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Sujet du Bac ST2S Français 2022 · Polynésie Remplacement
Sujet du Bac ST2S de Français 2022, Polynésie Remplacement : 1 exercice corrigé. Thèmes : Contraction de texte. Avec correction automatique.
Thèmes du sujet : Contraction de texte (littérature d'idées moderne et contemporaine) · Essai sur la littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle · Commentaire de texte : le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle
Exercice 1 - Commentaire de texte
1- Commentaire de texte (20 points)
Objet d’étude: le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle
Zola, Le Rêve, Chap. V, 1888.
Angélique et Félicien sont tombés amoureux l’un de l’autre mais Angélique en semble troublée, au point d’éviter Félicien. Elle s’aperçoit alors que celui-ci la précède systématiquement au chevet des mêmes malheureux qu’elle visite pour leur apporter son aide. La voici chez les Lemballeuse, une mère et ses filles qui vivent de mendicité. Tiennette, l’aînée, s’est blessée en marchant pieds nus. Angélique se demande comment lui procurer des souliers.
Elle avait cinq sous tout ronds dans sa poche. Avec cinq sous, on ne pouvait guère acheter des souliers, même d’occasion. Chaque fois, son manque d’argent la paralysait. Et, à cette minute, ce qui acheva de la jeter hors d’elle, ce fut, comme elle détournait les yeux, d’apercevoir Félicien, debout à quelques pas, dans l’ombre croissante. Il avait dû entendre, peut-être se trouvait-il là depuis longtemps. C’était toujours ainsi qu’il lui apparaissait, sans qu’elle sût jamais par où ni comment il était venu.
5 « Il va donner les souliers », pensa-t-elle.
En effet, il s’avançait déjà. Dans le ciel violâtre, naissaient les premières étoiles. Une grande paix tiède tombait de haut, endormait le Clos-Marie, dont les saules se noyaient d’ombre. La cathédrale n’était plus qu’une barre noire, sur le couchant.
10 « Pour sûr, il va donner les souliers. »
Et elle en éprouvait un véritable désespoir. Il donnerait donc tout, pas une fois elle ne le vaincrait ! Son cœur battait à se rompre, elle aurait voulu être très riche, pour lui montrer qu’elle aussi faisait des heureux.
Mais les Lemballeuse avaient vu le bon monsieur, la mère s’était précipitée, les deux petites sœurs geignaient, la main tendue, tandis que la grande, lâchant ses chevilles sanglantes, regardait de ses yeux obliques.
15 — Écoutez, ma brave femme, dit Félicien, vous irez dans la Grand-Rue, au coin de la rue Basse...
Angélique avait compris, la boutique d’un cordonnier était là.
20 Elle l’interrompit vivement, si agitée, qu’elle bégayait des mots au hasard.
— En voilà une course inutile !... À quoi bon ?... Il est bien plus simple...
Et elle ne la trouvait pas, cette chose plus simple. Que faire, qu’inventer pour le devancer dans son aumône ? Jamais elle n’aurait cru le détester à ce point.
— Vous direz que vous venez de ma part, reprit Félicien. Vous demanderez...
25 De nouveau, elle l’interrompit, répétant d’un air anxieux:
— Il est bien plus simple... il est bien plus simple...
Tout d’un coup, calmée, elle s’assit sur une pierre, dénoua ses souliers, les ôta, ôta les bas eux-mêmes, d’une main vive.
— Tenez ! c’est si simple ! Pourquoi se déranger ?
30 — Ah ! ma bonne demoiselle, Dieu vous le rende ! s’écria la mère Lemballeuse, en examinant les souliers, presque tout neufs. Je les fendrai dessus, pour qu’ils aillent... Tiennette, remercie, grande bête !
Tiennette arrachait des mains de Rose et de Jeanne les bas, que celles-ci convoitaient. Elle ne desserra pas les lèvres.
35 Mais, à ce moment, Angélique s’aperçut qu’elle avait les pieds nus et que Félicien les voyait. Une confusion l’envahit. Elle n’osait plus bouger, certaine que, si elle se levait, il les verrait davantage. Puis, elle s’alarma, perdit la tête, se mit à fuir. Dans l’herbe, ses petits pieds couraient, très blancs. La nuit s’était accrue encore, le Clos-Marie devenait un lac d’ombre, entre les grands arbres voisins et la masse noire de la cathédrale. Et il n’y avait, au ras des ténèbres du sol, que la fuite des petits pieds blancs, du blanc satiné des colombes.
