Dissertation 2 · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Mayotte-Liban 2022 (jour 1)
Thème : L'histoire et les mémoires du génocide des Juifs et des Tsiganes · Tiré du sujet Jour 1 (2022)
Énoncé
Dissertation 2
Dissertation 2: Reconnaître la mémoire du génocide des Juifs et des Tsiganes: moyens et acteurs.

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
Dissertation 2 : Reconnaître la mémoire du génocide des Juifs et des Tsiganes : moyens et acteurs.
Réponse : Proposition d'un plan détaillé et d'éléments de contenu : Introduction - Accroche : Durant la Seconde Guerre mondiale, l'Allemagne nazie et ses collaborateurs ont exterminé près de six millions de Juifs (la Shoah) et entre 250 000 et 500 000 Tsiganes (Samudaripen ou Porajmos). Pourtant, la prise de conscience et la reconnaissance de ces génocides ont été lentes et asymétriques. - Définition des termes : « Reconnaître » implique la validation juridique, historique, morale et politique d'un crime. Les « moyens » rassemblent la justice, la recherche historique, les arts, les lieux de mémoire et l'éducation. Les « acteurs » regroupent les rescapés, les associations, les historiens et les institutions étatiques et internationales. - Problématique : Par quels moyens et à travers quels acteurs la mémoire du génocide des Juifs et des Tsiganes s'est-elle progressivement construite et institutionnalisée, malgré des temporalités et une intensité divergentes ? I. L'immédiat après-guerre : entre justice balbutiante et mémoire marginalisée ou occultée - *A. Une justice internationale pionnière mais incomplète :* Le procès de Nuremberg (1945-1946) consacre la notion de « crime contre l'humanité », mais il noie l'extermination spécifique des Juifs et des Tsiganes dans la poursuite globale des crimes nazis. - *B. La marginalisation de la parole des victimes :* De 1945 aux années 1960, la reconstruction et la valorisation des mémoires résistantes (France, URSS) relèguent les déportés raciaux au second plan. Les rescapés se heurtent à l'incompréhension ou au silence. Quelques initiatives pionnières existent pourtant : le CDJC (1943) et le Mémorial du martyr juif inconnu (1956) à Paris, Yad Vashem (1953) en Israël. - *C. Le grand oubli du génocide tsigane :* Les Tsiganes sont exclus des réparations allemandes, car ils sont considérés comme persécutés pour « asocialité » et non pour motif racial. Ils n'ont pas de relais politique ni mémoriel pour faire entendre leur voix. II. Des années 1960 aux années 1980 : le réveil mémoriel porté par les témoins, les historiens et les procès - *A. Le tournant des grands procès et la centralité du témoin :* Le procès d'Adolf Eichmann à Jérusalem (1961) libère la parole des rescapés et mondialise la mémoire de la Shoah. En RFA, le procès d'Auschwitz à Francfort (1963-1965) sensibilise l'opinion publique allemande. - *B. L'apport des historiens, des militants et des œuvres :* Raul Hilberg publie *La Destruction des Juifs d'Europe* (1961) et Robert Paxton *La France de Vichy* (1972, trad. 1973). Beate et Serge Klarsfeld traquent les criminels (Klaus Barbie) et établissent la liste des déportés juifs de France (*Mémorial de la déportation des Juifs de France*, 1978). Les œuvres jouent aussi un rôle : la série *Holocauste* (1978), le film *Shoah* de Claude Lanzmann (1985). - *C. L'émergence des luttes pour la mémoire tsigane :* Les associations roms et sintés se mobilisent, notamment en Allemagne sous l'impulsion de Romani Rose (grève de la faim à Dachau en 1980). Elles obtiennent en 1982 la reconnaissance officielle du génocide par le chancelier ouest-allemand Helmut Schmidt. III. Depuis les années 1990 : l'ère des politiques mémorielles d'État, de l'universalisation et des nouveaux défis - *A. Les reconnaissances officielles des responsabilités :* En France, les procès Barbie (1987), Touvier (1994) et Papon (1997-1998) jugent des crimes contre l'humanité. Le discours de Jacques Chirac au Vél' d'Hiv (1995) reconnaît la responsabilité de l'État français. En Allemagne, le Mémorial aux Juifs assassinés d'Europe est inauguré à Berlin (2005) et le mémorial aux Sintés et Roms en 2012. En France, François Hollande reconnaît en 2016, à Montreuil-Bellay, la responsabilité de l'État dans l'internement des « nomades ». - *B. L'institutionnalisation par les lois, l'école et les lieux de mémoire :* La loi Gayssot (1990) réprime le négationnisme. Le Mémorial de la Shoah ouvre à Paris (2005). La Shoah est enseignée dans les programmes scolaires, et les voyages scolaires à Auschwitz se multiplient. Des réparations et des indemnisations sont versées (CIVS, 1999). - *C. L'internationalisation et les nouveaux défis :* L'ONU fait du 27 janvier la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste (2005). Le Parlement européen reconnaît en 2015 le 2 août comme journée européenne de commémoration du génocide des Roms. L'IHRA joue aussi un rôle de coordination. Les défis sont nombreux : disparition des derniers témoins (relais par les archives filmées, comme la Fondation Spielberg), lutte contre le négationnisme et l'antisémitisme, reconnaissance encore inachevée et méconnue du génocide tsigane. Conclusion - La reconnaissance des deux génocides résulte de l'action conjuguée des rescapés, des militants, des historiens, des juges et des États. Elle a mobilisé la justice, la recherche, les arts, les commémorations et l'enseignement. - Elle reste asymétrique : la Shoah est devenue un référent mémoriel universel, tandis que le génocide des Tsiganes, reconnu tardivement, demeure moins visible. - Ouverture : Comment transmettre cette mémoire après la disparition des derniers témoins, face aux usages politiques du passé et à la concurrence des mémoires ?
L’explication pas à pas, faite avec l’IA, est réservée aux membres Premium. Premium
Résous-le ici : correction automatique, indices et corrigé détaillé.