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Sujet du Bac STI2D Français 2025 · Polynésie Remplacement
Sujet du Bac STI2D de Français 2025, Polynésie Remplacement : 1 exercice corrigé. Thèmes : Contraction de texte. Avec correction automatique.
Thèmes du sujet : Contraction de texte (littérature d'idées moderne et contemporaine) · Essai sur la littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle · Commentaire de texte : le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle
Exercice 1 - Commentaire de texte
Objet d'étude: le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle
Zineb MEKOUAR, Souviens-toi des abeilles, 2024.
Omar travaille à la ville. Régulièrement, il rentre à Inzerki, son village natal situé dans la campagne marocaine. On y récolte depuis longtemps le miel dans le rucher du Saint, appelé aussi Le Taddart. Ce vieux rucher est menacé par le réchauffement climatique.
À chaque retour, c'est pareil, en descendant de l'autocar ses yeux se lèvent vers ce ciel sans ombre, et la chaleur, les couleurs le submergent. Omar aime ce sol, ces arbres. Lorsqu'il est loin d'ici, c'est comme s'il oubliait, et puis il revient, et c'est l'autre bout du monde, le voilà pris d'un vertige, et toute cette force l'enveloppe. Cette étendue de roche et de sable le pénètre, une énergie remonte ses pieds, ses mollets, soudain ses chaussures le brûlent, il s'en défait, se retrouve pieds nus sur le sentier qui mène à son village. On peut voir ses membres lourds, harassés 1 par les rues encombrées de la ville. Sous les toits de tôle et les rues noires d'hommes, de poubelles, il oublie qu'il vient d'ici, oublie ce souffle; son dos se courbe, sa peau devient grise. Elle non plus ne se rappelle plus la lumière d'Inzerki. Ici, le corps se souvient. Tandis que l'homme marche sur ce sentier, vers sa maison, sa famille, tout se remet en place, et c'est charnel — la nuque redevient fière, la tête se tient droite, le front bien haut, le dos est droit lui aussi, et la peau reprend sa teinte cuivrée.
De loin, Omar peut déjà apercevoir le rucher du Saint. Il regarde les étages apparaître un à un, avec netteté, au fur et à mesure qu'il avance. Perché sur son flanc de montagne, avec des palmiers autour et, à droite, le vieil arganier 2 centenaire qui veille sur les abeilles. L'ocre 3 des cases, les rangées toutes parallèles, les troncs qui délimitent les emplacements de chacune des familles. Le Taddart se révèle entièrement et l'homme s'arrête un instant devant ce rucher sacré où il a passé tant d'années à aider son père. Il est là, immense, immobile. Un soupir, cette année la récolte n'a pas été bonne, à peine cinquante kilogrammes de miel et plus d'un tiers des ruches n'a pas survécu à la sécheresse. Omar se souvient du temps de l'abondance, plus de cinq cents kilogrammes collectés certaines années. L'homme reprend sa marche.
1 Harassé: épuisé.
2 Arganier: arbre épineux que l'on trouve en particulier au Maroc.
3 Ocre: terre rouge.
Vous ferez le commentaire littéraire de ce texte. Vous pourrez prêter plus particulièrement attention aux éléments suivants:
La description de la terre natale.
L'émotion du retour.
Exercice 2 - Sujet A - Contraction de texte
Contraction de texte
Vous résumerez ce texte en 180 mots. Une tolérance de +/- 10 % est admise: votre texte comptera au moins 162 mots et au plus 198 mots.
Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez, à la fin de votre contraction, le nombre total de mots utilisés.
Exercice 2 - Sujet A - Essai
Essai
Une bonne éducation ne doit-elle valoriser que les réussites ?
Vous développerez de manière organisée votre réponse à cette question en prenant appui sur les chapitres XI à XXIV de Gargantua de Rabelais, sur le texte de l'exercice de la contraction et sur ceux que vous avez étudiés dans le cadre de l'objet d'étude « La littérature d'idées du XVI e au XVIII e siècle ». Vous pourrez aussi faire appel à vos lectures et à votre culture personnelle.
Exercice 2 - Sujet B - Contraction de texte
Sujet B – La Bruyère, Les Caractères, livre XI « De l'Homme ». Parcours: peindre les Hommes, examiner la nature humaine.
Texte d'après Valentine Pétry, « Écran, mon bel écran ! » dans « La tyrannie de la beauté », Le Un, n° 447, 17 mai 2023.