40
Vous commenterez cet extrait du Rêve d’Émile Zola. Vous pourrez prêter plus particulièrement attention:
aux deux personnages en compétition
à la dimension sociale de la scène
à la description des sentiments mêlés d’Angélique et leur surprenante évolution
Exercice 2.A - Contraction de texte
2 - Contraction de texte (10 points)
Objet d'étude: la littérature d'idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle
Le candidat traite, compte tenu de l'œuvre et du parcours étudiés durant l'année, l'un des trois sujets suivants:
A - Œuvre: Rabelais, Gargantua, chapitres XI à XXIV - Parcours: La bonne éducation.
A — Œuvre: Rabelais, Gargantua, chapitres XI à XXIV — Parcours: La bonne éducation.
Claudie Haigneré, « Demain la science », dans Lettre à tous ceux qui aiment l'école, 2003.
L'accélération des découvertes scientifiques et technologiques frappe les esprits. En l'espace de quelques années, Internet ou la téléphonie mobile se sont par exemple imposés comme des évidences de notre vie quotidienne. Derrière ces bouleversements, autant d'innovations, fruits d'une concurrence forte à l'échelle planétaire, mais aussi de résultats concrets du labeur quotidien de milliers et de milliers de chercheurs. Ces hommes et ces femmes sacrifient souvent tout à leur passion: écrire les quelques lignes d'un théorème ou mettre au point un nouveau modèle de microprocesseur. Comment ne pas être frappé de cet héroïsme au quotidien ? Comment ne pas leur rendre mieux ou plus hommage ? Comment ne pas sensibiliser les enfants à de tels parcours ? Il faut susciter l'envie et le talent pour qu'ils puissent reprendre le flambeau d'une science qui ne s'arrête pas d'avancer.
Certes, la science signifie apprentissage, méthode, rigueur. Il ne faut pas cacher toutes les difficultés aux enfants. On ne devient pas un grand scientifique sans avoir affronté des heures et des heures de travail, mais aussi des heures et des heures de doute. Cependant, que serait l'effort sans la nécessaire créativité qui doit l'accompagner ? Cette dimension de créativité doit être revalorisée auprès des enfants et de leurs parents. Il faut veiller à ne pas dissocier la culture artistique de la culture scientifique et technique, en rendant plus lisible la place de la science et des nouvelles technologies dans la vie quotidienne des enfants: les écrans, les consoles de jeux qu'ils aiment tant manipuler, tout cela, c'est de la science et ce peut être un vecteur ludique d'apprentissage. Tout en conservant les valeurs du travail et de l'effort qui sont fondamentales, nous devons favoriser une part d'émerveillement. La recherche, c'est la concordance entre un rêve, un désir qu'on porte en soi et une opportunité. C'est elle qui fait sortir des sentiers battus, tourner son regard vers un champ d'investigation nouveau, aller au bout d'un projet. Une recherche peut être audacieuse par sa thématique, ou par la méthode d'approche. Il faut saisir une chance, franchir une frontière, transformer le rêve en réalité. Il faut oser la science.
De Galilée à Christophe Colomb, l'audace a été l'apanage des grands découvreurs. À côté des sportifs ou des artistes célèbres, les scientifiques ne sont-ils pas les véritables aventuriers du monde moderne ? [...]
La science est bien cet appel au voyage, qui colle si bien avec les qualités de la jeunesse. Pour cela, il faut inculquer à tous les enfants un désir de science très tôt. Nous devons aussi leur ouvrir des perspectives, afin qu'ils puissent se projeter dans l'avenir avec la conviction qu'ils pourront le modeler. L'audace ne va pas sans ambition et sans désir d'excellence ! L'audace scientifique n'est pas la satisfaction des besoins individuels, mais la réponse à des aspirations collectives profondes. C'est pourquoi le travail scientifique ne doit pas avoir de limites préétablies. Il va de la mise au point d'un site Internet par un lycéen inventif à une découverte reconnue par un grand prix scientifique international. Internet a bien cette vocation à fédérer science et éducation. Internet, c'est en effet un formidable outil d'éducation pour le jeune qui apprend à analyser et à respecter l'opinion d'autrui dans les forums de discussion, et aiguise son discernement en utilisant les moteurs de recherche... [...] L'un des premiers services rendus par les médiathèques numériques est ainsi la recherche sur Internet au profit de tous. Internet, c'est enfin un outil d'accès à la connaissance, un formidable livre illustré qu'il faut apprendre à feuilleter. [...]
Depuis le milieu du XXe siècle, la science peut tout, même détruire plusieurs fois la planète qui l'a vu naître. Ce qui rend la science dangereuse, c'est qu'à un supplément de pouvoir ne corresponde pas un supplément d'âme. C'est bien là le rôle des sciences humaines et sociales. Grâce à l'histoire ou à la philosophie, on peut être initié aux enjeux de la science et plus largement aux fondements de la nature humaine: quels sont les mobiles des actions d'un homme ? Ses finalités ? La science doit surtout favoriser un partage plus large des savoirs et des outils de compréhension afin que chacun puisse mesurer les conséquences de ses actes. La science est donc le ferment d'une nouvelle forme de citoyenneté: non repliée sur des frontières nationales resserrées mais ouverte sur les nouveaux horizons qui se profilent.
