Sujet de dissertation 2 · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Polynésie 2025 (jour 1)

Thème : La Chine : à la conquête de l'espace, des mers et des océans · Tiré du sujet Jour 1 (2025)

Énoncé

Sujet de dissertation 2

La conquête de nouveaux espaces: un moyen d'affirmation pour la Chine depuis les années 1950.

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La conquête de nouveaux espaces : un moyen d'affirmation pour la Chine depuis les années 1950.

Réponse : Proposition de plan détaillé : Introduction - Accroche : L'alunissage de la sonde Chang'e 4 sur la face cachée de la Lune en 2019 et la militarisation d'îlots artificiels en mer de Chine méridionale témoignent de l'ambition chinoise de se hisser au premier rang mondial. - Définitions : Les « nouveaux espaces » sont les espaces de conquête au-delà du territoire terrestre : l'espace extra-atmosphérique, les mers et océans (haute mer, grands fonds) et, plus largement, les espaces polaires. L'affirmation désigne la projection de puissance, la reconnaissance internationale et la consolidation de la souveraineté. - Cadre chronologique : Des années 1950 (programmes stratégiques de Mao dans le contexte de la guerre froide) jusqu'à nos jours (le « rêve chinois » de Xi Jinping et l'horizon 2049, centenaire de la RPC). - Problématique : En quoi la conquête des espaces maritimes et spatiaux permet-elle à la Chine d'affirmer sa souveraineté, de consolider son statut de grande puissance et de contester le leadership américain ? - Annonce du plan : I. Des débuts défensifs au service de l'indépendance nationale (années 1950-1980) ; II. L'essor technologique au service de l'émergence (années 1990-2010) ; III. Une puissance globale qui conteste l'hégémonie américaine (depuis les années 2010). I. Les fondements d'une stratégie de souveraineté et de défense (années 1950-1980) - A. Les débuts du programme spatial sous Mao : programme « Deux bombes, un satellite » ; lancement du satellite Dong Fang Hong 1 en 1970 ; affirmation de l'indépendance face aux deux Grands, surtout après la rupture sino-soviétique. - B. Une puissance maritime littorale et défensive : marine côtière tournée vers la défense du territoire et la question de Taïwan ; faible projection en haute mer ; affrontement des Paracels en 1974. - C. Une affirmation idéologique et une quête d'autonomie : prestige du régime communiste, autosuffisance technologique, discours tiers-mondiste ; puis ouverture sous Deng Xiaoping à partir de 1978 (modernisation de la défense, stratégie de la « défense active des mers proches » de l'amiral Liu Huaqing). II. L'accélération technologique et la diversification des espaces conquis (années 1990-2010) - A. Le passage à une marine de haute mer (« marine bleue ») : modernisation de la flotte de l'APL ; achat du Varyag, mis en service comme Liaoning en 2012 ; sécurisation des routes maritimes commerciales (détroit de Malacca) ; participation à la lutte anti-piraterie dans le golfe d'Aden à partir de 2008. - B. Les vols habités et l'exploration lunaire : programme Shenzhou (Yang Liwei, premier taïkonaute, en 2003) ; lanceurs Longue Marche ; programme lunaire Chang'e (Chang'e 1 en 2007) ; test antisatellite en 2007. - C. Souveraineté technologique et retombées économiques : système BeiDou (alternative au GPS) ; exploitation des ressources marines (pêche hauturière, hydrocarbures offshore) ; essor de la marine marchande et des grands ports (Shanghai, Shenzhen). III. Une superpuissance assumée et la rivalité géopolitique avec les États-Unis (depuis les années 2010) - A. L'affirmation en mers de Chine : revendications de la « ligne en neuf traits » ; poldérisation et militarisation des Spratleys ; rejet de la sentence arbitrale de La Haye (2016) ; tensions avec le Japon (Senkaku/Diaoyu), le Vietnam, les Philippines et autour de Taïwan. - B. Une projection maritime mondiale : nouvelles routes de la soie maritimes (2013) et « collier de perles » (Gwadar, Hambantota, Le Pirée) ; base militaire de Djibouti (2017) ; porte-avions Shandong (2019) et Fujian ; intérêt pour l'Arctique (« route de la soie polaire »). - C. La compétition spatiale avec les États-Unis : Chang'e 4 (2019) et Chang'e 5 (2020, retour d'échantillons) ; rover martien Zhurong (2021) ; station spatiale Tiangong, exploitée sans les États-Unis ; projet de base lunaire ILRS avec la Russie, concurrent du programme Artemis ; militarisation de l'espace. - D. Limites et contestations : endiguement américain (stratégie indo-pacifique, QUAD, AUKUS) ; méfiance des voisins ; retard persistant sur certains segments face aux États-Unis ; critiques sur le respect du droit international. Conclusion - Bilan : D'abord outil défensif d'indépendance nationale sous Mao, la conquête des espaces maritimes et spatiaux est devenue un levier central de la puissance chinoise : prestige, sécurité économique, rayonnement et contestation de l'ordre dominé par les États-Unis. - Ouverture : Cette rivalité sino-américaine pour les nouveaux espaces (océans, espace, mais aussi cyberespace) annonce-t-elle une nouvelle forme de guerre froide ?

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