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Sujet du Bac ST2S Français 2022 · Asie Session normale

Sujet du Bac ST2S de Français 2022, Asie Session normale : 1 exercice corrigé. Thèmes : Contraction de texte. Avec correction automatique.

Thèmes du sujet : Contraction de texte (littérature d'idées moderne et contemporaine) · Essai sur la littérature d'idées du XVIe au XVIIIe siècle · Commentaire de texte : le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle

Exercice 1 - Commentaire de texte

1- Commentaire de texte [20 points]

Objet d'étude: Le roman et le récit du Moyen Âge au XXIe siècle

Texte: Sylvie Germain, Le Livre des Nuits, 1985.

Mathurin et son frère Augustin sont appelés à prendre part à la Première Guerre mondiale. Ils partent pour rejoindre le front et traversent une zone ravagée par les combats. Obligés de faire un détour, ils parviennent au bord de la mer.

Ils partirent à la tombée d'une nuit d'automne, glissant à travers les forêts dont les lisières parfois tremblaient et rougeoyaient de loin en loin. Ils se laissèrent dériver le long des rivières, se mêlèrent à des hordes de gens hagards 1 abandonnant leurs villages en cendres et même à des troupeaux de bêtes chassées des prés dévastés. 5 Ils se vêtirent d'ombre et de silence et se couchèrent souvent parmi les morts qui traînaient au hasard de leur route. Ils traversèrent le pays de leur père mais ne le surent pas; d'ailleurs il n'y avait rien à découvrir, le paysage depuis leur départ était partout le même, la guerre avait tout arasé 2 et indifférencié. Mais plus ils s'éloignaient ainsi de chez eux et plus leurs cœurs y faisaient retour.

10 Tout le temps de leur fuite ils ne se parlèrent pas et jamais ne se séparèrent, seul comptait pour chacun d'entendre et de sentir le souffle de l'autre à son côté.

Un jour ils parvinrent au bout de la terre et découvrirent la mer; ils n'avaient jamais vu la mer, ils étaient des hommes des champs et des forêts. Ils restèrent un long moment à contempler cette énorme masse d'un gris plombé qui mugissait 3 une 15 plainte rauque 4 et continue comme une supplication vide. Mathurin aima la mer qui lui évoquait le beuglement de ses bœufs. Augustin ne l'aima pas, il lui trouva un goût de mort.

Lorsqu'il s'élança vers eux, hors d'haleine, ils ne le reconnurent pas. Il s'affaissa aux pieds de Mathurin et s'échoua sur le flanc. Ses pattes étaient en sang et son 20 pelage noir était roussi 5, souillé de boue, marqué de plaies à plusieurs endroits. Ses yeux étincelaient de l'éclat fixe et sourd des cailloux au fond de l'eau. À son cou il portait une petite sacoche de cuir qu'une balle avait dû traverser. Il haletait 6 si fort que la rumeur de la mer reflua en sourdine. « Folco ! » s'exclama enfin Mathurin en soulevant le chien dans ses bras. Son chien, le gardien de ses bœufs, il le retrouvait 25 là, au terme de sa marche, aux confins de la terre. Il le serra tout contre lui, roulant sa tête dans son cou. « Folco... », ne cessait-il de répéter en berçant l'animal épuisé. Augustin aussi s'était approché et caressait Folco en souriant. « Il porte quelque chose à son cou », remarqua-t-il. Le chien gémissait doucement maintenant. Augustin détacha le sac et l'ouvrit. Il en sortit un gros rouleau de feuilles que l'humidité avait 30 collées les unes aux autres. « Juliette ! » dit-il en passant ses doigts sur l'écriture bien droite et appliquée qui recouvrait le papier. « Juliette ? s'écria Mathurin, mais alors Hortense 7 aussi a écrit ! Lis, lis vite ! » Mais les lettres étaient illisibles tant le papier était mouillé et enroulé. « Il faut laisser sécher les feuilles. Après je pourrai lire », dit Augustin en glissant le rouleau sous ses vêtements.

35 Le chien s'était endormi sur les genoux de Mathurin et le long mugissement de la mer emplissait à nouveau la plage déserte. Les deux frères s'assoupirent à leur tour, assis épaule contre épaule, en regardant la mer d'un gris violâtre refluer lourdement devant eux. La pluie tombait, tout là-bas, à l'horizon, froissant le ciel comme un grand rideau de gaze 8 sombre. Ils avaient traversé la zone impossible, avaient rampé sous 40 les balles et roulé dans la boue de champs non moissonnés dont les épis noirs s'entortillaient autour des débris d'armes et aux doigts des morts; ils s'étaient égarés si souvent qu'ils s'étaient crus irrémédiablement perdus, s'étaient nourris de racines et avaient bu l'eau des flaques; ils avaient dormi recroquevillés au fond de trous sur des cailloux gelés. Et maintenant ils étaient là, saufs et inséparés, assis face à la mer qui 45 reculait devant eux comme pour mieux leur ouvrir à nouveau l'espace et l'espérance.

