Tous les sujets du Bac 2023 · Toutes les annales du Bac de Français
Sujet du Bac STI2D Français 2023 · Métropole remplacement
Sujet du Bac STI2D de Français 2023, Métropole remplacement : 1 exercice corrigé. Thèmes : Commentaire de texte et Contraction de texte. Gratuit.
Thèmes du sujet : Commentaire de texte : la poésie du XIXe siècle au XXIe siècle · Contraction de texte (littérature d'idées moderne et contemporaine) · Essai sur la littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle
Exercice 1 - Commentaire de texte
Objet d'étude: la poésie du XIXe au XXIe siècle
Texte de Léopold Sédar Senghor, « Vacances », Chants d'ombre, 1945.
Poète sénégalais, Léopold Sédar Senghor a longtemps partagé son existence entre l'Afrique et la France, pour laquelle il a combattu pendant la Seconde Guerre mondiale, avant d'être fait prisonnier par les Allemands.
VACANCES
Cette absence longue à mon cœur
Cette vacance 1 de trois mois comme ce sombre couloir de trois semestres captifs.
J'avais perdu mémoire des couleurs
Jusqu'à ton visage que je recomposais en vain, avec les yeux battus de mon esprit.
5 Et ton silence distant comme une mémoire qui s'oublie !
Restait l'odeur de tes cheveux, si chauds de soleil
– Rien que la caresse de mon col haut et souple sur ma joue
Restait la splendeur de ta tête !
Comment oublier l'éclat du soleil, et le rythme du monde – la nuit le jour
10 Et le tam-tam fou de mon cœur qui me tenait éveillé de longues nuits
Et les battements de ton cœur qui à contretemps l'accompagnaient
Et les chants alternés. Toi la flûte lointaine qui répond dans la nuit
De l'autre rive de la Mer intérieure qui unit les terres opposées
Les sœurs complémentaires: l'une est couleur de flamme et l'autre, sombre, couleur de bois précieux.
15 Ton visage !
Sans doute est-ce lui, non la ténèbre de ma prison non l'humidité de ma vie
Qui efface toute couleur et tout dessin, tel le soleil triomphant à l'entrée de l'hivernage 2
Lorsque n'est pas tombée la goutte d'eau première
Que les pays sont blancs et les sables illimités.
20 Je sais le Paradis perdu – je n'ai pas perdu souvenir du jardin d'enfance où fleurissent les oiseaux
Que viendra la moisson après l'hivernage pénible, et tu reviendras mon Aimée.
Tu seras dans mes bras comme une gerbe 3 lourde et brune
Ou le sik 4 triomphal qu'agite l'athlète vainqueur, et il se sent un dieu.
1 Vacance: ici, synonyme de vide, d'absence.
2 Hivernage: en Afrique, saison chaude et pluvieuse qui interrompt le travail dans les champs.
3 Gerbe: bouquet de fleurs coupées à longues tiges.
4 Sik: corne d'antilope ornée de clochettes que l'athlète agite pour célébrer sa victoire.
Vous ferez le commentaire de ce poème en vous aidant du parcours de lecture suivant:
La nostalgie du poète.
La célébration de l'aimée, à la fois femme et Afrique.
Exercice 2.A - Contraction de texte
Sujet A – Contraction de texte
A – Rabelais, Gargantua, chapitres XI à XXIV. Parcours: la bonne éducation.
Texte de Jean Guéhenno, Sur le Chemin des hommes, 1959.
À une époque où l'École n'était pas mixte, Jean Guéhenno, lui-même enseignant, s'adresse dans ce texte à une assemblée masculine constituée de futurs professeurs.
Une classe n'est intéressante que dans la mesure où elle est le jeu d'un libre esprit aux prises avec d'autres esprits plus jeunes auxquels il tâche de donner le goût de la même liberté. [...]
Il s'agit de vivre constamment dans une certaine lumière. Il s'agit de maintenir certaine ardeur qui est celle de la vie même, d'une action continue qui peut bien quelquefois s'empêtrer, tomber dans la lourdeur, se perdre dans la sécheresse, mais pourtant toujours prête à se réveiller. [...] Si vous êtes vous-mêmes, Messieurs, assez vivants, rien de ce que vous toucherez ne sera mort.
