrigé

Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)

Rédigez l'explication de ce texte (option n° 1 guidée ou option n° 2 libre).

Réponse : Une bonne explication doit dégager la thèse centrale de Mill : la société ne peut légitimement contraindre un individu (par la force physique ou par la pression morale de l'opinion) que pour l'empêcher de nuire à autrui ; le bien, le bonheur ou la sagesse supposés de l'individu lui-même ne sont jamais des raisons suffisantes pour le contraindre, même si on peut chercher à le persuader par d'autres moyens (reproche, dialogue, prière). Il faut ensuite montrer l'articulation de l'argumentation : (1) énoncé du principe général qui règle les rapports société/individu en matière de contrainte ; (2) distinction entre contrainte légitime (protection d'autrui) et illégitime (paternalisme, moralisme) ; (3) distinction entre persuasion morale (légitime) et contrainte (illégitime) tant que la conduite ne nuit qu'à soi-même ; (4) conclusion : partition de la conduite individuelle en deux domaines — ce qui regarde les autres (soumis au contrôle social) et ce qui ne regarde que soi (souveraineté absolue de l'individu sur son corps et son esprit). Le commentaire doit interroger la portée et les limites de ce principe de non-nuisance (harm principle) : il fonde une conception libérale de la liberté individuelle comme indépendance de droit, mais soulève la difficulté de délimiter précisément ce qui « ne concerne que soi » dans une vie sociale où les actions ont souvent des répercussions indirectes sur autrui.

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