Sujet de dissertation 2 · Bac Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences Politiques Asie 2026 (jour 2)

Thème : L'histoire et les mémoires du génocide des Juifs et des Tsiganes · Tiré du sujet Jour 2 (2026)

Énoncé

Sujet de dissertation 2

Comment conserver, écrire et transmettre les mémoires des génocides des Juifs et des Tsiganes ?

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Comment conserver, écrire et transmettre les mémoires des génocides des Juifs et des Tsiganes ?

Réponse : Proposition d'éléments attendus et de plan détaillé : Introduction - Accroche : La disparition progressive des derniers témoins directs de la Seconde Guerre mondiale rend cruciale la question de la pérennité de la mémoire des génocides nazis (Shoah et Samudaripen). - Définitions : Génocide : destruction méthodique d'un groupe humain en tant que tel ; le mot est forgé par Raphael Lemkin en 1944 et défini juridiquement par la Convention de l'ONU de 1948. Conserver : sauvegarder les traces matérielles, les archives, les lieux et les témoignages. Écrire : travail d'élucidation historique, qui distingue histoire et mémoire. Transmettre : politiques mémorielles, enseignement, muséographie, arts et commémorations. - Problématique : Par quels acteurs, quels instruments et face à quels défis les sociétés parviennent-elles à conserver les traces, à écrire l'histoire et à transmettre la mémoire des génocides des Juifs et des Tsiganes, au moment où l'on passe de la mémoire vivante à l'histoire ? Axe 1 – Conserver : préserver les traces matérielles, archivistiques et mémorielles - Les lieux du crime et les camps deviennent des espaces patrimoniaux et d'apprentissage : Auschwitz-Birkenau (musée dès 1947, patrimoine mondial de l'UNESCO en 1979), Treblinka, camp d'internement des nomades de Montreuil-Bellay. - Le recueil des archives et des témoignages : - rôle pionnier du CDJC, créé en 1943, devenu le Mémorial de la Shoah en 2005 ; - Yad Vashem, fondé en 1953 ; - témoignages audiovisuels de la Fondation Shoah de Steven Spielberg ; - enquêtes de Yahad-In Unum sur la « Shoah par balles ». - Le retard et les spécificités de la mémoire tsigane : - traces écrites dispersées et tradition orale ; - longue invisibilisation du génocide des Roms et Sinti ; - reconnaissance par l'Allemagne en 1982 et mémorial de Berlin inauguré en 2012. Axe 2 – Écrire : le rôle de la justice et la construction du récit historique - Les grands procès sont des moments d'écriture de l'histoire et d'expression des témoins : - Nuremberg (1945-1946), fondé sur les preuves documentaires ; - procès Eichmann à Jérusalem (1961), qui ouvre « l'ère du témoin » selon Annette Wieviorka ; - en France, les procès Barbie (1987), Touvier (1994) et Papon (1997-1998). - L'apport de la recherche historique : - de Raul Hilberg (*La Destruction des Juifs d'Europe*, 1961) aux historiens contemporains ; - clarification des processus de décision (débat entre intentionnalistes et fonctionnalistes) et étude à l'échelle locale ; - en France, rôle des travaux de Serge Klarsfeld ; - pour les Tsiganes, travaux plus tardifs, comme ceux de Marie-Christine Hubert et Emmanuel Filhol sur l'internement en France. - La mise à distance critique : l'histoire dépasse les mémoires concurrentes et contextualise l'idéologie raciale et exterminatrice du nazisme. Elle permet aussi de lutter contre le négationnisme (loi Gayssot de 1990). Axe 3 – Transmettre : politiques publiques, éducation et vecteurs culturels - Les politiques mémorielles nationales et internationales : - discours de Jacques Chirac au Vel d'Hiv en 1995, qui reconnaît la responsabilité de l'État français ; - journée internationale de commémoration fixée par l'ONU au 27 janvier (résolution de 2005) ; - reconnaissance de l'internement des nomades par François Hollande à Montreuil-Bellay en 2016 ; - journée européenne de commémoration du génocide des Roms le 2 août. - L'éducation et la pédagogie : - place du sujet dans les programmes scolaires ; - voyages de mémoire et Concours national de la Résistance et de la Déportation ; - pédagogie active des mémoriaux (Mémorial de la Shoah, Mémorial de Drancy, Camp des Milles). - Les vecteurs culturels : témoignages littéraires (Primo Levi, Elie Wiesel, Simone Veil), cinéma (*Nuit et brouillard* d'Alain Resnais, *Shoah* de Claude Lanzmann, *Liberté* de Tony Gatlif), bande dessinée (*Maus* d'Art Spiegelman). - Les défis actuels : disparition des témoins, négationnisme et complotisme sur les réseaux sociaux, concurrence des mémoires, place encore marginale du Samudaripen, recours au numérique (témoignages filmés, réalité virtuelle). Conclusion - Conserver, écrire et transmettre sont trois opérations complémentaires portées par des acteurs variés : survivants, associations, historiens, juges, États, organisations internationales, enseignants et artistes. - Elles ont été inégales selon les groupes : la mémoire de la Shoah est aujourd'hui largement institutionnalisée, alors que celle du génocide des Tsiganes reste en voie de reconnaissance. - Ouverture : comment maintenir une mémoire vivante et vigilante sans témoins directs, et comment l'articuler à la prévention des génocides (Rwanda 1994, notion de « devoir d'histoire ») ?

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