1. Hagards: au regard perdu, chargé de peur et de souffrance.

2. Arasé: rasé au même niveau.

3. Mugir: faire entendre un son puissant et prolongé.

4. Rauque: sauvage.

5. Roussi: qui prend une couleur rousse.

6. Haleter: respirer de manière bruyante, rapide et saccadée.

7. Juliette et Hortense sont les deux femmes qu'ils aiment.

8. Gaze: tissu très fin et très léger, presque transparent.

Vous ferez le commentaire du texte extrait du Livre des Nuits en vous aidant des pistes de lecture suivantes:

1- Vous montrerez tout d'abord que les personnages évoluent dans un paysage de mort et de fin du monde.

2- Vous montrerez ensuite comment ils incarnent ce qui reste de vie et d'espoir dans ce monde détruit.

Exercice 2.A - Contraction de texte

2. A - Contraction de texte

A – Œuvre: Rabelais, Gargantua, chapitres XI à XXIV. Parcours: la bonne éducation.

Texte: Françoise Dolto, « Désirs et besoins », L'école des parents, n°4, avril 1985.

En éducation, nous devrions veiller à satisfaire de notre mieux les besoins de l'enfant, mais à ne satisfaire qu'un minimum de leurs désirs: ne pas donner tout tout de suite mais ouvrir le désir vers un horizon, vers un circuit long, vers le travail à accomplir sur soi, qui amènera l'enfant à se satisfaire, dans la direction qui est la sienne. [...]

L'éducation doit veiller à soutenir le désir vers le nouveau, en le parlant, en parlant l'impossible de la satisfaction: donc, en fait, ne pas satisfaire les désirs qui, satisfaits aussitôt, devenus habitudes, rentreraient parmi les besoins. Il faudrait alors chercher ailleurs du nouveau.

Laissons l'enfant parler de ses désirs, justifions-les, même si nous les nions au nom de la réalité. En entrant en communication avec lui à propos de ce qu'il désire, on lui ouvre le monde: un monde de représentation, de langage, de vocabulaire et de promesses de plaisirs. Une fois qu'il a son bonbon – ou pire son chewing-gum – les parents ont peut-être la paix, mais l'enfant ne parle pas, n'observe rien, il est centré sur son tube digestif. Son désir est mis au niveau du besoin, puisque ses parents l'ont satisfait, sans doute parce qu'ils seraient angoissés de ne pas le faire… Résultat: cet enfant est obligé de chercher de nouveaux désirs, d'une façon incohérente, sans entrer dans le langage. L'enfant n'a pas besoin de bonbons. Il en demande un pour qu'on s'occupe de lui, qu'on lui parle. Si on lui dit: « Comment serait ce bonbon ? Rouge ? », on se met à parler du goût du bonbon rouge, du goût du bonbon vert; on dessinera même un bonbon, et l'enfant aura complètement oublié qu'il voulait en manger un. Mais quelle bonne conversation autour des bonbons !

Parler les désirs, les représenter, partir des désirs pour entrer en communication avec les autres, par la parole et non dans le corps à corps, voilà ce qui fait la culture, la littérature, la sculpture, la musique, la peinture, le dessin, la danse: voilà ce qui fait fabriquer ce que l'on n'a pas obtenu, représenter le désir en inventant, en créant. Quand un enfant veut avoir un jouet qu'il n'a pas, il invente n'importe quoi pour le remplacer. Si on lui donne le jouet, il est rapidement cassé, il ne peut plus rien inventer et il faut lui en racheter un autre.

Ne pas satisfaire les désirs, cependant, ce n'est pas les nier. Devant les vitrines de jouets, par exemple, un enfant s'écriera: « Ah ! je voudrais ce camion ! ». Beaucoup de mères (ou de pères) entraîneront alors l'enfant rapidement loin de la vitrine en disant: « On ne peut pas l'acheter ». Ils ne veulent pas qu'il soit tenté, alors que c'est cela vivre, mettre des mots sur ce qui nous tente:

« Ce camion-là, tu trouves qu'il est bien ?

- Ah oui !

- Qu'est-ce qu'il a de bien ?

- Il a des roues rouges.

- Est-ce qu'avec des roues rouges il marche bien ? Un camion, il faut que cela roule. Entrons dans le magasin, tu vas le toucher, le regarder, mais aujourd'hui, je n'ai pas l'argent pour le payer.

- Si, si, si !

- Je ne l'ai pas, c'est comme ça ».

Quand l'enfant voit que la mère est décidée, il s'arrête. Il a été satisfait de communier avec elle dans le désir du camion. Et la non-satisfaction immédiate n'empêche pas d'espérer [...].

