Dissertation · Bac Sciences Économiques et Sociales La Réunion 2023 (jour 1)

Thème : La lutte contre le chômage · Tiré du sujet Jour 1 (2023)

Énoncé

Dissertation s'appuyant sur un dossier documentaire

Il est demandé au candidat:

de répondre à la question posée par le sujet;

de construire une argumentation à partir d'une problématique qu'il devra élaborer;

de mobiliser des connaissances et des informations pertinentes pour traiter le sujet, notamment celles figurant dans le dossier;

de rédiger, en utilisant le vocabulaire économique et social spécifique approprié à la question et en organisant le développement sous la forme d'un plan cohérent qui ménage l'équilibre des parties.

Il sera tenu compte, dans la notation, de la clarté de l'expression et du soin apporté à la présentation.

SUJET

Ce sujet comporte quatre documents.

La lutte contre le chômage passe-t-elle nécessairement par la mise en œuvre de politiques de soutien de la demande globale ?

DOCUMENT 1

DOCUMENT 2

Quelques mesures du plan de relance en France en milliards d'euros (2020-2022)

ÉCOLOGIE

dont:

30

Rénovation énergétique des bâtiments publics

4

Rénovation énergétique et réhabilitation lourde des logements sociaux

0,5

Rénovation énergétique des logements privés

2

Soutien à la demande en véhicules propres du plan automobile (bonus écologique, prime à la conversion)

1,9

COMPÉTITIVITÉ

dont:

34

Baisse des impôts de production

20

COHÉSION

dont:

36

Prime à l'embauche des jeunes

1,1

Programme d'investissement dans les compétences/digitalisation de la formation

0,9

TOTAL DES MESURES

100

Source: d'après France Relance, Dossier de presse, 3 septembre 2020.

DOCUMENT 3

Champ: France hors Mayotte, personnes actives.

Source: INSEE, Chiffres clés, 2022.

1: CAP: Certificat d'aptitude professionnelle; BEP: Brevet d'études professionnelles.

DOCUMENT 4

Depuis de nombreuses années, l'INSEE interroge les entreprises sur les évolutions passées et futures de leur effectif, l'existence de difficultés de recrutement et de contraintes de production dues à un personnel insuffisant [...]. La moitié des entreprises sont confrontées à des barrières au moment d'embaucher des travailleurs en CDI ou CDD de longue durée, un tiers n'en rencontrent pas et les autres ne se sentent pas concernées, probablement parce qu'elles n'ont pas récemment recruté de nouveaux employés. Les embauches sont freinées par l'incertitude sur la situation économique (barrière citée par 28 % des entreprises), la difficulté à trouver de la main-d'œuvre compétente (27 % des entreprises), un coût de l'emploi jugé trop élevé (23 % des entreprises) et par la règlementation du marché de l'emploi (18 % des entreprises).

Source: « Note de conjoncture », INSEE, juin 2017.

Énoncé: Dissertation · Bac Sciences Économiques et Sociales La Réunion 2023 (jour 1)

Corrigé

Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)

La lutte contre le chômage passe-t-elle nécessairement par la mise en œuvre de politiques de soutien de la demande globale ?

Réponse : Proposition de plan et éléments de réponse : Introduction : - Accroche : Définir le chômage (au sens du BIT) et la demande globale (consommation, investissement, dépenses publiques, exportations nettes). - Problématique : Les politiques de relance de la demande suffisent-elles à endiguer le chômage sous toutes ses formes, ou les caractéristiques structurelles du marché du travail imposent-elles d'autres leviers d'action ? - Annonce du plan : - I. Le soutien à la demande globale est indispensable face au chômage conjoncturel. - II. Cependant, ces politiques sont insuffisantes pour traiter le chômage structurel, appelant des politiques d'offre et de formation. I. Les politiques de soutien à la demande globale : un levier essentiel contre le chômage conjoncturel - A. Le mécanisme keynésien : la demande effective détermine l'emploi - Dans une optique keynésienne, le chômage est causé par une insuffisance de la demande anticipée (demande effective). - Relation entre croissance et chômage (loi d'Okun) : le document 1 montre qu'en 2009, suite à la récession (chute du PIB de près de 3 %), le chômage a bondi de 7 % à plus de 9 % en France. De même, l'incertitude sur la situation économique est citée par 28 % des entreprises comme un frein majeur à l'embauche (document 4). - B. Les instruments de relance budgétaire et monétaire - Politiques budgétaires de relance : investissements publics, primes et soutiens à la consommation (document 2 : rénovation énergétique, bonus écologique, soutien à l'automobile). - Effet multiplicateur keynésien : l'augmentation des dépenses publiques stimule l'activité, incite les entreprises à investir et à embaucher. II. Les limites du soutien à la demande et la nécessité de politiques structurelles - A. Les contraintes et risques des politiques de demande - Risque d'inflation, creusement des déficits publics et de la dette publique. - Fuite par les importations en économie ouverte (déficit extérieur sans création d'emplois locaux). - B. La prépondérance du chômage structurel nécessitant des politiques d'offre et de formation - Problèmes d'appariement et inadéquation des compétences : le document 3 montre un chômage très élevé chez les non-diplômés (près de 45 % pour les sortants récents sans diplôme contre moins de 9 % pour les bac+2 et plus). Le document 4 confirme que 27 % des entreprises peinent à recruter par manque de main-d'œuvre qualifiée. - Nécessité de politiques actives de formation (document 2 : investissement dans les compétences). - Coût du travail et rigidités institutionnelles : 23 % des entreprises citent un coût de l'emploi trop élevé (document 4), ce qui justifie les allègements de cotisations sociales ou baisses d'impôts de production (20 milliards d'euros dans le plan de relance, document 2), ainsi que la flexibilisation du marché du travail.

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