Exercice 2- Dissertation n°3 · Bac Français (1ère) Asie session normale 2025

Thème : Dissertation – Sarraute, Pour un oui ou pour un non / parcours : théâtre et dispute · Tiré du sujet Session normale (2025)

Énoncé

2- Dissertation (20 points)

OBJET D'ÉTUDE: Le théâtre du XVIIe siècle au XXIe siècle

Dissertation n°3:

Œuvre: Nathalie Sarraute [1900-1999], Pour un oui ou pour un non.

Parcours associé: Théâtre et dispute.

Sujet: Selon vous, la dispute est-elle spectaculaire dans Pour un oui ou pour un non ?

Vous répondrez à cette question dans un développement organisé. Votre réflexion prendra appui sur l'œuvre de Nathalie Sarraute au programme, sur le travail mené dans le cadre du parcours associé à cette œuvre et sur votre culture personnelle.

Énoncé: Exercice 2- Dissertation n°3 · Bac Français (1ère) Asie session normale 2025

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Selon vous, la dispute est-elle spectaculaire dans Pour un oui ou pour un non ?

Réponse : Proposition d'axes pour le traitement de la dissertation : Introduction : - Accroche : Dans *Pour un oui ou pour un non* (1982), pièce initialement radiophonique, Nathalie Sarraute resserre l'action dramatique autour d'un désaccord minuscule entre deux amis de longue date, H.1 et H.2. - Définition & paradoxe : Le terme « spectaculaire » renvoie traditionnellement à ce qui frappe la vue, au grand spectacle, aux éclats, aux gestes amples et aux coups de théâtre. Or, la dispute sarrautienne naît d'un « rien » : une intonation, un silence suspect (« C'est bien... ça »). Dès lors, la dispute peut-elle être qualifiée de spectaculaire ? - Problématique : Comment Sarraute parvient-elle à créer une intensité théâtrale à partir de l'infiniment petit, en substituant au spectaculaire visuel le spectacle microscopique et vertigineux du langage intérieur ? - Annonce du plan : 1. Le refus du spectaculaire traditionnel : un dépouillement radical et un conflit dérisoire. 2. Une dramaturgie du microscopique : la mise en spectacle des « tropismes » et des sous-conversations. 3. Un nouveau spectaculaire théâtral : le vertige existentiel du combat par les mots. Développement : - I. À première vue, une dispute anti-spectaculaire : le dépouillement scénique : - Absence d'action au sens classique : pas de décor marquant, pas d'effets visuels, personnages sans nom d'état civil (H.1, H.2, F). - L'origine de la dispute est insignifiante : un mot, une intonation (« C'est bien... ça »), un « rien » qui défie les ressorts habituels du drame (ni rivalité amoureuse, ni enjeu politique ou financier). - L'intervention des témoins (les voisins) accentue la banalité extérieure de la dispute, incompréhensible pour qui ne regarde que les apparences. - II. Rendre visible l'invisible : le spectaculaire des tropismes : - Sarraute transporte le spectacle sur le plan microscopique : les mouvements intérieurs secrets, imperceptibles et violents (les tropismes). - L'auscultation du langage : les silences, les suspensions, le rythme haché deviennent le lieu de l'affrontement. - Le théâtre fait voir ce qui d'ordinaire reste sous la parole : la déconstruction comique et angoissante de la condescendance et du mépris feint. - III. Une théâtralité fascinante du vertige relationnel : - La joute verbale prend des allures de duel à mort : les mots blessent comme des armes (« Vous vous battez en duel ? »). - La dispute engage des questions existentielles : l'altérité, l'amitié, la liberté d'être soi face au regard de l'autre. - Le spectateur/auditeur est captivé par ce suspense d'un genre nouveau, où chaque réplique menace de rompre définitivement un lien vital. Conclusion : - Bilan : Si la dispute chez Sarraute refuse le spectaculaire décoratif ou anecdotique, elle invente un spectaculaire de l'infime, donnant au théâtre la force de magnifier les drames silencieux de la conscience.

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