Dissertation 1 · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Nouvelle-Calédonie 2023 (jour 2)
Thème : Formes de conflits et tentatives de paix dans le monde actuel : typologie et acteurs · Tiré du sujet Jour 2 (2023)
Énoncé
PREMIÈRE PARTIE
Dissertation 1: Le patrimoine, un objet de conflits
Rédigez votre dissertation en mobilisant vos connaissances historiques et géopolitiques. Votre devoir doit comporter une introduction (accroche, définition des termes, problématique, annonce du plan), un développement structuré en plusieurs parties équilibrées et une conclusion.

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Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
Dissertation 1 : Le patrimoine, un objet de conflits
Réponse : ### Proposition de plan détaillé Introduction - Accroche : les destructions délibérées de Palmyre et de Nimroud par Daech (2015), comme le débat sur le retour des bronzes du Bénin, rappellent que le patrimoine n'est pas un legs pacifique et consensuel du passé. - Définitions : le patrimoine est l'ensemble des biens matériels et immatériels hérités du passé. Une société les sélectionne, les valorise et les transmet pour leur valeur historique, esthétique ou identitaire. C'est donc une construction sociale et politique (la patrimonialisation). Un objet de conflits, c'est à la fois une cause, une cible et un instrument de rivalités : armées, diplomatiques, mémorielles ou d'usages. - Problématique : dans quelle mesure le patrimoine, présenté comme un bien commun à protéger, est-il aussi un enjeu de pouvoir qui suscite et alimente des conflits à toutes les échelles ? - Annonce du plan : I. Le patrimoine, cible et arme des conflits armés et idéologiques ; II. Des conflits d'appropriation, de mémoire et de restitution ; III. Des tensions contemporaines autour des usages et de la préservation, que la coopération internationale tente de réguler. --- I. Le patrimoine, cible et arme des conflits armés et idéologiques - A. Détruire le patrimoine pour effacer l'identité de l'Autre - Destruction des Bouddhas de Bamiyan par les talibans (2001). - Destruction du pont de Mostar (1993) et de la bibliothèque de Sarajevo (1992) pendant les guerres de Yougoslavie. - Destruction des mausolées de Tombouctou (2012) et de Palmyre (2015) par les djihadistes. - Bombardement de la cathédrale de Reims (1914), présenté comme une « barbarie ». - Reconnaissance juridique : la convention de La Haye (1954) protège les biens culturels en cas de conflit armé. Le procès Al-Mahdi devant la CPI (2016) a condamné la destruction de patrimoine comme crime de guerre. - B. Le patrimoine comme butin, trophée et outil de légitimation - Pillages et spoliations : sac du Palais d'Été à Pékin (1860), saisies napoléoniennes, spoliations nazies d'œuvres appartenant à des Juifs. - Trafic d'antiquités finançant Daech. - Instrumentalisation politique : usage de l'Antiquité romaine par Mussolini ; mobilisation du patrimoine par les belligérants dans la guerre en Ukraine. --- II. Des conflits d'appropriation, de mémoire et de restitution - A. Les restitutions, enjeu de souveraineté et de justice historique - Revendication grecque des frises du Parthénon conservées au British Museum depuis le début du XIXe siècle (Lord Elgin). - Débat postcolonial : discours de Ouagadougou (2017) et rapport Sarr-Savoy (2018). Restitution au Bénin de 26 trésors d'Abomey (2021) ; la question des bronzes du Bénin concerne, elle, le Nigeria. - Ces restitutions se heurtent au principe d'inaliénabilité des collections publiques. - B. Des rivalités identitaires et des mémoires concurrentes - Conflits de souveraineté : le temple de Preah Vihear, revendiqué par le Cambodge et la Thaïlande, a donné lieu à des affrontements armés (2008-2011). - Querelles de paternité : kimchi (Chine/Corée), couscous (inscription conjointe à l'UNESCO par quatre pays du Maghreb en 2020). - Patrimoine contesté à l'échelle locale : déboulonnage de statues confédérées aux États-Unis, de Colston à Bristol, de Léopold II en Belgique (mouvement Black Lives Matter, 2020). - Sainte-Sophie, reconvertie en mosquée en 2020 : enjeu religieux, national et diplomatique. --- III. Des tensions contemporaines autour des usages et de la préservation - A. Préserver ou exploiter : conflits d'usages et surtourisme - Saturation touristique et « muséification » : Venise (ticket d'entrée en 2024, éloignement des grands navires), Dubrovnik, Barcelone. - Opposition entre habitants, acteurs touristiques et pouvoirs publics. - Arbitrages entre développement économique et conservation, par exemple le grand pont de Dresde, qui a entraîné le retrait de la vallée de l'Elbe de la liste de l'UNESCO (2009). - B. Le patrimoine, enjeu diplomatique et outil de puissance - L'UNESCO elle-même est traversée de rivalités : politisation des inscriptions, retrait des États-Unis lié à l'admission de la Palestine et à la question d'Hébron. - Soft power des États : le Louvre Abu Dhabi (2017) et la diplomatie culturelle française. - Coopération pour protéger le patrimoine en danger : création de l'ALIPH (2017), reconstruction de Mossoul, mobilisation internationale après l'incendie de Notre-Dame de Paris (2019). --- Conclusion - Bilan : parce qu'il incarne une identité, une mémoire et un pouvoir, le patrimoine est une cible dans les guerres et un enjeu de revendications diplomatiques et mémorielles. Il est aussi l'objet de conflits d'usages entre préservation et exploitation. - Réponse à la problématique : le patrimoine n'est pas neutre. Sa définition comme sa protection sont des choix politiques qui produisent des rivalités. Le droit international et l'UNESCO cherchent pourtant à en faire un bien commun de l'humanité. - Ouverture : le changement climatique (montée des eaux à Venise, menaces sur les sites littoraux) annonce-t-il de nouveaux conflits autour des choix de sauvegarde ?
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