Rien n'est mort. Les textes que vous expliquerez, les histoires que vous résumerez, les sciences dont vous établirez les principes, sont autant de témoignages sur l'homme, sa longue recherche, ses découvertes toujours provisoires, sa marche inquiète et passionnée. Au reste, notre histoire est si courte. Trois mille ans. Elle est toute contemporaine. Le petit bonhomme qui, sous votre direction, fera ses humanités 1, mettra simplement ses pas dans les pas de ses ancêtres et refera pour son propre compte, dans le cours de cinq à six années, le chemin qu'au long de l'histoire a fait l'humanité. Vous aurez mal fait votre métier si, après vous avoir entendus, il n'a pas le désir d'aller un peu plus loin et ne marche pas d'un pas plus alerte. Je veux qu'il se sente poussé par ces disparus innombrables que vous aurez évoqués, qu'il porte en lui tout leur espoir et qu'il soit prêt à son tour à vivre courageusement, à jouer, contre la destinée, la chance de l'homme. De quoi que vous lui ayez parlé, des grandes découvertes scientifiques, des grands drames de l'histoire, des merveilles de la littérature et de l'art, il faut qu'il ait compris que ce sont toutes pièces à verser au même dossier. Professeurs, quelque discipline que nous enseignions, nous ne cessons jamais de plaider la même cause: la cause de l'humanité.
La grande affaire est d'actualiser les questions. Vous m'entendez bien, Messieurs. Ce n'est pas que nous devions nous attacher à retrouver dans les faits ou les textes anciens que nous rapportons les débats mêmes du monde moderne, interpréter le passé par le présent. J'ai plus d'une fois vérifié la sottise de procédés si mécaniques. La méthode à laquelle je pense est plus complexe. Je veux dire que l'enseignement est, comme l'histoire selon Michelet, « l'intelligence de la vie ». En gardant pour les morts la révérence 2 qu'ils exigent, n'est-il pas possible que nous retrouvions en eux comme une première image de nous-mêmes ? Le monde ne va pas si vite, l'homme ne change pas si rapidement que nous ne puissions en eux nous reconnaître, si bien que leurs erreurs comme leurs soucis peuvent encore nous être des leçons. Il ne s'agit que de sentir un peu vivement et de faire sentir que tout ce que les hommes ont pensé ou fait, ils l'ont pensé ou fait pour nous. Tout ce qu'ils ont tenté, ils l'ont tenté pour nous, et leur exemple nous invite à l'action. Chacun de nous est porteur d'un esprit bien plus vieux que lui-même et qu'il a charge de transmettre. L'humanité est comme un infatigable artiste qui, depuis des siècles, sculpterait et modèlerait sa propre statue. Enseigner, ce n'est rien d'autre que découvrir à des petits enfants cet effort éternel et les inviter à le continuer. [...]
Quel étrange et beau métier que le nôtre !, Messieurs. Je ne sais bien ce qu'il est que pour la discipline que je suis chargé d'enseigner. Mon métier, c'est d'expliquer Platon, Virgile, Tacite, Montaigne, Descartes, Pascal, Voltaire, Diderot, Hugo. Quelques élèves et moi, à la suite de ces génies, nous essayons de nous élever à des pensées dont il est trop évident, hélas, que jamais, seuls, nous n'aurions pu les concevoir. Nous regardons de plus près et nous voyons se composer des merveilles tout humaines, Œdipe-Roi, ou Phèdre, ou un pamphlet de Voltaire, ou un poème de Hugo. Quelle chance nous avons ! Et de merveille en merveille, d'œuvre en œuvre, de siècle en siècle, il nous semble assister comme à un progrès de la lumière et voir la pensée critique des hommes lentement conquérir et organiser le monde.
Je pense bien que ce spectacle nous aide un peu à vivre, augmente notre confiance et notre audace. Vous connaîtrez bientôt, Messieurs, les mêmes joies. Vous sentez bien que vous avez beaucoup de chance.
780 mots
1 Fera ses humanités: formera son esprit par l'étude des lettres et des langues anciennes.
2 Révérence: grand respect.
Vous résumerez ce texte en 195 mots. Une tolérance de +/- 10% est admise: votre travail comptera au moins 175 mots et au plus 215 mots. Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez, à la fin de votre contraction, le nombre total de mots utilisés.
Rédigez votre contraction de texte ci-dessous. N'oubliez pas d'indiquer le nombre de mots utilisés à la fin.
Consultez la solution proposée pour comparer votre contraction.
Exercice 2.A - Essai
Sujet A – Essai
A – Rabelais, Gargantua, chapitres XI à XXIV. Parcours: la bonne éducation.
Texte de Jean Guéhenno, Sur le Chemin des hommes, 1959.
À une époque où l'École n'était pas mixte, Jean Guéhenno, lui-même enseignant, s'adresse dans ce texte à une assemblée masculine constituée de futurs professeurs.