Connectez-vous sur Instagram et prenez le temps de naviguer sur des comptes d'influenceuses beauté. Vous y trouverez, par milliers, des clichés étroitement cadrés sur un œil maquillé, une bouche aux lèvres rouges parfaitement ourlées, ou une main aux ongles peints avec un soin infini. De nos jours, la beauté est devenue synonyme d'ultraprécision, et se maquiller un travail du microdétail assumé. L'apparition des écrans dans nos vies explique en grande partie ce phénomène. Ces rectangles numériques remplacent nos miroirs. On se regarde et on se donne à voir à travers eux. On apprend à connaître son visage au pixel 1 près et on publie en ligne ses microdétails pour obtenir des autres l'approbation et la reconnaissance de notre beauté, mais également des techniques employées pour la mettre en valeur. Car grâce aux réseaux sociaux, l'art du make up est sorti de l'ombre. On partage ses techniques, son savoir-faire, et les clichés en gros plan sont là pour les mettre en lumière.
L'industrie cosmétique qui, contrairement à celle de la mode, n'a jamais cherché à développer le discours du « consommez moins, mais mieux » a largement profité de cette levée de tabou autour du maquillage. Les tutoriels ont conduit à une explosion de la quantité de produits cosmétiques consommés. Mais pour profiter au maximum de cette évolution, l'industrie a aussi été contrainte de s'adapter. Le smartphone n'est pas seulement un outil d'observation de soi. La qualité des écrans évoluant un peu plus chaque année, il devient aussi source d'inspiration. Depuis peu, les maquilleuses professionnelles se voient demander un « effet iPhone 13 », que l'on pourrait décrire comme une peau sans défauts et particulièrement lumineuse, avec un « teint glowy », c'est-à-dire une légère brillance sur certaines parties du visage, comme les pommettes, le coin intérieur de l'œil et le bout du nez.
Même pendant la pandémie, qui aurait pu sonner le glas de l'industrie cosmétique, celle-ci a su garder le cap. Les femmes ont certes arrêté de se maquiller, mais elles n'ont pas passé moins de temps à se scruter. Celles qui ont eu la possibilité de télétravailler ont même dû supporter leur image à travers une webcam, souvent bas de gamme, plusieurs heures dans la journée. La peau est devenue un objet d'intérêt particulier. Nous avons cessé de la camoufler, mais nous avons eu le temps de la badigeonner de toutes sortes de soins.
Nous n'avons pas consommé moins, nous avons simplement changé notre manière de le faire. Les hommes, aussi, se sont parfois vus pour la première fois. Ils ont été nombreux à se tourner vers des gels teintés pour lutter contre l'image déprimante que la caméra leur renvoyait.
L'industrie cosmétique n'a pas été la seule à profiter des conséquences de la pandémie de Covid-19. Certains médecins esthétiques ont observé une augmentation des demandes. Celles-ci ont principalement porté sur le regard, zone où se voit la fatigue, signe de maladie particulièrement malvenu en ces temps troublés, mais également dernière zone du visage visible alors que nous étions tenus d'avoir un masque en public.
Qu'il s'agisse de maquillage, de filtre ou de chirurgie, il est de plus en plus accepté de ne plus vraiment se ressembler soi-même. L'idée que le visage que l'on a dans la vraie vie et celui que l'on présente au monde n'est pas le même est désormais admise, notamment par les jeunes générations qui n'hésitent plus à montrer ces deux facettes en ligne comme dans la vraie vie. Un nouveau réseau social baptisé BeReal oblige même, à une heure donnée, à s'exposer sans filtre dans sa vie quotidienne.
Les écrans vont-ils pour autant nous libérer de notre image ? C'est ce que pensent les plus optimistes. En apprenant à dissocier notre image numérique de notre image réelle, peut-être pourrons-nous d'un côté nous permettre de la modifier avec plus de liberté et d'excentricité 2, et de l'autre accepter davantage ce que la nature nous a donné. Pour une femme, ne pas se maquiller deviendra ainsi un choix aussi valable que celui de le faire. La version plus pessimiste consiste à penser que puisque les écrans vont nous renvoyer une version de plus en plus modifiée de nous-mêmes, nous serons de plus en plus tentés de devenir cette image.
