Épreuve composée - Troisième partie · Bac Sciences Économiques et Sociales Suède 2024 (jour 2)

Thème : La structuration de la société française actuelle · Tiré du sujet Jour 2 (2024)

Énoncé

Troisième partie: Raisonnement s'appuyant sur un dossier documentaire

(10 points)

Cette partie comporte trois documents.

Sujet: À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez comment la structure socioprofessionnelle a évolué en France depuis la seconde moitié du XX ème siècle.

DOCUMENT 1

Diplôme le plus élevé selon l'âge en 2022 (en %)

Champ: France hors Mayotte, personnes vivant en logement ordinaire, de 25 à 64 ans.

Source: d'après INSEE, 2022.

DOCUMENT 2

Répartition de l'emploi par branche d'activité (1960 – 2018)

Champ: France.

Source: d'après Olivier MARCHAND et Claude MINNI, « Les grandes transformations du marché du travail en France depuis le début des années 1960 », Économie et Statistique, n°510-511-512, 2019.

DOCUMENT 3

Sur le long terme, le rapprochement entre femmes et hommes est très net en matière d'activité professionnelle. Entre 1975 et 2015, le taux d'activité des femmes de 25 à 49 ans s'est accru de 60 à 83 %, alors que le taux masculin diminuait de 97 à 93 %. L'écart de taux est passé de 38 à 10 points. Les femmes ont toujours travaillé, mais, de plus en plus, elles exercent des activités rémunérées et officiellement reconnues. Ce phénomène résulte de l'allongement des scolarités des jeunes filles à partir des années 1950 et il constitue sans doute l'une des principales transformations sociales de la seconde partie du XXe siècle.

De plus en plus diplômées, les femmes occupent de plus en plus de métiers qualifiés. Elles représentent 40 % des cadres supérieurs, deux fois plus qu'en 1982. Mais l'emploi féminin progresse aussi en bas de la hiérarchie: 63 % des emplois d'ouvriers et d'employés non qualifiés sont occupés par des femmes, contre 50 % en 1982. Même si les métiers s'ouvrent, la très grande majorité des emplois féminins reste concentrée sur des postes peu qualifiés: caissière, assistante maternelle ou vendeuse par exemple. Parmi les cadres, il ne faut pas oublier que les femmes occupent encore rarement les postes les plus élevés dans la hiérarchie.

Ces données confirment des travaux plus anciens sur la mixité professionnelle, qui progresse. Mais les choses semblent changer dans les années récentes. Tout d'abord, le taux d'activité féminin se met à baisser. L'effet est modeste (le taux passe de 83,9 en 2010 à 83,3 en 2015), mais il vient interrompre une tendance à l'œuvre depuis les années 1960. Il n'est pas propre aux femmes: le taux d'activité masculin diminue aussi. Cela signifie qu'un certain nombre de personnes d'âges adulte se retirent du marché du travail, notamment du fait de la dégradation des conditions d'emploi (précarité, bas salaires et difficulté à trouver un poste de travail). En même temps, on assiste à un plafonnement de la part de femmes cadres depuis 2012 autour de 40 %, ce qui constitue une première historique. Le phénomène est d'autant plus étonnant que le niveau scolaire des jeunes filles continue à progresser. Il est trop tôt pour en conclure à un nouveau « plafond de verre » mais les femmes semblent au moins freinées dans leur marche vers l'égalité dans les positions sociales les plus élevées.

Source: « Métiers: la marche interrompue de l'égalité femmes-hommes », www.observationsociete.fr, mars 2018.

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Énoncé: Épreuve composée - Troisième partie · Bac Sciences Économiques et Sociales Suède 2024 (jour 2)

Corrigé

Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)

À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez comment la structure socioprofessionnelle a évolué en France depuis la seconde moitié du XXème siècle.

Réponse : Introduction : Depuis les années 1950-1960, la structure socioprofessionnelle française (répartition de la population active selon les catégories socioprofessionnelles et les secteurs d'activité) a connu de profondes transformations. Elles sont liées à la tertiarisation de l'économie, à l'élévation du niveau de formation et à la féminisation de l'emploi. On montrera d'abord la tertiarisation et la salarisation de l'emploi, puis l'élévation générale du niveau de qualification, enfin la réduction, non achevée, des inégalités entre catégories et entre sexes. I. Une structure de l'emploi transformée par la tertiarisation et la salarisation (Document 2) Entre 1960 et 2018, la part de l'emploi agricole s'effondre (d'environ 21 % à moins de 3 %). Celle de l'industrie recule fortement (d'environ 24 % à 10 %). Les services progressent continûment et représentent environ 80 % de l'emploi en 2018 (51 % de services marchands et 30 % de services non marchands). Cette tertiarisation s'accompagne d'une salarisation massive. Les indépendants (agriculteurs exploitants, artisans, commerçants) reculent au profit des catégories salariées. Les ouvriers déclinent, tandis que les employés, les professions intermédiaires et les cadres progressent, en lien avec le développement de l'État social et des grandes entreprises. II. Une élévation générale du niveau de diplôme qui requalifie la structure socioprofessionnelle (Document 1) En 2022, les 25-34 ans sont nettement plus diplômés que les 55-64 ans. Environ 11 % des 25-34 ans n'ont aucun diplôme ou seulement le brevet, contre environ 25 % des 55-64 ans. Environ 38 % des 25-34 ans ont un diplôme supérieur à Bac+2, contre environ 15 % des 55-64 ans. Cette démocratisation scolaire accompagne la croissance des catégories qualifiées (cadres, professions intermédiaires). Elle nourrit la « moyennisation » de la société décrite par H. Mendras. Elle s'accompagne aussi, pour certains, d'un déclassement lorsque le diplôme ne débouche pas sur un poste de qualification équivalente. III. Une recomposition encore inachevée : féminisation de l'emploi et persistance des inégalités (Document 3) L'activité des femmes de 25 à 49 ans progresse fortement, de 60 % à 83 % entre 1975 et 2015. Les femmes accèdent davantage aux postes qualifiés : elles représentent 40 % des cadres supérieurs, deux fois plus qu'en 1982. La structure socioprofessionnelle devient donc plus mixte. Mais les femmes restent concentrées dans les emplois peu qualifiés : elles occupent 63 % des emplois d'ouvriers et d'employés non qualifiés. Elles sont rarement présentes aux postes les plus élevés (plafond de verre), et la part des femmes cadres plafonne autour de 40 % depuis 2012. De plus, depuis 2010, le taux d'activité baisse légèrement, chez les femmes comme chez les hommes, sous l'effet de la précarité et des difficultés d'insertion. Conclusion : Depuis la seconde moitié du XXe siècle, la structure socioprofessionnelle française s'est tertiarisée, salarisée, qualifiée et féminisée. Les indépendants et les ouvriers ont reculé au profit des employés, des professions intermédiaires et des cadres. Ces transformations restent toutefois inachevées et inégalitaires : ségrégation professionnelle selon le sexe, plafond de verre, déclassement et précarisation d'une partie des actifs. On peut donc s'interroger sur la pertinence de la thèse de la moyennisation face à la persistance, voire au renouvellement, des clivages sociaux.

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