(793 mots)
Contraction
Vous résumerez ce texte en 198 mots. Une tolérance de +/- 10 % est admise: votre travail comptera au moins 178 et au plus 218 mots. Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez à la fin de la contraction le nombre de mots qu'elle comporte.
Compare ta contraction avec la proposition de correction pour évaluer ton travail.
Exercice 2.A - Essai
Essai (10 points)
A — Œuvre: Rabelais, Gargantua, chapitres XI à XXIV — Parcours: La bonne éducation.
Claudie Haigneré, « Demain la science », dans Lettre à tous ceux qui aiment l'école, 2003.
L'accélération des découvertes scientifiques et technologiques frappe les esprits. En l'espace de quelques années, Internet ou la téléphonie mobile se sont par exemple imposés comme des évidences de notre vie quotidienne. Derrière ces bouleversements, autant d'innovations, fruits d'une concurrence forte à l'échelle planétaire, mais aussi de résultats concrets du labeur quotidien de milliers et de milliers de chercheurs. Ces hommes et ces femmes sacrifient souvent tout à leur passion: écrire les quelques lignes d'un théorème ou mettre au point un nouveau modèle de microprocesseur. Comment ne pas être frappé de cet héroïsme au quotidien ? Comment ne pas leur rendre mieux ou plus hommage ? Comment ne pas sensibiliser les enfants à de tels parcours ? Il faut susciter l'envie et le talent pour qu'ils puissent reprendre le flambeau d'une science qui ne s'arrête pas d'avancer.
Certes, la science signifie apprentissage, méthode, rigueur. Il ne faut pas cacher toutes les difficultés aux enfants. On ne devient pas un grand scientifique sans avoir affronté des heures et des heures de travail, mais aussi des heures et des heures de doute. Cependant, que serait l'effort sans la nécessaire créativité qui doit l'accompagner ? Cette dimension de créativité doit être revalorisée auprès des enfants et de leurs parents. Il faut veiller à ne pas dissocier la culture artistique de la culture scientifique et technique, en rendant plus lisible la place de la science et des nouvelles technologies dans la vie quotidienne des enfants: les écrans, les consoles de jeux qu'ils aiment tant manipuler, tout cela, c'est de la science et ce peut être un vecteur ludique d'apprentissage. Tout en conservant les valeurs du travail et de l'effort qui sont fondamentales, nous devons favoriser une part d'émerveillement. La recherche, c'est la concordance entre un rêve, un désir qu'on porte en soi et une opportunité. C'est elle qui fait sortir des sentiers battus, tourner son regard vers un champ d'investigation nouveau, aller au bout d'un projet. Une recherche peut être audacieuse par sa thématique, ou par la méthode d'approche. Il faut saisir une chance, franchir une frontière, transformer le rêve en réalité. Il faut oser la science.
De Galilée à Christophe Colomb, l'audace a été l'apanage des grands découvreurs. À côté des sportifs ou des artistes célèbres, les scientifiques ne sont-ils pas les véritables aventuriers du monde moderne ? [...]
La science est bien cet appel au voyage, qui colle si bien avec les qualités de la jeunesse. Pour cela, il faut inculquer à tous les enfants un désir de science très tôt. Nous devons aussi leur ouvrir des perspectives, afin qu'ils puissent se projeter dans l'avenir avec la conviction qu'ils pourront le modeler. L'audace ne va pas sans ambition et sans désir d'excellence ! L'audace scientifique n'est pas la satisfaction des besoins individuels, mais la réponse à des aspirations collectives profondes. C'est pourquoi le travail scientifique ne doit pas avoir de limites préétablies. Il va de la mise au point d'un site Internet par un lycéen inventif à une découverte reconnue par un grand prix scientifique international. Internet a bien cette vocation à fédérer science et éducation. Internet, c'est en effet un formidable outil d'éducation pour le jeune qui apprend à analyser et à respecter l'opinion d'autrui dans les forums de discussion, et aiguise son discernement en utilisant les moteurs de recherche... [...] L'un des premiers services rendus par les médiathèques numériques est ainsi la recherche sur Internet au profit de tous. Internet, c'est enfin un outil d'accès à la connaissance, un formidable livre illustré qu'il faut apprendre à feuilleter. [...]
