Exercice 2 · Bac Sciences de la Vie et de la Terre Nouvelle-Calédonie 2022 (jour 1)
Thème : Contraction musculaire et production d'ATP · Tiré du sujet Jour 1 (2022)
Énoncé
Certaines myopathies, appelées myopathies congénitales avec « cores » centraux, entraînent une faiblesse musculaire (baisse de la tonicité musculaire et difficultés motrices) et des anomalies structurelles de la cellule musculaire sans dégénérescence, se manifestant généralement dès la naissance.
Question
Identifier quelle pourrait être l'origine de certaines myopathies congénitales humaines avec « cores » centraux puis expliquer comment ces anomalies pourraient amener à une faiblesse musculaire
Vous organiserez votre réponse selon une démarche de votre choix intégrant des données issues des documents et les connaissances complémentaires nécessaires
Document 1: Muscles squelettiques de patients atteints de myopathie congénitale à « cores » centraux et muscles squelettiques de souris porteuses de mutations RYR1
Document 1a: Coupes transversales de muscle squelettique observées au microscope électronique
[CONTEXTO:context_doc1a]
Sources: https://neuromuscular.wustl.edu/pathol/centcore.htm; S. Brennan et al., Mouse model of severe recessive RYR1-related myopathy, Human Molecular Genetics, 2019, 28(18):3024-3036; MG. Hanson et al., Potassium dependent rescue of a myopathy with core-like structures in mouse, eLife 2015
Document 1b: Coupes longitudinales de muscle squelettique d'un patient souffrant de myopathie congénitale à « cores » centraux, et de muscle squelettique d'une souris porteuse de mutations RYR1, observées au microscope électronique
[CONTEXTO:context_doc1b]
Source: L. Pelletier et al., In vivo RyR1 reduction in muscle triggers a core-like myopathy, Acta Neuropathol Commun. 2020; 8: 192.
Document 2: Comparaison de la masse corporelle des souris témoins et des souris porteuses de mutations RYR1
La masse corporelle reflète la masse musculaire totale.
Source: S. Brennan et al., Mouse model of severe recessive RYR1-related myopathy, Human Molecular Genetics, 2019, 28(18):3024-3036
Document 3: Comparaison du temps de suspension à un fil de souris témoins et de souris porteuses de mutations RYR1
Pour évaluer la force musculaire de ces souris, on effectue un test d'accrochage à un fil chez plusieurs souris témoins et plusieurs souris mutantes. Au bout d'un certain temps, les souris lâchent le fil: on mesure le temps de suspension. Le graphique présente les résultats pour chaque groupe de souris avec la moyenne des temps de suspension indiquée par une flèche et l'écart-type représenté par des barres horizontales au-dessus et en dessous de la moyenne. Les résultats obtenus sont significativement différents entre les deux groupes de souris.
Source: S. Brennan et al., Mouse model of severe recessive RYR1-related myopathy, Human Molecular Genetics, 2019, 28(18):3024-3036
Document 4: Comparaison de la capacité de génération de force musculaire de muscles isolés de souris témoins et de souris porteuses de mutations RYR1
Pour chaque groupe, l'histogramme indique la moyenne des résultats obtenus et la barre d'erreur l'écart type. (*: résultats significativement différents).
Source: S. Brennan et al., Mouse model of severe recessive RYR1-related myopathy, Human Molecular Genetics, 2019, 28(18):3024-3036
Document 5: Effets d'une dépolarisation membranaire sur les flux entrants d'ions calcium (Ca2+) dans le cytoplasme de cellules musculaires de souris témoins (à gauche) et porteuses d'une mutation sur le gène RYR1 (à droite)
Le gène RYR1 code pour une protéine canal au Ca présente dans la membrane du réticulum sarcoplasmique.
La flèche indique le moment de la dépolarisation de la membrane plasmique de la cellule musculaire. La concentration cytoplasmique en ions calcium est mesurée à l'aide d'un indicateur fluorescent.