Une classe n'est intéressante que dans la mesure où elle est le jeu d'un libre esprit aux prises avec d'autres esprits plus jeunes auxquels il tâche de donner le goût de la même liberté. [...]
Il s'agit de vivre constamment dans une certaine lumière. Il s'agit de maintenir certaine ardeur qui est celle de la vie même, d'une action continue qui peut bien quelquefois s'empêtrer, tomber dans la lourdeur, se perdre dans la sécheresse, mais pourtant toujours prête à se réveiller. [...] Si vous êtes vous-mêmes, Messieurs, assez vivants, rien de ce que vous toucherez ne sera mort.
Rien n'est mort. Les textes que vous expliquerez, les histoires que vous résumerez, les sciences dont vous établirez les principes, sont autant de témoignages sur l'homme, sa longue recherche, ses découvertes toujours provisoires, sa marche inquiète et passionnée. Au reste, notre histoire est si courte. Trois mille ans. Elle est toute contemporaine. Le petit bonhomme qui, sous votre direction, fera ses humanités 1, mettra simplement ses pas dans les pas de ses ancêtres et refera pour son propre compte, dans le cours de cinq à six années, le chemin qu'au long de l'histoire a fait l'humanité. Vous aurez mal fait votre métier si, après vous avoir entendus, il n'a pas le désir d'aller un peu plus loin et ne marche pas d'un pas plus alerte. Je veux qu'il se sente poussé par ces disparus innombrables que vous aurez évoqués, qu'il porte en lui tout leur espoir et qu'il soit prêt à son tour à vivre courageusement, à jouer, contre la destinée, la chance de l'homme. De quoi que vous lui ayez parlé, des grandes découvertes scientifiques, des grands drames de l'histoire, des merveilles de la littérature et de l'art, il faut qu'il ait compris que ce sont toutes pièces à verser au même dossier. Professeurs, quelque discipline que nous enseignions, nous ne cessons jamais de plaider la même cause: la cause de l'humanité.
La grande affaire est d'actualiser les questions. Vous m'entendez bien, Messieurs. Ce n'est pas que nous devions nous attacher à retrouver dans les faits ou les textes anciens que nous rapportons les débats mêmes du monde moderne, interpréter le passé par le présent. J'ai plus d'une fois vérifié la sottise de procédés si mécaniques. La méthode à laquelle je pense est plus complexe. Je veux dire que l'enseignement est, comme l'histoire selon Michelet, « l'intelligence de la vie ». En gardant pour les morts la révérence 2 qu'ils exigent, n'est-il pas possible que nous retrouvions en eux comme une première image de nous-mêmes ? Le monde ne va pas si vite, l'homme ne change pas si rapidement que nous ne puissions en eux nous reconnaître, si bien que leurs erreurs comme leurs soucis peuvent encore nous être des leçons. Il ne s'agit que de sentir un peu vivement et de faire sentir que tout ce que les hommes ont pensé ou fait, ils l'ont pensé ou fait pour nous. Tout ce qu'ils ont tenté, ils l'ont tenté pour nous, et leur exemple nous invite à l'action. Chacun de nous est porteur d'un esprit bien plus vieux que lui-même et qu'il a charge de transmettre. L'humanité est comme un infatigable artiste qui, depuis des siècles, sculpterait et modèlerait sa propre statue. Enseigner, ce n'est rien d'autre que découvrir à des petits enfants cet effort éternel et les inviter à le continuer. [...]
Quel étrange et beau métier que le nôtre !, Messieurs. Je ne sais bien ce qu'il est que pour la discipline que je suis chargé d'enseigner. Mon métier, c'est d'expliquer Platon, Virgile, Tacite, Montaigne, Descartes, Pascal, Voltaire, Diderot, Hugo. Quelques élèves et moi, à la suite de ces génies, nous essayons de nous élever à des pensées dont il est trop évident, hélas, que jamais, seuls, nous n'aurions pu les concevoir. Nous regardons de plus près et nous voyons se composer des merveilles tout humaines, Œdipe-Roi, ou Phèdre, ou un pamphlet de Voltaire, ou un poème de Hugo. Quelle chance nous avons ! Et de merveille en merveille, d'œuvre en œuvre, de siècle en siècle, il nous semble assister comme à un progrès de la lumière et voir la pensée critique des hommes lentement conquérir et organiser le monde.
Je pense bien que ce spectacle nous aide un peu à vivre, augmente notre confiance et notre audace. Vous connaîtrez bientôt, Messieurs, les mêmes joies. Vous sentez bien que vous avez beaucoup de chance.
