Sujet 1 · Bac Philosophie Métropole remplacement 2022

Thème : La justice · Tiré du sujet Métropole France remplacement (2022)

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Sujet 1

Le droit est-il la mesure des actions justes et injustes ?

Énoncé: Sujet 1 · Bac Philosophie Métropole remplacement 2022

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Le droit est-il la mesure des actions justes et injustes ?

Réponse : Proposition d'axes de problématisation et de plan détaillé : Introduction : - *Accroche et constat :* Dans la vie sociale, la loi (le droit positif) semble être le critère objectif par excellence pour trancher ce qui est permis ou défendu, juste ou coupable (légalité). - *Paradoxe :* Pourtant, l'histoire montre des lois iniques ou discriminatoires (esclavage, lois antisémites). Si le droit positif était la mesure absolue du juste, alors désobéir à une loi injuste serait injuste, ce qui heurte la conscience morale (légitimité). - *Problématique :* Le droit positif peut-il prétendre définir à lui seul ce qui est juste et injuste, ou requiert-il une norme supérieure – morale, universelle ou rationnelle – pour être lui-même jugé et mesuré ? I. Le droit positif se présente comme la mesure nécessaire des actions justes et injustes : 1. *Sortir de l'arbitraire et de la vengeance :* Sans lois communes, le juste est abandonné au jugement subjectif et aux passions individuelles (Hobbes, *Léviathan* : à l'état de nature, où il n'y a pas de loi commune, rien n'est juste ni injuste). 2. *La sécurité juridique et la paix civile :* Le droit positif fournit un critère clair, public et égalitaire qui permet de coordonner les actions humaines et de sanctionner impartialement (Kelsen et le positivisme juridique). II. Les limites du légalisme : le droit ne saurait être la mesure absolue du juste : 1. *La distinction entre légalité et légitimité :* Une action peut être légale sans être juste (Antigone face à Créon chez Sophocle ; désobéissance civile chez Thoreau). 2. *L'existence d'un idéal de justice ou droit naturel :* Pour que le droit progresse et s'auto-corrige, il faut une référence morale extérieure, des principes universels inhérents à la dignité humaine (les Droits de l'Homme, Rousseau). 3. *La nécessité de l'équité :* La loi est générale et abstraite ; son application mécanique peut créer l'injustice dans des cas particuliers. L'équité (Aristote, *Éthique à Nicomaque*, V) est alors nécessaire pour corriger la rigueur de la loi écrite. III. Une dialectique réciproque : le droit comme aspiration à la justice et la justice comme idéal régulateur du droit : 1. *Le droit comme incarnation historique et perfectible de la justice :* Le droit n'est pas la mesure statique du juste, mais l'instrument par lequel une société tente d'instituer la justice. 2. *Le rôle de la délibération démocratique :* Dans un État de droit démocratique, le droit se soumet lui-même au contrôle de constitutionnalité et à la critique citoyenne (Habermas, Ricoeur). Conclusion : Le droit positif est la mesure pratique et conventionnelle de la légalité, indispensable pour pacifier les rapports sociaux, mais il ne saurait être la mesure ultime de la justice morale, dont il doit constamment rechercher la légitimité.

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