Depuis le milieu du XXe siècle, la science peut tout, même détruire plusieurs fois la planète qui l'a vu naître. Ce qui rend la science dangereuse, c'est qu'à un supplément de pouvoir ne corresponde pas un supplément d'âme. C'est bien là le rôle des sciences humaines et sociales. Grâce à l'histoire ou à la philosophie, on peut être initié aux enjeux de la science et plus largement aux fondements de la nature humaine: quels sont les mobiles des actions d'un homme ? Ses finalités ? La science doit surtout favoriser un partage plus large des savoirs et des outils de compréhension afin que chacun puisse mesurer les conséquences de ses actes. La science est donc le ferment d'une nouvelle forme de citoyenneté: non repliée sur des frontières nationales resserrées mais ouverte sur les nouveaux horizons qui se profilent.
(793 mots)
Selon vous, l'efficacité d'une bonne éducation repose-t-elle sur l'effort ou sur l'envie ?
Vous développerez de manière organisée votre réponse à cette question, en prenant appui sur les chapitres XI à XXIV de Gargantua de Rabelais, sur le texte de l'exercice de la contraction et sur ceux que vous avez étudiés durant l'année dans le cadre de l'objet d'étude « La littérature d'idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle ». Vous pourrez aussi faire appel à vos lectures et à votre culture personnelle.
Compare ton essai avec la proposition de correction pour évaluer ton argumentation.
Exercice 2.B - Contraction de texte
B - Œuvre: La Bruyère, Les Caractères, livre XI « De l'Homme », – Parcours: Peindre les Hommes, examiner la nature humaine.
Marielle Mayo, « Les non-humains et nous », Les Cahiers de Sciences et vie, n°197, mars-avril 2021.
Les représentations occidentales de l'homme se sont fondées sur l'idée de sa
singularité. Celle-ci est cependant remise en cause par les avancées scientifiques sur la
recherche animale ainsi que le développement de la robotique et de l'intelligence
artificielle. Quelles frontières nous séparent encore des animaux et des robots ?
5 Au XVII e siècle, l'entrée dans la modernité a consacré le triomphe de l'humain, sujet
pensant au sommet de la création. La ligne de démarcation censée nous distinguer du
reste du vivant semble toutefois aujourd'hui bien fragile. Non seulement ce qui différencie
l'homme de l'animal est discuté, mais les robots ou l'intelligence artificielle seraient sur le
point d'empiéter sur certaines de nos prérogatives, voire – dit-on – de nous surpasser. Ce
10 brouillage des frontières avec les « non-humains » interroge. Faut-il repenser, encore,
l'homme ? Longtemps, la vision occidentale a posé sa domination sur la nature, mais
selon l'anthropologue Philippe Descola, les modes de classification des « existants » ne
sont que des paradigmes 1. Si notre [...] culture distingue l'homme par sa conscience, sa
subjectivité ou ses intentions, d'autres prêtent à l'animal, au végétal ou à l'artefact 2 une
15 intériorité du même ordre. Des conceptions qui trouvent un écho dans des travaux
scientifiques récents. Il devient donc plus difficile de légitimer par la rationalité scientifique
le postulat de la singularité humaine.
Prenant acte que nous sommes le fruit de nos relations, des anthropologues et des
philosophes interrogent notre interdépendance avec d'autres êtres, vivants ou non, et se
20 demandent si de nouveaux objets comme les robots pourraient amener à redéfinir
l'humanité.
Réduire les objets à leur fonction utilitaire, c'est oublier qu'ils sont de toutes nos
activités, façonnent nos comportements et peuvent être perçus comme des extensions de
nous-mêmes [...], ou comme des « autres » à qui l'on prête émotions et intentions. Les
25 mécanismes cognitifs 3 en jeu restent débattus, mais des signaux rudimentaires suffisent.
« On peut susciter l'empathie même avec des figures géométriques », s'amuse Emmanuel
Grimaud. « L'anthropologie a mis le doigt sur des rapports subtils et variés noués avec
des minéraux, des plantes ou des objets, considérés comme des quasi-personnes ».
Fondamental pour entrer en contact avec son environnement, ce mécanisme
30 s'applique à l'objet rituel, à la poupée, à l'ordinateur qu'on invective... On fait alors
« comme si », mais pourrait-on être dupé par des artefacts anthropomorphes ? Cette
question traverse de nombreux mythes, du Golem de la tradition juive au monstre de
Frankenstein. Selon l'anthropologue Joffrey Becker, dont les recherches portent sur la
robotique et l'intelligence artificielle, les robots humanoïdes, comme les automates du
35 XVII e siècle, illustrent une conception mécaniste de la vie et nous tendent un miroir
déformant. Objets de fantasmes, ils sont toutefois encore loin d'égaler les alter ego
imaginés par la science-fiction. « La RoboCup, qui visait l'avènement de robots
footballeurs champions du monde en 2050, ne s'aventurent plus à prédire d'échéance »,
s'amuse le chercheur. Tenant plus du droïde de Star Wars que de l'humain, ces robots
40 montrent en effet une comique maladresse. [...]