Beaucoup de parents dévalorisent les désirs de leurs enfants, alors qu'il faut toujours les justifier: « Ce n'est pas possible à réaliser, mais tu as tout à fait raison de le désirer. » De même, plus profondément, les enfants ont des désirs contradictoires, ambivalents 1. « Tu veux et tu ne veux pas en même temps. Tu es comme deux, un qui veut, un qui ne veut pas. Les adultes aussi sont ainsi. » Et l'enfant comprendra très bien qu'il est justifié d'un désir contradictoire.

Pour les adolescents, cette attitude de justification du désir reste toujours la bonne. [...]

En agissant ainsi, on donne à l'enfant, au jeune, son autonomie pour satisfaire ses désirs, et on ne l'aide que pour satisfaire ses besoins.

(723 mots).

1 Ambivalents: où coexistent des tendances, des sentiments opposés.

Vous ferez la contraction de ce texte en 181 mots. Une tolérance de plus ou moins 10% est admise: les limites sont donc fixées à au moins 163 mots et au plus 199 mots. Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et vous indiquerez à la fin de la contraction le nombre de mots qu'elle comporte.

Exercice 2.A - Essai

2. A - Essai

A – Œuvre: Rabelais, Gargantua, chapitres XI à XXIV. Parcours: la bonne éducation.

Texte: Françoise Dolto, « Désirs et besoins », L'école des parents, n°4, avril 1985.

En éducation, nous devrions veiller à satisfaire de notre mieux les besoins de l'enfant, mais à ne satisfaire qu'un minimum de leurs désirs: ne pas donner tout tout de suite mais ouvrir le désir vers un horizon, vers un circuit long, vers le travail à accomplir sur soi, qui amènera l'enfant à se satisfaire, dans la direction qui est la sienne. [...]

L'éducation doit veiller à soutenir le désir vers le nouveau, en le parlant, en parlant l'impossible de la satisfaction: donc, en fait, ne pas satisfaire les désirs qui, satisfaits aussitôt, devenus habitudes, rentreraient parmi les besoins. Il faudrait alors chercher ailleurs du nouveau.

Laissons l'enfant parler de ses désirs, justifions-les, même si nous les nions au nom de la réalité. En entrant en communication avec lui à propos de ce qu'il désire, on lui ouvre le monde: un monde de représentation, de langage, de vocabulaire et de promesses de plaisirs. Une fois qu'il a son bonbon – ou pire son chewing-gum – les parents ont peut-être la paix, mais l'enfant ne parle pas, n'observe rien, il est centré sur son tube digestif. Son désir est mis au niveau du besoin, puisque ses parents l'ont satisfait, sans doute parce qu'ils seraient angoissés de ne pas le faire… Résultat: cet enfant est obligé de chercher de nouveaux désirs, d'une façon incohérente, sans entrer dans le langage. L'enfant n'a pas besoin de bonbons. Il en demande un pour qu'on s'occupe de lui, qu'on lui parle. Si on lui dit: « Comment serait ce bonbon ? Rouge ? », on se met à parler du goût du bonbon rouge, du goût du bonbon vert; on dessinera même un bonbon, et l'enfant aura complètement oublié qu'il voulait en manger un. Mais quelle bonne conversation autour des bonbons !

Parler les désirs, les représenter, partir des désirs pour entrer en communication avec les autres, par la parole et non dans le corps à corps, voilà ce qui fait la culture, la littérature, la sculpture, la musique, la peinture, le dessin, la danse: voilà ce qui fait fabriquer ce que l'on n'a pas obtenu, représenter le désir en inventant, en créant. Quand un enfant veut avoir un jouet qu'il n'a pas, il invente n'importe quoi pour le remplacer. Si on lui donne le jouet, il est rapidement cassé, il ne peut plus rien inventer et il faut lui en racheter un autre.

Ne pas satisfaire les désirs, cependant, ce n'est pas les nier. Devant les vitrines de jouets, par exemple, un enfant s'écriera: « Ah ! je voudrais ce camion ! ». Beaucoup de mères (ou de pères) entraîneront alors l'enfant rapidement loin de la vitrine en disant: « On ne peut pas l'acheter ». Ils ne veulent pas qu'il soit tenté, alors que c'est cela vivre, mettre des mots sur ce qui nous tente:

« Ce camion-là, tu trouves qu'il est bien ?

- Ah oui !

- Qu'est-ce qu'il a de bien ?

- Il a des roues rouges.

- Est-ce qu'avec des roues rouges il marche bien ? Un camion, il faut que cela roule. Entrons dans le magasin, tu vas le toucher, le regarder, mais aujourd'hui, je n'ai pas l'argent pour le payer.

- Si, si, si !

- Je ne l'ai pas, c'est comme ça ».

Quand l'enfant voit que la mère est décidée, il s'arrête. Il a été satisfait de communier avec elle dans le désir du camion. Et la non-satisfaction immédiate n'empêche pas d'espérer [...].