780 mots
1 Fera ses humanités: formera son esprit par l'étude des lettres et des langues anciennes.
2 Révérence: grand respect.
Selon vous, que devrait enseigner une éducation humaniste de notre temps ?
Vous développerez de manière organisée votre réponse à cette question en prenant appui sur Gargantua de Rabelais, sur le texte de l'exercice de la contraction et sur ceux que vous avez étudiés dans le cadre de l'objet d'étude « La littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle ». Vous pourrez aussi faire appel à vos lectures et à votre culture personnelle.
Consultez la proposition de corrigé pour évaluer la structure et les arguments de votre essai.
Exercice 2.B - Contraction de texte
B – La Bruyère, Les Caractères, livre XI « De l'Homme ». Parcours: peindre les Hommes, examiner la nature humaine.
Texte d'après Antony Soron, « Portraits en tous genres... littéraires », Nouvelle Revue Pédagogique n°99, juin 2022.
Il n'y a pas de texte sans portrait, pas d'histoire sans représentation d'un personnage. Étant donné que le portrait est susceptible de saisir ou surprendre le lecteur, il apparaît au premier chef comme une clef de voûte 1 d'un récit même improvisé. Pour qu'un lecteur/auditeur s'accroche, ne serait-ce qu'à une anecdote, encore faut-il que l'énonciateur éveille suffisamment sa capacité imaginative pour lui permettre de se représenter le personnage évoqué.
Nous comprenons, par conséquent, qu'un énonciateur a tout intérêt à faire des portraits. Cette nécessité, les moralistes du XVII e siècle, de La Bruyère à Saint-Simon, l'avaient d'ailleurs parfaitement comprise. L'influence des salons mondains et de la société précieuse n'y était pas pour rien. Le portrait littéraire demeure alors à la mode et il se décline sous toutes ses formes, au point que Madame de Sévigné en use subtilement quand elle écrit à sa fille pour lui chroniquer les « événements » de la cour.
Il convient par ailleurs de faire remarquer que le travail des écrivains se trouve notablement bouleversé à partir du moment où l'art pictural 2 devient plus « grand public », et, plus encore, quand la photographie fait son apparition. En effet, la photographie s'apparente à l'art du portrait notamment lorsque l'on pense par exemple au travail de Nadar, grand portraitiste des années 1850, à qui nous devons, entre autres, plusieurs portraits de Baudelaire. Saisir par le portrait la personnalité d'un individu, surtout s'il est célèbre, lui donne pour ainsi dire une « figure ». En ce sens, nous pouvons nous rappeler que la mode du portrait s'inscrit dans toute une tradition issue du monde de la cour des temps royaux. Ici encore, La Princesse de Clèves n'en donne-t-il pas un précieux témoignage ? « La reine Dauphine faisait faire des portraits en petit de toutes les belles personnes de la cour, pour les envoyer à la reine sa mère. »
Plus globalement, nous conviendrons que le portrait possède une vertu multifonctionnelle, pouvant avoir, comme chez La Bruyère, un enjeu argumentatif ou un rôle plus narratif dans un roman. Le portrait, au même titre que la description, apparaît aussi très instructif sur la personnalité d'un personnage.
Le portrait que l'on retrouve à toutes les sauces littéraires relève nécessairement d'un exercice de style ayant des fins spécifiques; tantôt à valeur documentaire, comme dans les nouvelles réalistes de Maupassant; tantôt, pour en rester au même écrivain, à valeur imaginaire et poétique, quand il s'agit de focaliser l'attention dans le cadre d'une écriture plus fantastique sur un personnage étrange, absent, mort ou rêvé.
Le portrait peut évidemment pencher des deux côtés, péjoratif ou laudatif; de même il peut être, comme indiqué précédemment, représentatif ou allusif. Cependant, il faut bien convenir que certains portraits restent en mémoire plus que d'autres du fait de leur effet grossissant. C'est notoirement le cas du portrait dit « à charge » que l'on retrouve aussi bien dans des articles journalistiques que dans des sketchs comiques. Nous pourrions citer à ce titre, parmi les exemples les plus récents, Lison Daniel, autrice comique des « Caractères » en référence à ceux de La Bruyère.
