Exercice Étude critique de document(s) 2 · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Centres étrangers (Afrique) 2021 (jour 1)
Thème : Formes de conflits et tentatives de paix dans le monde actuel : typologie et acteurs · Tiré du sujet Jour 1 (2021)
Énoncé
Étude critique de document(s) 2: La doctrine militaire française concernant le cyberespace
En analysant le document et en vous appuyant sur vos connaissances, montrez que le cyberespace est conflictuel et expliquez comment la France répond à ces menaces.
Document
Rédigés à la demande du président de la République, les Livres blancs sur la Défense et la sécurité nationale fixent les orientations stratégiques de la France. Quatre Livres blancs ont été rédigés entre 1972 et 2020.
Les systèmes d'information sont désormais une donnée constitutive de nos sociétés. Au-delà des facilités considérables qu'elle apporte, l'interconnexion des systèmes d'information est une source de vulnérabilités nouvelles. Déjà identifiées dans le précédent Livre blanc, les menaces et les risques induits par l'expansion généralisée du cyberespace ont été confirmés, qu'il s'agisse d'atteintes à des systèmes résultant d'actes intentionnels ou de ruptures accidentelles mettant en cause le fonctionnement d'une infrastructure numérique critique.
Le développement rapide des infrastructures numériques ne s'est pas toujours accompagné d'un effort parallèle de protection, de sorte que les agressions de nature cybernétique sont relativement faciles à mettre en œuvre et peu coûteuses. Leur furtivité complique l'identification de leurs auteurs qui peuvent être aussi bien étatiques que non-étatiques. Les agressions les plus sophistiquées requièrent néanmoins une organisation complexe. Une attaque d'envergure contre une infrastructure numérique repose sur une connaissance détaillée de la cible visée, connaissance qui peut s'acquérir par des attaques préalables de moindre ampleur destinées à tester la cible, ou par des renseignements obtenus par d'autres moyens.
Les menaces qui se développent dans le cyberespace sont de plusieurs ordres. Au plus bas niveau, elles sont une forme nouvelle de criminalité, qui ne relève pas spécifiquement de la sécurité nationale: vol d'informations personnelles à des fins de chantage ou de détournements de fonds, usurpation d'identité, trafic de produits prohibés, etc. Relèvent en revanche de la sécurité nationale les tentatives de pénétration de réseaux numériques à des fins d'espionnage, qu'elles visent des systèmes d'information de l'État ou ceux des entreprises. Une attaque visant la destruction ou la prise de contrôle à distance de systèmes informatisés commandant le fonctionnement d'infrastructures d'importance vitale, de systèmes de gestion automatisés d'outils industriels potentiellement dangereux, voire de systèmes d'armes ou de capacités militaires stratégiques pourrait ainsi avoir de graves conséquences.
Le cyberespace est donc désormais un champ de confrontation à part entière. La possibilité, envisagée par le précédent Livre blanc, d'une attaque informatique majeure contre les systèmes d'information nationaux dans un scénario de guerre informatique constitue, pour la France et ses partenaires européens, une menace de première importance.
Source: Livre blanc sur la défense et sur la sécurité nationale, 2013
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Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
En analysant le document et en vous appuyant sur vos connaissances, montrez que le cyberespace est conflictuel et expliquez comment la France répond à ces menaces.
Réponse : Introduction : Le document est un extrait du Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale de 2013, texte officiel rédigé à la demande du président de la République qui fixe les orientations stratégiques françaises. Il décrit les menaces nouvelles liées à l'expansion du cyberespace et fait du risque cyber un enjeu de sécurité nationale. Problématique : en quoi le cyberespace constitue-t-il un nouvel espace de conflictualité, et comment la France organise-t-elle sa défense face à ces menaces ? I. Le cyberespace, un nouvel espace conflictuel - L'interconnexion généralisée des systèmes d'information crée des vulnérabilités nouvelles : le document souligne que les infrastructures numériques se sont développées plus vite que leur protection. - Les agressions informatiques sont peu coûteuses et faciles à mettre en œuvre. Elles sont aussi difficiles à attribuer (furtivité, acteurs étatiques ou non étatiques). Elles constituent donc une arme asymétrique prisée par des acteurs variés : États, groupes criminels, terroristes. - Le document distingue plusieurs niveaux de menace : - la cybercriminalité (vol de données, chantage, usurpation d'identité) ; - l'espionnage (pénétration de réseaux étatiques ou d'entreprises) ; - les attaques les plus graves, visant la destruction ou la prise de contrôle d'infrastructures vitales (réseaux énergétiques, systèmes industriels, systèmes d'armes), qui peuvent s'inscrire dans un scénario de guerre informatique. - Le cyberespace devient ainsi un véritable « champ de confrontation à part entière », au même titre que les espaces terrestre, maritime, aérien et spatial. II. La réponse de la France face à ces menaces - La France a fait de la cyberdéfense une priorité stratégique depuis le Livre blanc de 2008. Cette priorité a été renforcée par le Livre blanc de 2013, puis par la Revue stratégique de cyberdéfense (2018) : le cyberespace est reconnu comme un milieu à part entière de la conflictualité. - Sur le plan institutionnel, la France s'est dotée : - de l'ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information, 2009), chargée de la protection des systèmes d'information critiques ; - du Commandement de la cyberdéfense (COMCYBER, 2017) au sein des armées, qui développe des capacités défensives et offensives. - La doctrine française repose sur plusieurs piliers : - la protection des infrastructures vitales (OIV) ; - le renseignement pour anticiper les attaques ; - la capacité de réaction et d'attribution ; - la coopération européenne et internationale, puisque l'attaque cyber majeure est présentée comme une menace commune à la France et à ses partenaires européens. - Cette réponse s'inscrit dans une approche globale de la sécurité nationale. Elle associe défense militaire, sécurité intérieure et résilience des acteurs privés (entreprises, opérateurs d'importance vitale). Conclusion : Le cyberespace est devenu un espace de conflictualité à part entière, où se mêlent criminalité, espionnage et menaces sur la sécurité nationale. Face à cela, la France a construit progressivement une doctrine de cyberdéfense fondée sur : - des institutions spécialisées (ANSSI, COMCYBER) ; - la protection des infrastructures vitales ; - le développement de capacités défensives et offensives ; - la coopération avec ses partenaires européens et alliés. Le document de 2013 témoigne de cette prise de conscience. Il reste toutefois un texte officiel qui présente la vision de l'État : les difficultés d'attribution et la rapidité des évolutions technologiques rendent cette menace toujours mouvante.
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