Dissertation s'appuyant sur un dossier documentai… · Bac Sciences Économiques et Sociales Polynésie 2026 (jour 2)
Thème : Commerce international et internationalisation de la production · Tiré du sujet Jour 2 (2026)
Énoncé
Il est demandé au candidat:
- de répondre à la question posée par le sujet;
- de construire une argumentation à partir d'une problématique qu'il devra élaborer;
- de mobiliser des connaissances et des informations pertinentes pour traiter le sujet, notamment celles figurant dans le dossier;
- de rédiger, en utilisant le vocabulaire économique et social spécifique approprié à la question et en organisant le développement sous la forme d'un plan cohérent qui ménage l'équilibre des parties.
Il sera tenu compte, dans la notation, de la clarté de l'expression et du soin apporté à la présentation.
SUJET
Ce sujet comporte quatre documents.
Les dotations factorielles et technologiques suffisent-elles à expliquer le commerce international ?
DOCUMENT 1
Lecture: En 2023, 64 % du commerce dans le secteur manufacturier entre la France et l'Amérique du Nord relève d'un commerce intra-branche.
Source: D'après CEPII, 2025.
1: Le commerce intra-branche correspond aux importations et aux exportations entre pays de produits similaires, c'est-à-dire d'une même branche, l'automobile par exemple.
DOCUMENT 2 - Structure des exportations et des importations de la France par gamme pour quelques filières (2021-2023, en % du total des exportations et des importations par filière)
Source: D'après CEPII, 2025.
DOCUMENT 3 - Les cinq premiers avantages comparatifs de la France et du Brésil en 2023
· France · Brésil
1er · Aéronautique et espace · Produits agricoles comestibles autres que les céréales
2ème · Produits de toilette · Pétrole brut
3ème · Voyages (services) · Minerais de fer
4ème · Boissons · Viande et poissons
5ème · Autres services aux entreprises · Sucre
Source: D'après CEPII, 2025.
DOCUMENT 4
En 2022, la production du secteur forestier a contribué au produit intérieur brut (PIB) réel du Canada à hauteur de 33,4 milliards de dollars (1,2 %). [...] En 2022, les exportations de produits forestiers canadiens étaient évaluées à 45,6 milliards de dollars, la plupart étant destinées aux États-Unis. Bien que les exportations de bois d'œuvre résineux aient diminué de 17 %, d'autres secteurs, par exemple le papier journal et le papier d'impression, ont connu des augmentations appréciables, soit de 35 % et de 33 %, respectivement. De telles augmentations ont contribué au rôle prépondérant du Canada sur le plan du commerce mondial de produits forestiers. Alors que d'autres pays produisent plus d'un produit ou d'un autre, aucun ne tire un plus grand avantage net du commerce des produits forestiers que le Canada. D'ailleurs, l'écart entre le Canada et le deuxième pays commerçant (la Suède) s'est élargi constamment depuis 2009. [...]
Source: « L'industrie forestière canadienne en chiffres », Site officiel du Gouvernement du Canada, 2025.
Rédigez votre dissertation en répondant à la question posée, en vous appuyant sur le dossier documentaire et sur vos connaissances.

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
Les dotations factorielles et technologiques suffisent-elles à expliquer le commerce international ?