Beaucoup de parents dévalorisent les désirs de leurs enfants, alors qu'il faut toujours les justifier: « Ce n'est pas possible à réaliser, mais tu as tout à fait raison de le désirer. » De même, plus profondément, les enfants ont des désirs contradictoires, ambivalents 1. « Tu veux et tu ne veux pas en même temps. Tu es comme deux, un qui veut, un qui ne veut pas. Les adultes aussi sont ainsi. » Et l'enfant comprendra très bien qu'il est justifié d'un désir contradictoire.

Pour les adolescents, cette attitude de justification du désir reste toujours la bonne. [...]

En agissant ainsi, on donne à l'enfant, au jeune, son autonomie pour satisfaire ses désirs, et on ne l'aide que pour satisfaire ses besoins.

(723 mots).

1 Ambivalents: où coexistent des tendances, des sentiments opposés.

Selon vous, quelle place faut-il faire au désir dans l'éducation d'un individu ?

Vous développerez de manière organisée votre réponse à cette question, en prenant appui sur Gargantua (chapitres XI à XXIV) de Rabelais, sur le texte de l'exercice de contraction (texte de Françoise Dolto) et sur ceux que vous avez étudiés dans l'année dans le cadre de l'objet d'étude « La littérature d'idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle ». Vous pourrez aussi faire appel à vos lectures et à votre culture personnelle.

Exercice 2.B - Contraction de texte

B – Œuvre: La Bruyère, Les Caractères, livre XI « De l'Homme ». Parcours: peindre les Hommes, examiner la nature humaine.

B – Œuvre: La Bruyère, Les Caractères, livre XI « De l'Homme ». Parcours: peindre les Hommes, examiner la nature humaine.

Texte: Norbert Élias, La Société de cour, 1969.

Il ne s'agit pas de « psychologie » au sens scientifique du terme, mais de la faculté, née des nécessités de la vie de cour, de se rendre compte avec précision du caractère, des motivations, des capacités et des limites des autres. Qu'on songe à l'art de ces hommes d'interpréter les dessous des gestes et expressions de chacun, de 5 sonder les moindres propos entendus pour dégager leur signification, leur dessein 1 secret. […]

Cet art curial 2 de l'observation des hommes est d'autant plus réaliste qu'il ne vise jamais à considérer l'autre comme un être recevant ses règles et ses traits essentiels de son propre Moi. Dans l'univers de la cour, on regarde l'individu toujours 10 avec ses implications sociales, dans ses rapports avec les autres. Ce trait révèle aussi les liens étroits entre l'homme de cour et la société. Mais l'art de l'observation ne s'applique pas uniquement aux autres, il englobe aussi l'observateur. Nous assistons à la création d'un genre particulier d'auto-observation: « Qu'un favori s'observe de fort 15 près », dit La Bruyère. Il s'établit une correspondance entre l'observation de soi-même et l'observation des autres. L'une sans l'autre serait dépourvue de sens. Nous n'avons pas affaire à une auto-observation de type essentiellement religieux, consistant à observer son « Moi », à s'abîmer en soi-même, à s'isoler pour scruter et discipliner, 20 dans un acte de soumission à la volonté de Dieu, mais à un retour sur sa propre personne pour mieux discipliner ses relations sociales et mondaines.

« Un homme qui sait la cour est maître de son geste, de ses yeux, et de son visage; il est profond, impénétrable; il dissimule les mauvais offices, sourit à ses 25 ennemis, contraint son humeur, déguise ses passions, dément son cœur, parle, agit contre ses sentiments 3. »

Or, rien ne porte l'homme de la cour à se faire illusion sur les mobiles profonds de ses actes. Bien au contraire. De même qu'il est obligé de découvrir derrière la 30 dissimulation et la maîtrise de soi des autres leurs motifs et pulsions véritables, qu'il est perdu s'il n'arrive pas à deviner derrière l'attitude impassible de ses concurrents les passions et intérêts agissants, de même il doit connaître ses propres passions pour pouvoir les dissimuler. L'idée que l'égoïsme est le mobile profond de nos actes n'est 35 pas une découverte du milieu bourgeois-capitaliste 4 et de son climat de concurrence: elle a été formulée pour la première fois dans l'univers concurrentiel de la cour; c'est lui qui nous a donné les premières descriptions modernes, sans le moindre fard 5, des 35 passions humaines. Il n'est pour s'en convaincre que d'ouvrir les « maximes » de La Rochefoucauld.

Le corollaire 6 de l'art d'observer les hommes est l'art de les décrire. Le livre et la rédaction d'un livre n'avaient pas, pour l'homme de cour, le même sens que pour 40 nous. Il ne cherchait pas à s'interpréter, à se représenter en se justifiant ou en exposant les raisons de ses actes. Ce que nous avons dit plus haut de l'attitude de l'homme de cour s'applique aussi à ses écrits. Ils étaient une fin en soi et pouvaient et devaient se passer de toute motivation ou justification.

