Exercice Étude critique de document(s) 2 · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Métropole Candidat libre 2021 (sujet 2)
Thème : Qu'est-ce que l'environnement ? Notions, acteurs et débats · Tiré du sujet Métropole Candidat libre 2 (2021)
Énoncé
Étude critique de document(s) 2: Les représentations de l'environnement
En analysant les documents, en les confrontant et en utilisant vos connaissances, étudiez les différentes représentations de l'environnement et les actions menées à différentes échelles.
Document 1
Le 12 octobre 2007, l'ancien vice-président américain Al Gore et le Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) ont obtenu le prix Nobel de la paix 2007. Le prix leur est conjointement décerné pour « leurs efforts de collecte et de diffusion des connaissances sur les changements climatiques provoqués par l'homme et pour avoir posé les fondements pour les mesures nécessaires à la lutte contre ces changements ». « Al Gore est probablement l'individu qui a fait le plus pour que l'on comprenne mieux à travers le monde les mesures qui doivent être adoptées », a ajouté l'institution.
Ancien vice-président de Bill Clinton et candidat démocrate malheureux à la Maison Blanche en 2000, Al Gore a attiré l'attention de l'opinion publique en 2006 avec son livre et documentaire Une vérité qui dérange, qui tire la sonnette d'alarme face au réchauffement de la planète. Primé aux Oscars, le film de 96 minutes a contribué à vulgariser un sujet complexe et à sensibiliser l'opinion publique à la menace climatique.
Réalisant un véritable travail de fourmi, le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) expertise et compile les recherches effectuées par des milliers de scientifiques à travers le monde. Pour le Comité Nobel, ces rapports « ont créé un consensus plus largement informé sur le lien entre l'activité humaine et le réchauffement climatique. Plusieurs milliers de scientifiques et de responsables de plus d'une centaine de pays ont collaboré pour parvenir à une plus grande certitude sur l'échelle du réchauffement ».
Ses rapports, résultats de délicates tractations entre délégations des différents États, fournissent un solide socle de connaissances aux décideurs politiques. Parmi ses principales conclusions, le Giec prédit une hausse de 1,8 à 4°C de la température moyenne planétaire d'ici 2100, un réchauffement dont l'origine « très probable » est liée à l'activité humaine.
Limiter cette hausse à 2°C aurait un coût « relativement modéré », selon les chercheurs, soit une baisse de 0,12% du taux de croissance du PIB à partir de 2030.
Source: dossier d'information sur le développement durable, sur le site Internet de l'Assemblée nationale française. Consulté le 6 août 2020
Document 2
Le 6 juillet 2020 un tribunal américain a ordonné la fermeture temporaire du Dakota Access Pipeline (oléoduc de Dakota Access) dont le tracé est contesté. Il est construit par une filiale d'une entreprise de l'industrie pétrolière.
Source: Thomas Grillot, « Sioux, la lutte continue », L'Histoire, février 2020
Réponse enregistrée. Consultez la solution proposée ci-dessous.

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
Rédigez votre étude critique des documents (introduction, développement organisé, conclusion) en étudiant les différentes représentations de l'environnement et les actions menées à différentes échelles.
