Sujet 3 · Bac Philosophie Polynésie session normale 2026

Thème : L'art · Tiré du sujet Session normale (2026)

Énoncé

Sujet 3

Expliquer le texte suivant:

L'art contient les exemples les plus intelligibles de la tendance presque irrésistible qu'ont les êtres humains à chercher la consolation dans le fantasme, et en même temps de leur effort pour y résister, et de la vision du réel qui en résulte quand cet effort vient à réussir. Réussite en fait plutôt rare. L'art est, dans la plupart des cas, une forme de consolation fantasmatique; seuls quelques artistes parviennent à la vision du réel. L'artiste peut aisément et assez naturellement consacrer son talent à produire une image qui vise à la consolation et à l'élévation de son auteur, ainsi qu'à la projection de ses obsessions et désirs personnels. Faire taire et gommer le moi pour contempler et rendre la nature, sont chose difficile et exigent une discipline morale. L'artiste authentique est, eu égard à son œuvre, homme de bien et, au sens plein du terme, homme libre. Le destinataire de l'œuvre d'art est, de son côté, confronté à une tâche analogue à celle du producteur: être assez discipliné pour capter dans l'œuvre autant de réalité que l'artiste a réussi à en mettre, plutôt qu'en faire un usage « magique ».

Iris MURDOCH, La souveraineté du bien, 1970

Énoncé: Sujet 3 · Bac Philosophie Polynésie session normale 2026

Corrigé

Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)

Expliquer le texte suivant : Iris Murdoch, La souveraineté du bien (1970)

Réponse : Proposition d'explication méthodique et linéaire du texte : Introduction - Thème : La nature de l'art véritable et son rapport à la réalité et à la moralité. - Thèse de l'autrice : Loin d'être une simple échappatoire illusoire ou narcissique, le grand art est le fruit d'une ascèse morale exigeante. L'artiste y parvient à faire taire son ego pour accéder à la contemplation lucide du réel, et le spectateur doit fournir un effort analogue d'attention et de vérité. - Problème : L'art n'est-il qu'une projection consolatrice de nos désirs subjectifs, ou peut-il être l'instrument d'une révélation authentique et exigeante de la réalité ? - Structure du texte : 1. L'art comme lieu de tension entre fantasme consolateur et accès rare au réel (début jusqu'à « vision du réel »). 2. La tentation narcissique de l'artiste face à l'exigence morale de l'effacement du moi (« L'artiste peut aisément… » jusqu'à « discipline morale »). 3. La liberté morale de l'artiste authentique et la tâche analogue du spectateur (« L'artiste authentique… » jusqu'à la fin). I. Le paradoxe de l'art, entre illusion rassurante et vérité rare - Murdoch part d'un constat anthropologique. L'être humain tend « presque irrésistiblement » à fuir la dureté du réel dans le « fantasme », rêverie consolatrice centrée sur soi. - L'art est le lieu où cette tendance se voit le plus clairement (« les exemples les plus intelligibles »). - L'art est aussi le lieu où l'on peut y résister : de cet « effort » naît la « vision du réel ». - Cette réussite est « plutôt rare ». La plupart des œuvres restent une « consolation fantasmatique » : art de complaisance et de divertissement. II. L'effacement du moi, condition d'un art authentique - La pente naturelle de l'artiste : produire une image qui console et élève son auteur, et qui projette ses obsessions et désirs. Le moi y déforme le réel à son profit. - La rupture éthique : « faire taire et gommer le moi pour contempler et rendre la nature ». C'est une attention désintéressée tournée vers ce qui n'est pas soi. - Cette exigence est une « discipline morale ». L'esthétique rejoint l'éthique : bien voir le réel, c'est déjà renoncer à l'égocentrisme, ce qui est la tâche même de la vie morale. III. L'artiste libre et la responsabilité du spectateur - L'artiste authentique est, « eu égard à son œuvre », « homme de bien » et « homme libre ». - La liberté n'est pas ici le caprice de la volonté. Dans une inspiration platonicienne, elle est l'affranchissement des illusions du moi, qui ouvre au vrai et au bien. - Le destinataire a « une tâche analogue » : être assez discipliné pour recevoir de l'œuvre « autant de réalité » que l'artiste y a mis. - Il ne doit pas en faire un usage « magique ». Cela signifie ne pas l'utiliser comme un charme qui flatte ses fantasmes ou permet une évasion passive. - L'expérience esthétique est donc une école de l'attention et de l'humilité. Contempler une grande œuvre apprend à sortir de soi et à voir le monde et autrui tels qu'ils sont. Conclusion - Murdoch renverse l'idée de l'art comme simple expression de soi ou divertissement. Le grand art est rare parce qu'il exige, chez l'artiste comme chez le spectateur, une victoire morale sur le moi. - Elle reprend la critique platonicienne de l'illusion. Mais elle réhabilite l'art authentique comme voie d'accès au réel et au bien. - On peut discuter cette conception. Elle semble dévaloriser la fonction consolatrice ou expressive de l'art, et elle suppose une « nature » ou un réel que l'œuvre pourrait rendre fidèlement.

L’explication pas à pas, faite avec l’IA, est réservée aux membres Premium. Premium

Résous-le ici : correction automatique, indices et corrigé détaillé.

Sujet 1 · Polynésie session normale 2025 ›

Plus d’exercices de L'art