Sujet 3 · Bac ST2S Philosophie Métropole 2026
Thème : La justice · Tiré du sujet Métropole France (2026)
Énoncé
Sujet 3: Explication de texte
Expliquer le texte suivant:
On aurait tort de réduire la violence à l’agression, même élargie au-delà de l’agression physique – coups, blessures, mort, entrave à la liberté, séquestration, etc.; il faut encore tenir compte de la plus tenace 1 des formes de la violence, à savoir la vengeance, autrement dit la prétention de l’individu à se faire justice à lui-même. Au fond la justice s’oppose non seulement à la violence tout court, ainsi qu’à la violence dissimulée et à toutes les violences subtiles auxquelles il vient d’être fait allusion 2, mais aussi à cette simulation de la justice que constitue la vengeance, l’acte de se rendre justice à soi-même. En ce sens, l’acte fondamental par lequel on peut dire que la justice est fondée dans une société, c’est l’acte par lequel la société enlève aux individus le droit et le pouvoir de se faire justice à eux-mêmes – l’acte par lequel la puissance publique confisque pour elle-même ce pouvoir de dire et d’appliquer le droit; c’est d’ailleurs en vertu de cette confiscation que les opérations les plus civilisées de la justice, en particulier dans la sphère pénale, gardent encore la marque visible de cette violence originelle qu’est la vengeance. À bien des égards, la punition, surtout si elle conserve quelque chose de la vieille idée d’expiation 3, demeure une forme atténuée, filtrée, civilisée de la vengeance.
Paul Ricœur, Le Juste, 1995.
1. la plus tenace: la plus durable, la plus persistante.
2. il vient d’être fait allusion: l’auteur fait référence ici à un passage antérieur au texte.
3. expiation: à l’origine, rituel religieux consistant en une souffrance infligée à la suite d’une faute et considérée comme un remède ou une purification de cette faute.
Rédaction de la copie
Le candidat a le choix entre deux manières de rédiger l'explication de texte. Il peut:
– soit répondre dans l'ordre, de manière précise et développée, aux questions posées (option n°1);
– soit suivre le développement de son choix (option n°2).
Il indique son option de rédaction au début de sa copie.
Questions de l'option n°1
A. Éléments d’analyse
1.
Pourquoi aurions-nous tendance à « réduire la violence à l’agression » ? En quoi est-ce un tort selon l’auteur ?
2.
À partir de la définition de la vengeance proposée par l’auteur, expliquer en quoi elle constitue une « simulation » de justice.
3.
Par quels moyens est-ce que « la puissance publique confisque pour elle-même [le] pouvoir de dire et d’appliquer le droit » ?
4.
À partir d’un exemple, expliquer en quoi la punition demeure une forme « civilisée » de la vengeance.
B. Éléments de synthèse
1.
Quelle est la question à laquelle l’auteur tente de répondre ici ?
2.
Dégager les différents moments de l’argumentation.
3.
En prenant appui sur les éléments précédents, dégager l’idée principale du texte.
C. Commentaire
1.
Selon ce texte, est-ce à la société ou à l’individu de rendre la justice ?
2.
La justice est-elle nécessairement violente quand elle punit ?

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
1. Pourquoi aurions-nous tendance à « réduire la violence à l’agression » ? En quoi est-ce un tort selon l’auteur ?
Réponse : L'agression physique est la forme la plus visible et immédiate de violence, ce qui pousse le sens commun à s'y restreindre. Mais c'est un tort car la vengeance est une violence plus pernicieuse et tenace qui se déguise en acte de justice.
2. À partir de la définition de la vengeance proposée par l’auteur, expliquer en quoi elle constitue une « simulation » de justice.
Réponse : La vengeance mime la justice en prétendant rétablir un équilibre rompu par une faute, mais elle est exercée par une partie prenante guidée par la passion et sans tiers impartial.
3. Par quels moyens est-ce que « la puissance publique confisque pour elle-même [le] pouvoir de dire et d’appliquer le droit » ?
Réponse : L'État y parvient par l'institution d'un système judiciaire indépendant (juges, tribunaux), l'interdiction de se faire justice soi-même et le monopole de la contrainte physique légitime (police, peines pénales).
4. À partir d’un exemple, expliquer en quoi la punition demeure une forme « civilisée » de la vengeance.
Réponse : Une peine de prison, par exemple, inflige une privation de liberté (une souffrance mesurée) pour sanctionner une faute : elle canalise légalement le désir social de rétribution tout en évitant le déchaînement aveugle de la vengeance personnelle.
1. Quelle est la question à laquelle l’auteur tente de répondre ici ?
Réponse : Quel est le fondement de la justice et en quoi entretient-elle un rapport paradoxal avec la violence originaire de la vengeance ?
Les réponses des 4 questions restantes et l’explication pas à pas sont réservées aux membres Premium. Premium
Résous-le ici : correction automatique, indices et corrigé détaillé.