L'homme de cour se représentait d'abord dans ses paroles et dans ses actes – 45 actes d'un caractère particulier; ses livres sont également des instruments directs de la vie sociale, des fragments de conversation et des jeux de société, ou – comme la plupart des mémoires d'hommes de cour – des conversations n'ayant pas eu lieu, parce que pour une raison ou une autre le partenaire approprié faisait défaut. Tous 50 ces ouvrages témoignent de l'attitude que leurs auteurs adoptaient dans la vie.

Comme l'art d'observer les hommes était d'une importance vitale pour tous ceux qui vivaient à la cour, on ne saurait s'étonner que les Mémoires, lettres et aphorismes des aristocrates de cette époque aient poussé à la perfection l'art du portrait humain.

La route ainsi tracée a été empruntée en France (pour des raisons que nous ne 55 pouvons examiner ici, mais qui ont peut-être quelque rapport avec le fait qu'une certaine « bonne société parisienne », héritière directe des mœurs de la société de cour, s'est maintenue au-delà de la Révolution jusqu'à nos jours) par toute une lignée de romanciers et d'hommes de lettres.

(762 mots)

1 Dessein: but.

2 Art curial: art propre à la cour et aux courtisans.

3 La Bruyère, Les Caractères, « De la Cour », 2.

4 Milieu bourgeois-capitaliste: classe sociale qui émerge à la fin de l'Ancien Régime, définie par ce qu'elle est propriétaire des moyens de production.

5 Sans le moindre fard: sans rien dissimuler ni déguiser.

6 Corollaire: conséquence logique.

Contraction: Vous ferez la contraction de ce texte en 191 mots. Une tolérance de plus ou moins 10% est admise: les limites sont donc fixées à au moins 172 mots et au plus 210 mots. Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et vous indiquerez à la fin de la contraction le nombre de mots qu'elle comporte.

Exercice 2.B - Essai

B – Œuvre: La Bruyère, Les Caractères, livre XI « De l'Homme ». Parcours: peindre les Hommes, examiner la nature humaine.

B – Œuvre: La Bruyère, Les Caractères, livre XI « De l'Homme ». Parcours: peindre les Hommes, examiner la nature humaine.

Texte: Norbert Élias, La Société de cour, 1969.

Il ne s'agit pas de « psychologie » au sens scientifique du terme, mais de la faculté, née des nécessités de la vie de cour, de se rendre compte avec précision du caractère, des motivations, des capacités et des limites des autres. Qu'on songe à l'art de ces hommes d'interpréter les dessous des gestes et expressions de chacun, de 5 sonder les moindres propos entendus pour dégager leur signification, leur dessein 1 secret. […]

Cet art curial 2 de l'observation des hommes est d'autant plus réaliste qu'il ne vise jamais à considérer l'autre comme un être recevant ses règles et ses traits essentiels de son propre Moi. Dans l'univers de la cour, on regarde l'individu toujours 10 avec ses implications sociales, dans ses rapports avec les autres. Ce trait révèle aussi les liens étroits entre l'homme de cour et la société. Mais l'art de l'observation ne s'applique pas uniquement aux autres, il englobe aussi l'observateur. Nous assistons à la création d'un genre particulier d'auto-observation: « Qu'un favori s'observe de fort 15 près », dit La Bruyère. Il s'établit une correspondance entre l'observation de soi-même et l'observation des autres. L'une sans l'autre serait dépourvue de sens. Nous n'avons pas affaire à une auto-observation de type essentiellement religieux, consistant à observer son « Moi », à s'abîmer en soi-même, à s'isoler pour scruter et discipliner, 20 dans un acte de soumission à la volonté de Dieu, mais à un retour sur sa propre personne pour mieux discipliner ses relations sociales et mondaines.

« Un homme qui sait la cour est maître de son geste, de ses yeux, et de son visage; il est profond, impénétrable; il dissimule les mauvais offices, sourit à ses 25 ennemis, contraint son humeur, déguise ses passions, dément son cœur, parle, agit contre ses sentiments 3. »

Or, rien ne porte l'homme de la cour à se faire illusion sur les mobiles profonds de ses actes. Bien au contraire. De même qu'il est obligé de découvrir derrière la 30 dissimulation et la maîtrise de soi des autres leurs motifs et pulsions véritables, qu'il est perdu s'il n'arrive pas à deviner derrière l'attitude impassible de ses concurrents les passions et intérêts agissants, de même il doit connaître ses propres passions pour pouvoir les dissimuler. L'idée que l'égoïsme est le mobile profond de nos actes n'est 35 pas une découverte du milieu bourgeois-capitaliste 4 et de son climat de concurrence: elle a été formulée pour la première fois dans l'univers concurrentiel de la cour; c'est lui qui nous a donné les premières descriptions modernes, sans le moindre fard 5, des 35 passions humaines. Il n'est pour s'en convaincre que d'ouvrir les « maximes » de La Rochefoucauld.