702 mots
1. Pixel: unité de base des images numériques.
2. Excentricité: originalité.
Contraction de texte
Vous résumerez ce texte en 175 mots. Une tolérance de +/- 10 % est admise: votre texte comptera au moins 158 mots et au plus 192 mots.
Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez, à la fin de votre contraction, le nombre total de mots utilisés.
Nombre approximatif de mots saisis:
Exercice 2 - Sujet B - Essai
Sujet B – La Bruyère, Les Caractères, livre XI « De l'Homme »
Parcours: peindre les Hommes, examiner la nature humaine.
Sujet B – La Bruyère, Les Caractères, livre XI « De l'Homme ». Parcours: peindre les Hommes, examiner la nature humaine.
Texte d'après Valentine Pétry, « Écran, mon bel écran ! » dans « La tyrannie de la beauté », Le Un, n° 447, 17 mai 2023.
Connectez-vous sur Instagram et prenez le temps de naviguer sur des comptes d'influenceuses beauté. Vous y trouverez, par milliers, des clichés étroitement cadrés sur un œil maquillé, une bouche aux lèvres rouges parfaitement ourlées, ou une main aux ongles peints avec un soin infini. De nos jours, la beauté est devenue synonyme d'ultraprécision, et se maquiller un travail du microdétail assumé. L'apparition des écrans dans nos vies explique en grande partie ce phénomène. Ces rectangles numériques remplacent nos miroirs. On se regarde et on se donne à voir à travers eux. On apprend à connaître son visage au pixel 1 près et on publie en ligne ses microdétails pour obtenir des autres l'approbation et la reconnaissance de notre beauté, mais également des techniques employées pour la mettre en valeur. Car grâce aux réseaux sociaux, l'art du make up est sorti de l'ombre. On partage ses techniques, son savoir-faire, et les clichés en gros plan sont là pour les mettre en lumière.
L'industrie cosmétique qui, contrairement à celle de la mode, n'a jamais cherché à développer le discours du « consommez moins, mais mieux » a largement profité de cette levée de tabou autour du maquillage. Les tutoriels ont conduit à une explosion de la quantité de produits cosmétiques consommés. Mais pour profiter au maximum de cette évolution, l'industrie a aussi été contrainte de s'adapter. Le smartphone n'est pas seulement un outil d'observation de soi. La qualité des écrans évoluant un peu plus chaque année, il devient aussi source d'inspiration. Depuis peu, les maquilleuses professionnelles se voient demander un « effet iPhone 13 », que l'on pourrait décrire comme une peau sans défauts et particulièrement lumineuse, avec un « teint glowy », c'est-à-dire une légère brillance sur certaines parties du visage, comme les pommettes, le coin intérieur de l'œil et le bout du nez.
Même pendant la pandémie, qui aurait pu sonner le glas de l'industrie cosmétique, celle-ci a su garder le cap. Les femmes ont certes arrêté de se maquiller, mais elles n'ont pas passé moins de temps à se scruter. Celles qui ont eu la possibilité de télétravailler ont même dû supporter leur image à travers une webcam, souvent bas de gamme, plusieurs heures dans la journée. La peau est devenue un objet d'intérêt particulier. Nous avons cessé de la camoufler, mais nous avons eu le temps de la badigeonner de toutes sortes de soins.
Nous n'avons pas consommé moins, nous avons simplement changé notre manière de le faire. Les hommes, aussi, se sont parfois vus pour la première fois. Ils ont été nombreux à se tourner vers des gels teintés pour lutter contre l'image déprimante que la caméra leur renvoyait.
L'industrie cosmétique n'a pas été la seule à profiter des conséquences de la pandémie de Covid-19. Certains médecins esthétiques ont observé une augmentation des demandes. Celles-ci ont principalement porté sur le regard, zone où se voit la fatigue, signe de maladie particulièrement malvenu en ces temps troublés, mais également dernière zone du visage visible alors que nous étions tenus d'avoir un masque en public.
Qu'il s'agisse de maquillage, de filtre ou de chirurgie, il est de plus en plus accepté de ne plus vraiment se ressembler soi-même. L'idée que le visage que l'on a dans la vraie vie et celui que l'on présente au monde n'est pas le même est désormais admise, notamment par les jeunes générations qui n'hésitent plus à montrer ces deux facettes en ligne comme dans la vraie vie. Un nouveau réseau social baptisé BeReal oblige même, à une heure donnée, à s'exposer sans filtre dans sa vie quotidienne.