À partir du moment où il y a expression satirique, il y a nécessairement « portrait ». C'est d'ailleurs toute la force des moralistes du Grand Siècle, dont La Bruyère au premier chef, d'avoir mené l'exercice de style à son plus haut niveau de perfection. Il suffit de relire l'entrée en matière des « Biens de Fortune » ( Les Caractères) pour s'en convaincre. Le riche « Giton » « a le teint frais, le visage plein et les joues pendantes, l'œil fixe et assuré »; le pauvre « Phédon » a quant à lui « les yeux creux, le teint échauffé, le corps sec et le visage maigre ». Dans la mesure où, quelle que soit l'époque, l'homme n'aime rien tant que rire d'autrui, il reste assez payant de proposer de malignes caricatures de contemporains célèbres. On peut d'ailleurs craindre, comme en son temps Barbey d'Aurevilly, que le « portrait » devienne moins un « genre » à part entière qu'une forme littéraire envahissante, présupposant la nécessité de sur-focaliser le point de vue sur un personnage concentrant des traits tellement saillants qu'il en devient d'autant plus aisé de les caricaturer.
Il n'en reste pas moins que le portrait littéraire, surtout à visée « bouffonne », semble avoir de belles heures devant lui.
749 mots
1 Clef de voûte: ici, élément essentiel de la construction d'un récit.
2 L'art pictural: la peinture.
Contraction de texte
Vous résumerez ce texte en 187 mots. Une tolérance de +/- 10% est admise: votre travail comptera au moins 168 mots et au plus 206 mots.
Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez, à la fin de votre contraction, le nombre total de mots utilisés.
Exercice 2.B - Essai
B – La Bruyère, Les Caractères, livre XI « De l'Homme ». Parcours: peindre les Hommes, examiner la nature humaine.
Texte d'après Antony Soron, « Portraits en tous genres... littéraires », Nouvelle Revue Pédagogique n°99, juin 2022.
Il n'y a pas de texte sans portrait, pas d'histoire sans représentation d'un personnage. Étant donné que le portrait est susceptible de saisir ou surprendre le lecteur, il apparaît au premier chef comme une clef de voûte 1 d'un récit même improvisé. Pour qu'un lecteur/auditeur s'accroche, ne serait-ce qu'à une anecdote, encore faut-il que l'énonciateur éveille suffisamment sa capacité imaginative pour lui permettre de se représenter le personnage évoqué.
Nous comprenons, par conséquent, qu'un énonciateur a tout intérêt à faire des portraits. Cette nécessité, les moralistes du XVII e siècle, de La Bruyère à Saint-Simon, l'avaient d'ailleurs parfaitement comprise. L'influence des salons mondains et de la société précieuse n'y était pas pour rien. Le portrait littéraire demeure alors à la mode et il se décline sous toutes ses formes, au point que Madame de Sévigné en use subtilement quand elle écrit à sa fille pour lui chroniquer les « événements » de la cour.
Il convient par ailleurs de faire remarquer que le travail des écrivains se trouve notablement bouleversé à partir du moment où l'art pictural 2 devient plus « grand public », et, plus encore, quand la photographie fait son apparition. En effet, la photographie s'apparente à l'art du portrait notamment lorsque l'on pense par exemple au travail de Nadar, grand portraitiste des années 1850, à qui nous devons, entre autres, plusieurs portraits de Baudelaire. Saisir par le portrait la personnalité d'un individu, surtout s'il est célèbre, lui donne pour ainsi dire une « figure ». En ce sens, nous pouvons nous rappeler que la mode du portrait s'inscrit dans toute une tradition issue du monde de la cour des temps royaux. Ici encore, La Princesse de Clèves n'en donne-t-il pas un précieux témoignage ? « La reine Dauphine faisait faire des portraits en petit de toutes les belles personnes de la cour, pour les envoyer à la reine sa mère. »
Plus globalement, nous conviendrons que le portrait possède une vertu multifonctionnelle, pouvant avoir, comme chez La Bruyère, un enjeu argumentatif ou un rôle plus narratif dans un roman. Le portrait, au même titre que la description, apparaît aussi très instructif sur la personnalité d'un personnage.
Le portrait que l'on retrouve à toutes les sauces littéraires relève nécessairement d'un exercice de style ayant des fins spécifiques; tantôt à valeur documentaire, comme dans les nouvelles réalistes de Maupassant; tantôt, pour en rester au même écrivain, à valeur imaginaire et poétique, quand il s'agit de focaliser l'attention dans le cadre d'une écriture plus fantastique sur un personnage étrange, absent, mort ou rêvé.