Réponse : Introduction : présenter les deux documents (nature, auteur, date, contexte) et montrer qu'ils proposent deux représentations différentes de l'environnement et de sa défense. Le document 1 est un dossier d'information de l'Assemblée nationale sur le prix Nobel de la paix 2007 décerné à Al Gore et au Giec : une approche scientifique et diplomatique mondiale. Le document 2 est une carte de Thomas Grillot (L'Histoire, 2020) sur le Dakota Access Pipeline : une contestation locale portée par une minorité autochtone. Problématique possible : en quoi ces documents montrent-ils que la protection de l'environnement mobilise des acteurs et des échelles très différents, parfois en tension ? I. Une représentation scientifique et institutionnelle de l'environnement à l'échelle mondiale (document 1) - Le Giec est un organisme intergouvernemental créé en 1988 sous l'égide de l'ONU (PNUE et OMM). Il construit une expertise collective et un consensus scientifique sur le changement climatique d'origine humaine, avec des milliers de scientifiques venus de plus d'une centaine de pays. - Ses projections annoncent une hausse de 1,8 à 4 °C d'ici 2100. - Al Gore, ancien vice-président américain, incarne la médiatisation politique et populaire de cet enjeu (Une vérité qui dérange, 2006). Il contribue à faire de l'environnement un problème public mondial. - Le prix Nobel de la paix traduit une reconnaissance institutionnelle : l'environnement devient un enjeu de paix et de gouvernance mondiale, qui appelle une coopération internationale (COP, accords climatiques). - Limites du document : il s'agit d'un texte institutionnel élogieux. Il signale lui-même que les rapports du Giec résultent de « délicates tractations » entre États. Il ne dit rien des résistances à cette vision, en particulier aux États-Unis (non-ratification de Kyoto). - Connaissances à mobiliser : sommets de la Terre (Rio 1992), Protocole de Kyoto (1997), Accord de Paris (2015), rôle des ONG et des scientifiques. II. Une contestation locale face aux intérêts économiques : le cas du Dakota Access Pipeline (document 2) - La carte montre le tracé de l'oléoduc, mis en service en 2017, depuis les champs pétrolifères de Bakken jusqu'à Patoka (Illinois). Il traverse plusieurs États et passe près de la réserve de Standing Rock, du lac Oahe et d'un site sacré. Des points de risque de pollution sont signalés. - L'opposition sioux (camp de Sacred Stone) illustre une autre représentation de l'environnement : un territoire sacré et une ressource vitale (l'eau), menacés par un projet d'une filiale de l'industrie pétrolière. - La décision judiciaire de fermeture temporaire (6 juillet 2020) montre que cette contestation locale peut peser jusque dans les institutions fédérales. Cette décision est toutefois provisoire et a été contestée en appel. - Limites du document : c'est une carte engagée, qui met en avant le point de vue sioux et ne présente pas les arguments économiques (emploi, indépendance énergétique). - Connaissances à mobiliser : mobilisations autochtones et justice environnementale, essor du pétrole de schiste aux États-Unis, enjeux de l'eau. III. Des représentations et des échelles d'action complémentaires mais parfois contradictoires - Deux échelles et deux légitimités de l'action environnementale s'opposent : - d'un côté, une gouvernance mondiale fondée sur l'expertise scientifique et la diplomatie (document 1) ; - de l'autre, une résistance locale et citoyenne fondée sur des valeurs culturelles et le droit (document 2). - Ces deux logiques peuvent se heurter aux politiques nationales. Les engagements climatiques mondiaux, qui visent à réduire les énergies fossiles, contrastent avec la poursuite de projets pétroliers soutenus par l'État fédéral, par exemple la relance du DAPL par l'administration Trump en 2017, puis le retrait de l'Accord de Paris. - Elles se complètent aussi : - les luttes locales s'appuient sur le consensus scientifique et sur la médiatisation mondiale, comme l'a fait Al Gore (le mouvement #NoDAPL a eu un écho international) ; - la gouvernance mondiale a besoin de relais locaux et nationaux pour être appliquée. - L'État reste un acteur central et ambivalent : il négocie au Giec et aux COP, mais il soutient aussi les industries fossiles. La justice devient un levier de l'action environnementale (procès climatiques). Conclusion : les deux documents montrent que l'environnement fait l'objet de représentations multiples : savoir scientifique global, enjeu politique et médiatique, territoire sacré et vital pour des communautés locales. Ces représentations correspondent à des actions menées à différentes échelles, mondiale, nationale et locale, qui se renforcent ou entrent en tension selon les intérêts économiques et politiques en jeu. Ouverture possible : la multiplication des contentieux climatiques et des mobilisations de jeunes, à l'image de Greta Thunberg, qui articulent elles aussi les échelles locale et mondiale.
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