Exercice 2 – Deuxième proposition · Bac Sciences de la Vie et de la Terre Centres étrangers (Afrique) 2021 (jour 2)

Thème : Reproduction de la plante entre vie fixée et mobilité · Tiré du sujet Jour 2 (2021)

Énoncé

EXERCICE 2 deuxième proposition (8 points)

De la plante sauvage à la plante domestiquée

Multiplier des plantes par culture in vitro pour conserver des espèces

Les végétaux possèdent des propriétés naturelles de totipotence cellulaire, leur conférant une capacité à se régénérer et à se reproduire par multiplication végétative.

Montrer en quoi les connaissances acquises dans le domaine des hormones végétales offrent des perspectives en matière de conservation des espèces et préciser les limites de la culture in vitro pour préserver les espèces.

Vous organiserez votre réponse selon une démarche de votre choix intégrant des données issues des documents et les connaissances complémentaires nécessaires.

Document 1: La forêt sèche de Nouvelle-Calédonie, un écosystème menacé.

Le déclin de la forêt sèche est lié à une forte déforestation d'origine anthropique. Cet écosystème abrite des plantes remarquables en danger d'extinction. Ixora margaretae, ou fontaine piment, est un petit arbuste qui n'est connu que dans les forêts sèches de Nouvelle-Calédonie. Très rare dans son milieu naturel et gravement menacé d'extinction, des moyens sont mis en œuvre pour reproduire Ixora margaretae en utilisant la culture in vitro.

Document 2: Les cals embryogènes.

Les cals sont des amas de cellules totipotentes capables de régénérer des plantules. Les cals sont obtenus en cultivant des tissus différenciés dans un milieu de culture approprié: sous l'action d'hormones végétales, des tissus de fragment de plante (feuille par exemple) se dédifférencient et aboutissent à la formation de cellules totipotentes.

Document 3: Influence des concentrations de deux hormones végétales du milieu de culture sur le devenir de fragments de feuilles.

On réalise ici des expériences de culture in vitro, au cours desquelles des fragments de feuilles (appelés explants) sont placés dans des milieux contenant différentes concentrations de deux hormones, l'auxine et la cytokinine, durant 5 semaines.

Milieu

Concentration en auxine (mg/L)

Concentration en cytokinine (mg/L)

Evolution des fragments de feuilles:

1

0

0

Les fragments de feuilles augmentent en taille mais conservent une morphologie de feuille.

2

0,5

1

Les fragments de feuilles évoluent en cals.

3

0,005

0

Les fragments de feuilles produisent des racines.

4

0

1

Les fragments de feuilles évoluent en cals. Des feuilles se développent sur ces derniers.

Données issues du site: http://plantphys.info

Document 4: Influence de la concentration en auxine du milieu sur la croissance de différents organes végétatifs (racines, bourgeons, tiges) de plantes.

D'après Thimann 1937

Document 5: Les différentes méthodes utilisées pour la conservation génétique des plantes et leurs avantages respectifs.

D'après Collin2001

Document 6: Protocole de culture in vitro ayant permis la multiplication d' Ixora margaretae.

Un laboratoire de Nouvelle-Calédonie, travaille sur des méthodes utilisant la culture in vitro comme moyen de multiplication d'espèces en danger comme Ixora margaretae.

D'après B. Fogliani, V. Medevielle et S. Bouraima-Madjèbi, 2009.

Énoncé: Exercice 2 – Deuxième proposition · Bac Sciences de la Vie et de la Terre Centres étrangers (Afrique) 2021 (jour 2)

Corrigé

Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)

Montrer en quoi les connaissances acquises dans le domaine des hormones végétales offrent des perspectives en matière de conservation des espèces et préciser les limites de la culture in vitro pour préserver les espèces.