Le portrait peut évidemment pencher des deux côtés, péjoratif ou laudatif; de même il peut être, comme indiqué précédemment, représentatif ou allusif. Cependant, il faut bien convenir que certains portraits restent en mémoire plus que d'autres du fait de leur effet grossissant. C'est notoirement le cas du portrait dit « à charge » que l'on retrouve aussi bien dans des articles journalistiques que dans des sketchs comiques. Nous pourrions citer à ce titre, parmi les exemples les plus récents, Lison Daniel, autrice comique des « Caractères » en référence à ceux de La Bruyère.
À partir du moment où il y a expression satirique, il y a nécessairement « portrait ». C'est d'ailleurs toute la force des moralistes du Grand Siècle, dont La Bruyère au premier chef, d'avoir mené l'exercice de style à son plus haut niveau de perfection. Il suffit de relire l'entrée en matière des « Biens de Fortune » ( Les Caractères) pour s'en convaincre. Le riche « Giton » « a le teint frais, le visage plein et les joues pendantes, l'œil fixe et assuré »; le pauvre « Phédon » a quant à lui « les yeux creux, le teint échauffé, le corps sec et le visage maigre ». Dans la mesure où, quelle que soit l'époque, l'homme n'aime rien tant que rire d'autrui, il reste assez payant de proposer de malignes caricatures de contemporains célèbres. On peut d'ailleurs craindre, comme en son temps Barbey d'Aurevilly, que le « portrait » devienne moins un « genre » à part entière qu'une forme littéraire envahissante, présupposant la nécessité de sur-focaliser le point de vue sur un personnage concentrant des traits tellement saillants qu'il en devient d'autant plus aisé de les caricaturer.
Il n'en reste pas moins que le portrait littéraire, surtout à visée « bouffonne », semble avoir de belles heures devant lui.
749 mots
1 Clef de voûte: ici, élément essentiel de la construction d'un récit.
2 L'art pictural: la peinture.
Essai
Exagérer, caricaturer, est-ce selon vous un moyen efficace de révéler la nature humaine ?
Vous développerez de manière organisée votre réponse à cette question en prenant appui sur le chapitre « De l'Homme » des Caractères de La Bruyère, sur le texte de l'exercice de la contraction et sur ceux que vous avez étudiés dans le cadre de l'objet d'étude « La littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle ». Vous pourrez aussi faire appel à vos lectures et à votre culture personnelle.
Exercice 2.C - Contraction de texte
Contraction de texte
Vous résumerez ce texte en 187 mots. Une tolérance de +/- 10% est admise: votre travail comptera au moins 168 mots et au plus 206 mots.
Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et indiquerez, à la fin de votre contraction, le nombre total de mots utilisés.
C – Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne.
Parcours: écrire et combattre pour l'égalité.
Texte de Michel Faucheux, « La moitié oubliée des hommes », Les Grands dossiers des sciences humaines n°61, décembre 2020-janvier-février 2021.
En pleine Révolution française, Olympe de Gouges (1748-1793) est la première
femme à avoir tenté d'inscrire dans la loi l'égalité des hommes et des femmes.
Publiant la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne le 14 septembre
1791, elle décline en dix-sept articles les conséquences du fait que, écrit-elle, « la
5 femme naît libre et égale en droits » (article 1). Le texte n'est pas pour autant une
copie au féminin de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen adoptée en
1789. Il vient mettre en évidence la contradiction sur laquelle celle-ci repose. La
revendication d'égalité des droits propre aux Lumières se constitue, en effet, sur le
postulat 1 d'une inégalité des sexes qui en est la contrepartie et le revers: « S'il n'y a
10 de différences que de sexe, alors il n'y en a pas de sang. L'idée d'une
incommensurabilité 2 biologique entre l'homme et la femme qui s'impose à partir des
années 1760 est aussi une machine de guerre contre les inégalités fondées sur la
naissance. […] » ( La Confusion des sexes, Sylvie Steinberg, 2001).