Les écrans vont-ils pour autant nous libérer de notre image ? C'est ce que pensent les plus optimistes. En apprenant à dissocier notre image numérique de notre image réelle, peut-être pourrons-nous d'un côté nous permettre de la modifier avec plus de liberté et d'excentricité 2, et de l'autre accepter davantage ce que la nature nous a donné. Pour une femme, ne pas se maquiller deviendra ainsi un choix aussi valable que celui de le faire. La version plus pessimiste consiste à penser que puisque les écrans vont nous renvoyer une version de plus en plus modifiée de nous-mêmes, nous serons de plus en plus tentés de devenir cette image.
702 mots
1. Pixel: unité de base des images numériques.
2. Excentricité: originalité.
Essai
Pour peindre les hommes, peut-on se limiter à leur apparence en société ?
Vous développerez de manière organisée votre réponse à cette question en prenant appui sur le chapitre « De l'Homme » des Caractères de La Bruyère, sur le texte de l’exercice de la contraction et sur ceux que vous avez étudiés dans le cadre de l’objet d’étude « La littérature d’idées du XVI e au XVIII e siècle ». Vous pourrez aussi faire appel à vos lectures et à votre culture personnelle.
Exercice 2 - Sujet C - Contraction de texte
Sujet C – Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne
Parcours: écrire et combattre pour l'égalité
Contraction de texte
Vous résumerez ce texte en 191 mots. Une tolérance de +/- 10 % est admise: votre texte comptera au moins 172 mots et au plus 210 mots.
Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez, à la fin de votre contraction, le nombre total de mots utilisés.
Sujet C – Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne.
Parcours: écrire et combattre pour l'égalité.
Texte d'après Sigolène Couchot-Schiex, Eva Nada, Clothilde Palozzo-Crettol et Béatrice Bertho, « Sport: l'épreuve féministe », dans Nouvelles questions féministes, Féminisme aux risques du sport, 2024.
Au moment où nous écrivons cet éditorial, les préparatifs de l'accueil des Jeux olympiques et paralympiques (JOP) 2024 vont bon train en France. Du 26 juillet au 11 août, la capitale française palpitera au rythme de ces compétitions sportives: « Vibrez au rythme des jeux », scande la mairie de Paris. Dans la même ville, en 1900, les femmes ont été autorisées à concourir pour la première fois, conquérant un droit et un privilège dont les hommes, qui détiennent les clés des Jeux, des sports et du mouvement sportif, les avaient évincées. En 2024, la parité est reconnue et mise en avant comme une avancée du féminisme.
Difficile de ne pas être partagés, en tant que féministes, face au résultat hautement symbolique de plus d'un siècle de luttes des femmes pour pouvoir participer, à parts égales avec les hommes, au sport de loisir comme de haut niveau, amateur comme professionnel. Il existe une tension fondamentale, dans une perspective féministe, entre la recherche de l'égalité dans la participation, et la nécessité de déconstruire les mécanismes et les fondements sur lesquels reposerait cette supposée égalité. Quels risques le féminisme court-il face aux sports ? Risque-t-il de perdre son potentiel subversif 1 et émancipateur au profit d'une normalisation, d'une institutionnalisation dans et par le sport ? En effet, énoncer l'égalité entre les femmes et les hommes ne suffit pas à déjouer les pièges de l'ordre du genre.
Le mouvement sportif, en tant qu'ensemble des organismes qui contribuent à la structuration des activités sportives, s'est progressivement organisé à la fin du 19 e siècle. Aujourd'hui, le sport, comme institution, est devenu un fait social total dans les espaces médiatiques et par les fonctions qu'il occupe, offrant certains bénéfices fondamentaux tels que la santé, l'estime de soi, la capacité à coopérer en équipe ou, tout simplement, le plaisir. Le sport est d'abord une activité physique, mais il comprend de multiples manifestations plus ou moins organisées, et il se décline sous diverses modalités, dans des pratiques différenciées, allant de l'occasionnel à l'intensif. Si « sport » au singulier s'entend comme l'ensemble des activités physiques, son pluriel spécifie les pratiques structurées et institutionnalisées, organisées en disciplines sportives. Quelles que soient les pratiques sportives, qu'elles soient amicales, occupationnelles, divertissantes ou professionnelles et de haut niveau, le sport implique une disciplinarisation 2 et un contrôle sur les corps et, la plupart du temps, il est l'expression de multiples rapports de domination, comme en témoignent les luttes des femmes et des personnes dominées pour se faire reconnaître comme sportives.