« Un robot a une présence physique et peut percevoir son contexte, se déplacer ou
être touché, mais reste limité dans ses interactions avec son environnement », pointe
Catherine Pelachaud (Institut des systèmes intelligents et de robotique, Sorbonne
Université, CNRS), qui leur préfère des agents virtuels. Ici, l'intelligence artificielle est
45 déportée sur un ordinateur, une tablette ou un smartphone. La scientifique développe ainsi
un personnage virtuel, autonome et interactif, capable de simuler un comportement et des
expressions socio-émotionnelles. « Le but n'est pas de remplacer l'homme, mais de lui
venir en soutien dans des domaines comme la santé, le tutorat ou le service à la
personne », explique-t-elle. [...]
50 La réflexion sur les frontières et intersections de l'humanité avec d'autres entités,
vivantes ou artificielles, est en train de devenir citoyenne et politique. Elle ouvre sur des
débats sur la personnalité juridique des animaux, mais aussi des robots. De quelles
créatures souhaitons-nous nous entourer, et comment voulons-nous interagir avec elles ?
Bien plus complexes qu'il n'y paraît, ces questions nous invitent à reconsidérer les
55 frontières que nous avons dressées autour de notre précieuse singularité, et à modéliser
sous un angle nouveau les propres de l'homme.
1 Conceptions théoriques ayant cours à un moment donné.
2 Objet créé par l'homme.
3 Processus à l'œuvre dans le cerveau.
(768 mots)
Contraction
Vous résumerez ce texte en 192 mots. Une tolérance de +/- 10 % est admise: votre travail comptera au moins 173 et au plus 211 mots. Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez à la fin de la contraction le nombre de mots qu'elle comporte.
Nombre de mots saisis:
Exercice 2.B - Essai
Sujet 2 (B) — Essai
B - Œuvre: La Bruyère, Les Caractères, livre XI « De l'Homme », – Parcours: Peindre les Hommes, examiner la nature humaine.
Marielle Mayo, « Les non-humains et nous », Les Cahiers de Sciences et vie, n°197, mars-avril 2021.
Les représentations occidentales de l'homme se sont fondées sur l'idée de sa
singularité. Celle-ci est cependant remise en cause par les avancées scientifiques sur la
recherche animale ainsi que le développement de la robotique et de l'intelligence
artificielle. Quelles frontières nous séparent encore des animaux et des robots ?
5 Au XVII e siècle, l'entrée dans la modernité a consacré le triomphe de l'humain, sujet
pensant au sommet de la création. La ligne de démarcation censée nous distinguer du
reste du vivant semble toutefois aujourd'hui bien fragile. Non seulement ce qui différencie
l'homme de l'animal est discuté, mais les robots ou l'intelligence artificielle seraient sur le
point d'empiéter sur certaines de nos prérogatives, voire – dit-on – de nous surpasser. Ce
10 brouillage des frontières avec les « non-humains » interroge. Faut-il repenser, encore,
l'homme ? Longtemps, la vision occidentale a posé sa domination sur la nature, mais
selon l'anthropologue Philippe Descola, les modes de classification des « existants » ne
sont que des paradigmes 1. Si notre [...] culture distingue l'homme par sa conscience, sa
subjectivité ou ses intentions, d'autres prêtent à l'animal, au végétal ou à l'artefact 2 une
15 intériorité du même ordre. Des conceptions qui trouvent un écho dans des travaux
scientifiques récents. Il devient donc plus difficile de légitimer par la rationalité scientifique
le postulat de la singularité humaine.
Prenant acte que nous sommes le fruit de nos relations, des anthropologues et des
philosophes interrogent notre interdépendance avec d'autres êtres, vivants ou non, et se
20 demandent si de nouveaux objets comme les robots pourraient amener à redéfinir
l'humanité.
Réduire les objets à leur fonction utilitaire, c'est oublier qu'ils sont de toutes nos
activités, façonnent nos comportements et peuvent être perçus comme des extensions de
nous-mêmes [...], ou comme des « autres » à qui l'on prête émotions et intentions. Les
25 mécanismes cognitifs 3 en jeu restent débattus, mais des signaux rudimentaires suffisent.
« On peut susciter l'empathie même avec des figures géométriques », s'amuse Emmanuel
Grimaud. « L'anthropologie a mis le doigt sur des rapports subtils et variés noués avec
des minéraux, des plantes ou des objets, considérés comme des quasi-personnes ».
