Sujet 3 · Bac STMG Philosophie Antilles-Guyane session normale 2024

Thème : La religion · Tiré du sujet Session normale (2024)

Énoncé

Sujet 3

Expliquer le texte suivant:

La religion et la poésie s’adressent, au moins par un de leurs aspects, à la même partie de la constitution humaine: elles satisfont toutes deux le même besoin, celui de conceptions idéales plus grandes et plus belles que celles que nous voyons se réaliser dans la vie prosaïque 1 de l’homme. La religion, à la différence de la poésie, est le produit du désir de savoir si ces conceptions imaginatives correspondent à des réalités dans un autre monde que le nôtre. L’esprit, dans cet état, s’empare avidement 2 de toutes les rumeurs concernant d’autres mondes, surtout quand elles sont rapportées par des personnes qu’il estime plus sages que lui. À la poésie du surnaturel s’ajoute ainsi une croyance positive, et une attente que les esprits non poétiques peuvent partager avec les esprits poétiques. La croyance en un Dieu ou en des dieux, et en une vie après la mort, devient ainsi la toile que chaque esprit, selon sa capacité, recouvre d’images idéales qu’il peut inventer ou copier. Dans cette autre vie, chacun espère trouver le bien qu’il n’a pas réussi à trouver sur terre. Plus particulièrement, cette croyance fournit aux esprits les plus fins de la matière pour concevoir des êtres plus terrifiants que ceux qu’ils peuvent avoir connus sur terre, et plus excellents que ceux qu’ils ont probablement connus. Tant que la vie humaine ne suffira pas à satisfaire les aspirations humaines, il y aura un désir pour des choses supérieures, qui trouve sa satisfaction la plus évidente dans la religion. Tant que la vie terrestre sera remplie de souffrances, on aura besoin des consolations que l’espérance du ciel apporte à ceux qui sont égoïstes, et que l’amour de Dieu apporte à ceux qui sont tendres et reconnaissants.

John Stuart Mill, Trois Essais sur la religion (1874)

1 « Vie prosaïque »: vie ordinaire, banale

2 « Avidement »: avec un grand désir

Rédaction de la copie

Le candidat a le choix entre deux manières de rédiger l’explication de texte.

Il peut:

– soit répondre dans l’ordre, de manière précise et développée, aux questions posées (option n°1);

– soit suivre le développement de son choix (option n°2).

Il indique son option de rédaction (option n°1 ou option n°2) au début de sa copie.

Questions de l’option n°1

A) Éléments d’analyse

1.

Expliquez la différence construite par Mill dans le texte entre religion et poésie.

2.

En quoi la poésie et la religion satisfont-elles un désir d’idéal ?

3.

Quelle est la différence entre l’attitude religieuse de « ceux qui sont égoïstes » et celle de « ceux qui sont tendres et reconnaissants » ?

B) Éléments de synthèse

1.

Quelle est la question à laquelle l’auteur tente de répondre ici ?

2.

Dégagez les différents moments de l’argumentation.

3.

En vous appuyant sur les éléments précédents, dégagez l’idée principale du texte.

C) Commentaire

1.

D’après le texte, en quoi la poésie et la religion nous consolent-elles de nos souffrances ?

2.

En vous appuyant sur votre compréhension du texte, pensez-vous que la religion nous éloigne de la vie terrestre ?

Énoncé: Sujet 3 · Bac STMG Philosophie Antilles-Guyane session normale 2024

Corrigé

Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)

1. Expliquez la différence construite par Mill dans le texte entre religion et poésie.

Réponse : La poésie et la religion partagent la même origine psychologique : satisfaire le besoin d'idéal et de beauté face à la vie ordinaire (« prosaïque »). Cependant, la différence essentielle réside dans le rapport à la réalité et à la croyance : la poésie propose des créations imaginatives sans prétendre qu'elles existent réellement hors de l'esprit, tandis que la religion affirme qu'elles correspondent à des réalités objectives dans un « autre monde ». La religion transforme ainsi la fiction poétique en une « croyance positive » et en une attente concrète d'une vie future.

2. En quoi la poésie et la religion satisfont-elles un désir d’idéal ?

Réponse : Elles satisfont ce désir en proposant des « conceptions idéales plus grandes et plus belles » que celles offertes par la réalité quotidienne. L'existence humaine ordinaire (« prosaïque ») est limitée, imparfaite et traversée de manques ; la poésie et la religion permettent d'élargir l'horizon humain en concevant la perfection, l'excellence morale ou esthétique, et en comblant ainsi l'aspiration à dépasser la finitude terrestre.

3. Quelle est la différence entre l’attitude religieuse de « ceux qui sont égoïstes » et celle de « ceux qui sont tendres et reconnaissants » ?

Réponse : Ceux qui sont « égoïstes » cherchent avant tout dans la religion une compensation et un dédommagement personnel face aux frustrations terrestres : ils sont mus par « l'espérance du ciel » (le salut individuel, la récompense après la mort). À l'inverse, « ceux qui sont tendres et reconnaissants » adoptent une attitude d'amour et de dévotion désintéressée envers Dieu, trouvant leur consolation dans l'admiration, la gratitude et la communion affective avec un principe suprême d'amour.

1. Quelle est la question à laquelle l’auteur tente de répondre ici ?

Réponse : Qu'est-ce qui fonde psychologiquement et humainement le besoin de religion, et qu'est-ce qui la distingue de la poésie tout en expliquant sa persistance dans l'histoire humaine ?

Les réponses des 4 questions restantes et l’explication pas à pas sont réservées aux membres Premium. Premium

Résous-le ici : correction automatique, indices et corrigé détaillé.

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