Source: https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00615499/file/These_-_Hicham_BICHRAOUI.pdf
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Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
Identifier quelle pourrait être l'origine de certaines myopathies congénitales humaines avec « cores » centraux puis expliquer comment ces anomalies pourraient amener à une faiblesse musculaire
Réponse : 1. Une anomalie structurale commune à l'Homme et à la souris RYR1 (Documents 1a et 1b) En coupe transversale, les fibres d'individus sains (Homme et souris témoin) sont homogènes. Chez le patient atteint de myopathie congénitale comme chez la souris porteuse de mutations RYR1, on observe des zones anormales, les « cores ». En coupe longitudinale, ces « cores » correspondent à une désorganisation de l'architecture interne de la fibre : sarcomères et myofibrilles désorganisés, réticulum sarcoplasmique anormal. Normalement, l'organisation est régulière : alternance de myofibrilles et de réticulum sarcoplasmique, avec des sarcomères alignés. Les anomalies sont identiques chez l'Homme et chez la souris mutante. On peut donc proposer que les myopathies humaines à « cores » centraux aient pour origine des mutations du gène RYR1, la souris mutante constituant un bon modèle. 2. Conséquences sur la masse et la force musculaires (Documents 2, 3 et 4) Document 2 : dès 21 jours, la masse des souris RYR1 est plus faible (environ 11 g contre 14 g). Elle n'atteint qu'environ 14 g à 49 jours, contre environ 22 g chez les témoins. À 40 jours, les souris mutantes sont nettement plus petites. La masse corporelle reflétant la masse musculaire, les souris mutantes ont une masse musculaire réduite. Document 3 : le temps moyen de suspension à un fil est d'environ 35 s chez les mutantes, contre environ 120 s chez les témoins. Cette différence est significative : la force musculaire globale est diminuée. Document 4 : sur muscle isolé, donc indépendamment du comportement de l'animal, la force produite est d'environ 15 mN/mm² chez les mutantes contre environ 30 mN/mm² chez les témoins. Cette différence, significative, montre que la force par unité de surface est divisée par deux. La faiblesse ne s'explique donc pas seulement par une masse musculaire plus faible : la capacité contractile de chaque fibre est elle-même altérée. 3. Origine fonctionnelle : un défaut de libération du Ca2+ (Document 5) RYR1 code un canal à Ca2+ de la membrane du réticulum sarcoplasmique. Chez la souris témoin, la dépolarisation de la membrane plasmique déclenche une forte augmentation rapide du Ca2+ cytoplasmique (pic d'environ 3 u.a. vers 25 s), suivie d'un retour à environ 0,3 u.a. Chez la souris mutante, la dépolarisation ne provoque quasiment aucune entrée de Ca2+ dans le cytoplasme (environ 0,2 u.a., sans pic). Le canal RYR1 muté ne permet donc plus la libération du Ca2+ stocké dans le réticulum. Connaissances : le couplage excitation-contraction Un message nerveux moteur déclenche, au niveau de la plaque motrice, un potentiel d'action musculaire. Celui-ci se propage le long de la membrane plasmique et des tubules transverses. Cette dépolarisation provoque l'ouverture des canaux RYR1 du réticulum sarcoplasmique, et le Ca2+ est libéré dans le cytoplasme. Le Ca2+ se fixe sur le complexe troponine-tropomyosine et démasque les sites de fixation de la myosine sur l'actine. Les têtes de myosine forment alors des ponts actine-myosine et, grâce à l'hydrolyse de l'ATP, font glisser les filaments d'actine. Les sarcomères se raccourcissent : la fibre se contracte. Bilan Des mutations du gène RYR1 pourraient être à l'origine de certaines myopathies congénitales à « cores » centraux. Elles produisent un canal RYR1 anormal, associé à une désorganisation de la structure des fibres (« cores »). Lors de la dépolarisation, le Ca2+ du réticulum n'est plus libéré dans le cytoplasme. Les sites de fixation de la myosine sur l'actine restent masqués, peu de ponts actine-myosine se forment, et la contraction de chaque fibre est très réduite. À cela s'ajoute une masse musculaire diminuée. Ces deux effets expliquent la faiblesse musculaire : baisse de la tonicité et difficultés motrices.
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