Fondamental pour entrer en contact avec son environnement, ce mécanisme
30 s'applique à l'objet rituel, à la poupée, à l'ordinateur qu'on invective... On fait alors
« comme si », mais pourrait-on être dupé par des artefacts anthropomorphes ? Cette
question traverse de nombreux mythes, du Golem de la tradition juive au monstre de
Frankenstein. Selon l'anthropologue Joffrey Becker, dont les recherches portent sur la
robotique et l'intelligence artificielle, les robots humanoïdes, comme les automates du
35 XVII e siècle, illustrent une conception mécaniste de la vie et nous tendent un miroir
déformant. Objets de fantasmes, ils sont toutefois encore loin d'égaler les alter ego
imaginés par la science-fiction. « La RoboCup, qui visait l'avènement de robots
footballeurs champions du monde en 2050, ne s'aventurent plus à prédire d'échéance »,
s'amuse le chercheur. Tenant plus du droïde de Star Wars que de l'humain, ces robots
40 montrent en effet une comique maladresse. [...]
« Un robot a une présence physique et peut percevoir son contexte, se déplacer ou
être touché, mais reste limité dans ses interactions avec son environnement », pointe
Catherine Pelachaud (Institut des systèmes intelligents et de robotique, Sorbonne
Université, CNRS), qui leur préfère des agents virtuels. Ici, l'intelligence artificielle est
45 déportée sur un ordinateur, une tablette ou un smartphone. La scientifique développe ainsi
un personnage virtuel, autonome et interactif, capable de simuler un comportement et des
expressions socio-émotionnelles. « Le but n'est pas de remplacer l'homme, mais de lui
venir en soutien dans des domaines comme la santé, le tutorat ou le service à la
personne », explique-t-elle. [...]
50 La réflexion sur les frontières et intersections de l'humanité avec d'autres entités,
vivantes ou artificielles, est en train de devenir citoyenne et politique. Elle ouvre sur des
débats sur la personnalité juridique des animaux, mais aussi des robots. De quelles
créatures souhaitons-nous nous entourer, et comment voulons-nous interagir avec elles ?
Bien plus complexes qu'il n'y paraît, ces questions nous invitent à reconsidérer les
55 frontières que nous avons dressées autour de notre précieuse singularité, et à modéliser
sous un angle nouveau les propres de l'homme.
1 Conceptions théoriques ayant cours à un moment donné.
2 Objet créé par l'homme.
3 Processus à l'œuvre dans le cerveau.
(768 mots)
Pensez-vous que les nouvelles technologies puissent transformer la nature humaine ?
Vous développerez de manière organisée votre réponse à cette question, en prenant appui sur le Livre XI des Caractères de La Bruyère, sur le texte de l'exercice de la contraction et sur ceux que vous avez étudiés durant l'année dans le cadre de l'objet d'étude « La littérature d'idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle ». Vous pourrez aussi faire appel à vos lectures et à votre culture personnelle.
Comparez votre essai au plan et aux arguments proposés dans la solution.
Exercice 2.C - Contraction de texte
C - Œuvre
Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (du « préambule » au « postambule ») – Parcours: Écrire et combattre pour l'égalité.
Isabelle Smadja, « Filles et jeunes filles des romans contemporains pour la jeunesse », dans Homme-Femme: de quel sexe êtes-vous (ouvrage collectif), 2009.
Cendrillon, Blanche-Neige, La Belle au bois dormant… les contes pour enfants
regorgent d'héroïnes belles, gentilles et courageuses, offrant apparemment une image
positive de la féminité. Cependant, en conclure que les contes de fées traditionnels
véhiculent des valeurs féministes serait oublier qu'ils réservent aux filles des histoires
5 d'enfermement et de ménage à faire, tandis que les garçons partent à l'aventure pour
explorer le monde. Cendrillon, par exemple, ne doit son salut à son inventivité ou à sa
révolte contre ses conditions de vie, mais: bonne couturière et bonne ménagère, elle
sait chanter, y compris dans l'adversité. À aucun moment, elle ne prend son avenir en main, ni
pour aller chercher son prince, ni a fortiori pour penser à un autre destin que le mariage.
10 Les images de la féminité à l'âge des contes nous présentent ainsi soit des jeunes filles
résignées qui n'ont droit à une existence littéraire que si elles sont accompagnées de
toutes les qualités qu'un homme peut attendre, soit des sorcières et d'horribles marâtres.