La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne conteste la fausse
15 universalité de l'horizon humaniste des Lumières. Sa subversion 3 n'est pas
simplement politique, elle est philosophique et oblige à repenser les principes
fondateurs de la Révolution, dont celui de liberté. Pour Olympe de Gouges, en effet,
la liberté n'est pas affaire de limite, comme il est écrit dans la Déclaration de 1789:
« La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ». C'est aussi une
20 affaire de justice et de recouvrement de droits: « La liberté et la justice consistent à
rendre tout ce qui appartient à autrui » (article 4). Ainsi, écrit-elle: « Cette Révolution
ne s'opérera que quand toutes les femmes seront pénétrées 4 de leur déplorable sort
et des droits qu'elles ont perdus dans la société. » Comment concevoir en effet que
l'égalité règne si l'homme peut se conduire en despote ? […]
25 Oubliant la situation concrète des femmes qu'il infériorise, l'humanisme des
Lumières, dans son abstraction, est le masque de la domination masculine. Prendre
en compte la réalité vécue des sentiments et développer une égalité concrète des
droits devrait conduire, selon Olympe de Gouges, à substituer au mariage,
« tombeau de la confiance et de l'amour », un « contrat social de l'homme et de la
30 femme » qui, de plus, assurerait aux enfants nés hors mariage les mêmes droits que
ceux des enfants légitimes. Un divorce devrait pouvoir y mettre fin, qui assure
« l'égalité entre les époux et les épouses, comme entre tous les individus français »
( Le Bon sens du Français, 1792).
Mais, comment, plus généralement, lutter contre cet universalisme masculin et
35 inventer un humanisme inclusif 5 ? La voie empruntée par Olympe de Gouges est
originale: elle est celle de la fiction qui dit vrai. Marie Gouze, jeune veuve
provinciale, invente un personnage qui a pour nom de scène Olympe de Gouges
alors que, au 18e siècle, se théâtralise la vie politique et que l'histoire devient une
dramaturgie. Ainsi peut-elle porter haut ses revendications sur la scène de l'histoire.
40 L'œuvre théâtrale que développe Olympe de Gouges est inséparable de ses écrits
politiques. Interprétant le rôle qu'elle s'est donné, faisant de l'imagination une vertu
politique créatrice de « songes patriotiques », elle invente sa propre liberté à
l'intérieur du projet d'émancipation des Lumières, et « endosse le rôle du citoyen actif
(masculin) pour revendiquer la citoyenneté active des femmes » (Joan Scott, La
45 Citoyenne paradoxale, 1998). Elle entreprend ainsi une autocréation de soi qui met
en place les premiers éléments d'un féminisme naissant. Prendre un nouveau nom,
signer ses écrits de son propre nom, c'est, dans le sillage des Lumières, vouloir jouer
un rôle politique, nouveau et courageux, sur la scène du monde. Défendre la place et
le rôle politique des femmes, dans une révolution qui est une affaire d'hommes,
50 amène Olympe de Gouges à articuler ce combat à d'autres, tout aussi nécessaires:
elle milite aussi contre l'esclavage des Noirs, forme accomplie de la barbarie et de
l'inhumanité. Chaque fois qu'elle le peut, elle proteste contre les inégalités, les
injustices, le despotisme.
S'inventer comme actrice de soi-même, c'est prendre la parole, comme d'autres
55 prendront la Bastille, tant la parole demeure l'attribut du pouvoir des hommes.
747 mots
1 Postulat: principe, théorie que l'on ne remet pas en question.
2 Incommensurabilité: ici, différence absolue.
3 Subversion: action qui consiste à renverser les principes établis.
4 Pénétrées: convaincues.
5 Inclusif: ici, qui inclut hommes et femmes.
Exercice 2.C - Essai
Essai
« Prendre la parole, comme d'autres prendront la Bastille »: écrire pour l'égalité, est-ce agir ?
Vous développerez de manière organisée votre réponse à cette question en prenant appui sur la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne d'Olympe de Gouges, sur le texte de l'exercice de la contraction et sur ceux que vous avez étudiés dans le cadre de l'objet d'étude « La littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle ».
Vous pourrez aussi faire appel à vos lectures et à votre culture personnelle.
C – Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne.
Parcours: écrire et combattre pour l'égalité.
Texte de Michel Faucheux, « La moitié oubliée des hommes », Les Grands dossiers des sciences humaines n°61, décembre 2020-janvier-février 2021.
En pleine Révolution française, Olympe de Gouges (1748-1793) est la première
femme à avoir tenté d'inscrire dans la loi l'égalité des hommes et des femmes.
Publiant la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne le 14 septembre
1791, elle décline en dix-sept articles les conséquences du fait que, écrit-elle, « la
5 femme naît libre et égale en droits » (article 1). Le texte n'est pas pour autant une
copie au féminin de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen adoptée en
1789. Il vient mettre en évidence la contradiction sur laquelle celle-ci repose. La
revendication d'égalité des droits propre aux Lumières se constitue, en effet, sur le
postulat 1 d'une inégalité des sexes qui en est la contrepartie et le revers: « S'il n'y a
10 de différences que de sexe, alors il n'y en a pas de sang. L'idée d'une
incommensurabilité 2 biologique entre l'homme et la femme qui s'impose à partir des
années 1760 est aussi une machine de guerre contre les inégalités fondées sur la
naissance. […] » ( La Confusion des sexes, Sylvie Steinberg, 2001).
