Exercice Étude critique de documents · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Polynésie 2025 (jour 1)

Thème : Formes de conflits et tentatives de paix dans le monde actuel : typologie et acteurs · Tiré du sujet Jour 1 (2025)

Énoncé

Étude critique de documents – Le cyberespace, acteurs et enjeux

Consigne: en analysant les documents et en vous appuyant sur vos connaissances, montrez que le cyberespace devient un théâtre d'affrontements et de coopérations entre des acteurs variés.

DOCUMENT 1

« Une première remarque, à la fois très simple mais absolument essentielle, est la suivante: la menace d'origine cyber est élevée et croissante. Cette affirmation peut paraître anodine, mais elle ne l'est pas. Elle justifie à elle seule l'attention qui doit être portée au sujet par les pouvoirs publics, les organisations de tous les secteurs et les citoyens. Cette tendance générale est appuyée par différents constats plus spécifiques.

S'agissant de l'environnement tout d'abord, une tendance structurante sous-jacente est celle de la numérisation croissante de la société et de l'économie, et de leur dépendance croissante aux systèmes numériques. Les systèmes d'information et les processus qu'ils mettent en œuvre et qu'ils supportent sont de plus en plus complexes. Il est difficile de prévoir l'évolution des tendances, technologies et usages numériques, et par extension de comprendre et d'anticiper la menace d'origine cyber.

Le cyberespace est par ailleurs largement reconnu comme un nouvel espace d'affrontement militaire – cela a notamment fait l'objet d'une conclusion du sommet de l'OTAN de 2016. Il permet également l'effritement de la frontière entre des enjeux de défense nationale et des enjeux de criminalité.

Les acteurs malveillants sont de plus en plus nombreux et variés. Ils peuvent mener des attaques à moindre frais. Ils sont également capables d'opérations particulièrement sophistiquées. Ils peuvent s'appuyer sur une véritable logique de marché: soit pour accéder à des compétences et des outils, soit pour monétiser des services d'attaque. En tout état de cause, le conflit cyber présente une nette asymétrie en faveur des attaquants.

Les compétences en matière d'opérations dans le champ cyber prolifèrent. La diffusion de celles qui permettent des actions offensives est particulièrement inquiétante, a fortiori lorsqu'elles se situent à la rencontre d'acteurs animés d'intentions malveillantes et d'autres disposant de compétences techniques qu'ils sont prêts à monétiser.

La prolifération des outils d'attaque est également source d'inquiétudes. De plus en plus simples d'utilisation, ils sont disponibles de façon croissante en sources ouvertes, ou vendus à des prix abordables. »

Source: SALAMON (Y.), Cybersécurité, cyberdéfense. Enjeux stratégiques, Paris, Ellipses, 2020, pp. 143-144.

DOCUMENT 2

Énoncé: Exercice Étude critique de documents · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Polynésie 2025 (jour 1)

Corrigé

Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)

Consigne : en analysant les documents et en vous appuyant sur vos connaissances, montrez que le cyberespace devient un théâtre d'affrontements et de coopérations entre des acteurs variés.

Réponse : ### Proposition de corrigé structuré #### Introduction - Accroche & Définition : Le cyberespace, espace immatériel et mondial d'échanges d'informations interconnectées par des réseaux numériques, est devenu un domaine stratégique d'une importance capitale au XXIe siècle. - Problématique : Dans quelle mesure le cyberespace constitue-t-il à la fois un champ d'affrontements asymétriques impliquant une pluralité d'acteurs et un terrain de coopérations internationales nécessaires mais complexes à mettre en œuvre ? - Présentation des documents : Le document 1 est un extrait de l'ouvrage de Yannick Salamon (*Cybersécurité, cyberdéfense*, 2020) qui met en lumière la prolifération des menaces et l'asymétrie du cyberconflit. Le document 2 est une carte géopolitique issue de *Carto* (2021) montrant la répartition géographique des cyberattaques, des groupes de cyberpirates et le degré d'adhésion à la Convention de Budapest sur la cybercriminalité. --- #### I. Le cyberespace : un nouveau théâtre d'affrontements multiformes 1. Une multiplication et une diversification des acteurs belligérants - *Acteurs non étatiques et logique de marché :* Le texte (doc. 1) souligne la prolifération d'« acteurs malveillants » variés (hackers isolés, cybercriminels, mafias) qui monétisent des outils offensifs en libre accès ou à bas coût (*ransomwares*, kits de piratage). - *Acteurs étatiques et groupes affiliés :* La carte (doc. 2) identifie des groupes de cyberpirates en lien ou non avec des États (Russie, Chine, Iran, Corée du Nord, États-Unis, etc.). Le cyberespace sert d'outil pour des stratégies de guerre hybride, d'espionnage économique ou d'ingérence politique. 2. Une conflictualité asymétrique et difficilement maîtrisable - *L'avantage à l'attaquant :* L'attaque est peu coûteuse tandis que la défense nécessite des investissements considérables (doc. 1). L'anonymat relatif et le problème de l'attribution rendent les ripostes diplomatiques ou militaires complexes. - *Militarisation du cyberespace :* Reconnaissance du cyberespace comme cinquième théâtre d'opérations militaires par l'OTAN lors du sommet de Varsovie en 2016 (doc. 1). - *Coût économique colossal :* Les pays occidentaux les plus numérisés subissent un préjudice majeur (doc. 2 : 27,4 millions de dollars annuels aux États-Unis, coûts élevés au Royaume-Uni, en Allemagne, en France). --- #### II. La nécessaire mais difficile coopération entre les acteurs 1. Des coopérations multilatérales et institutionnelles pour réguler le cyberespace - *La convention de Budapest (2001) :* Premier traité international contraignant visant à harmoniser les législations nationales et faciliter les enquêtes contre la cybercriminalité (doc. 2). Elle est ratifiée principalement par les démocraties occidentales et certains pays partenaires (Sénégal, Chili, etc.). - *Alliances militaires et agences spécialisées :* Mise en commun de moyens au sein de l'OTAN (doc. 1) ou de l'Union européenne (ENISA), coopération entre les CERT et les agences nationales (comme l'ANSSI en France). 2. Les limites géopolitiques de la gouvernance du cyberespace - *Une fracture Nord/Sud et Est/Ouest :* La carte (doc. 2) révèle que des puissances majeures (Russie, Chine, Inde, Brésil) n'ont pas signé la Convention de Budapest, privilégiant une vision souverainiste et le contrôle d'État de l'Internet, contestant le modèle promu par l'Occident. - *Coopération public-privé :* La défense cyber dépend des géants technologiques (GAFAM, entreprises de cybersécurité), ce qui crée de nouvelles dépendances pour les États souverains. --- #### Conclusion Le cyberespace est devenu un espace géopolitique à part entière, où l'interdépendance numérique exacerbe les rivalités de puissance et la criminalité transnationale. Si des mécanismes de coopération existent, leur portée demeure limitée par la défiance stratégique entre grandes puissances, faisant obstacle à une régulation universelle.

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