À la fin d'une étude sur La petite fille dans la forêt des contes 1, Pierre Péju se demandait
« qu'est-ce qu'une petite fille ? », avant de livrer cette réponse assez brutale: « une petite
15 fille, c'est ce qui, traditionnellement, n'est pas désiré qu'en second. En principe, le désir
d'enfant est désir de garçon. Dans beaucoup de cas, la naissance de la fille est perçue
comme un ratage. L'enfant en gloire, « l'enfant-roi », c'est toujours un garçon. »
Or qu'en est-il aujourd'hui ? La fille demeure-t-elle, dans les romans contemporains
pour la jeunesse, une « catastrophe », lorsqu'elle est la première ? Force est de constater
20 que, même si on peut noter une évolution favorable, nous sommes loin encore d'une
stricte égalité entre filles et garçons. Ainsi, l'association européenne Du côté des filles,
qui œuvre depuis plusieurs années contre le sexisme dans les albums pour jeunes enfants,
conclu d'une étude qui portait sur plus de cinq cents livres que « le monde des albums est
sexuellement ségrégué et majoritairement masculin. C'est rarement un monde mixte et
25 paritaire où les filles et les garçons, les hommes et les femmes cohabitent et échangent. »
Et d'ajouter la réflexion suivante: « D'accord: la famille des albums existe. Papa, débordé
par son travail, se repose en rentrant […] Maman prépare le dîner et s'occupe du ménage
(les albums ne disent pas si elle a fait, elle aussi, sa journée de travail à l'extérieur). Ce
schéma, voulons-nous le questionner ou l'entériner ? Voulons-nous montrer aux enfants
30 cette famille-là comme la seule famille autorisée, cette vie quotidienne comme la seule
possible ? […] Pouvons-nous espérer des structures familiales plus égalitaires et plus
variées, si nous ne le proposons pas tout de suite aux enfants qui vont vivre ? »
De fait, plus encore que les romans pour adultes, la littérature juvénile apporte une
pierre décisive à la construction des cultures. L'enfance est l'âge des préjugés, disait
35 Descartes, à savoir un âge où nous assimilons des connaissances sans être encore en
état de les juger. Plus tard, devenus grands, nous avons un rapport si affectif et
nostalgique à notre enfance que nos lectures d'alors, idéalisées, acquièrent plus de force
que les romans que nous lirons ensuite. La littérature de jeunesse constitue donc nos
racines culturelles, racines telles que nous résistons longtemps avant de les critiquer.
40 Aussi, puisque cette littérature contribue à la construction d'une identité féminine, quelle
image et quel modèle à suivre pour les filles, délivre-t-elle ? Et comment les auteurs
contemporains construisent-ils leurs personnages féminins ? Les progrès occidentaux en
matière de féminisme, si souvent notés – moins souvent appliqués – se font-ils sentir dans
les romans pour la jeunesse ?
45 Si on s'en tient à la paralittérature 2, la déception guette: souvent construite à la
demande des éditeurs pour s'intégrer à un cadre rigide de romans pour filles ou, à
l'inverse, pour garçons, elle se réduit souvent à des stéréotypes, les filles ayant comme
ambition essentielle d'être amoureuses. Le dynamisme, la débrouillardise et l'ouverture
sur le monde demeurent typiquement masculins, tandis que la lecture, l'écriture et
50 l'introspection narcissique restent spécifiquement féminines. Parallèlement, se trouvent
des ouvrages qui veulent échapper sans trop de réflexion au reproche sexiste: ils créent
alors de manière artificielle des portraits de filles calqués sur le modèle des garçons et
sans identité propre.
(747 mots)
1 La petite fille dans la forêt des contes: ouvrage publié en 1981.
2 Paralittérature: il s'agit de la littérature de jeunesse.
Contraction
Vous résumerez ce texte en 187 mots. Une tolérance de +/- 10 % est admise: votre travail comptera au moins 168 et au plus 206 mots. Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez à la fin de la contraction le nombre de mots qu'elle comporte.
Rédigez votre contraction ci-dessous. Placez un repère (par exemple [50], [100], [150]) tous les 50 mots, et indiquez le nombre total de mots à la fin.
Nombre de mots (estimation):
Exercice 2.C - Essai
C - Œuvre
Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (du « préambule » au « postambule ») – Parcours: Écrire et combattre pour l'égalité.
Isabelle Smadja, « Filles et jeunes filles des romans contemporains pour la jeunesse », dans Homme-Femme: de quel sexe êtes-vous (ouvrage collectif), 2009.
Cendrillon, Blanche-Neige, La Belle au bois dormant… les contes pour enfants
regorgent d'héroïnes belles, gentilles et courageuses, offrant apparemment une image
positive de la féminité. Cependant, en conclure que les contes de fées traditionnels
véhiculent des valeurs féministes serait oublier qu'ils réservent aux filles des histoires
5 d'enfermement et de ménage à faire, tandis que les garçons partent à l'aventure pour
explorer le monde. Cendrillon, par exemple, ne doit son salut à son inventivité ou à sa
révolte contre ses conditions de vie, mais: bonne couturière et bonne ménagère, elle
sait chanter, y compris dans l'adversité. À aucun moment, elle ne prend son avenir en main, ni
pour aller chercher son prince, ni a fortiori pour penser à un autre destin que le mariage.