Le corollaire 6 de l'art d'observer les hommes est l'art de les décrire. Le livre et la rédaction d'un livre n'avaient pas, pour l'homme de cour, le même sens que pour 40 nous. Il ne cherchait pas à s'interpréter, à se représenter en se justifiant ou en exposant les raisons de ses actes. Ce que nous avons dit plus haut de l'attitude de l'homme de cour s'applique aussi à ses écrits. Ils étaient une fin en soi et pouvaient et devaient se passer de toute motivation ou justification.

L'homme de cour se représentait d'abord dans ses paroles et dans ses actes – 45 actes d'un caractère particulier; ses livres sont également des instruments directs de la vie sociale, des fragments de conversation et des jeux de société, ou – comme la plupart des mémoires d'hommes de cour – des conversations n'ayant pas eu lieu, parce que pour une raison ou une autre le partenaire approprié faisait défaut. Tous 50 ces ouvrages témoignent de l'attitude que leurs auteurs adoptaient dans la vie.

Comme l'art d'observer les hommes était d'une importance vitale pour tous ceux qui vivaient à la cour, on ne saurait s'étonner que les Mémoires, lettres et aphorismes des aristocrates de cette époque aient poussé à la perfection l'art du portrait humain.

La route ainsi tracée a été empruntée en France (pour des raisons que nous ne 55 pouvons examiner ici, mais qui ont peut-être quelque rapport avec le fait qu'une certaine « bonne société parisienne », héritière directe des mœurs de la société de cour, s'est maintenue au-delà de la Révolution jusqu'à nos jours) par toute une lignée de romanciers et d'hommes de lettres.

(762 mots)

1 Dessein: but.

2 Art curial: art propre à la cour et aux courtisans.

3 La Bruyère, Les Caractères, « De la Cour », 2.

4 Milieu bourgeois-capitaliste: classe sociale qui émerge à la fin de l'Ancien Régime, définie par ce qu'elle est propriétaire des moyens de production.

5 Sans le moindre fard: sans rien dissimuler ni déguiser.

6 Corollaire: conséquence logique.

Essai: Observer et décrire les hommes permet-il de mieux vivre en société ?

Vous développerez de manière organisée votre réponse à cette question, en prenant appui sur le livre XI des Caractères de La Bruyère, sur le texte de l'exercice de la contraction (texte de Norbert Élias) et sur ceux que vous avez étudiés dans l'année dans le cadre de l'objet d'étude « La littérature d'idées du XVIe siècle au XVIIIe siècle ». Vous pourrez aussi faire appel à vos lectures et à votre culture personnelle.

Exercice 2.C - Contraction de texte

C – Œuvre: Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (du « préambule » au « postambule »). Parcours: écrire et combattre pour l'égalité.

Texte: Kahiudi Claver Mabana, « Léopold Sédar Senghor et la civilisation de l'universel », revue Diogène, n°235-236, juillet 2011.

Depuis Chants d'Ombre, son premier recueil de poésie, jusqu'au dernier volume de Libertés, l'impact de Senghor 1 sur la culture africaine et francophone a été considérable. Tout au long de sa vie, il n'a jamais cessé de défendre avec fermeté ses convictions et ses déclarations, en répondant à toutes les objections, en réajustant et reformulant ses arguments et en précisant ses idées. Une des définitions que Senghor a donnée de la Négritude est devenue classique: « La Négritude est l'ensemble des valeurs culturelles du monde noir, telles qu'elles s'expriment dans la vie et les œuvres des Noirs ». Cette définition a été revue et affinée à de nombreuses reprises pour signifier « rien que la volonté d'être soi-même » ou une « arme de combat pour la décolonisation ». Pour Senghor et ses amis, la Négritude est devenue un outil idéologique visant, au-delà de la quête individuelle du moi, la libération de tous les Noirs. Cette revendication atteindra son objectif le plus élevé avec l'indépendance des pays africains ou le statut de Départements et Territoires d'Outre-Mer pour certaines îles françaises.

Avec la Négritude, le Noir opprimé devient tout d'abord conscient de sa race 2: « Le nègre ne peut nier qu'il soit nègre ni réclamer pour lui cette abstraite humanité incolore: il est noir. Ainsi est-il acculé 3 à l'authenticité: insulté, asservi, il se redresse, il ramasse le mot de « nègre » qu'on lui a jeté comme une pierre, il se revendique comme noir, en face du blanc, dans la fierté ». Cette citation de Sartre 4 épouse parfaitement le point de vue de Senghor. Il réalise qu'il est humilié, exploité, à cause de la couleur de sa peau, et cela l'amène à penser à un Éden africain précolonial, à l'Afrique des empires et des grandes civilisations. C'est pourquoi la Négritude lui apparaît dans un contexte existentiel de mémoire mythique d'un Âge d'or révolu. C'est peut-être la raison pour laquelle le genre littéraire choisi pour canaliser ces frustrations sera la poésie lyrique.