En tant qu'il est reconnu comme un milieu d'hommes, le sport a fait l'objet de nombreuses critiques et contestations féministes, y compris dans le milieu académique. D'autres systèmes d'oppression ont aussi été mis au jour.
D'emblée, on remarquera que l'ajout « féminin » accolé au nom du sport ou de la pratique participe de la reproduction réitérée de la pratique masculine comme étant celle du « neutre », et première. Les pratiques féminines sont « secondes », accessoires et systématiquement qualifiées comme telles.
Dans les mondes du sport, le genre continue de produire et de valoriser la différence et la hiérarchie sexuées. L'argument se fonde sur de supposées différences biologiques immuables et sur l'alignement sexe-genre-sexualité où le corps masculin blanc hétérosexuel fait figure de catégorie normative de référence. Dans ce contexte, les « autres », les personnes en situation de handicap ou définies comme telles, les femmes, les personnes racisées ou minorisées, n'ont le droit de concourir que sous conditions. Et lorsqu'elles concourent, leurs performances sont minimisées ou au contraire survalorisées, réduisant les personnes à leurs exploits physiques. Le biais profondément masculiniste 3 de la compétition sportive s'illustre dans l'obligation qui a été faite aux femmes, quand elles ont gagné le droit de participer, de prouver qu'elles étaient bien des « femmes » par des tests de féminité humiliants alors qu'on ne demande jamais aux hommes de prouver qu'ils le sont.
Les pratiques sportives placent d'emblée les femmes aux prises avec des injonctions paradoxales: être performantes sur les terrains, tout en performant une féminité normative. À l'occasion du premier marathon olympique féminin le 5 août 1984 à Los Angeles, remporté par Joan Benoit, des commentaires fusent, stigmatisant 4 les signes de détresse physique terrassant certaines coureuses. Le spectacle est jugé intolérable par le public, les médias et la fédération d'athlétisme pour lesquels les sportives doivent rester dignes, offrir des émotions qui subliment les corps féminins et séduire, à l'instar 5 de ce qui se donne à voir dans les disciplines artistiques et gymniques. Ces représentations stéréotypées de la féminité pèsent évidemment aussi sur le choix des pratiques récréatives et de loisir.
765 mots
1 Subversif: capable de produire un renversement de l'ordre établi.
2 Disciplinarisation: fait de soumettre à des règles strictes de comportement.
3 Masculiniste: misogyne et antiféministe.
4 Stigmatiser: blâmer publiquement.
5 À l'instar: à la manière de.
Exercice 2 - Sujet C - Essai
Sujet C – Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne.
Parcours: écrire et combattre pour l'égalité.
Texte d'après Sigolène Couchot-Schiex, Eva Nada, Clothilde Palozzo-Crettol et Béatrice Bertho, « Sport: l'épreuve féministe », dans Nouvelles questions féministes, Féminisme aux risques du sport, 2024.
Au moment où nous écrivons cet éditorial, les préparatifs de l'accueil des Jeux olympiques et paralympiques (JOP) 2024 vont bon train en France. Du 26 juillet au 11 août, la capitale française palpitera au rythme de ces compétitions sportives: « Vibrez au rythme des jeux », scande la mairie de Paris. Dans la même ville, en 1900, les femmes ont été autorisées à concourir pour la première fois, conquérant un droit et un privilège dont les hommes, qui détiennent les clés des Jeux, des sports et du mouvement sportif, les avaient évincées. En 2024, la parité est reconnue et mise en avant comme une avancée du féminisme.
Difficile de ne pas être partagés, en tant que féministes, face au résultat hautement symbolique de plus d'un siècle de luttes des femmes pour pouvoir participer, à parts égales avec les hommes, au sport de loisir comme de haut niveau, amateur comme professionnel. Il existe une tension fondamentale, dans une perspective féministe, entre la recherche de l'égalité dans la participation, et la nécessité de déconstruire les mécanismes et les fondements sur lesquels reposerait cette supposée égalité. Quels risques le féminisme court-il face aux sports ? Risque-t-il de perdre son potentiel subversif 1 et émancipateur au profit d'une normalisation, d'une institutionnalisation dans et par le sport ? En effet, énoncer l'égalité entre les femmes et les hommes ne suffit pas à déjouer les pièges de l'ordre du genre.