10 Les images de la féminité à l'âge des contes nous présentent ainsi soit des jeunes filles
résignées qui n'ont droit à une existence littéraire que si elles sont accompagnées de
toutes les qualités qu'un homme peut attendre, soit des sorcières et d'horribles marâtres.
À la fin d'une étude sur La petite fille dans la forêt des contes 1, Pierre Péju se demandait
« qu'est-ce qu'une petite fille ? », avant de livrer cette réponse assez brutale: « une petite
15 fille, c'est ce qui, traditionnellement, n'est pas désiré qu'en second. En principe, le désir
d'enfant est désir de garçon. Dans beaucoup de cas, la naissance de la fille est perçue
comme un ratage. L'enfant en gloire, « l'enfant-roi », c'est toujours un garçon. »
Or qu'en est-il aujourd'hui ? La fille demeure-t-elle, dans les romans contemporains
pour la jeunesse, une « catastrophe », lorsqu'elle est la première ? Force est de constater
20 que, même si on peut noter une évolution favorable, nous sommes loin encore d'une
stricte égalité entre filles et garçons. Ainsi, l'association européenne Du côté des filles,
qui œuvre depuis plusieurs années contre le sexisme dans les albums pour jeunes enfants,
conclu d'une étude qui portait sur plus de cinq cents livres que « le monde des albums est
sexuellement ségrégué et majoritairement masculin. C'est rarement un monde mixte et
25 paritaire où les filles et les garçons, les hommes et les femmes cohabitent et échangent. »
Et d'ajouter la réflexion suivante: « D'accord: la famille des albums existe. Papa, débordé
par son travail, se repose en rentrant […] Maman prépare le dîner et s'occupe du ménage
(les albums ne disent pas si elle a fait, elle aussi, sa journée de travail à l'extérieur). Ce
schéma, voulons-nous le questionner ou l'entériner ? Voulons-nous montrer aux enfants
30 cette famille-là comme la seule famille autorisée, cette vie quotidienne comme la seule
possible ? […] Pouvons-nous espérer des structures familiales plus égalitaires et plus
variées, si nous ne le proposons pas tout de suite aux enfants qui vont vivre ? »
De fait, plus encore que les romans pour adultes, la littérature juvénile apporte une
pierre décisive à la construction des cultures. L'enfance est l'âge des préjugés, disait
35 Descartes, à savoir un âge où nous assimilons des connaissances sans être encore en
état de les juger. Plus tard, devenus grands, nous avons un rapport si affectif et
nostalgique à notre enfance que nos lectures d'alors, idéalisées, acquièrent plus de force
que les romans que nous lirons ensuite. La littérature de jeunesse constitue donc nos
racines culturelles, racines telles que nous résistons longtemps avant de les critiquer.
40 Aussi, puisque cette littérature contribue à la construction d'une identité féminine, quelle
image et quel modèle à suivre pour les filles, délivre-t-elle ? Et comment les auteurs
contemporains construisent-ils leurs personnages féminins ? Les progrès occidentaux en
matière de féminisme, si souvent notés – moins souvent appliqués – se font-ils sentir dans
les romans pour la jeunesse ?
45 Si on s'en tient à la paralittérature 2, la déception guette: souvent construite à la
demande des éditeurs pour s'intégrer à un cadre rigide de romans pour filles ou, à
l'inverse, pour garçons, elle se réduit souvent à des stéréotypes, les filles ayant comme
ambition essentielle d'être amoureuses. Le dynamisme, la débrouillardise et l'ouverture
sur le monde demeurent typiquement masculins, tandis que la lecture, l'écriture et
50 l'introspection narcissique restent spécifiquement féminines. Parallèlement, se trouvent
des ouvrages qui veulent échapper sans trop de réflexion au reproche sexiste: ils créent
alors de manière artificielle des portraits de filles calqués sur le modèle des garçons et
sans identité propre.
(747 mots)
1 La petite fille dans la forêt des contes: ouvrage publié en 1981.
2 Paralittérature: il s'agit de la littérature de jeunesse.
Essai
Suffit-il de lutter contre les stéréotypes et les préjugés pour lutter contre les inégalités ?
Vous développerez de manière organisée votre réponse à cette question, en prenant appui sur La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne d'Olympe de Gouges, sur le texte de l'exercice de la contraction et sur ceux que vous avez étudiés durant l'année dans le cadre de l'objet d'étude « La littérature d'idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle ». Vous pourrez aussi faire appel à vos lectures et à votre culture personnelle.
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Entraîne-toi sur un thème avec les exercices des sujets de toutes les années.
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