Dans sa poésie, Senghor chante avec une intense émotion l'Afrique idyllique, la beauté noire, l'harmonie de l'univers africain, les liens invisibles communs à tous les peuples qui partagent la même sensibilité noire. Il adore les dieux africains, vénère les arbres et les montagnes du Golfe de Guinée, se remémore comme source d'inspiration Marône et les autres poétesses sérères 5, adopte le statut du griot 6 en exil privé de son tam-tam, balafong ou kora 7: « Le voilà donc, le poète d'aujourd'hui, gris par l'hiver dans une grise chambre d'hôtel. Comment ne songerait-il pas au Royaume d'enfance, à la Terre promise de l'avenir dans le néant du temps présent ? Comment ne chanterait-il pas la « Négritude debout » ? ». Revaloriser le Noir, sa culture et sa civilisation, revendiquer son droit à l'existence et à la liberté, réécrire son histoire déformée et volée, défendre les valeurs partagées par tous les Noirs quelle que soit leur origine: tels ont été les jalons de la lutte anticoloniale de la Négritude. Être Noir et fier d'être Noir a été en quelque sorte le slogan des membres fondateurs du mouvement de la Négritude. Comme l'écrit J. Jahn 8: « La Négritude a restauré la légitimité de l'appartenance à la culture africaine ».

Senghor va alors s'attacher à définir l'homme noir. Dans son poème « Prière aux masques », il situe et définit le Noir en le comparant et en l'opposant au Blanc, tout en présentant une vision totalisante de l'univers. L'Afrique et l'Europe étant reliées par un même cordon ombilical, il revient au Noir d'assurer le rythme et la sensibilité pour contrebalancer le monde géométrique du Blanc. Fermant les yeux sur tous les méfaits de la colonisation, sur l'exploitation et l'esclavage perpétrés par le Blanc à l'encontre du Noir, Senghor déclare, avec une assurance qui ne manque pas de surprendre, que les Blancs et les Noirs sont destinés à vivre en harmonie dans un monde sans races ni classes sociales. Chacun amènerait sa contribution au pot commun, à la symbiose culturelle de l'humanité, bien unique appartenant à chacun et que l'autre ne peut imposer sans dommages. L'humanisme de Senghor consiste à affirmer la complémentarité des cultures et des civilisations – en d'autres termes, le métissage culturel. Dans le concert du monde à venir, le Noir fait figure d'artiste mystique: « Nous sommes les hommes de la danse, dont les pieds reprennent vigueur en frappant le sol dur ». C'est là aussi l'Afrique traditionnelle de Senghor.

(771 mots)

1 Léopold Sédar Senghor: écrivain et homme politique franco-sénégalais du XX e siècle, auteur de poèmes et d'essais, qui compte parmi les fondateurs du mouvement de la Négritude.

2 Race: ici au sens d'ethnie, sans aucune connotation raciste.

3 Acculé: contraint.

4 Jean-Paul Sartre: écrivain et philosophe français du XX e siècle.

5 Les Sérères: ethnie d'Afrique de l'Ouest dont Senghor est issu.

6 Griot: en Afrique, poète, chanteur et musicien qui transmet oralement la culture traditionnelle.

7 Tam-tam, balafong, kora: instruments de musiques d'Afrique de l'Ouest.

8 Janheinz Jahn: écrivain allemand du XX e siècle.

Contraction: Vous ferez la contraction de ce texte en 193 mots. Une tolérance de plus ou moins 10% est admise: les limites sont donc fixées à au moins 174 mots et au plus 212 mots. Vous placerez un repère dans votre travail tous les 50 mots et vous indiquerez à la fin de la contraction le nombre de mots qu'elle comporte.

Exercice 2.C - Essai

C – Œuvre: Olympe de Gouges, Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (du « préambule » au « postambule »). Parcours: écrire et combattre pour l'égalité.

Texte: Kahiudi Claver Mabana, « Léopold Sédar Senghor et la civilisation de l'universel », revue Diogène, n°235-236, juillet 2011.

Depuis Chants d'Ombre, son premier recueil de poésie, jusqu'au dernier volume de Libertés, l'impact de Senghor 1 sur la culture africaine et francophone a été considérable. Tout au long de sa vie, il n'a jamais cessé de défendre avec fermeté ses convictions et ses déclarations, en répondant à toutes les objections, en réajustant et reformulant ses arguments et en précisant ses idées. Une des définitions que Senghor a donnée de la Négritude est devenue classique: « La Négritude est l'ensemble des valeurs culturelles du monde noir, telles qu'elles s'expriment dans la vie et les œuvres des Noirs ». Cette définition a été revue et affinée à de nombreuses reprises pour signifier « rien que la volonté d'être soi-même » ou une « arme de combat pour la décolonisation ». Pour Senghor et ses amis, la Négritude est devenue un outil idéologique visant, au-delà de la quête individuelle du moi, la libération de tous les Noirs. Cette revendication atteindra son objectif le plus élevé avec l'indépendance des pays africains ou le statut de Départements et Territoires d'Outre-Mer pour certaines îles françaises.

