Sujet 3 · Bac STMG Philosophie Nouvelle-Calédonie session normale 2023
Thème : L'art · Tiré du sujet Session normale (2023)
Énoncé
SUJET 3
Expliquer le texte suivant:
La participation du spectateur, nécessaire au plaisir ressenti devant une œuvre d'art, repose en partie sur le fait que toute œuvre d'art a besoin pour agir de l'intermédiaire de l'imagination, qu'elle doit par suite stimuler sans jamais la négliger ni la laisser inactive. C'est une condition du sentiment esthétique, et par là une loi fondamentale de tous les beaux-arts. Il en résulte que l'œuvre d'art ne doit pas tout livrer directement aux sens, mais juste ce qu'il faut pour mettre l'imagination en bonne voie; l'imagination doit toujours avoir quelque chose à ajouter, c'est elle qui doit même avoir le dernier mot. Même pour l'écrivain c'est une nécessité de laisser quelque chose à penser au lecteur; car, Voltaire l'a dit très justement: « Le secret d'être ennuyeux, c'est de tout dire. » Ajoutons que ce qu'il y a de meilleur dans l'art est trop spirituel pour être livré directement aux sens: c'est à l'imagination de le mettre au jour, quoique l'œuvre d'art doive l'engendrer. Voilà pourquoi souvent les esquisses des grands maîtres font plus d'effet que leurs tableaux achevés; ce qui y contribue sans doute encore, c'est qu'elles naissent entières d'un seul jet, au moment de la conception, tandis que le tableau parfait, sorti d'une inspiration qui ne peut se maintenir jusqu'à son achèvement, ne peut être exécuté qu'au prix d'un effort soutenu, d'une réflexion toujours prudente et d'une constante tension de la volonté. — Cette loi esthétique ici en question nous explique encore pourquoi des figures de cire, qui sont des imitations parfaites de la nature, ne produisent jamais aucun effet esthétique et, par conséquent, ne sont pas des œuvres d'art véritables. C'est qu'elles ne laissent rien à faire à l'imagination. La sculpture, en effet, ne donne que la forme, mais non la couleur; la peinture donne la couleur, mais la simple apparence de la forme: toutes deux ont ainsi recours à l'imagination du spectateur. La figure de cire au contraire donne tout, couleur et forme à la fois; il en résulte l'apparence de la réalité, et l'imagination ne trouve plus ici de place.
SCHOPENHAUER, Le monde comme volonté et comme représentation (1844)
Rédaction de la copie
Le candidat a le choix entre deux manières de rédiger l'explication de texte.
Il peut:
- soit répondre dans l'ordre, de manière précise et développée, aux questions posées (option n°1);
- soit suivre le développement de son choix (option n°2).
Il indique son option de rédaction (option n°1 ou option n°2) au début de sa copie.
Questions de l'option n° 1
A – Éléments d'analyse
1.
Expliquer en quoi la participation du spectateur est « nécessaire au plaisir ressenti devant une œuvre d'art ».
2.
En vous aidant de l'exemple des figures de cire, expliquer « l'œuvre d'art ne doit pas tout livrer directement aux sens ».
3.
Expliquer pourquoi, selon Schopenhauer, « les esquisses des grands maîtres font plus d'effet que leurs tableaux achevés ».
B – Éléments de synthèse
1.
Quelle est la question à laquelle l'auteur tente ici de répondre ?
2.
Dégagez les différents moments de l'argumentation.
3.
En vous appuyant sur les éléments précédents, dégagez l'idée principale du texte.
C – Commentaire
1.
Quel rôle l'auteur accorde-t-il à l'imagination dans notre rapport aux œuvres d'art ?
2.
Une œuvre d'art est-elle jamais achevée ?

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
1. Expliquer en quoi la participation du spectateur est « nécessaire au plaisir ressenti devant une œuvre d'art ».
Réponse : Le plaisir esthétique ne découle pas d'une réception passive de sensations déjà complètes, mais de l'activité même de l'esprit du spectateur. L'œuvre d'art ne donne qu'une amorce (« mettre l'imagination en bonne voie ») : le plaisir naît du fait que l'imagination du spectateur est mise en mouvement, sollicitée et amenée à co-créer l'œuvre en lui donnant son achèvement spirituel.
2. En vous aidant de l'exemple des figures de cire, expliquer « l'œuvre d'art ne doit pas tout livrer directement aux sens ».
Réponse : La figure de cire reproduit à la fois la forme et la couleur avec un souci d'imitation parfaite, produisant l'illusion trompeuse du réel. En saturant la perception sensible (« elle donne tout »), elle ne laisse rien à compléter ni à interpréter. Au contraire, une véritable œuvre d'art préserve un écart avec la réalité brute, obligeant l'imagination à intervenir. Ainsi, la sculpture n'offre que la forme sans la couleur, et la peinture offre la couleur mais seulement la simple apparence (plane) de la forme.
3. Expliquer pourquoi, selon Schopenhauer, « les esquisses des grands maîtres font plus d'effet que leurs tableaux achevés ».
Réponse : Schopenhauer avance deux raisons complémentaires : 1) L'esquisse est née d'un seul jet, dans l'élan direct de l'inspiration et de la conception, tandis que le tableau achevé a nécessité un travail long, laborieux, fait de calculs et de compromis où l'inspiration initiale s'émousse. 2) L'esquisse, étant inachevée et suggestive, laisse une marge immense à l'imagination du spectateur qui en projette lui-même la plénitude idéale, alors que le tableau trop fini impose ses moindres détails.
1. Quelle est la question à laquelle l'auteur tente ici de répondre ?
Réponse : À quelle condition une œuvre d'art produit-elle un véritable effet esthétique et procure-t-elle du plaisir au spectateur ? (Ou : Quel est le rôle de l'imagination dans l'expérience et la définition de l'œuvre d'art ?)
Les réponses des 4 questions restantes et l’explication pas à pas sont réservées aux membres Premium. Premium
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