Le mouvement sportif, en tant qu'ensemble des organismes qui contribuent à la structuration des activités sportives, s'est progressivement organisé à la fin du 19 e siècle. Aujourd'hui, le sport, comme institution, est devenu un fait social total dans les espaces médiatiques et par les fonctions qu'il occupe, offrant certains bénéfices fondamentaux tels que la santé, l'estime de soi, la capacité à coopérer en équipe ou, tout simplement, le plaisir. Le sport est d'abord une activité physique, mais il comprend de multiples manifestations plus ou moins organisées, et il se décline sous diverses modalités, dans des pratiques différenciées, allant de l'occasionnel à l'intensif. Si « sport » au singulier s'entend comme l'ensemble des activités physiques, son pluriel spécifie les pratiques structurées et institutionnalisées, organisées en disciplines sportives. Quelles que soient les pratiques sportives, qu'elles soient amicales, occupationnelles, divertissantes ou professionnelles et de haut niveau, le sport implique une disciplinarisation 2 et un contrôle sur les corps et, la plupart du temps, il est l'expression de multiples rapports de domination, comme en témoignent les luttes des femmes et des personnes dominées pour se faire reconnaître comme sportives.
En tant qu'il est reconnu comme un milieu d'hommes, le sport a fait l'objet de nombreuses critiques et contestations féministes, y compris dans le milieu académique. D'autres systèmes d'oppression ont aussi été mis au jour.
D'emblée, on remarquera que l'ajout « féminin » accolé au nom du sport ou de la pratique participe de la reproduction réitérée de la pratique masculine comme étant celle du « neutre », et première. Les pratiques féminines sont « secondes », accessoires et systématiquement qualifiées comme telles.
Dans les mondes du sport, le genre continue de produire et de valoriser la différence et la hiérarchie sexuées. L'argument se fonde sur de supposées différences biologiques immuables et sur l'alignement sexe-genre-sexualité où le corps masculin blanc hétérosexuel fait figure de catégorie normative de référence. Dans ce contexte, les « autres », les personnes en situation de handicap ou définies comme telles, les femmes, les personnes racisées ou minorisées, n'ont le droit de concourir que sous conditions. Et lorsqu'elles concourent, leurs performances sont minimisées ou au contraire survalorisées, réduisant les personnes à leurs exploits physiques. Le biais profondément masculiniste 3 de la compétition sportive s'illustre dans l'obligation qui a été faite aux femmes, quand elles ont gagné le droit de participer, de prouver qu'elles étaient bien des « femmes » par des tests de féminité humiliants alors qu'on ne demande jamais aux hommes de prouver qu'ils le sont.
Les pratiques sportives placent d'emblée les femmes aux prises avec des injonctions paradoxales: être performantes sur les terrains, tout en performant une féminité normative. À l'occasion du premier marathon olympique féminin le 5 août 1984 à Los Angeles, remporté par Joan Benoit, des commentaires fusent, stigmatisant 4 les signes de détresse physique terrassant certaines coureuses. Le spectacle est jugé intolérable par le public, les médias et la fédération d'athlétisme pour lesquels les sportives doivent rester dignes, offrir des émotions qui subliment les corps féminins et séduire, à l'instar 5 de ce qui se donne à voir dans les disciplines artistiques et gymniques. Ces représentations stéréotypées de la féminité pèsent évidemment aussi sur le choix des pratiques récréatives et de loisir.
765 mots
1 Subversif: capable de produire un renversement de l'ordre établi.
2 Disciplinarisation: fait de soumettre à des règles strictes de comportement.
3 Masculiniste: misogyne et antiféministe.
4 Stigmatiser: blâmer publiquement.
5 À l'instar: à la manière de.
Essai
Est-on condamné à rester incompris par son époque lorsque l'on combat pour l'égalité ?
Vous développerez de manière organisée votre réponse à cette question en prenant appui sur la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne d'Olympe de Gouges, sur le texte de l'exercice de la contraction et sur ceux que vous avez étudiés dans le cadre de l'objet d'étude « La littérature d'idées du XVI e au XVIII e siècle ». Vous pourrez aussi faire appel à vos lectures et à votre culture personnelle.
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