Avec la Négritude, le Noir opprimé devient tout d'abord conscient de sa race 2: « Le nègre ne peut nier qu'il soit nègre ni réclamer pour lui cette abstraite humanité incolore: il est noir. Ainsi est-il acculé 3 à l'authenticité: insulté, asservi, il se redresse, il ramasse le mot de « nègre » qu'on lui a jeté comme une pierre, il se revendique comme noir, en face du blanc, dans la fierté ». Cette citation de Sartre 4 épouse parfaitement le point de vue de Senghor. Il réalise qu'il est humilié, exploité, à cause de la couleur de sa peau, et cela l'amène à penser à un Éden africain précolonial, à l'Afrique des empires et des grandes civilisations. C'est pourquoi la Négritude lui apparaît dans un contexte existentiel de mémoire mythique d'un Âge d'or révolu. C'est peut-être la raison pour laquelle le genre littéraire choisi pour canaliser ces frustrations sera la poésie lyrique.

Dans sa poésie, Senghor chante avec une intense émotion l'Afrique idyllique, la beauté noire, l'harmonie de l'univers africain, les liens invisibles communs à tous les peuples qui partagent la même sensibilité noire. Il adore les dieux africains, vénère les arbres et les montagnes du Golfe de Guinée, se remémore comme source d'inspiration Marône et les autres poétesses sérères 5, adopte le statut du griot 6 en exil privé de son tam-tam, balafong ou kora 7: « Le voilà donc, le poète d'aujourd'hui, gris par l'hiver dans une grise chambre d'hôtel. Comment ne songerait-il pas au Royaume d'enfance, à la Terre promise de l'avenir dans le néant du temps présent ? Comment ne chanterait-il pas la « Négritude debout » ? ». Revaloriser le Noir, sa culture et sa civilisation, revendiquer son droit à l'existence et à la liberté, réécrire son histoire déformée et volée, défendre les valeurs partagées par tous les Noirs quelle que soit leur origine: tels ont été les jalons de la lutte anticoloniale de la Négritude. Être Noir et fier d'être Noir a été en quelque sorte le slogan des membres fondateurs du mouvement de la Négritude. Comme l'écrit J. Jahn 8: « La Négritude a restauré la légitimité de l'appartenance à la culture africaine ».

Senghor va alors s'attacher à définir l'homme noir. Dans son poème « Prière aux masques », il situe et définit le Noir en le comparant et en l'opposant au Blanc, tout en présentant une vision totalisante de l'univers. L'Afrique et l'Europe étant reliées par un même cordon ombilical, il revient au Noir d'assurer le rythme et la sensibilité pour contrebalancer le monde géométrique du Blanc. Fermant les yeux sur tous les méfaits de la colonisation, sur l'exploitation et l'esclavage perpétrés par le Blanc à l'encontre du Noir, Senghor déclare, avec une assurance qui ne manque pas de surprendre, que les Blancs et les Noirs sont destinés à vivre en harmonie dans un monde sans races ni classes sociales. Chacun amènerait sa contribution au pot commun, à la symbiose culturelle de l'humanité, bien unique appartenant à chacun et que l'autre ne peut imposer sans dommages. L'humanisme de Senghor consiste à affirmer la complémentarité des cultures et des civilisations – en d'autres termes, le métissage culturel. Dans le concert du monde à venir, le Noir fait figure d'artiste mystique: « Nous sommes les hommes de la danse, dont les pieds reprennent vigueur en frappant le sol dur ». C'est là aussi l'Afrique traditionnelle de Senghor.

(771 mots)

1 Léopold Sédar Senghor: écrivain et homme politique franco-sénégalais du XX e siècle, auteur de poèmes et d'essais, qui compte parmi les fondateurs du mouvement de la Négritude.

2 Race: ici au sens d'ethnie, sans aucune connotation raciste.

3 Acculé: contraint.

4 Jean-Paul Sartre: écrivain et philosophe français du XX e siècle.

5 Les Sérères: ethnie d'Afrique de l'Ouest dont Senghor est issu.

6 Griot: en Afrique, poète, chanteur et musicien qui transmet oralement la culture traditionnelle.

7 Tam-tam, balafong, kora: instruments de musiques d'Afrique de l'Ouest.

8 Janheinz Jahn: écrivain allemand du XX e siècle.

Essai: Dans l'écriture et le combat pour l'égalité, comment faire exister et faire entendre ceux qui ont été « humiliés » et « exploités » ?

Vous développerez de manière organisée votre réponse à cette question, en prenant appui sur la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (du « préambule » au « postambule ») d'Olympe de Gouges, sur le texte de l'exercice de la contraction (texte de Kahiudi Claver Mabana) et sur ceux que vous avez étudiés dans l'année dans le cadre de l'objet d'étude « La littérature d'idées du XVI e siècle au XVIII e siècle ». Vous pourrez aussi faire appel à vos lectures et à votre culture personnelle.

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