Sujet 2 · Bac Humanités, Littérature et Philosophie Amérique du Sud 2022 (jour 1)
Thème : L'humain et ses limites · Tiré du sujet Jour 1 (2022)
Énoncé
SUJET 2
Le candidat traite les 2 parties sur des copies séparées.
1 Par ailleurs, nous savons aujourd'hui que beaucoup d'animaux souffrent
comme nous, qu'ils ont une « conscience » (au sens le plus fort de ce mot)
comme nous, qu'ils ont peur comme nous. Nous le savons et nous les
décimons pourtant comme jamais ils ne l'ont été dans l'histoire. Faut-il
5 d'ailleurs absolument qu'ils nous ressemblent pour que nous les aimions et
les respections ? Le « crime contre la vie » perpétré chaque jour par une
humanité plus prédatrice – et de très loin – qu'aucune espèce ne le fut jamais
dans l'histoire de la Terre peut-il perdurer indéfiniment ? Allons-nous
continuer à l'assumer ? N'est-il pas temps de cesser de faire comme si les
10 vivants non humains étaient des objets alors que nous savons qu'ils ne le
sont pas ?
Nous traitons rigoureusement les animaux comme des choses.
Unilatéralement, nous avons décidé que la Terre serait l'enfer pour nombre
des vivants qui la peuplent. Nous tuons vraisemblablement chaque mois plus
15 d'animaux qu'il n'a existé d'êtres humains dans toute l'Histoire.
La « nature » est, elle aussi, souvent pensée sous le seul prisme de ce
qu'elle « rapporte », de ce qu'elle nous « dispense » (comme le furent les
peuples colonisés). Peut-être serait-ce l'occasion de la penser pour elle-même. Faut-il continuer à voir les lieux que nous investissons comme étant
20 « à disposition » ? Tout un écosystème subtil y préexiste. Il n'est pas une
simple ressource. Il ne doit plus être ainsi perçu. Il vaut pour ce qu'il est et
non pas pour ce qu'il nous donne. Le problème de la mort massive des
animaux et des végétaux est presque toujours présenté du point de vue de
ses effets négatifs (souvent réels) sur la vie humaine. Mais n'est-il pas en lui-même catastrophique ? Le monde existe indépendamment de son rôle pour
25 notre confort. La « loi du plus fort » n'est pas seulement éthiquement
indéfendable, elle se retourne presque toujours contre celui qui en abuse.
Certains pays commencent à donner des droits à des rivières ou à des
forêts. D'un point de vue juridique, elles peuvent être représentées de
différentes manières (par exemple, par un individu désigné ou par toute
30 personne décidant de porter plainte en cas d'atteinte). C'est une piste
intéressante qui mérite d'être explorée. À condition qu'elle ne soit pas une
simple poudre aux yeux et que les États aient encore un véritable pouvoir
face aux entités supraétatiques qui aujourd'hui gagnent en puissance.
Les parcs nationaux, aussi utiles soient-ils pour sauver quelques bribes de
35 diversité, je l'évoquais précédemment, constituent également l'archétype
d'une aberration conceptuelle. Ils soulignent à quel point les humains ont
artificiellement décidé que la « nature » ne faisait plus partie de leur monde.
Elle n'aurait plus droit d'être qu'au sein de sortes de super « parcs
d'attractions » sous leur contrôle. C'est toute cette logique aberrante qu'il
40 s'agit de renverser.
Le défi que nous avons à relever concerne donc aussi une mutation de
nos valeurs. L'obligation dans laquelle les pays riches se trouvent de
réapprendre un certain « ascétisme tendanciel » au niveau matériel n'est pas
45 forcément une mauvaise nouvelle.
Aurélien Barrau, Le plus grand défi de l'histoire de l'humanité, 2019.
Première partie: interprétation philosophique
Quelle vision de la nature, selon l'auteur, est à l'origine de ce qu'il désigne comme une catastrophe écologique ?
Deuxième partie: essai littéraire
Quel rôle vous semble jouer la littérature dans la reconnaissance de l'importance de la nature en elle-même et pour elle-même ?

Corrigé
Corrigé proposé par AprenAI (non officiel)
Quelle vision de la nature, selon l'auteur, est à l'origine de ce qu'il désigne comme une catastrophe écologique ?
Réponse : Selon Aurélien Barrau, la catastrophe écologique découle d'une vision anthropocentrique, utilitariste et prédatrice de la nature : 1. Une vision utilitariste et instrumentale : La nature n'est envisagée que sous le prisme de ce qu'elle « rapporte » ou « dispense », réduite à un stock de « ressources » ou à un décor « à disposition ». 2. La réification du vivant : Les vivants non humains sont assimilés à de simples objets ou des choses dénuées de valeur intrinsèque, niant leur sensibilité, leur souffrance et leur conscience. 3. Un rapport de prédation et de domination coloniale : L'auteur compare explicitement l'exploitation de la nature à celle des peuples colonisés et critique l'illusion de la « loi du plus fort ». 4. Un dualisme séparateur : La création d'espaces clos comme les parcs nationaux illustre l'exclusion artificielle de l'humain hors de la nature, cantonnant celle-ci à des réserves ou des parcs d'attractions.
La réponse de la question restante et l’explication pas à pas sont réservées aux membres Premium. Premium
Résous-le ici : correction automatique, indices et corrigé détaillé.
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