La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne conteste la fausse
15 universalité de l'horizon humaniste des Lumières. Sa subversion 3 n'est pas
simplement politique, elle est philosophique et oblige à repenser les principes
fondateurs de la Révolution, dont celui de liberté. Pour Olympe de Gouges, en effet,
la liberté n'est pas affaire de limite, comme il est écrit dans la Déclaration de 1789:
« La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ». C'est aussi une
20 affaire de justice et de recouvrement de droits: « La liberté et la justice consistent à
rendre tout ce qui appartient à autrui » (article 4). Ainsi, écrit-elle: « Cette Révolution
ne s'opérera que quand toutes les femmes seront pénétrées 4 de leur déplorable sort
et des droits qu'elles ont perdus dans la société. » Comment concevoir en effet que
l'égalité règne si l'homme peut se conduire en despote ? […]
25 Oubliant la situation concrète des femmes qu'il infériorise, l'humanisme des
Lumières, dans son abstraction, est le masque de la domination masculine. Prendre
en compte la réalité vécue des sentiments et développer une égalité concrète des
droits devrait conduire, selon Olympe de Gouges, à substituer au mariage,
« tombeau de la confiance et de l'amour », un « contrat social de l'homme et de la
30 femme » qui, de plus, assurerait aux enfants nés hors mariage les mêmes droits que
ceux des enfants légitimes. Un divorce devrait pouvoir y mettre fin, qui assure
« l'égalité entre les époux et les épouses, comme entre tous les individus français »
( Le Bon sens du Français, 1792).
Mais, comment, plus généralement, lutter contre cet universalisme masculin et
35 inventer un humanisme inclusif 5 ? La voie empruntée par Olympe de Gouges est
originale: elle est celle de la fiction qui dit vrai. Marie Gouze, jeune veuve
provinciale, invente un personnage qui a pour nom de scène Olympe de Gouges
alors que, au 18e siècle, se théâtralise la vie politique et que l'histoire devient une
dramaturgie. Ainsi peut-elle porter haut ses revendications sur la scène de l'histoire.
40 L'œuvre théâtrale que développe Olympe de Gouges est inséparable de ses écrits
politiques. Interprétant le rôle qu'elle s'est donné, faisant de l'imagination une vertu
politique créatrice de « songes patriotiques », elle invente sa propre liberté à
l'intérieur du projet d'émancipation des Lumières, et « endosse le rôle du citoyen actif
(masculin) pour revendiquer la citoyenneté active des femmes » (Joan Scott, La
45 Citoyenne paradoxale, 1998). Elle entreprend ainsi une autocréation de soi qui met
en place les premiers éléments d'un féminisme naissant. Prendre un nouveau nom,
signer ses écrits de son propre nom, c'est, dans le sillage des Lumières, vouloir jouer
un rôle politique, nouveau et courageux, sur la scène du monde. Défendre la place et
le rôle politique des femmes, dans une révolution qui est une affaire d'hommes,
50 amène Olympe de Gouges à articuler ce combat à d'autres, tout aussi nécessaires:
elle milite aussi contre l'esclavage des Noirs, forme accomplie de la barbarie et de
l'inhumanité. Chaque fois qu'elle le peut, elle proteste contre les inégalités, les
injustices, le despotisme.
S'inventer comme actrice de soi-même, c'est prendre la parole, comme d'autres
55 prendront la Bastille, tant la parole demeure l'attribut du pouvoir des hommes.
747 mots
1 Postulat: principe, théorie que l'on ne remet pas en question.
2 Incommensurabilité: ici, différence absolue.
3 Subversion: action qui consiste à renverser les principes établis.
4 Pénétrées: convaincues.
5 Inclusif: ici, qui inclut hommes et femmes.
Tu peux aussi réviser par thème
Entraîne-toi sur un thème avec les exercices des sujets de toutes les années.
- Contraction de texte (littérature d'idées moderne et contemporaine) · 45 exercices · 80 % de chances de tomber
- Essai sur la littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle · 45 exercices · 80 % de chances de tomber
- Commentaire de texte : la poésie du XIXe siècle au XXIe siècle · 7 exercices · 55 % de chances de tomber
- Commentaire de texte : le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle · 5 exercices · 40 % de chances de tomber
- Commentaire de texte : le théâtre du XVIIe siècle au XXIe siècle · 3 exercices · 40 % de chances de tomber