Réponse : Introduction Accroche : en 2023, 64 % du commerce manufacturier entre la France et l'Amérique du Nord est un commerce intra-branche (doc. 1). Les pays échangent donc massivement des produits similaires. Définitions : le commerce international désigne les échanges de biens et services entre résidents de pays différents. Les dotations factorielles sont les quantités disponibles de facteurs de production (travail, capital, ressources naturelles). Les dotations technologiques renvoient au niveau de productivité et d'innovation d'un pays. Problématique : les différences de dotations, qui expliquent la spécialisation et le commerce inter-branche, permettent-elles aussi de comprendre les échanges croisés de produits similaires entre pays comparables ? Annonce du plan : I. Les dotations expliquent une large part des échanges. II. Elles ne suffisent pas : il faut mobiliser la différenciation des produits, les économies d'échelle et les stratégies des firmes. I. Les dotations factorielles et technologiques expliquent une part importante du commerce international A. *Les dotations technologiques* - Ricardo (1817) fonde l'avantage comparatif sur des différences de productivité du travail, c'est-à-dire de technologie. - Chaque pays a intérêt à se spécialiser là où son avantage relatif est le plus fort (ou son désavantage le plus faible), et l'échange profite à tous. - Les théories de l'écart technologique (Posner) et du cycle de vie du produit (Vernon) prolongent cette idée : un pays innovant exporte les produits nouveaux tant qu'il conserve son avance. - Document 3 : les premiers avantages comparatifs de la France sont l'aéronautique et l'espace, des biens à forte intensité technologique et en capital humain. B. *Les dotations factorielles (modèle HOS)* - Selon Heckscher, Ohlin et Samuelson, un pays exporte les biens qui utilisent intensivement le facteur dont il est relativement abondamment doté. - Document 3 : le Brésil, riche en terres et en ressources naturelles, a pour avantages comparatifs des produits agricoles comestibles, le pétrole brut, les minerais de fer, la viande et le sucre. - Document 4 : le Canada tire de ses ressources forestières le plus grand avantage net mondial du commerce de produits forestiers. Ses exportations atteignent 45,6 Md$ en 2022, et son écart avec la Suède s'élargit depuis 2009. - La technologie s'ajoute à cette dotation : la transformation du bois fait progresser les exportations de papier journal (+35 %) et de papier d'impression (+33 %). - Ces échanges sont surtout inter-branche et fondés sur la complémentarité des pays. II. Mais ces dotations ne suffisent pas à expliquer l'ensemble du commerce international A. *Le poids du commerce intra-branche entre pays aux dotations proches* - Document 1 : entre 1967 et la fin des années 1990, la part du commerce intra-branche de la France augmente fortement. - avec le Monde : d'environ 41 % à environ 58 % ; - avec l'Europe : d'environ 52 % à environ 65 % ; - avec l'Amérique du Nord : d'environ 32 % à près de 70 % vers 2010. - Cette part reste majoritaire en 2023, bien qu'en léger recul depuis 2000 : environ 52 % avec le Monde, 59 % avec l'Europe et 64 % avec l'Amérique du Nord. - Ces échanges ont lieu entre pays développés aux dotations similaires, ce que Ricardo et HOS n'expliquent pas. - Krugman et Lancaster les expliquent par la demande de variété des consommateurs, la différenciation horizontale des produits et les économies d'échelle permises par un grand marché. B. *La différenciation verticale et la compétitivité hors-prix* - Document 2 : dans une même filière, la France exporte et importe des produits de gammes différentes. - Ses exportations sont plus orientées vers le haut de gamme que ses importations : - textile : 76 % contre 43 % ; - électrique : 42 % contre 26 % ; - mécanique : 42 % contre 32 % ; - chimique : 37 % contre 33 %. - Exception : dans les véhicules, la France importe davantage de haut de gamme (37 % contre 25 %) et exporte plus de bas et moyen de gamme. - Ce commerce s'explique par la qualité, l'image de marque et l'innovation, c'est-à-dire la compétitivité hors-prix, plus que par des dotations brutes. C. *Les stratégies des firmes et les politiques publiques* - Les firmes multinationales fragmentent leur chaîne de valeur à l'échelle mondiale (commerce intra-firme, chaînes de valeur mondiales), ce qui façonne une large part des échanges. - Les avantages comparatifs peuvent être construits par les politiques industrielles et d'innovation, et les politiques commerciales (protectionnisme, accords régionaux) orientent les flux. - La proximité géographique et culturelle compte aussi : le modèle de gravité montre que l'on commerce davantage avec des partenaires proches. Conclusion - Les dotations factorielles et technologiques expliquent bien le commerce inter-branche et la spécialisation de pays aux ressources différentes (France/Brésil, Canada). - Elles ne suffisent pas à rendre compte du commerce intra-branche, majoritaire entre pays développés. Celui-ci repose sur la différenciation des produits, les économies d'échelle, la compétitivité hors-prix et les stratégies des firmes. - Ouverture : la reconfiguration des chaînes de valeur (relocalisations, tensions géopolitiques) pourrait modifier encore ces déterminants.
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