Dissertation 1 · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Centres étrangers (Afrique) 2025 (jour 1)
Thème : L'histoire et les mémoires du génocide des Juifs et des Tsiganes · Tiré du sujet Jour 1 (2025)
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Dissertation 1
Acteurs et enjeux de la construction des mémoires du génocide des Juifs et des Tsiganes depuis 1945.

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Acteurs et enjeux de la construction des mémoires du génocide des Juifs et des Tsiganes depuis 1945.
Réponse : Une dissertation complète et structurée comportant : - Introduction : Définition des termes (« génocide », « mémoires », « acteurs », « enjeux »), mise en contexte (libération des camps, procès de Nuremberg) et contextualisation du génocide des Juifs (Shoah) et des Tsiganes (Samudaripen). Problématique : Dans quelle mesure la construction des mémoires des génocides juif et tsigane, portée par une multiplicité d'acteurs, est-elle passée de l'oubli et de la marginalisation à une reconnaissance politique, mémorielle et judiciaire universelle, non sans concurrences et asymétries ? - Partie I : 1945 aux années 1960 — Le temps du silence, de l'occultation et de la mémoire héroïsée : 1. L'immédiat après-guerre et la prééminence des mémoires nationales et résistancialistes : la spécificité du génocide juif est minorée et assimilée aux crimes de guerre nazis lors du procès de Nuremberg. 2. Le silence encore plus marqué pour les Tsiganes : internements prolongés en France jusqu'en 1946, non-reconnaissance à Nuremberg, stigmatisation persistante. 3. Les premiers témoins et pionniers isolés : associations de survivants, premiers écrits (Primo Levi, Anne Frank), travaux d'historiens pionniers (Raul Hilberg). - Partie II : Des années 1960 aux années 1980 — L'émergence et le réveil des mémoires grâce à la justice et aux médias : 1. Le rôle central de la justice : procès Eichmann à Jérusalem (1961), où la parole des témoins prend le pas sur les seuls documents ; procès d'Auschwitz à Francfort (1963-1965) ; imprescriptibilité des crimes contre l'humanité en France (1964). 2. L'essor culturel et audiovisuel : série *Holocauste* (1978) et film *Shoah* de Claude Lanzmann (1985), qui ancrent la mémoire dans l'espace public mondial. 3. L'action des « chasseurs de nazis » (Serge et Beate Klarsfeld) et l'engagement des associations tsiganes : action de Romani Rose en RFA, qui obtient la reconnaissance du génocide par le chancelier Helmut Schmidt en 1982. - Partie III : Depuis les années 1990 — Institutionnalisation, mondialisation et enjeux contemporains : 1. Reconnaissance officielle par les États : discours du Vel' d'Hiv par Jacques Chirac (1995), procès Touvier et Papon, puis reconnaissance tardive en France de l'internement des Tsiganes par François Hollande (2016). 2. Patrimonialisation et transmission : mémoriaux (Mémorial de la Shoah à Paris, Mémorial aux Juifs assassinés d'Europe et Mémorial aux Sinti et Roms à Berlin), inscription d'Auschwitz à l'UNESCO, journées du souvenir (27 janvier pour la Shoah, 2 août pour le Samudaripen). 3. Enjeux contemporains : concurrence mémorielle, montée de l'antisémitisme et de l'antitsiganisme, lutte contre le négationnisme et disparition progressive des derniers témoins directs. - Conclusion : Bilan synthétique montrant l'asymétrie temporelle entre la mémoire de la Shoah, devenue référence mémorielle globale, et celle du génocide tsigane, reconnue plus tardivement et encore fragile. La conclusion souligne le rôle décisif des acteurs (témoins, historiens, juges, associations, États) et les enjeux civiques et politiques du devoir de mémoire. Ouverture possible : la transmission après la disparition des derniers témoins, ou l'usage de la mémoire de la Shoah comme référence pour penser d'autres génocides.
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