Épreuve composée - Troisième partie · Bac Sciences Économiques et Sociales Antilles-Guyane 2026 (jour 1)

Thème : Mutations du travail et de l'emploi · Tiré du sujet Jour 1 (2026)

Énoncé

Troisième partie: Raisonnement s'appuyant sur un dossier documentaire

(10 points)

Cette partie comporte trois documents.

Sujet: À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que certaines évolutions du travail et de l'emploi affaiblissent le pouvoir intégrateur du travail.

DOCUMENT 1

Champ: France métropolitaine.

Source: « Le développement des contrats de très courte durée », Trésor-Éco, avril 2019.

1: Contrat à Durée Déterminée (CDD).

DOCUMENT 2

Champ: France, population active.

Source: INSEE, 2024.

1: Chômage de longue durée: au chômage depuis plus de 1 an.

DOCUMENT 3

Si l'individu est heureux dans l'acte même de travailler, c'est qu'il éprouve la satisfaction de mettre ses qualifications personnelles au bénéfice d'une œuvre individuelle ou collective se manifestant sous la forme d'un produit ou d'un service dont la valeur est reconnue. [...] La satisfaction dans le travail en lui-même concerne environ 85 % des salariés. [...] La proportion de salariés satisfaits dans le travail en lui-même passe de 65 % pour les ouvriers non qualifiés à 95 % pour les cadres [...]. Ces résultats conduisent à souligner que si le travail est un facteur d'épanouissement dans les sociétés productivistes qui le valorisent, il ne l'est absolument pas de façon identique selon les milieux sociaux. [...] Les critères de satisfaction personnelle dans le travail en lui-même dépendent donc étroitement du niveau de qualification tel qu'il est reconnu par le marché du travail. [...]

Les résultats de l'enquête réalisée dans le cadre de l'Observatoire sociologique du changement aboutissent [...] au résultat que l'insatisfaction dans le travail en lui-même est fortement corrélée à l'insatisfaction salariale. Les ouvriers non qualifiés, mais aussi dans certains cas les employés ont de fortes chances de cumuler plusieurs types d'insatisfaction. On touche donc ici à l'un des paradoxes de l'intégration professionnelle contemporaine. Certains salariés continuent à travailler bien que le rapport qu'ils entretiennent au travail soit plutôt pour eux un facteur de frustration, [...] que d'épanouissement [...]. Très souvent, en effet, les salariés acceptent les contraintes du travail [...] parce qu'ils tiennent à leur emploi et au statut social que celui-ci leur confère dans la société globale.

Source: Serge PAUGAM, Le salarié de la précarité, 2007.

Énoncé: Épreuve composée - Troisième partie · Bac Sciences Économiques et Sociales Antilles-Guyane 2026 (jour 1)

Corrigé

Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)

À l'aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que certaines évolutions du travail et de l'emploi affaiblissent le pouvoir intégrateur du travail.

Réponse : Plan possible en deux axes : I. La montée des formes d'emploi précaires fragilise l'intégration par le travail - Le document 1 montre que la part des CDD et de l'intérim dans l'emploi salarié total est passée d'environ 5,5 % en 1982 à près de 14 % (13,8 %) en 2017. Elle a donc été multipliée par 2,5 environ, et les CDD en représentent l'essentiel (environ 11 % en 2017). Ce sont la flexibilité externe et les contrats courts qui se développent, au détriment de la norme du CDI. - Cette précarisation entraîne une instabilité du statut professionnel (alternance emploi/chômage/inactivité). Elle empêche de construire une identité professionnelle stable et un parcours de carrière, éléments pourtant essentiels à l'intégration sociale par le travail selon Durkheim et Castel. - Connaissances : la relation salariale fordiste (emploi stable, protection sociale, salaire garanti) s'est érodée. Elle laisse place à un marché du travail dual (insiders/outsiders) et à une zone de vulnérabilité (Castel) entre intégration et exclusion. II. Le chômage durable et l'insatisfaction au travail affaiblissent le pouvoir intégrateur du travail - Le document 2 montre une forte hausse du taux de chômage de longue durée : de 0,4 % en 1975 à des pics de 3,6 % en 1998 et de 3,2 % en 2016. - Le taux a ensuite reculé jusqu'à 1,7 % en 2024, mais il reste nettement supérieur à son niveau des années 1970. - Le chômage durable prive les individus du lien social, de la reconnaissance et de la sociabilité qu'apporte le travail, ce qui peut mener à la disqualification sociale (Paugam). - Le document 3 (Paugam) montre que l'insatisfaction au travail est fortement corrélée à l'insatisfaction salariale et se concentre chez les ouvriers non qualifiés (65 % de satisfaits contre 95 % chez les cadres) et certains employés. - Il en résulte un paradoxe de l'intégration professionnelle : ces salariés restent au travail non par épanouissement, mais pour conserver le statut social que confère l'emploi. - Cette intégration est donc plus subie que choisie et reste fragile (intégration « laborieuse » selon la typologie de Paugam). - Connaissances : ces évolutions nourrissent un risque de désaffiliation (Castel). Elles fragilisent aussi la solidarité organique (Durkheim), fondée sur l'interdépendance des travailleurs. Conclusion : la précarisation des contrats, le chômage de longue durée et l'insatisfaction au travail des moins qualifiés se combinent pour affaiblir le pouvoir intégrateur du travail. Ils ne le font pas disparaître : environ 85 % des salariés restent satisfaits de leur travail en lui-même.

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