Réponse : Introduction - Contexte : la déforestation d'origine humaine a fait fortement reculer la forêt sèche de Nouvelle-Calédonie (Doc 1, cartes). Des espèces endémiques rares comme *Ixora margaretae* sont ainsi menacées d'extinction. - Problématique : en quoi la maîtrise des hormones végétales permet-elle de multiplier et de sauvegarder ces espèces, et quelles sont les limites de la culture in vitro ? I. Les hormones végétales, outils de multiplication in vitro 1. *Totipotence et dédifférenciation (Doc 2)* - Les cellules végétales sont totipotentes. - Sous l'action d'hormones, des explants de feuille se dédifférencient en cals : des amas de cellules indifférenciées qui se divisent par mitose et peuvent régénérer des plantules. 2. *Rôle de l'équilibre auxine / cytokinine (Doc 3)* - Sans hormone (milieu 1) : la feuille grandit sans changer de morphologie. - Auxine 0,5 mg/L + cytokinine 1 mg/L (milieu 2) : formation de cals. - Cytokinine seule (milieu 4) : cals sur lesquels se développent des feuilles (organogenèse caulinaire). - Très faible dose d'auxine seule, 0,005 mg/L (milieu 3) : formation de racines (rhizogenèse). - Le devenir des tissus dépend donc de la nature et du dosage des hormones. 3. *Effet dose-dépendant de l'auxine (Doc 4)* - Chaque organe a sa sensibilité propre. - Racines : stimulées à très faible concentration (optimum vers 10⁻¹⁰), inhibées au-delà d'environ 3·10⁻¹⁰. - Bourgeons : optimum vers 10⁻⁸, inhibés au-delà d'environ 3·10⁻⁷. - Tiges : optimum vers 10⁻⁵, inhibées au-delà d'environ 10⁻³. - Pour induire les racines, il faut donc un milieu très faiblement dosé en auxine. 4. *Application au protocole d'Ixora margaretae (Doc 6)* - Étapes 1-2 : un embryon de graine cultivé in vitro donne une plantule fournissant des feuilles. - Étapes 3-4 : les feuilles sont placées sur un milieu hormonal adapté (riche en cytokinine) ; on obtient des cals porteurs de feuilles. - Les cals sont fragmentés, ce qui permet d'obtenir de très nombreux plants à partir d'un seul. - Étape 5 : transfert sur un milieu induisant les racines (faible dose d'auxine). - Étape 6 : acclimatation en serre puis réintroduction dans le milieu naturel. - Cette méthode est intéressante pour une espèce rare, qui se reproduit difficilement par voie sexuée (Doc 5). Elle est rapide et demande peu de matériel végétal. II. Les limites de la culture in vitro 1. *Des clones (Doc 5)* - La multiplication végétative repose uniquement sur des mitoses. - Les plants obtenus sont des copies génétiques conformes de la plante d'origine : ici, tous descendent d'un seul embryon. - Il n'y a ni méiose ni fécondation, donc aucun brassage génétique. 2. *Une population vulnérable* - Une population de clones a une diversité génétique quasi nulle. - Un pathogène ou un changement de l'environnement (sécheresse, climat) peut alors toucher tous les individus de la même façon. - La capacité d'adaptation de l'espèce par sélection naturelle est donc réduite. 3. *Des limites pratiques et écologiques* - La technique est coûteuse : laboratoire, milieux stériles, acclimatation délicate. - Les plants réintroduits ne survivront que si leur habitat est protégé. La culture in vitro ne règle pas le problème de la déforestation. 4. *La reproduction sexuée en complément (Doc 5)* - Semer des graines récoltées sur l'ensemble des populations permet la fécondation croisée et la recombinaison des génotypes. Cela maintient la diversité génétique. - Les graines peuvent en outre être conservées en chambre froide (banques de graines). Conclusion - La maîtrise des hormones végétales (équilibre auxine/cytokinine, effets dose-dépendants) exploite la totipotence des cellules. Elle permet de multiplier massivement des espèces menacées comme *Ixora margaretae* et de les réintroduire. - Mais ces plants sont des clones génétiquement uniformes, donc fragiles. - Une conservation durable doit associer culture in vitro, reproduction sexuée (banques de graines, croisements entre populations) et protection de l'habitat.

L’explication pas à pas, faite avec l’IA, est réservée aux membres Premium. Premium

Résous-le ici : correction automatique, indices et corrigé détaillé.

‹ Exercice 2 · Centres étrangers (Afrique) 2024 (jour 2)

Plus d’exercices de Reproduction de la plante entre vie fixée et mobilité