Exercice Étude critique de documents · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques La Réunion 2023 (jour 1)

Thème : Le changement climatique : approches historique et géopolitique · Tiré du sujet Jour 1 (2023)

Énoncé

Le candidat traitera l'étude critique de documents suivante:

Étude critique de documents: Le changement climatique et ses enjeux mondiaux

En analysant les documents, en les confrontant et en vous appuyant sur vos connaissances, montrez que la prise en compte du changement climatique reflète des dynamiques géopolitiques et économiques mondiales.

Document 1

Le 12 décembre 2015, lors de la COP21 à Paris, était conclu un accord historique sur le climat, fruit d'un intense travail diplomatique et d'une prise de conscience générale de l'urgence de la situation. 195 pays s'accordaient pour lutter contre le dérèglement climatique malgré les situations nationales divergentes [...].

Laurent Fabius, alors ministre des Affaires étrangères français, parlait de « multilatéralisme universel », inclusif et ouvert: « La totalité des États se sont réunis [...]; chaque État a été non seulement entendu mais écouté [...]; les acteurs non étatiques que sont les entreprises, les collectivités locales, les ONG, la société civile, ont été associés et ont joué un rôle important dans la dynamique collective. »

La « communauté internationale » fut à cette occasion une réalité. Les principaux objectifs, de limiter le réchauffement de la température à 1,5°C d'ici 2100 et d'alimenter (pour les pays développés) le « fonds vert pour le climat » à hauteur de 100 milliards de dollars par an d'ici à 2020 afin d'aider les pays en développement à atteindre leurs objectifs, ont été acceptés par tous. Le fait que les deux plus gros pollueurs — Chine et États-Unis — aient modifié leur politique et accepté de relever le défi du dérèglement climatique a beaucoup contribué à la conclusion de l'accord. Certains trouvent que ce dernier n'est pas assez ambitieux ou insuffisant contraignant. C'est pourtant la première fois qu'un accord environnemental est conclu de manière multilatérale.

Mais en 2018, Donald Trump dénonçait cet accord, dans une politique globale de rejet du multilatéralisme. Il estime que cet accord vient limiter la croissance de l'économie américaine. Il veut par ailleurs satisfaire le lobby du charbon. Cette décision provoque un tollé mondial — le président français Emmanuel Macron détournant le slogan de Trump « Make America Great Again 1 » en « Make our Planet Great Again 2 ». Le Brésil (9 e puissance économique mondiale) et l'Australie (14 e) sont également dirigés par des climatosceptiques. Aux États-Unis, cette décision suscite des oppositions, de nombreux Américains étant conscients des dégâts du réchauffement climatique, le nombre de catastrophes qu'on ne peut plus qualifier de « naturelles » se multipliant. L'État de Californie et la ville de New York, entre autres, décident de continuer à respecter l'accord de Paris. [...]

Le problème principal est que de trop nombreux gouvernements privilégient les nécessités à court terme du développement économique national le moins entravé possible au détriment des intérêts à long terme de l'humanité.

Pascal Boniface, Comprendre le monde, Malakoff, 2021, p. 228-229.

1. Rendre sa grandeur à l'Amérique.

2. Rendre sa grandeur à la planète.

Document 2

Énoncé: Exercice Étude critique de documents · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques La Réunion 2023 (jour 1)

Corrigé

Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)

En analysant les documents, en les confrontant et en vous appuyant sur vos connaissances, montrez que la prise en compte du changement climatique reflète des dynamiques géopolitiques et économiques mondiales.

Réponse : Une étude critique réussie doit : 1) présenter les deux documents (nature, auteur, date, contexte) ; 2) confronter leurs informations ; 3) mobiliser des connaissances personnelles ; 4) répondre à la problématique par un plan organisé. Plan possible : I. La COP21 (2015) : un moment inédit de gouvernance climatique mondiale multilatérale - L'accord de Paris associe 195 États, mais aussi des acteurs non étatiques (ONG, entreprises, collectivités) : une diplomatie climatique élargie. - Des objectifs ambitieux (contenir le réchauffement nettement sous 2°C en visant 1,5°C, fonds vert de 100 Md$/an) sont acceptés, y compris par les deux plus gros émetteurs de l'époque, la Chine et les États-Unis. - Le document 2 montre toutefois que cette unanimité masque des responsabilités historiques très inégales. Les États-Unis (environ 401 Gt, soit 401 230 Mt) et l'Union européenne (environ 352 Gt) concentrent l'essentiel des émissions cumulées depuis 1850. C'est bien plus que la Chine (environ 219 Gt) ou l'Inde (environ 53 Gt), ce qui légitime le principe de « responsabilité commune mais différenciée ». Remarque critique : les valeurs chiffrées de l'infographie sont en mégatonnes, alors que l'échelle est graduée en gigatonnes. II. Le retrait américain (annoncé en 2017, effectif en 2020) : la remise en cause du multilatéralisme climatique par des logiques nationales et économiques - Donald Trump dénonce l'accord de Paris au nom de la croissance économique américaine et pour satisfaire le lobby du charbon : la lutte climatique se heurte aux intérêts économiques de court terme. - Cette décision s'inscrit dans une vague de climatoscepticisme international (Brésil, Australie). Elle révèle que le changement climatique est aussi un enjeu de politique intérieure et de rivalités idéologiques. - Les résistances internes aux États-Unis (Californie, New York) montrent que les dynamiques ne sont pas seulement nationales mais aussi infranationales, opposant acteurs locaux et pouvoir fédéral. III. Un enjeu géopolitique et économique mondial toujours en tension - Les données du document 2 révèlent une hiérarchie des puissances émettrices qui recoupe la hiérarchie économique mondiale (États-Unis, UE, Chine), faisant du climat un terrain de rivalités de puissance. - Les pays émergents (Chine, Inde), dont la part des émissions après 2000 est très forte (près de 69 % pour la Chine), réclament un traitement différencié au nom de leur développement, ce qui complique les négociations multilatérales. - Conclusion : la prise en compte du changement climatique oscille entre coopération multilatérale (COP21) et tensions géopolitiques et économiques (retrait américain, climatoscepticisme, inégalités Nord-Sud). Elle illustre la difficulté à construire une gouvernance mondiale efficace face à un défi global.

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